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  • : le blog de brigitte blang
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 22:22

Le Front de Gauche pour l’égalité Femmes-Hommes prend acte avec satisfaction de la nomination d’un gouvernement paritaire et de la création d’un ministère aux droits des Femmes, revendications portées haut et fort depuis des années par les associations féministes et dont le Front de Gauche s’est fait le relais durant cette campagne présidentielle avec son programme « l’Humain d’abord » résolument féministe.


egalite Malgré cela, nous déplorons d’ores et déjà l’absence de femmes sur les ministères régaliens, exception faite de la Justice. Nous regrettons également la nomination, par François Hollande, d’une seule femme sur les 8 premiers membres de son cabinet.

Le Front de Gauche pour l’égalité Femmes-Hommes désapprouve la première annonce, de Jean-Marc Ayrault en tant que premier ministre sur la réforme des retraites.

Nous tenons à rappeler au nouveau gouvernement, qu’imposer 41 années et demi de cotisation est discriminatoire pour toutes les femmes.

Les député-es du Front de Gauche porteront à l’Assemblée Nationale, les propositions politiques à même de lutter contre les politiques d’austérité qui plongent tout particulièrement les femmes dans le précariat et lutteront avec détermination contre les inégalités entre les femmes et les hommes.

 

Nous défendrons :

- Smic à 1700 euros
- Retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous
- Revalorisation des métiers dit féminisés
- Interdiction des emplois précaires (emploi à temps partiel imposé, à temps fractionné…)
- Création d’un grand service public de la petite enfance et de la perte d’autonomie.

 

Déclaration du Front de Gauche pour l’égalité Femmes-Homme

 

Publié dans : un petit tour chez les socialistes
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 22:22

À un mois de son affrontement avec Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, rencontre avec un Jean-Luc Mélenchon combatif qui s’interroge autant sur la place de la gauche que sur les dérives de la droite.

Après la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a décidé de poursuivre son combat contre le Front national en se présentant sur les terres de Marine Le Pen, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Triangle rouge de Ras l’Front à sa veste, le tribun du Front de gauche nous explique pourquoi il a érigé la présidente du FN en adversaire numéro un.

 

alexis livre fn Pourquoi avoir choisi de vous porter candidat face à Marine Le Pen ?

Jean-Luc Mélenchon – J’ai décidé d’être candidat aux législatives pour prolonger le message que nous avons porté lors de la présidentielle. Nous voulons livrer un combat social face au Front national dans une circonscription populaire. Hénin-Beaumont est la circonscription exemplaire pour cela. Alors que l’extrême droite prospère sur la décomposition des socialistes, nous allons tenter de relever la gauche. Avec la médiatisation de la campagne, cette bataille aura un retentissement national.

Mesurez-vous le risque politique de défier le FN sur une terre où il est fermement implanté ?

Je prends le risque d’être battu, et alors ? Les circonscriptions de gauche ne sont pas venues d’un claquement de doigts, elles ont toujours été gagnées au prix de luttes. En tant que figure de proue du Front de gauche, j’estime que j’ai un devoir d’exemplarité. A trois reprises, les socialistes ont tenté de parachuter quelqu’un dans cette circonscription, personne n’a voulu venir. J’assume mes responsabilités en m’y présentant comme candidat.

Pourquoi avoir fait de la lutte contre le Front national l’une de vos priorités politiques ?

Les gens pensent que le Front national est un cas particulier, comme s’il ne relevait pas de la politique mais de la morale. Pourtant c’est bel et bien de la politique. L’extrême droite n’est plus à la marge du système en ce moment de l’histoire. Un peu partout en Europe, on voit que la droite ne parvient plus à gérer la société avec ses méthodes traditionnelles et s’en remet progressivement à l’extrême droite. En ciblant le Front national, je m’attaque donc à la réorientation idéologique de la droite et aux risques qu’elle fait peser sur la société.

Avez-vous le sentiment que le FN n’est pas assez pris au sérieux ?

Les élites ont du mal à comprendre quand le monde change et elles reproduisent à l’identique ce qu’elles ont toujours fait. Quand vous ouvrez un livre d’histoire et que vous vous arrêtez à 1789, vous vous rendez compte que Louis XVI a cinquante moyens d’échapper à la guillotine. Il ne s’en sort pas car il ne parvient pas à rompre avec l’ancien monde. Les élites sont incapables de penser la nouveauté et de voir au-delà du capitalisme sauvage et productiviste qui est en train de s’écrouler. Tous les programmes politiques sont mis au pied du mur face à la crise que nous traversons.

