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  • : le blog de brigitte blang
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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 15:51

Quand les salauds meurent aussi…

 

videla.jpg On n’y croyait plus. Pinochet avait débarrassé le plancher, le nom même de Franco ne dit plus grand-chose aux jeunes gens de par ici. Il restait celui-là, dont on parlait moins, mais qui ne leur concédait pas un pouce dans l’horreur et le sens du mot torture. Il est mort dans un lit d’hôpital, à 87 ans. Le bel âge pour débarrasser la Terre des pourris qui la polluent.

Ce type-là non plus ne doit pas beaucoup parler aux mémoires de moins de 20 ans. Et pourtant…

En bref et en deux mots, il avait pris la tête d’un putsch, en mars 76, pour renverser Isabel Peron. Inutile je pense de vous raconter comment il avait été financé. Le plan Condor, une espèce de ravitaillement en vol, directement depuis les USA. Costa-Gavras a raconté tout ça mieux que nous.

C’est sous ses ordres que des centaines de bébés avaient disparu. Enfants de « terroristes », volés à leur mère et adoptés par des familles de dignitaires du régime. Nulle part ailleurs on n’avait jamais vu ça. Et c’est pour réclamer leurs petits enfants qu’on vit alors, sur la Place de Mai, tourner les grands-mères, qu’on eut vite fait d’appeler les Folles de la Place de Mai. Car oui, c’était un temps déraisonnable…

Mais il ne s’est pas arrêté là. 8000 assassinats, pour faire bonne mesure. 8000 morts, au bas mot, assumés lors de son procès. Et même revendiqués. Car oui, c’était un temps déraisonnable, où l’on mettait les morts dans des avions pour les larguer au-dessus de l’océan. Pour éviter, comme il l’a dit, les « protestations » venues de l’intérieur du pays. Des protestations qu’on n’entendait pas beaucoup non plus venir de l’extérieur du pays. argentine-78.jpg

Car oui, c’était un temps déraisonnable, où l’on se pressait du monde entier pour jouer au ballon à deux vols d’hélico des stades où l’on suppliciait les opposants politiques. Car le Dieu Football régnait déjà sur notre jolie planète. Et on vit en rangs serrés arriver toutes les équipes, et même la nôtre. Et l’on n’entendit pas grand monde en France pour contester ce voyage-là. À part peut-être Rocheteau. Qui s’était dit réticent à aller jouer dans un pays sous dictature militaire. Et qui, pour finir, était parti quand même…

Au bout du compte, on l’a jugé, le général Videla. Prison à vie pour crime contre l’humanité. Verdict d’une justice civile qu’il réfutait. Tant pis pour lui.

Car oui, c’était un temps déraisonnable, où on nous présentait les dictateurs comme des « catholiques fervents ». Preuve s’il en fallait que la religion, décidément, n’a jamais vacciné contre l’ignominie.

brigitte blang 

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 11:11

Le Pen ? La finance d’abord !

 

alexis 3« La finance n’a pas de visage » parait-il ? Faux. À l’Assemblée nationale, il en a plusieurs, dont celui de Marion Maréchal - Le Pen, députée et membre du Bureau politique du Front national.

 À l’occasion de la discussion, ce jour, de la proposition de Loi « Pour l’interdiction des licenciements boursiers » initiée par le groupe Front de Gauche, Marion Maréchal Le Pen a déposé sept amendements dont chacun est directement inspirés par la finance et le monde des affaires.

 Elle propose par exemple de maintenir la possibilité de licencier dans les entreprises non-cotées ayant été achetées selon le mécanisme LBO, (Levereged Buy-Out), bien connu pour avoir l’effet de donner tout pouvoir à la finance plutôt qu’aux productifs au sein d’une entreprise (cf. son amendement n°10 ).

Selon elle, « Dans ce schéma [LBO], le versement et la remontée des dividendes est une condition de la viabilité du montage, en finançant le rachat de la cible par la holding qui a contracté l’emprunt. Il n’est donc pas souhaitable d’en faire un élément présumant que les licenciements économiques sont sans cause réelle et sérieuse ».

Concrètement, s’il faut choisir entre maintenir des emplois en France ou payer les dividendes à la holding, Marion « Parisot-Le Pen » préfère payer les dividendes à la holding. Ce type d’amendement est rédigé d’une plume directement trempée dans l’encre du Medef.

