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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


faire gagner une gauche combative

Publié le 22 Mai 2011, 23:00pm

Catégories : #front de gauche

Interview de Pierre Laurent à la Marseillaise

Après l’affaire DSK, le secrétaire national du PCF PIERRE LAURENT, qui sera à Montpellier vendredi, pense que le débat doit se recentrer d’urgence sur les problèmes des Français.sd16.JPG

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, ouvrira vendredi soir à Montpellier la fête de la Fédération communiste de l’Hérault. En exclusivité, il répond à nos questions. 


Cette fête du PCF est la première depuis quinze ans. Je suppose que cette renaissance vous réjouit ?
« C’est le signe du dynamisme retrouvé après plusieurs progressions des résultats du Front de gauche dans la région et le fait que les communistes se sont totalement engagés dans ces résultats. Cette volonté de faire de cette fête un nouveau rendez-vous politique, social et militant très ouvert, c’est une très bonne nouvelle effectivement.

Le PCF arrive au bout de son processus de désignation du candidat du Front de gauche au moment où éclate l’affaire DSK. N’avez-vous pas peur qu’elle pollue les débats ?

Le choc de cette affaire disqualifie un des prétendants à la désignation du candidat socialiste. Elle a des conséquences importantes dont il faut tirer des leçons. La première c'est qu’il y a une affaire judiciaire en cours. Elle doit être respectée, aller à son terme et déboucher sur un jugement. Si les faits sont avérés ce sera extrêmement grave. S’ils ne le sont pas, c’est le procès qui le dira. Ce qui est sûr, c’est que Dominique Strauss-Kahn ne sera plus présent dans les mois qui viennent dans le débat politique. La deuxième leçon, c’est qu’il faut rapidement recentrer le débat politique national sur les problèmes des Français, les urgences sociales, et les solutions à ces problèmes. Les calendriers politiques et notamment celui de la désignation du candidat du Front de gauche gardent toute leur valeur. La vie politique doit reprendre son cours.

Quelques jours avant le vote des militants communistes, il existe toujours des débats sur la personne la mieux placée pour représenter le Front de gauche. Vous inquiètent-ils ?

Le débat démocratique est naturel. Toutes les informations sur ce débat montrent qu’il y a une écrasante majorité des communistes pour aller avec des candidatures communes du Front de gauche à l’élection présidentielle et aux élections législatives. L’adhésion à cette démarche de rassemblement ne va qu’en se renforçant. C’est extrêmement réjouissant. Le débat sur celui qui est le mieux placé va aller normalement à son terme dans l’unité des communistes quel que soit leur choix. Je suis serein sur le résultat. J’ai donné mon avis en disant qu’un accord sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon pourrait permettre à l’ensemble des forces du Front de gauche de se retrouver dans cette bataille commune à condition qu’il soit accompagné d’un accord politique d’ensemble sur le programme et sur les candidatures aux législatives. Si ces conditions sont réunies, cet accord d’ensemble pourra satisfaire les communistes.


Jean-Luc Mélenchon est l’objet de critiques récurrentes sur sa personnalité et son prétendu populisme, est-ce que cela n’occulte pas le débat notamment sur votre projet partagé ?

Le contenu du projet partagé est au centre de la discussion des communistes. Nous refusons un débat qui se réduirait à la question des personnalités ; on voit bien à quel naufrage politique ça peut conduire avec l’affaire DSK. On voit bien aussi où cela peut conduire quand un candidat prétendument sauveur du NPA décide de se retirer. Réduire le débat à des personnalités, c’est prendre le risque de fragiliser toute la démarche de rassemblement. Nous voulons une candidature porteuse d’un projet collectif et d’une démarche unitaire. Quelle que soit la personnalité retenue, ce que nous mettrons en avant, c’est une candidature du Front de gauche sur des objectifs de rassemblement.


Et sans céder aux sirènes qui vous disent qu’après l’affaire DSK vous ne devez plus présenter de candidat au 1er tour ?

Si nous avons construit le Front gauche, c’est parce que nous ressentons le besoin de rassembler des gens de familles de gauche différentes mais qui se retrouvent sur la nécessité d’une rupture forte en faveur de la transformation sociale et nous pensons que le programme que vient d’adopter le parti socialiste ne répond pas de manière suffisamment convaincante à ces exigences-là. Nous allons, c’est certain, aller au premier tour de l’élection présidentielle avec une candidature du Front de gauche ainsi qu’aux législatives. Notre ambition c’est de faire gagner la gauche contre Sarkozy mais de faire gagner une gauche combative, courageuse, avec de grandes solutions qui permettent de changer la vie des gens. Cela suppose que le résultat du Front de gauche pèse le plus fortement possible dans cette future majorité de gauche. Pas de doute que ce choix-là est nécessaire dans la gauche pour qu’elle soit la plus efficace possible.


Qu’est ce qui différencie votre projet du programme du PS ?

Au cœur de la crise actuelle il y a la dépendance dans laquelle on a mis toutes les politiques économiques et sociales à l’égard des marchés financiers. On a donné le pouvoir à ces marchés financiers, aux agences de notation, de fixer le cap des politiques économiques et sociales nationales. Il faut désintoxiquer la vie économique nationale de cette dépendance et c’est sur cette rupture-là que nous pensons que la gauche socialiste manque de courage. Nous nous sommes décidés à avancer des propositions fiscales, en faveur des droits des travailleurs dans les entreprises, de taxation des profits, de changement des politiques européennes qui permettent de reconstruire la souveraineté démocratique sur les choix économiques et sociaux nationaux. Là-dessus, il y a des débats extrêmement forts dans la gauche et nous savons depuis le débat sur le traité constitutionnel européen en 2005 que nous devrons faire des choix si nous voulons vraiment émanciper la politique nationale du pouvoir des marchés financiers. C’est ce que veut porter le Front de gauche dans la gauche.

Ne craignez-vous pas que la montée du FN fasse voter les électeurs de gauche au premier tour pour le PS ?
On monte en épingle des scénarios de politique fiction pour essayer de conditionner le comportement électoral en 2012. En vérité, s’il y a un danger du Front national, c’est quand la gauche n’offre pas d’alternative réelle à la politique de Nicolas Sarkozy et que les gens qui sont frappés durement par cette politique se sentent désespérés et impuissants. Alors là les sirènes de la division, du racisme, de la démagogie du FN peuvent être entendues par un certain nombre d’électeurs. Mais si la gauche est conquérante, si elle convaincante sur des voies possibles de changement politique, alors je crois que l’électeur salarié, populaire se retrouvera dans cette gauche combative. Le travail du Front de gauche est de mobiliser ces énergies et de rendre crédible cette alternative à la politique de Nicolas Sarkozy. »


recueilli par Annie Menras

(photo PG 57 Pierre Laurent à Saint-Dié le 27 mai 2009 pendant la campagne des européennes)

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