Tout au long de votre parcours politique, vous vous êtes toujours placé en adversaire résolu de l’extrême droite. Votre enfance passée au Maroc vous a-t-elle rendu plus sensible à la question de l’immigration ?

Évidemment, ça joue pour moi un grand rôle. Je crois que Le Pen père et fille ne comprennent pas ce qu’est la France. Ils sont convaincus que l’identité française est figée alors qu’elle est perpétuellement en mouvement. Aujourd’hui, on demande des brevets d’intégration à des gens qui sont là depuis trois générations. On sous-estime la douleur que cela peut représenter d’être pointé du doigt de cette façon. On finit par douter de soi-même. Grâce à mon parcours, je comprends cette violence, je la ressens et quand ces gens m’entendent parler, ils ressentent une connivence affective.

Si le FN parvenait au pouvoir, vous plieriez-vous au verdict des urnes ?jlm stalingrad

Jamais. J’entrerais en résistance. Ces gens-là sont illégitimes à diriger la République. Et la France pour moi, c’est la République. La France sans la République, on a déjà donné : c’est le maréchal Pétain.

Vous refusez à Marine Le Pen et son parti toute possibilité d’évolution idéologique ?

C’est comme si vous me demandiez si j’ai une chance d’approuver la société de l’actionnariat, c’est impossible. Ma racine politique ne me le permet pas. Contrairement aux brevets de laïcité que lui ont décernés les médias, Marine Le Pen n’est pas laïque, elle est hostile aux musulmans, ce n’est pas pareil. Ce parti n’évoluera jamais, il sera toujours génétiquement antirépublicain.

Quelle est la responsabilité de la gauche dans la progression électorale du FN ?

Elle est colossale. Les victoires de l’extrême droite n’ont jamais eu lieu autrement que sur la base des fautes tactiques et stratégiques de la gauche. Le Parti socialiste n’a pas réussi à retrouver le chemin qui le mènerait au cœur du peuple. Le décrochage n’est pas qu’affectif, cette gauche-là est aujourd’hui incapable de prouver au peuple que ses intérêts sont à gauche. Il y a une déconnexion entre son programme et les classes populaires. Nous sommes la relève.

Quel regard portez-vous sur les méthodes employées par la gauche pour lutter contre le FN, que ce soit de manière morale avec SOS Racisme ou bien de manière plus spectaculaire, comme a pu le faire Bernard Tapie ?

Je crois que la solution n’est ni dans les leçons de morale, ni dans les injures. Les deux méthodes ont fait la preuve de leur inefficacité. Ma méthode est celle du débat argumenté. Prouver concrètement que nos solutions sont les bonnes et les leurs une illusion criminelle.

Quelle est la solution à adopter selon vous ?

La bataille morale est trop courte ! Il faut arrêter d’avoir un discours doloriste sur l’électorat du FN. On l’infantilise comme si les gens ne savaient pas qu’en glissant un bulletin de vote Front national, ils votent pour un parti raciste. À la place, je leur propose une identité patriotique, républicaine, écologiste et socialiste. L’enjeu est culturel.

Il y a aujourd’hui un sentiment assez largement répandu d’insécurité culturelle au sein de la classe ouvrière, notamment du Pas-de-Calais. Comment déconstruire cette panique morale ?

L’être humain est toujours partagé entre son attirance pour la ligne d’horizon et la peur de ce qu’il va y trouver. On ne peut pas reprocher aux gens de chercher un nouveau mode d’organisation quand celui qu’ils avaient s’est effondré. Lorsque la gauche n’arrive plus à faire comprendre que la solution passe par le social, le FN débarque et répond par l’ethnique. Les gens n’ont pas peur de l’autre ou de la globalisation, ils craignent simplement les ravages du capitalisme.

Malgré vos efforts, le Front national reste le parti qui capitalise le plus fort vote ouvrier. N’est-ce pas un échec pour vous ?

Je ne peux pas régler en une campagne des problèmes qui traînent depuis trente ans. Je pense que nous allons pouvoir reconquérir l’électorat ouvrier, mais ça se fera par étapes.

Vous faites appel à la « communauté ouvrière », mais dans une ville comme Hénin-Beaumont, marquée par la fermeture des mines, est-ce que cela a encore un sens?

