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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


7 septembre 1935 : les obsèques de Barbusse

Publié par Brigitte Blang sur 6 Septembre 2017, 23:00pm

Catégories : #histoires et histoire

7 septembre 1935 : les obsèques de Barbusse

En août 1914, Henri Barbusse a 41 ans. Il est journaliste, et à l’abri d’une mobilisation éventuelle. Il est aussi, et le détail n’est pas anodin, un pacifiste convaincu. Pourtant, il s’engage dans l’infanterie et dès décembre, participe aux combats.

Cette expérience va devenir une œuvre, le Feu, couronnée du Goncourt, en 1916. Le Feu, qui va lui valoir un surnom des plus symboliques, « le Zola des tranchées ».

La guerre, la guerre absurde, qui déshumanise et transforme les combattants en « ours pataugeant et grognant », il veut la montrer de l’intérieur des tranchées, pour faire grandir son idéal de paix universelle, même si les cocardiers de l’arrière protestent. En revanche les poilus applaudissent à ce récit sans concession, et c’est ce qui importe.

Il n’a jamais été dupe des intérêts des puissants dans les conflits. Mais l’évidence devient aveuglante au sein de l’escouade : la guerre sociale n’existe pas. Et l’homme est quantité bien négligeable, face au profit implacable, dans chaque camp.

Au sortir de la grande « boucherie », Barbusse adhère au Parti communiste et fonde la revue Clarté pour rapprocher les hommes, par delà les frontières.

Dès 1926, à la direction littéraire de l’Humanité, souhaitant rapprocher l’élite intellectuelle du peuple et profiter des colonnes du quotidien pour critiquer les écrits bourgeois, il tente de faire vivre une littérature prolétarienne, mais surtout populaire.

Persuadé que la lumière nait du débat, il assume toutes les contradictions de son temps. En dépit de ses différends, et de sa santé précarisée par son ardeur militante, il poursuit, fidèle, ses voyages en Union soviétique. C’est à Moscou, au cours du Congrès de l’Internationale communiste, qu’il meurt le 30 août 1935. Le peuple est au rendez-vous de ses obsèques à Paris, le 7 septembre. 500000 personnes l’accompagnent au Père Lachaise, pas bien loin du Mur des Fédérés, haut lieu s’il en est de la mémoire ouvrière et révolutionnaire. Combien d’écoles, de bibliothèques, de places, de rues portent encore son nom ?

En 1916, dans son ouvrage capital, Barbusse écrivait : «On sera bien forcé de voir que les peuples entiers vont à la boucherie, rangés en troupeaux d’armées pour que des gens dorés brassent plus d’affaires». Une phrase qui ne s’est depuis jamais démentie.

Brigitte Blang

7 septembre 1935 : les obsèques de Barbusse
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