Honte à la députée Le Pen qui préfère défendre les intérêts de la finance, plutôt que ceux des salariés. Honte aussi à tous ceux qui répètent, sans jamais vérifier ce que propose le FN, que ce parti d’extrême droite serait « social ».

 À l’Assemblée nationale, Marion Maréchal- Le Pen c’est « la finance d’abord » !

Alexis Corbière sur son blog : http://www.alexis-corbiere.com/

(photo rémy blang)

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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 00:00

… et ça cause de nous !

Le coup du mépris !

 

Avec Jean-Marc Ayrault sur TF1, on a eu l’impression d’un terrible divorce social avec les manifestants de l’après-midi. Plus qu’un désaccord, un abîme culturel.

Quand il s’agit d’information, le manifestant du Front de Gauche est d’un naturel incrédule. Il n’y croit guère, mais il n’en rate pas une miette. C’est sa contradiction. Un peu comme un athée qui irait à la messe chaque dimanche. Pour notre part, nous nous sommes toujours refusé à instruire le procès des « médias » en général et, plus encore, celui des journalistes. Trop avertis que nous sommes de la complexité des rouages de l’information, de la pluralité des opinions, là comme ailleurs, ainsi que des effets en trompe-l’œil que peut produire une poignée d’éditorialistes. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que, dimanche soir, le manifestant incrédule du Front de gauche aura trouvé dans la grand-messe du « 20 heures » de quoi alimenter sa mécréance. Et nous avec lui.

Car on a rarement vu un tel festival de mauvaise foi et de contre-vérités. Ici, c’était une commentatrice qui ramenait la manifestation à « l’agitation de Jean-Luc Mélenchon », là, une autre qui soulignait combien l’offre de service du leader du Parti de gauche à Matignon faisait « sourire l’exécutif ». Un peu comme s’il s’agissait de l’assouvissement d’une ambition personnelle. Et puis, figure désormais classique, nous avons vu surgir le Front national dans une actualité où il n’était pas. Cela, sur le mode « les vrais gens sérieux sont de ce côté-là ». Moralité : quand Marine Le Pen manifeste, on en parle, et quand elle ne manifeste pas, on en parle aussi. Vous aurez remarqué que je n’ai encore rien dit de la bataille des chiffres. Nos « 20 heures » ont été sur ce point à la fois prudents et insidieux. « Ils étaient de 30 000 à 180 000 », a-t-on répété ici et là. Il faut remercier Manuel Valls de ne pas avoir décrété que les manifestants étaient cinq cents. Nos grands médias auraient affirmé qu’ils étaient « entre 500 et 180 000 ». Et que le téléspectateur se débrouille avec ça ! Foi de vieux journaliste, ils étaient bien 100 000, dimanche, en rangs serrés de la Bastille à la Nation. Du coup, dans cette rage de réduire l’événement à une plaisante randonnée de grincheux, ce sont les anti-mariage pour tous qui ont été bien servis. On nous a répété qu’ils « étaient 15 000 » dans leur sit-in sur le terre-plein central de l’avenue de Breteuil… Si « l’œil » de Manuel Valls a vu 15 000 personnes dans le VIIème arrondissement, il aurait bien dû en voir dix fois plus à l’autre bout de Paris. En vérité, on a presque honte de devoir s’étendre ainsi sur cette affaire de sous-évaluation de la manif du Front de gauche, mais peut-on laisser dire ?

Car si la manifestation de dimanche a été un succès considérable, c’est bien qu’il y a un débat entre « deux gauches » (appelons ça comme ça pour ne pas envenimer la polémique). À sa façon, Jean-Marc Ayrault l’a confirmé dans son entretien sur TF1, juste après le compte rendu de la manifestation. Au cours de ces quelques minutes, le Premier ministre a-t-il prononcé un mot, un seul, qui n’aurait pu sortir de la bouche de François Fillon un an plus tôt ? Hélas, non. Pas besoin pour le démontrer d’une longue étude sémantique. « Redressement du pays », « tenir le cap », « retrouver la croissance », « intensifier les réformes » : il n’y aurait sans doute pas à chercher longtemps pour trouver ce vocabulaire dans les discours de son prédécesseur à Matignon. Et que dire de l’annonce du désengagement de l’État « dans un certain nombre d’entreprises publiques » ? (EDF serait, dit-on, dans le collimateur). Et lorsque le Premier ministre s’est félicité du délai supplémentaire de deux ans accordé par la Commission de Bruxelles pour que la France ramène son déficit public à 3 % de la richesse nationale, c’était aussitôt pour mettre en garde les Français : ce sursis devra être mis à profit pour « poursuivre les efforts de réforme ». On sait ce que ce mot, perverti par l’usage néolibéral, signifie désormais. Et ce que l’on entend par « réforme des retraites » ou « réforme du marché du travail ».