La conscience ouvrière a été construite au prix du sang, des larmes et des fusillades. J’affirme que les solidarités communautaires ne sont pas détruites. Les gens ne se replient pas sur eux, ils se construisent autrement. Nous allons leur proposer de se construire dans la révolte. Wilhelm Reich tout comme Léon Trotsky partageaient le même avis sur la composition de la société. Le fascisme peut faire d’une poussière humaine une force. J’oppose cette méthode à Marine Le Pen. De la poussière de l’autre gauche, nous avons fait une force qui s’est donnée à voir tout au long de la campagne présidentielle, que ce soit à la Bastille, au Prado ou bien encore au Capitole. Je vais poursuivre le combat. Il ne faut pas que Marine Le Pen s’attende à ce que je rase les murs. On sera partout. Rue par rue, porte par porte, cœur par cœur.

 

Publié dans : parti de gauche
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:22

Dans une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, le leader du Front de Gauche appelle le nouveau chef du gouvernement à « stopper l'hémorragie industrielle. » Et assure: « Composante décisive de la victoire, les nôtres veulent recueillir les fruits du changement. »

Hénin-Beaumont, le 15 mai 2012


Monsieur le Premier ministre, cher camarade,


jlm NB

L'élection de François Hollande et votre nomination ouvrent une possibilité pour qu’enfin les exigences de notre peuple soient entendues. Composante décisive de la victoire, les nôtres veulent recueillir les fruits du changement.

Je sais que tout ne se fait pas en un jour. Pour l’immédiat, cependant, je veux attirer votre attention sur la situation intolérable d’une vingtaine d’entreprises emblématiques et de leurs salariés.

Certaines décisions peuvent immédiatement être prises par simple décret ou par l’action du gouvernement pour résoudre ces situations d’urgence. Notamment pour faire appliquer les décisions de justice rendues en faveur des salariés. Agissez pour faire appliquer les jugements qui ont donné raison aux ouvrières de Sodimédical et ordonné le versement de leurs salaires non payés depuis sept mois.

D’autres propositions nécessitent des modifications législatives. Je forme le vœu qu’elles soient soutenues dès cet été par le gouvernement lors de leur présentation à l’Assemblée nationale par les députés du Front de Gauche.

Par la loi, il est possible dès à présent de stopper l’hémorragie industrielle grâce à :

- L’interdiction des licenciements boursiers et suppressions d’emplois dans les entreprises bénéficiaires. Cette mesure de bon sens économique vise à empêcher des saccages comme ceux de Continental ou Samsonite. Elle empêcherait les actionnaires de préparer de nouvelles suppressions d’emplois dans des groupes bénéficiaires, de l’automobile (PSA, Renault etc), à la chimie (Sanofi-Aventis) en passant par les banques.

- La création d’un droit de véto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation et l’obligation d’examiner les propositions des salariés. Ces droits nouveaux des travailleurs permettraient par exemple aux salariés de l’automobile de Sevelnord ou de PSA Aulnay de faire entendre leur point de vue à des actionnaires jusqu’ici tout puissants.

- Un droit de préemption de l’activité par les salariés réunis en coopérative, avec un soutien juridique et financier public, comme le réclame depuis plus de 600 jours les salariés de l’usine Univelever-Fralib. Un tel droit aurait aussi permis d’envisager sous une perspective autrement plus positive la reprise de l’activité de SeaFrance.

- L’adoption de sanctions pour punir les atteintes « aux éléments essentiels du potentiel économique de la Nation » prévues à l’article 410-1 du code pénal. Parmi ces sanctions devrait figurer la réquisition des sites industriels d’intérêt général en danger. C’est le cas d’ArcelorMittal à Florange, où l’arrêt des hauts fourneaux menace la souveraineté industrielle de la France en matière d’acier. Un tel droit de réquisition empêcherait également le dépeçage d’Arkéma, leader français du PVC. Il permettrait également de dissuader des entreprises comme Alstom de se séparer d’activités hautement qualifiées comme la fabrication des ailettes de turbines.

- L’instauration de visas sociaux et écologiques aux frontières pour empêcher le dumping social ou environnemental. Ces protections passent aussi par des mesures d’harmonisation sociale par le haut dans les entreprises de transports, en particulier maritime où des milliers d’emplois sont menacés comme à la SNCM et à la CMN.

- La mise en place de « plans écologiques de filières industrielles »pour mettre en relation les entreprises entre elles autour d’un projet ambitieux comme, par exemple, entre la papeterie M’Réal dans l’Eure et la raffinerie Petroplus en Seine-Maritime.

- La protection des sous-traitants par la responsabilisation des entreprises donneurs d’ordre, permettrait de pérenniser de nombreuses productions de haut niveau comme celle de PreventGlass, des Fonderies du Poitou ou encore de Faurécia.

