Besson, Darcos prétendent lutter contre le “ travail dissimulé ” des “ sans-papiers ” ? S’ils en avaient vraiment l’intention, ils doubleraient immédiatement les effectifs de l’inspection du travail chargée de cela et ils pousseraient au suivi judiciaire de nos procès-verbaux. Avec 450 inspecteurs du travail pour... 17 millions de salariés et 1,2 million d’entreprises, nous sommes moins nombreux qu’il y a un siècle.
- Toutes les grands majors du bâtiment ont fait leurs fortunes sur la surexploitation de sans-papiers : fermeture administrative ? Chiche !
- 5 700 sans papiers du bâtiment en grève : ils sont employés sans droits, sans papiers, par 1800 patrons : fermeture administrative des 1800 entreprises dont Bouygues ? Chiche !
- Fermeture administrative de la RATP ? Elle sous-traite à des boîtes dont elle sait qu’elles emploient des sans-papiers comme des esclaves (cf. le film des salariés travaillant de nuit dans le métro). Chiche !
- Fermeture administrative de milliers d’entreprises qui trichent ? 61% des restaurants d’Ile de France ont du travail dissimulé ! Chiche !
- Prétendre lutter contre le “ travail dissimulé ” ?
Il faut au moins doubler les effectifs de l’inspection du travail (450 inspecteurs en tout). 85% du travail dissimulé consiste en des heures supplémentaires impayées : 9 plaintes sur 10.
- " Fermeture administrative ” d’entreprises qui emploient des sans-papiers par les " préfets " ? Des préfets sans inspecteurs du travail ? Bluff ! Sans réguler la sous-traitance ? Bluff !
Commencez donc par
- donner des moyens réels à l’inspection en doublant immédiatement ses effectifs,
- par appliquer les actuelles sanctions légales,
- suivre les procédures judiciaires pour les faire appliquer (trois PV sur 4 de l’inspection du travail sont classés sans suite ou jugés a minima),
- faire que les donneurs d’ordre soient pénalement, financièrement, économiquement responsables de ce qui se passe sous leurs ordres
- réguler la sous-traitance en imposant que l’entreprise intervenante soit alignée sur la convention collective du donneur d’ordre le temps de la mission…
… et en facilitant la reconnaissance juridique des “ unités économiques et sociales ” et des groupes, afin d’empêcher les externalisations artificielles, la fausse sous-traitance, et le marchandage.
Gérard Filoche, lundi 23 novembre