Au total, on a eu l’impression d’un terrible divorce social avec les manifestants de l’après-midi. Plus qu’un désaccord, un abîme culturel. Jean-Marc Ayrault a plaidé le « réalisme ». Comme si les gens qui étaient dans la rue n’étaient pas condamnés au réalisme qu’exige la vie quotidienne. Les chômeurs – 300 000 de plus qu’il y a un an –, les travailleurs pauvres, victimes de la baisse du pouvoir d’achat, ne sont-ils pas « réalistes » ? Au fond, personne ne demande la lune. Juste que le président de la République tienne ses promesses de campagne. Pour toute réponse, on leur a fait le coup du mépris. Cela ne suffira pas à effacer le sentiment qu’une force existe qui va bien au-delà du Front de gauche. L’ébauche d’une alliance rose-rouge-verte, comme l’a appelée de ses vœux Eva Joly.

par Denis Sieffert le 9 mai 2013

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 00:00

 

… mais c’est devenu de l’Histoire !

affiche-m.jpg

10 mai, ça vous dit quelque chose ? Bon, c’est un peu vrai, à toujours rappeler cette date-là, on va finir par devenir des anciens combattants qui refont inlassablement Verdun. Et alors ? Avoir au cœur cette soirée-là, ce moment de bonheur intense, où tous les rêves étaient permis, cette image qui se dévoilait et qu’on ne voulait pas regarder, tellement on avait la peur du retour de 74… Ce soir de printemps largement arrosé (à tous les sens du mot, oui oui !), on a sillonné les routes du canton, klaxons bloqués, drapeaux au vent, assis sur les capots des bagnoles, et même des fous assis sur les toits. On n’oserait plus faire ça aujourd’hui. C’est pour le coup qu’on se sentirait ridicule. En 81, un 10 mai, on n’avait pas de ces complexes. On avait gagné. On le chantait, on le dansait, et tant pis pour les fâcheux qui fermaient leurs volets à notre joie un peu trop bruyante à leurs oreilles de vaincus. C’était une première, on n’avait jamais rien gagné. Alors, on essayait  la fête du soir de victoire, comme ça, pour voir. On se souvenait de ce que nous avaient raconté nos parents, ou nos plus vieux potes, sur 36. On voulait le faire aussi. On l’avait fait. Chez Robert, bizarrement, on était nombreux. Autrement plus nombreux que pour chercher tracts et affiches, coller et distribuer, les semaines précédentes. Et puis, entre deux coups de fusils au ciel (je vous l’ai dit, on était un peu maboules en ce temps-là !), on a quand même écouté Mitterrand. Qui nous disait : « Nous avons tant à faire ensemble… ». On a crié « Mitterrand du soleil ! » et aussi « La grossesse à 6 mois ! », juste des bêtises pour se faire plaisir.

La nuit a passé, comme ça, entre champagne et coup de rouge, ça dépend qui ouvrait sa porte. On s’est posé aux aurores à la maison. Fallait quand même aller bosser. On en a profité pour s’engueuler avec le marchand de journaux, un qui n’avait pas voté comme nous et qui avait un peu le moral dans les chaussettes, vu qu’il pensait qu’on allait lui collectiviser sa boutique (tiens, on aurait mieux fait, parce qu’à présent pour trouver un journal digne de ce nom, faut faire 15 bornes !). À midi, après les cours, en salle des profs, on a débouché d’autres bouteilles. C’était l’époque où les profs votaient à gauche… Ça aussi, ça a passé !