Enfin, monsieur le Premier ministre, je vous demande solennellement d’intervenir pour faire cesser les poursuites engagées par le précédent gouvernement contre de nombreux syndicalistes comme Xavier Mathieu ou les agents « robins des bois » d’EDF et de GDF.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier ministre, cher camarade, l’expression de ma très haute considération.

 

Jean-Luc Mélenchon

 

Publié dans : parti de gauche
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 00:01

Chanson écrite après le discours du candidat Sarkozy, à Bercy, le 29 avril 2007 : « Dans cette élection, il s’agit de savoir  si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Je veux tourner la page de Mai 68… » 

  mai-68.jpg

 

N’effacez pas nos traces !

 

 Paroles et musique Dominique Grange
 
Je m’en souviens très bien, j’avais presque ton âge                « ORTF en lutte ! », « Halte à la répression ! »
Mon père parlait souvent d’une drôle de guerre                    « Tous unis camarades ! », « Les métallos tiendront ! »
Qui le fit prisonnier au bout d’un long voyage                        « Notre arme c’est la grève ! », « Renault-Flins vaincra ! »
Et le garda quatre ans éloigné de ma mère                            « Travailleurs, étudiants, continuons le combat ! »
Sur ses années perdues, je voulais tout savoir                        Dénonçant l’injustice, les salaires de misère
Sur ses plans d’évasion qui avaient tourné court                     Dressant des barricades comme les Communards
Et j’aurais dû lui dire d’en écrire les mémoires                         Nous voulions inventer un monde solidaire
De l’heure de la débâcle à celle du retour                             Et nous avions raison, nous les « Soixante-huitards » !

 N’effacez pas nos traces                                                        N’effacez pas nos traces…
Tout est écrit dedans
Pour qu’un jour en passant                                                   Ce sont les souvenirs de ces journées intenses
Ces petits cailloux blancs                                                      Où partout nos espoirs s’affichaient sur les murs
Nos enfants les ramassent                                                    Qui depuis quarante ans inspirent nos résistances
N’effacez pas nos traces                                                       Toujours au rendez-vous pour un autre futur
                                                                                        Ce n’était qu’un début, elle vient la relève
Par-delà les frontières, dans les années soixante                     Et de Mai 68 elle héritera demain
Résonna de nouveau le mot « Libération ! »                            N’en déplaise à certains, fossoyeurs de nos rêves
Des maquis du Viêt-Nam aux rues effervescentes                     Qui auraient tant voulu nous voir baisser le poing !
D’un vieux Quartier latin en peine insurrection                       
Des hauts-fourneaux lorrains, au carreau de la mine                 N’effacez pas nos traces…
La révolte gagna le métro et les gares                                   
Dix millions d’ouvriers occupèrent les usines                           (Paris, mai 2007)           
Et ce fut la plus grande grève de notre histoire

 N’effacez pas nos traces…

 

Publié dans : un peu de ciné, de lecture, de culture?
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 00:00

 General Motors Company : les profits au mépris de l’humain.

  

 

GMC-stg.jpg 

 

À travers un simple communiqué daté du 9 mai, General Motors Company (GMC) a annoncé sa décision « de lancer une évaluation complète et détaillée en vue d’une vente potentielle » de son usine strasbourgeoise de boîtes automatiques. Sans concertation préalable avec les salariés, la direction de GMC remet en cause l'existence de son site strasbourgeois alors même qu'un bénéfice net de 40 millions d'euros y a été réalisé pour la seule année 2011.


 En 2010 déjà, le groupe américain avait tenté de se débarrasser de ce site. La direction s'était engagée à conserver l'ensemble du personnel de l'usine, mais en exigeant en contrepartie d'importants sacrifices de la part des employés, comme le gel des salaires sur deux ans, l’abandon de jours de RTT et le renoncement à l'intéressement jusqu'en 2013. En outre, suite à l'annonce de 39 jours de chômage partiel pour le 1er semestre 2012, la direction de GMC a reçu l'aide financière des collectivités territoriales, notamment au travers de l’aide d’urgence aux entreprises en situation de chômage partiel. Selon les propos du président de Région Philippe Richert, la subvention de la collectivité s’élève à plus de 300 000 euros depuis 2009.


 Le Parti de Gauche du Bas-Rhin condamne fermement l'attitude de la direction de GMC qui a exploité les salariés dans son usine à la seule fin d'en accroître la rentabilité, au lieu de pérenniser l'emploi par des investissements sur le long terme. D’autres usines de la filiale européenne de GMC sont aussi menacées : Opel à Bochum en Allemagne (3 200 salariés) et à Ellesmere Port au Royaume-Uni (2 100 salariés) ainsi que la production du modèle Astra sur le site de Rüsselsheim, en Allemagne.


