Réchauffons le SDF.
On se disait aussi, avec ce froid qui nous arrive de l’Est (quand on vous le disait que rien de bon ne pouvait venir de ces coinceteaux-là !), avec cette nouvelle lubie de température ressentie, et c’est tout de même un drôle de truc, vous me l’accorderez, qu’il fasse -10, ou que tu ressentes -15, ça ne change pas grand-chose à l’affaire, si tu dors dans la rue, avec juste un carton pour couverture, bref avec tout ça, ils vont bien nous trouver un truc pour que les sans abri en trouve un et que les SDF soient couverts, et si possible épargnés des tracas qui les encombrent.
Eh bien, bingo ! Ils ont cherché longtemps, et trouvé donc que par cet hiver plutôt de saison, il fallait en effet faire un effort pour réchauffer le SDF. Chouette, qu’on s’est dit ! Sauf que le sigle ne recouvrait pas ce qui nous intéresse. SDF, figurez-vous, ça peut aussi vouloir dire Stade de France ! Et comme aujourd’hui, y a match, c’est celui-là qu’on va chauffer, qu’on chauffe en réalité depuis deux ou trois jours. Pour permettre à 30 types en short de courir près une baballe, même pas ronde de surcroît ! Entendons-nous bien, et ne nous fâchons pas. Ici, on n’a rien contre le sport en général et le rugby en particulier, mais bon, on n’aurait pas par hasard autre chose à faire avec l’énergie, qui est déjà si précieuse qu’on nous casse les pieds du matin au soir pour l’économiser, acheter des ampoules que tu ne vois rien avec, faire gaffe à l’eau de la douche et surtout pas de bain, vu ! pas trop rouler en bagnole, éteindre tout dès que tu sors de ta cuisine, maintenant que tu as bien compris tout ça, que tu t’es tué le moral à l’enseigner à ta descendance, voilà que ces gens-là te fichent tout par terre avec une pelouse à chauffer ! Pendant que des gens crèvent de froid, au sens propre, dans les rues et les champs. Alors, je vais vous dire, le match, je ne le regarderai pas, par représailles. Ça me fera des économies d’énergie…
brigitte blang
si j'avais su, je serais allé au match !