 

Et la vraie histoire a commencé. Il y a eu des moments merveilleux. De grandes heures. Pour vous, je ne sais pas, mais moi, je ne cracherai jamais dans cette soupe, que nous avions aidé à mijoter, longtemps, si longtemps. Penser toujours aux cinq semaines de congés, aux 39 heures, à la retraite à 60 ans, au mois de septembre qui a suivi, celui de l’Abolition. Y penser, et être fière d’avoir vécu ça, d’y avoir contribué, même si ce n’est qu’un tout petit peu. J’y pense, et ça restera à jamais dans mon cœur, parce que ce 10 mai 1981, on a écrit une page d’histoire. Quand même…

brigitte blang

 

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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 00:00

massacre-setif.jpg Aujourd’hui, 8 mai, on célèbre la victoire des armées de la Liberté sur la bête immonde du nazisme. On va, un peu partout, rappeler comme ce jour-là fut important pour nos « civilisations », et il faut le dire, on est plutôt d’accord sur le principe. Sauf que souventes fois, on oublie de souligner que le 8 mai 45, plus loin, là-bas, de l’autre côté de la Grande Bleue, se passaient d’autres événements, qui allaient eux aussi changer largement la vie de pas mal de monde.

La révolte de Sétif marqua le début de ce qui allait, 9 ans plus tard, devenir la « Toussaint rouge », le 1er novembre 54. La guerre qui vient de s’achever a aiguisé les nationalismes, en Afrique du Nord comme ailleurs. La situation des « musulmans » algériens, citoyens de seconde classe devient pour certains insupportable.

Dès le printemps, le bruit court chez les pieds-noirs de l’imminence d’un soulèvement des populations musulmanes, soulèvement exacerbé par une pénurie alimentaire plus qu’aigüe. Des manifestations se déclenchent le 1er mai dans toute l’Algérie, manifestations pacifiques mais on y voit pour la première fois le drapeau algérien. À Alger, à Oran, pourtant, on relèvera des morts. À Sétif, une manifestation de 10000 personnes, censée fêter la victoire des Alliés, prend vite une autre tournure : l’hymne nationaliste « Min Djibalina » et des pancartes « À bas le colonialisme » prennent le devant de la scène. Le dérapage est rapide. Un commissaire veut arracher le drapeau, on le jette au sol. Un jeune homme portant ce drapeau est abattu. Les policiers tirent, la panique gagne. Les manifestants s’en prennent aux Français. Il y aura 28 morts à Sétif. La rumeur se répand, les émeutes aussi. Des fermes sont attaquées, les fermiers assassinés.  À Guelma, le sous-préfet fait tirer sur la foule des manifestants. Des violences contre les Européens sont commises. 102 d’entre eux seront tués.  La répression sera d’une incroyable violence. Toutes les forces armées y participent, marine, aviation, Légion étrangère, et même des milices. On canonne, on bombarde, on rase des villages, on incendie des mechtas, on tire sur la population, on mène la chasse. La folie va durer deux mois. Les cadavres sont brûlés dans des fours à chaux, disparaissent dans les puits, les rivières. 4500 arrestations, 22 exécutions capitales, 64 condamnations aux travaux forcés sont prononcées. Le 22 mai, le soulèvement prend fin.  Officiellement. Mais c’est pourtant là que tout commence… Qui organise les cérémonies de soumission qui vont se succéder? Va savoir… De soumission ? D’humiliation, plutôt. Et qui n’empêchent pas les exécutions sommaires, après que les hommes se sont prosternés devant les symboles de la République française…

Il faut bien parler de bilan, pourtant, même si le mot a ceci de terrible qu’il réduit à des chiffres ce qui sera le levain de la Révolution algérienne, de sa guerre de libération.   Le général français Tubert rédigera un rapport après les massacres, il parlera de 15 000 tués dans les populations musulmanes. Mais la mémoire algérienne, elle, retiendra longtemps le chiffre de 45000. « La raison d’Etat, la commodité d’une répression aveugle et massive permettant de châtier quelques coupables parmi les milliers d’innocents massacrés, l’immunité administrative de « fait » couvrant par exemple, le sous-préfet de Guelma, fit délibérément et sans excuse arrêter et fusiller, sans autre forme de procès, des musulmans de la ville dont les familles réclament encore en vain une enquête, un jugement ou même une simple explication. » Les frustrations finissent toujours par semer la révolte. Les émeutes de Sétif ne sont pas arrivées par hasard. Et l’inéluctable montée de violence qui suivra, non plus. Aucun changement, aucune réforme, le système colonial s’enferre, et les forces nationalistes vont s’unifier… Et la guerre d’Algérie va germer.