 Nous condamnons le détournement de subventions publiques et le chantage à l’emploi, et nous soutenons les salariés et leurs représentants. Nous demandons que les entreprises qui délocalisent et licencient remboursent toutes les aides publiques qu'elles ont perçues.


Nous demandons un contrôle citoyen des fonds publics accordés aux entreprises afin de mettre un terme à de telles dérives. Ne laissons pas partir nos emplois et nos savoir-faire au nom du seul profit à court terme.

Privilégions l’Humain d’abord !

Josiane Nervi-Gasparini

Candidate du Parti de Gauche pour le Front de Gauche sur la 1ère circonscription de Strasbourg

Publié dans : parti de gauche
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 00:12

C’était il y a une semaine. Place Stalingrad, chantait une grande dame. Et puisque j’ai eu le bonheur de lui dire mon admiration, alors, en cadeau et en forme de merci pour toutes les lumières allumées dans les consciences par ses mots et ses notes, reprenons ici la série que nous avions donnée en 2008, autour de son album hommage aux «  événements » comme on les nomme encore, et que nous aurions tant voulu appeler Révolution…

Les illustrations sont bien sûr de Tardi, ben voyons !


Paris.jpg

 

 

Paris, ce printemps-là… 

 

Paroles : Allain Leprest
Musique : Dominique Grange 

 

Rue des squares de Paris                          Rue du marché aux pleurs
Des jardins et des parcs                           Des vendeuses de larmes
Où la statue sourit                                   De l’attrape-gendarmes
Au matelot sans barque                            Du « Vivent les voleurs ! »
Sans galon sur l’épaule                             La plage sur les pavés
Ni médaille à la veste                               Don Quichotte pieds dans l’eau
Le front à la renverse                               Gardant les bungalows
Sous le vitrail des saules                           des nageurs sans papiers
 
Route des ponts sublimes                         Rue du feu aux fontaines
Sentier des suicidés                                 Potence et corde à nœuds
Des limonaires et des                               Paris pendu qui ne
Morts d’amour anonymes                         Parie plus sur lui-même
Paris ce printemps-là…                             Paris pourri de flemme
Paris tu te rappelles                                 L’air d’un faux boute-en-train
Courir à la Chapelle                                 Qui confond ses refrains
Acheter du lilas                                       Avec son requiem

 Rue du feu aux fontaines                          (Chorus)
Potence et corde à nœuds                                       
Paris pendu qui ne                                  Paris ce printemps-là…
Parie plus sur lui-même                           Paris tu te rappelles
Honteux de sa bohème                            Courir à la Chapelle
Qui ne goualante plus                               Acheter du lilas
Comme si trop repu                                ... Paris, ce printemps-là…
De ses propres poèmes                           

 

Publié dans : à gauche, toutes !
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 00:01

Déjà 5 jours qu’on a renvoyé monsieur Sarkozy à ses chères études, et déjà, on dirait qu’il s’est perdu dans les brouillards de nos mémoires. Pourtant, ce ne sont pas, on vous le promet ici avec solennité, les verres bus à la santé de son successeur qui nous embrument la souvenance. La preuve, voici le discours que sa Suffisance prononçait au soir de son accession au trône.

sarko-pinocchio.jpg

« … Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d'être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.

Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c'est le mandat que j'ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d'union et de fraternité. Je le ferai sans que personne n'ait le sentiment d'être exclu, d'être laissé pour compte. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre République, que chacun s'y sente reconnu et respecté dans sa dignité de citoyen et dans sa dignité d'homme. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu'ils ne seront pas abandonnés, qu'ils seront aidés, qu'ils seront secourus. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu'ils fassent ils ne pourront pas s'en sortir doivent être sûrs qu'ils ne seront pas laissés de côté et qu'ils auront les mêmes chances que les autres.
pape.jpg

 

J'appelle tous les Français par-delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s'unir à moi pour que la France se remette en mouvement.

J'appelle chacun à ne pas se laisser enfermer dans l'intolérance et dans le sectarisme, mais à s'ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui ont d'autres convictions.

…Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié…
…Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix… »


 On vous fait grâce du reste. Mais reconnaissons au moins à ce type le mérite d’avoir tenu ses promesses. Il ne nous aura pas menti, soyons justes : autorité, morale, respect, tout spécialement pour les marins-pêcheurs, les métallos, les professeurs, les infirmières, et les ouvrières d’ici et  d’ailleurs ! Pour les Américains, rien à dire. Par contre, les Africains, après le discours de Dakar, ça a dû leur faire tout bizarre de comprendre ce que fraternité signifiait dans la bouche de ce président-là…

Déjà, il nous parlait de croyances, et de concurrence des mémoires. La sienne a tendance à le laisser un peu tomber ces jours derniers, on ne va pas lui en vouloir pour si peu ! Il est parti, on ne va pas lui chercher les poux. Quoique, faudrait pas nous pousser beaucoup !

bb  

 

Publié dans : des nouvelles de la droite
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 00:00

Supprimer le TPJ, dernier cadeau empoisonné de Claude Guéant !

cameras-video.jpg Dimanche 6 mai, quelques heures avant les résultats de l’élection présidentielle, les derniers fruits pourris du sarkozysme sont tombés. Le ministre de l’Intérieur a, par décret, rendu effectif un des articles de la LOPPSI 2 en créant le TPJ, soit Traitements de Procédures Judiciaires qui doit  fusionner d’ici fin 2013 le système de traitement des infractions constatées (STIC) de la police nationale et le système judiciaire de documentation et d’exploitation de la gendarmerie nationale (JUDEX).  
  
Celui-ci sera alimenté par bon nombre de procédures judiciaires pour crimes ou délits, mais également la majorité des contraventions. De très nombreuses informations y seront collectées, aussi bien sur les personnes soupçonnées d’avoir commis ces infractions que sur les victimes.

  Ce fichier tentaculaire pourra même porter sur des données sensibles, « à savoir, selon la CNIL dans l’avis qu’elle a rendu, celles laissant apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci ».

  Les menus déroulants indiquent par exemple: « aspect visage », « couleur des yeux », « abondance cheveux », « aspects cheveux », « longueur cheveux », « coiffure », « type pilosité », « accent » ou encore « défaut prononciation». Pire encore, il sera possible de créer des fiches sur des personnes dont le visage a été capté dans la rue.

Dans son avis, la CNIL dénonce ici des risques importants pour les libertés.

Et tout ceci pourra être conservé soigneusement jusqu’à 40 ans pour les majeurs et 20 ans pour les mineurs à compter de l’enregistrement! Et jusqu’à  quinze ans pour les victimes!  

Beaucoup de professionnels auront accès à ces données: officiers et agents de la police judiciaire de la police ou gendarmerie nationales, du service national de la douane judiciaire, ainsi que les magistrats du parquet et les agents des services judiciaires, et jusqu’aux personnels des préfectures et sous-préfectures.  Et les consultations ne seront tracées que pour cinq ans.
Selon le ministre sortant, Claude Guéant, ce ne serait qu’un pur outil d’investigation judiciaire. C’est faux : le fichier concerne aussi la police administrative.

Au vu du fonctionnement actuel du STIC,  déjà vivement contesté par des professionnels de la police et de la justice et des inexactitudes qui y figurent, on imagine sans mal les conséquences sociales pour celui qui voudrait tenter sa chance pour un recrutement ou pour réclamer des papiers…
 
Le Parti de Gauche exige solennellement du nouveau gouvernement qu’il retire sans délai le décret du 4 mai 2012 à la légalité douteuse au vu notamment de la décision du Conseil constitutionnel concernant la carte nationale d’identité biométrique. 

Le Parti de Gauche demande que soit remis dès que possible à plat les fichiers de police et de gendarmerie qui ont proliféré ces dernières années, en instaurant a minima un contrôle parlementaire permanent sur leur fonctionnement et leur utilisation. 

  Il faut supprimer nombre de ces fichiers (à commencer par le fameux successeur du fichier EDVIGE ou Base-élèves) pour ne garder que ceux qui ont un intérêt pour les enquêtes judiciaires, permettre aux personnes qui y figurent d’y avoir un accès rapide et leur permettre de contester les éléments faux qui s’y trouvent, y supprimer toute mention ayant trait aux engagements politiques, syndicaux, aux caractéristiques physiques, à l’orientation sexuelle, à l’état de santé… Il faut enfin interdire tout fichage policier des mineurs et rétablir le principe d’effacement des condamnations judiciaires de ces derniers à leur majorité. 

Le Parti de Gauche

Publié dans : juges et tribunaux
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 00:01

... l’autre victoire du Front de gauche

La campagne de Mélenchon a-t-elle redonné ses droits à la politique ?


