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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Puisqu’on en parle. Tant et tant.

Publié par Brigitte Blang sur 16 Juillet 2021, 07:14am

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

Puisqu’on en parle. Tant et tant.

Puisqu’on en parle. Tant et tant.

16 juillet 1942 : la Rafle du Vél’ d’Hiv’

Il y a 79 ans, un bel été de ces années de guerre, la France s’est rendue coupable de la pire abjection qui soit, plaie ouverte à jamais à nos cœurs d’humains : la rafle du Vel’ d’Hiv.

Depuis le mois de mai, on a imposé aux Juifs le port de l’étoile de David, cousue ou brodée sur leurs vêtements. Les 16 et 17 juillet, les bus bleus de la police française (4500 policiers feront partie de l’opération) vont charger 3118 hommes, 5120 femmes et 4115 enfants pour les emmener au Vélodrome d’Hiver, là où, normalement, on va en famille pour s’amuser. Pour être heureux ensemble...

À partir du 19, les premiers convois se dirigent vers Auschwitz. Des convois d’adultes. On imagine le désarroi des gamins séparés de leurs parents. Des petits enfants, pareils aux vôtres, tout pareils, qui pleurent quand leur maman s’éloigne un peu...

Ne faisons pas gémir les violons, mais recadrer un minimum ce qui fut, ce qu’on a laissé faire, ce qu’on a aidé à faire, ça peut être utile, non ? Peut-être pour éviter de le revivre ? Ces petits-là, on va les trimballer de camp en camp, Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, jusqu’à la nuit, jusqu’au brouillard.

Chaque année, à cette époque, ma pensée s’en va vers ces enfants terrorisés, jetés au petit matin dans un car de police, avec, comble de cynisme, une petite valise pleine de ces babioles qui font toute une vie. Bien sûr, les adultes aussi. Bien sûr…

Autant de douleur, autant de terreur, mais je ne sais pas pourquoi, au Mémorial, ce sont les sourires des enfants qui me bouleversent. Ce n’est pas de la sensiblerie, les lâchetés de ceux qui ont obéi me révoltent autant pour leurs parents, mais les sourires de ces petits-là...

Allez les voir, sur ces murs, au Mémorial... Et revoir aussi un film formidable qui raconte ce matin-là « Les Guichets du Louvre », de Michel Mitrani. Un jeune homme de 20 ans découvre comment la police française a prêté main forte à l’œuvre d’antisémitisme nazi. Le jeune homme, c’était Roger Boussinot. Il le racontera 25 ans plus tard, dans ce scénario. Un témoignage indispensable, qu’il faudra verser au dossier de ce gouvernement qui avait érigé les différences raciales en principe établi.

Il se trouvera, c’est vrai, des types formidables qui risqueront leur vie pour les cacher, des flics désobéissants qui s’élèveront contre ces lois iniques (comme dans cette BD de Pef et Daeninckx très édifiante, « Il faut désobéir », qui raconte une histoire similaire, à Nancy), mais y en a-t-il eu assez ?

Le mois de juillet a parfois l’art de faire retomber dans la réalité, dans l’ignominie (vous avez un autre mot ?), et c’est très bien comme ça.

Quant aux autres, tous ceux qui veulent absolument amalgamer le vaccin de 2021 à l’horreur de 1942, qu’ils prennent donc un abonnement pour le Mémorial. Une petite piqûre de rappel de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal…

Brigitte Blang

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