Si, comme moi, vous avez une passion pour ce pays, et même si ce n’est pas le cas, lisez ce qui suit. Vous verrez, des écrivains, des vrais, des « patentés » qui racontent, qui expliquent, qui revendiquent la vérité « oculaire ». À commencer par Kateb Yacine, qui était lycéen à Sétif : « C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. » Sans oublier Camus, évidemment, pouvait-on l’espérer ailleurs ? Dans « Combat » ce mois de mai 45, il demande qu'on applique aux Algériens les « principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes ». Il affirme qu’il y a crise — et non de simples incidents — que « le peuple arabe existe », qu’il « n’est pas inférieur sinon par les conditions où il se trouve ». Et il proclame que « l’Algérie est à conquérir une seconde fois ».

Demain, quand vous verrez à la télé le président à l’Arc de Triomphe, pensez à Sétif… C’est si loin, Sétif. C’est si près, Sétif. C’est un peu de notre histoire commune, de notre histoire d’êtres humains qui s’est écrite là-bas, de l’autre côté de la « mare ».

brigitte blang

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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 00:00

le temps du muguet...

L’histoire commence aux Etats-Unis. Depuis 1884, les syndicats ouvriers cherchent à imposer la journée de huit heures. Deux ans plus tard, le 1er mai 1886, une grève massive tente de pousser les patrons à céder. Pas facile, on s’en doute ! Le 3 mai, à Chicago, trois manifestants vont mourir. Dès le lendemain, des heurts violents opposent les policiers aux travailleurs. Une bombe explose. 15 policiers y laissent leur vie. La répression sera sévère, comme de bien entendu. De la prison à vie, des condamnations à mort également. Pour ceux-là, la grève se termine au bout d’une potence.

 En juillet 1889, la IIème  Internationale se réunit à Paris, en pleine Exposition universelle, tout juste un siècle après la Grande Révolution. But de la manœuvre ? La journée de huit heures, encore et toujours. C’est que des journées de travail de dix, de quinze heures sont monnaie courante. Et que les patrons sont assez forts pour passer au-dessus des décrets ! Le 20 juillet, la résolution est adoptée, après des jours et des jours de discussions et de débats. Il est décidé qu’une manifestation sera organisée, dans tous les pays, dans toutes les villes. La date ? Elle va de soi. Les syndicats américains ont déjà retenu le 1er mai pour l’année  suivante. Ce sera donc le 1er mai. Cette première journée internationale des travailleurs est un énorme succès. Plusieurs millions d’ouvriers désertent les ateliers, les usines. Et pourtant, la bourgeoisie ne cède pas un pouce de terrain. Trop bon enfant, les défilés, sans doute…  Ça va changer, très vite.

À Fourmies, dans le Nord de la France, en 1891, la manifestation vire au drame. Les guesdistes, dont Paul Lafargue, ont organisé les ouvriers. Les 8 heures, encore… Les hausses de salaires, en plus. Mais les patrons eux aussi savent grouper leurs forces. Ils menacent. Ce sera un licenciement massif, pour tous ceux qui ne viendront pas travailler ce jour-là. La mairie demande du renfort. Deux compagnies d’infanterie, rien que ça. Et bien équipées. Rien que du neuf : du Lebel, du Chassepot. 1 manifestant à mains nues pour 2 militaires. Des cailloux s’envolent. Des balles ripostent. 1 minute plus tard, on compte dix cadavres. Des gamins, pour la plupart.

Le 1er mai devient alors le symbole des revendications ouvrières. La journée de 8 heures va être ratifiée en 1919. En 36, à l’avant-veille du second tour, le possible succès du Front populaire donne à ce jour un avant-goût de victoire.

Heures sombres, et pas bien glorieuses : en 41, c’est Pétain qui institue le 1er mai chômé ! Sans commentaires, merci camarades ! Un moyen pas bien franc du collier, et propre à faire passer cette bande de collabos pour les amis des ouvriers… et au passage, les amener à plus de raison envers le régime. Sans compter que le type qui est l’instigateur de l’idée, c’est un ancien de la CGT… Encore une fois, pas de commentaires !

