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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Les Trois Glorieuses, suite

Publié le 30 Juillet 2010, 23:00pm

Catégories : #histoires et histoire

27 juillet 1830 : devant des sièges de journaux

 

1848_.jpgAu matin, paraissent sans autorisation quatre journaux qui ont bravé les ordonnances. 44 journalistes y sont signataires d’un appel : « Le régime légal… est interrompu, celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir… Aujourd’hui donc, des ministres ont violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essaierons de publier nos feuilles sans demander l’autorisation ».

Le préfet de police ordonne la saisie des presses et le parquet lance des mandats d’arrêt. Police et gendarmerie sont envoyées aussitôt dans les imprimeries. Alexandre Dumas, témoin, a décrit l’attitude du journaliste Baude face à la police devant les locaux du Temps : «  Cheveux noirs, épais et flottants comme une crinière ; ses yeux bruns, enfoncés sous de sombres sourcils, semblaient, dans certains moments lancer des éclairs ; il avait cette voix rude et tonnante qui fait, dans les révolutions, l’effet de la foudre dans les orages ».

Commissaire : « Je viens en vertu des ordonnances »

Baude : «  Briser nos presses ? Eh bien moi, en vertu du Code, antérieur et supérieur à vos ordonnances, je vous somme de les respecter ! » Il déploie le Code et lit l’article EFFRACTION.

Commissaire : «  Monsieur, il faut bien que je fasse mon devoir ». Et se tournant vers un homme qui l’accompagnait : « Qu’on aille me chercher un serrurier ».

Un serrurier peu convaincu arrive. Des centaines de personnes sont à présent massées autour d’eux, applaudissant Baude qui lit des lignes du Code au serrurier attentif. Celui-ci, finalement, décide de se récuser au grand dam du commissaire qui ordonne d’aller chercher un autre serrurier. Informé en chemin, ce nouveau spécialiste en crochets va « perdre » son matériel au milieu de la foule. Des renforts de police arrivent devant les imprimeries. Les ouvriers typographes craignant pour leur emploi assument des affrontements violents ; l’un d’eux est grièvement blessé ; ses collègues de travail le ramènent chez lui en criant partout « Aux Armes ! » ; ils vont former un noyau combattant de l’insurrection.

 Jacques Serieys

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