P-R (11)De lassitude en désespérance, la politique se languissait. On n’y croyait plus. Les médias faisaient de leur mieux pour amuser la galerie. Hélas, à leur insu, ils reproduisaient souvent les poncifs de l’idéologie dominante. La droite avait gagné la bataille des idées : elle avait imposé son langage, ses problématiques, son idéologie. Un langage partisan, souvent inconscient de l’être : charges sociales et non cotisations, assistanat et non droits sociaux, libéralisme et non capitalisme, lois économiques fatales et non choix de société contestables, État providence et non État social de droit, etc. Des problématiques fallacieuses : les dettes publiques dues aux « avantages » des travailleurs et aux missions sociales de l’État, une Europe régie sans recours par les marchés, la souveraineté populaire taxée de souverainisme, voire de nationalisme, les services publics jugés archaïques, la laïcité conçue comme une vieillerie à remplacer par l’exaltation compassionnelle de la « différence », etc. Des idées reçues et répétées, sans distance critique : le communisme confondu avec le goulag mais le christianisme étranger aux bûchers de l’Inquisition, la charité substituée à la solidarité redistributive, les coûts écologiques et sociaux de l’ultralibéralisme externalisés, l’impôt tenu pour confiscatoire, et les déshérités jugés responsables de leur situation.

Bref, dans la bouche de ses apologètes, toute interrogation sur l’inhumanité d’un système si content de lui paraissait incongrue et passéiste. La condescendance se mêlait à la morgue et le cynisme à l’enrichissement vertigineux. 1million d’euros mensuels pour certains PDG du CAC 40 et le Smic plafonné à 1 400euros. Les soins, la culture, le logement, voire l’eau et l’énergie, devenaient inaccessibles aux exclus, et l’industrie du luxe se faisait florissante. La destruction complète des conquêtes ouvrières allait bon train. Comme l’avait dit la Dame de fer : « No alternative ». La leçon de madame Parisot, en 2005, était franchement sordide : « L’amour et la santé sont précaires : pourquoi le travail échapperait-il à la loi ? » M. Sarkozy agissait en disciple. Mais il fallait un dérivatif aux désespérés. D’où son mimétisme à l’égard de l’extrême droite. Exalter le « nous » contre le « eux », l’ami contre l’ennemi. Rapprocher immigration et menace sur l’identité dite nationale. Jeter l’opprobre sur les immigrés, les Roms, les banlieues. Annuler trente ans de lutte contre racisme et xénophobie en s’inventant des ennemis imaginaires, caricaturer la laïcité en la tournant contre certains immigrés. Dans tout cela, un grand absent : le peuple.

Un fait nouveau change la donne. Le Front de gauche reprend la bataille des idées, pour contester pied à pied la victoire idéologique de la droite. Il promeut une nouvelle façon de faire de la politique. Sa campagne est l’occasion d’un immense partage du savoir, d’un pari sur la culture populaire. Chaque discours explique les causes, défatalise les effets, déverrouille l’horizon. Les mots de la domination sont contrés par ceux de l’émancipation. On combat à nouveau l’exploitation « Qui produit la richesse en créant la misère » (Hugo, Melancholia). L’espoir est là, il fait vibrer, aller vers l’autre, ouvrir les livres, explorer la toile, agir de concert, (re)vivre les solidarités militantes. L’émancipation individuelle et collective reprend sens. Le partage du savoir est aussi celui de l’espoir. Autre chose est possible que ce monde absurde et injuste. Telle est l’autre victoire du Front de gauche, et elle est pleine de promesses.

Certes quelques mois de travail collectif enthousiaste, impliquant toutes les générations, redonnant le sourire et l’envie de politique à bien des déçus, ne peuvent suffire à déconstruire des décennies de fatalisme et de conformisme, d’hégémonie idéologique des nouveaux maîtres du monde. Il y faut du temps, mais le mouvement est lancé, bien plus profond, bien plus essentiel que de simples échéances électorales. Dans tout le pays, le Front de gauche suscite des recherches passionnées sur des sujets auparavant abandonnés aux prétendus experts. Comme disait Condorcet, il s’agit de « rendre la raison populaire ». Ce pari de la culture permet au peuple de reprendre toute sa place, de se découvrir plus puissant qu’il n’imaginait du fait de la dissuasion distillée sans cesse par les chiens de garde de l’idéologie dominante. « Trop compliqué pour vous, laissez-nous faire ! » Non, on ne vous laissera pas faire, on ne lâchera rien ! La Boétie nommait servitude volontaire la soumission consentie. La résistance commence par la réfutation raisonnée. Et elle se poursuit par les luttes sociales.