Depuis, on se retrouve tous les ans dans la rue, plus ou moins nombreux, plus ou moins décidés, plus ou moins remontés. Souvenons-nous 2007, tout de suite avant la présidentielle, on espérait encore un peu. Et l’an dernier, en pleine campagne des européennes… Cette fois encore et comme tous les ans, on y sera, même si la radio nous promet des hallebardes. La pluie ne sera jamais aussi dure que les balles des fusils Lebel en 1891 à Fourmies.

Et le muguet, dans tout ça ? Oh lui, il est arrivé un peu plus tard. Précédé d’un triangle rouge, comme représentation des 3 huit : travail, loisirs, sommeil. Puis par une fleur d’églantier, et toujours noué d’un ruban rouge. Accroché au revers, il est du dernier chic !

 Un dernier mot. À Chicago, dans un des cimetières de la ville, une tombe porte un nom. Celui d’un des exécutés de 1886, Augustin Spies. Avec aussi ses derniers mots : « Un jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »

brigitte blang

(photo nazeöke)

 

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 00:00

On aura tout entendu !

Vous pensiez certainement que le vote de la loi allait enfin les calmer ? Mauvaise pioche !

En terre concordataire, justement là où les curés grands ou petits sont payés avec vos impôts, en voilà un qui (selon ses propres mots…) fait de la « résistance ».

On pourrait en sourire, en rire même. Mais non. Car on connaît l’influence de ces gens-là ici. Et franchement, on s’inquiète un brin.

Lisez ça, vous allez vous demander si vous habitez le même pays que nous…

Une réponse ?

 

Tous à Strasbourg,

samedi 4 mai, place Broglie à 14 heures,

pour réclamer l’abrogation du Concordat,

et défendre la République laïque et la loi de 1905.



 

Et pendant qu’on y sera, on sera tous aussi à la Marche des fiertés, à Metz, en juin !

 


raffin-ev-metz.png 

 

Au lendemain du vote de la loi « sur le mariage pour tous »


Et maintenant qu'allons-nous faire ?


Nos gouvernants ont réussi à imposer à notre pays le « mariage pour tous », en dépit de l'opposition grandissante et sans doute majoritaire des français. Une telle précipitation surprend, au moment où la crise économique imposerait tant d'autres priorités plus urgentes !


Quoi qu'il en soit, ne regrettons pas la mobilisation de ces derniers mois qui aura permis à beaucoup d'hommes et de femmes de France de mieux s'informer et d'affiner leurs convictions.


Rappelons-nous que ce qui est légal n'est pas forcément moral. Il peut y avoir en effet des lois que notre conscience refuse de tenir pour justes, non seulement parce qu'elles sont contraires à nos convictions religieuses, mais parce qu'elles sont contraires à cette loi naturelle inscrite dans le cœur de tout être humain. C'est le cas de l'interruption volontaire de grossesse, légale en France, mais qui n'en est pas moins une atteinte grave à la vie et que refuse toute conscience morale éclairée ou non par la Parole de Dieu.


L'histoire de l'Église nous rappelle que des chrétiens sont morts martyrs pour avoir refusé d'obéir aux lois de l'Etat qui offensaient leurs convictions religieuses (sacrifier aux idoles, ne pas respecter le dimanche…). Elle nous apprend aussi que, par leur témoignage silencieux et la rectitude de leur conduite, les chrétiens ont transformé la société civile. Si, ces derniers mois, l'attachement aux valeurs s'est soudain réveillé, c'est parce que notre culture demeure quoi qu'on en dise imprégnée par le judéo-christianisme.


Ne rougissons donc pas de nos convictions sur la famille et le mariage. Elles sont porteuses d'un vrai projet pour notre temps qui articule de façon cohérente la vocation des personnes, l'engagement au bien commun et l'avenir de la société.


1. Toute personne humaine est sexuée, elle est masculine ou féminine, non en vertu d'une décision personnelle, mais de par la naissance. C'est en acceptant cette caractéristique de son être qu'une personne peut grandir de façon harmonieuse et heureuse.


2. Ce qui fonde la famille, c'est un homme et une femme qui s'aiment et qui s'engagent à s'aimer dans la durée, en prenant la responsabilité d'élever les enfants qui peuvent naître de leur union. Cette responsabilité n'est pas seulement d'ordre privé : elle a une dimension sociale que les lois de l'Etat ont avantage à soutenir comme l'a fait jusqu'ici en France la législation sur le mariage civil.


