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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


L'avis du maître : Tony Gatlif

Publié le 30 Juillet 2010, 23:01pm

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

Tony Gatlif, cinéaste : « Les Tsiganes ne sont pas un problème »

Après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les « problèmes » que poseraient « les gens du voyage et les Roms », le cinéaste Tony Gatlif dénonce de dangereux amalgames. Entretien.

Auteur du film « Liberté » sur la persécution du peuple tsigane par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Tony Gatlif est effondré et en colère. Il dénonce les propos stigmatisants du président de la République et rappelle les discriminations dont sont toujours et encore victimes les Roms et les Manouches en France.

gatlif-camp.jpgComment avez-vous réagi aux propos de Nicolas Sarkozy ?

Tony Gatlif. Ce n’est pas de répression dont la communauté tsigane a besoin, c’est d’une solution sociale, car elle souffre de discriminations. Le président fait un amalgame dangereux en parlant des « problèmes » que poseraient Roms et gens du voyage. Les Roms sont arrivés de plusieurs pays de l’Est où ils étaient maltraités, ce sont des citoyens de l’Union européenne. Or les autorités politiques leur refusent le droit de travailler, de se loger, les expulsent… L’autre amalgame effrayant est de dire que les Roms et les Manouches sont en situation irrégulière, parce qu’ils n’ont pas de papiers. Les Manouches sont français ! Ils sont en France depuis quatre cents ans, ils ont souffert, ils ont été enfermés dans des camps et déportés durant la Seconde Guerre mondiale… Qui a mis les « gens du voyage », comme dit Sarkozy, en situation irrégulière ? Ce sont les politiques ! Les maires, les préfets, qui leur refusent l’emplacement légalement réservé pour leur caravane, voté dans la loi Besson il y a dix ans, mais que personne ne respecte.

Depuis des siècles, la communauté tsigane souffre de discriminations, elle est associée au vol, à la délinquance…

Tony Gatlif. Le gouvernement assimile cette communauté à la délinquance, mais la délinquance n’est pas liée à une « ethnie », elle est sociale, elle est partout, dans les grandes villes, les cités. Attention, je n’évoque pas les jeunes ou les habitants des cités, je parle des bandes organisées. Mais alors que les Manouches sont français, leurs droits sont toujours bafoués. Par exemple, ils ont toujours un livret de circulation à présenter au commissariat. Or ce document est dans la droite ligne de l’ancien carnet anthropométrique, qui a conduit à l’arrestation des Manouches de France en 1940. Alors, avant de penser à faire des lois sur les Roms et les Manouches, il faut considérer la situation misérable d’isolement dans laquelle la société les met.

Pensez-vous, comme l’opposition, que cette réunion n’est qu’un écran de fumée utilisé par le gouvernement pour faire oublier l’affaire Woerth ou la réforme des retraites ?

Tony Gatlif. Je ne comprends pas le président : il y a tellement de choses qui vont mal en France… Au lieu de s’attaquer à la crise que traverse notre société, il s’attaque à une petite minorité. Que signifie cette diversion ? Il devrait plutôt faire une réunion d’urgence pour essayer de régler la crise !

Entretien réalisé par Anna Musso

 

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NPA65 20/08/2010 14:34



Communiqué du NPA
du lundi 16 août 2010 


Les Roms boucs émissaires d’une politique xénophobe.


L’expulsion des Roms à Montreuil, le 14 août, ainsi que ceux d’Anglet, sont les dernières expulsions en date d’une opération politique nauséabonde, puant les
discriminations raciales, et qui utilisent les Roms et les gens du voyage pour tenter de détourner l’attention de la population des affaires liant E.Woerth et la famille Bettencourt, les milieux
d’argent, et de la réforme des retraites qui doit être présentée à l’assemblée nationale le 7 septembre. Avec son cortège de violences policières, de gardes à vue, les arrêtés de reconduite à la
frontière, cette stratégie de la terreur utilisée par le ministère de l’intérieur vise à remplir les quotas d’expulsion fixés par l’Elysée. Le NPA condamne avec vigueur cette politique de haine,
de persécution à l’égard des gens du voyage, de nationalité française pour la quasi totalité, et des Roms, qui bénéficient du droit de circuler dans l’Union européenne. Avec cette politique, le
gouvernement Sarkozy-Fillon adopte les exigences du Front national. Les premières résistances se font jour. Ainsi, à Saint-Denis les expulsés du Hanul ont réussi à obtenir de la mairie de
Saint-Denis un hébergement sur un autre emplacement. Ceux d’Anglet sont mobilisés pour que la mairie de Bordeaux mette à leur disposition un terrain d’accueil, prévu depuis la loi Besson, en
2000. A Montreuil, une solidarité s’est mise en place autour des 70 familles expulsées. Il faut tisser un large réseau de solidarité pour s’opposer aux expulsions des Roms et des gens du voyage,
faire respecter leur droit au séjour sur des emplacements aménagés. Pour la NPA, la politique xénophobe à l’égard des Roms, des gens du voyage, et celle qui vise à détruire l’actuel système de
retraite sont les deux faces d’un même pièce. Il faut les combattre dans l’unité la plus large pour les mettre en échec. C’est tout l’enjeu des mobilisations des 4 et 7 septembre.



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