Bref, le goût de la politique est revenu. Avec à la clé l’émergence d’une gauche décomplexée, libérée de toute fatalisation, fière d’assumer un projet d’émancipation original. Promouvoir le cercle vertueux d’une nouvelle république laïque, d’une économie sociale, et d’une planification écologique. 11% des voix, c’est une première victoire. C’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup par rapport au quasi-anéantissement qui précédait : scores infimes, division, lassitude et tristesse. C’est peu par rapport aux objectifs d’une reconquête ambitieuse. Mais la dynamique est lancée. La bataille des idées ouvre un autre avenir. Déjà un programme jugé utopique, couvert de sarcasmes, s’est découvert des émules. Voyez comment les idées du Front de gauche font école… De nouvelles tranches d’impôt ? François Hollande, sur le tard, reprend à son compte l’idée défendue par Jean-Luc Mélenchon. L’écart maximal des revenus de 1 à 20 ? Idem. Une sanction contre les exilés fiscaux ? Idem. Bref, la bataille des idées a enfin commencé, avec des premiers succès. Et elle ne s’arrêtera pas. Même après l’indispensable défaite de M. Sarkozy.

Henri Pena-Ruiz, philosophe

Publié dans : à gauche, toutes !
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 00:00

affiche-m.jpg 10 mai, ça vous dit quelque chose ? Bon, c’est un peu vrai, à toujours rappeler cette date-là, on va finir par devenir des anciens combattants qui refont inlassablement Verdun. Et alors ? Avoir au cœur cette soirée-là, ce moment de bonheur intense, où tous les rêves étaient permis, cette image qui se dévoilait et qu’on ne voulait pas regarder, tellement on avait la peur du retour de 74… Ce soir de printemps largement arrosé (à tous les sens du mot, oui oui !), on a sillonné les routes du canton, klaxons bloqués, drapeaux au vent, assis sur les capots des bagnoles, et même des fous assis sur les toits. On n’oserait plus faire ça aujourd’hui. C’est pour le coup qu’on se sentirait ridicule. En 81, un 10 mai, on n’avait pas de ces complexes. On avait gagné. On le chantait, on le dansait, et tant pis pour les fâcheux qui fermaient leurs volets à notre joie un peu trop bruyante à leurs oreilles de vaincus. C’était une première, on n’avait jamais rien gagné. Alors, on essayait  la fête du soir de victoire, comme ça, pour voir. On se souvenait de ce que nous avaient raconté nos parents, ou nos plus vieux potes, sur 36. On voulait le faire aussi. On l’avait fait. Chez Robert, bizarrement, on était nombreux. Autrement plus nombreux que pour chercher tracts et affiches, coller et distribuer, les semaines précédentes. Et puis, entre deux coups de fusils au ciel (je vous l’ai dit, on était un peu maboules en ce temps-là !), on a quand même écouté Mitterrand. Qui nous disait : « Nous avons tant à faire ensemble… ». On a crié « Mitterrand du soleil ! » et aussi « La grossesse à 6 mois ! », juste des bêtises pour se faire plaisir.

La nuit a passé, comme ça, entre champagne et coup de rouge, ça dépend qui ouvrait sa porte. On s’est posé aux aurores à la maison. Fallait quand même aller bosser. On en a profité pour s’engueuler avec le marchand de journaux, un qui n’avait pas voté comme nous et qui avait un peu le moral dans les chaussettes, vu qu’il pensait qu’on allait lui collectiviser sa boutique (tiens, on aurait mieux fait, parce qu’à présent pour trouver un journal digne de ce nom, faut faire 15 bornes !). À midi, après les cours, en salle des profs, on a débouché d’autres bouteilles. C’était l’époque où les profs votaient à gauche… Ça aussi, ça a passé !

Et la vraie histoire a commencé. Il y a eu des moments merveilleux. De grandes heures. Pour vous, je ne sais pas, mais moi, je ne cracherai jamais dans cette soupe, que nous avions aidé à mijoter, longtemps, si longtemps. Penser toujours aux cinq semaines de congés, aux 39 heures, à la retraite à 60 ans, au mois de septembre qui a suivi, celui de l’Abolition. Y penser, et être fière d’avoir vécu ça, d’y avoir contribué, même si ce n’est qu’un tout petit peu. J’y pense, et ça restera à jamais dans mon cœur, parce que ce 10 mai 1981, on a écrit une page d’histoire. Quand même…

brigitte blang

 

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