3. L'enfant n'est pas un droit, c'est le fruit d'un amour entre un homme et une femme. Pour sa croissance humaine et spirituelle, l'enfant a besoin d'un père et d'une mère. Aucune manipulation technique ne pourra cacher cette réalité fondamentale.


4. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Certes, ils doivent être soutenus en ce domaine par les institutions de la République, mais celles-ci ne peuvent déposséder les parents de leur droit fondamental d'éducateurs de leurs enfants.


La résistance à laquelle les circonstances présentes appellent les chrétiens n'est pas la violence des zélotes contemporains de Jésus, mais la force tranquille des béatitudes, fondée sur la réflexion et le discernement, la méditation des Ecritures et la prière. L'homme des béatitudes ne tient pas pour acquis ce que tout le monde pense, dit et fait. Il ne tient pas pour acquis ce que l'opinion présente comme une évidence ou une certitude, il se laisse conduire par l'Esprit Saint vers la vérité tout entière.
Cette résistance devra tôt ou tard s'incarner dans des engagements concrets et elle a une dimension politique, mais il n'appartient pas aux pasteurs de l'Église de l'organiser, leur rôle est de soutenir et

d'éclairer. Tel est l'objet de ce message.


25 avril 2013


+ fr. Pierre RAFFIN, o.p.

évêque de Metz 

Publié dans : laïcité
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Mercredi 24 avril 2013 3 24 /04 /Avr /2013 00:00

Communiqué du Parti de Gauche

francois cocq

Ce matin sur France-Info, Alain Vidalies, ministre des relations avec le Parlement, affirmait que le gouvernement s’opposerait le 16 mai prochain au vote de la loi d’amnistie des syndicalistes et militants associatifs à l’assemblée nationale.

Déjà réduit au Sénat en excluant les militants de RESF et les défenseurs de l’environnement, le texte y avait malgré tout trouvé une majorité. C’en était trop pour le gouvernement qui appelle à un nouveau coup de force contre la représentation nationale et sa propre majorité !

Pour justifier ce coup de poignard, le gouvernement use d’arguments lamentables et cherche à placer sur le même terrain les syndicalistes qui défendent l’emploi, les salariés et l’outil de travail, et les voyous qui placent leur argent dans les paradis fiscaux ou les hurluberlus qui menacent les partisans du mariage pour tous.

« Salariés taisez-vous, patrons vous avez les mains libres pour réprimer » : voilà le message du gouvernement qui choisit ainsi son camp : celui du Medef contre les travailleurs.

Le Parti de Gauche appelle solennellement les députés PS à refuser le diktat du gouvernement et du Président de leur groupe à l’Assemblée Nationale, Bruno Leroux, qui leur demandent de ne pas voter cette loi !  

 Tout ça suffit ! La manifestation du 1er mai et la marche citoyenne du 5 mai seront également l’occasion de soutenir l’amnistie des militants associatifs et syndicalistes

Paris le 24 avril 2013

François Cocq, secrétaire général du Parti de Gauche

(photo Rémy Blang)

 

Publié dans : parti de gauche
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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 22:22

Adoption de la loi sur le mariage égalitaire : un pas important vers une société émancipée

bannière lgbt
Le Parti de Gauche se réjouit du vote, ce mardi 23 avril 2013, de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Cette loi s’inscrit dans le combat des lumières pour l’égalité et des conquêtes républicaines que furent le mariage civil, le droit au divorce, la création du Pacs…


Le Parti de Gauche se réjouit également de l’adoption d’amendements portés par les parlementaires du Front de Gauche permettant une première reconnaissance de la diversité des familles au sein des instances représentatives de la vie familiale.

En effet le travail commun entre parlementaires du Front de Gauche et la commission LGBT du Parti de Gauche a abouti à modifier l’article L211-1 du Code de l’action sociale et des familles offrant aux associations homoparentales d’adhérer à l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et aux Unions départementales des associations familiales (UDAF) et d’accroitre la représentativité des associations familiales laïques par la reconnaissance (enfin !) de l’existence des familles hors du seul cadre du mariage.

Reste que si tout ce qui est pris est bon à prendre, le Parti de Gauche continue à regretter la frilosité du gouvernement qui a abouti à reporter si ce n’est à enterrer l’adoption du droit à la PMA pour les couples de lesbiennes, qui a renoncé à renforcer les droits de tous les couples (notamment ceux du Pacs), et qui n’a toujours pas inscrit à l’ordre du jour des assemblées le changement d’état civil libre et gratuit pour les personnes trans.

Enfin, face à la recrudescence des violences homophobes, le Parti de Gauche s’inquiète des faibles moyens accordés à la lutte contre les discriminations dans tous les secteurs de l’éducation, du médical, du travail comme du social ou de la justice. Là encore la politique austéritaire de réduction généralisée de la dépense publique fait le jeu des homophobes !

Pour mener ces combats, nous appelons les partisans de la lutte pour l’Égalité civile et civique à rejoindre notre cortège lors de la grande Marche citoyenne pour la 6e République le 5 mai au départ de la Bastille (13h30) et à faire des marches LGBT de la saison 2013 des grands rendez-vous revendicatifs pour l’Égalité pleine et entière.

 

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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 00:00

Enseignants, personnels de l’Education nationale, parents d’élèves pour l’école de l’égalité !

 

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La V° République a vécu ! L’affaire Cahuzac n’est que le symptôme de la captation du pouvoir par un petit groupe, dépossédant le peuple de sa souveraineté. Il est temps de rompre avec ce système et de remettre le peuple aux commandes de la Nation.

Chaque pan de notre société et de notre économie est soumis aux assauts de la finance et du profit. Ce sont aujourd'hui les normes libérales qui s'appliquent partout et leurs logiques comptables austéritaires.

 

L’éducation en est victime elle aussi ! La logique libérale s'est immiscée à chaque étage, s'efforçant de gommer l'égalité des droits au profit de l'égalité des chances. La logique autoritaire également faisant une norme du fichage de tous (Base élève notamment) et du recul de la démocratie dans les établissements.

            Afin d'inculquer leurs valeurs de compétition à la jeunesse de notre pays, chaque contre-réforme et proposition éducative vise à supprimer les principes républicains égalitaires et émancipateurs de notre école. La concurrence des établissements, la compétition scolaire sont ainsi devenus maître mots. Les inégalités territoriales sont renforcées voire encouragées, comme on a pu le voir par exemple avec le débat tronqué sur les rythmes scolaires. Les compétences se substituent aux connaissances et aux qualifications. C'est bien l'idée même de service public de l'éducation qui est battu en brèche.

L'éducation pâtit elle aussi de la mise sous tutelle de la France par l'Union Européenne consentie par les gouvernants. L'orthodoxie libérale de Bruxelles a imposé la stratégie de Lisbonne, à la grande satisfaction de la finance. Désormais l'école peut devenir un vaste marché dans l’ « économie de la connaissance ». 

 

Il faut que cela cesse ! L'éducation est le bien commun de la Nation, elle ne peut être dirigée par les mêmes irresponsables avides de profits qui ont déjà déconstruit l'appareil productif et une partie de nos services publics. Les mobilisations de l'ensemble de la communauté éducative démontrent que le peuple veut reprendre en main son école.

  

Pour construire l’égalité scolaire sur le principe de la réussite de tous et toutes, il ne suffit pas de détricoter quelques pseudos-réformes de la droite ni d’adapter le système aux canons de la doxa éducative du moment. Il faut reconstruire une école qui prend pour modèle l'élève qui n'a que l'école pour apprendre et  éradiquer les logiques de concurrence. 

Pour lutter contre les inégalités scolaires, il faut aussi oser s'attaquer aux inégalités dans la société et éradiquer la précarité, et non pas la créer.

Pour conduire notre pays à la hauteur de la transition écologique du XXIème siècle, il faut une école qui élève le niveau de qualification.

Pour que la 6ème République soit celle où le peuple trouve son entière souveraineté, il faut une école qui émancipe. La 6ème République que nous appelons de nos vœux redonnera à l’éducation son rôle émancipateur et démocratique. Elle redonnera à l'individu sa place de citoyen.

 

C’est pourquoi en tant que membres de la communauté éducative, enseignants, personnels de l’Education nationale, parents d’élèves, nous appelons à la marche du 5 mai 2013 pour la VIème  République et la refondation démocratique citoyenne et sociale de toutes les institutions, contre l’oligarchie, la finance et l’austérité.

 

Vive la sixième  République !

 

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