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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


régimes spéciaux par le MARS

Publié par prs 57 sur 20 Octobre 2007, 23:00pm

Catégories : #à gauche - toutes !

Sarkozy : ON NE JOUE PLUS

(par le Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale)

 Source : www.combatrepublicain.org

 

Nous y voilà ! Après les grimaces politiques de l’ouverture, après la sarabande médiatique, on ne joue plus. Douze ans après Juppé, Sarkozy, en s’attaquant aux régimes spéciaux de retraites, vise à l’essentiel : mettre à terre le mouvement social français. Comme Thatcher l’avait fait en Grande-Bretagne en s’attaquant aux mineurs, il souhaite signer le début de son quinquennat par une victoire éclatante sur le noyau le plus résistant du mouvement populaire.

Qui ne voit, en effet, qu’après les milliards de cadeaux fiscaux de l’été aux privilégiés, la mise en cause des régimes spéciaux qui ne constituent qu’une infime part du poids des retraites, n’est qu’un misérable prétexte pour accroître sans cesse la durée du travail et fissurer le régime de répartition au profit de l’assurance privée ?

Qui ne voit qu’après l’établissement du « service minimum » on veut étouffer dans l’œuf tout mouvement de quelque ampleur ? Qui ne voit qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ?

Sans doute faut-il réexaminer les conditions réelles du travail et permettre à ceux qui ont les travaux les plus pénibles de travailler moins longtemps, mais là n’est pas le but de Sarkozy ni celui de tous ceux qui entonnent avec lui le grand air du « travailler plus puisque l’on vit plus ».

Or, jamais la productivité du travail n’a été aussi élevée dans notre pays, jamais à ce point, la part des richesses produites en France, qui ne cesse de croître doit-on le rappeler, n’a été autant détournée des revenus du travail vers ceux du capital, jamais ce dernier n’a comme aujourd’hui délaissé l’investissement productif pour lui préférer les coups en bourse. Et il faudrait s’alarmer dans pareil contexte des progrès de la science et de l’augmentation de la durée de la vie ? A la politique de classe du MEDEF on peut opposer une autre politique qui soit à l’inverse même du modèle Fillon résumé par l’auteur sur mode ternaire et cependant provocateur : « moins de services, moins de personnel, moins d’état ». Le rêve libéral des nantis s’avère ainsi le cauchemar des plus défavorisés.

Tout au contraire une véritable politique de relance passe en premier lieu par une politique de la demande stimulée par l’augmentation des salaires et des cotisations qui vont avec pour réduire les déficits sociaux. Et qu’on nous fasse pas le coup du réalisme : 20 ans que l’on comprime les « coûts » salariaux et que l’on exonère les charges sociales sans jamais que la courbe du chômage ne chute ! Que l’on accroît les années de cotisation - Fillon parle désormais de 41 ans - alors qu’il est déjà impossible aujourd’hui pour des millions de nos concitoyens d’atteindre l’âge de la retraite dans les entreprises sans être acculés au chômage. Accroître les années de cotisation n’est que poudre aux yeux dans une société qui ne crée déjà pas suffisamment d’heures de travail pour ses actifs. Et en réalité artifice pour mieux convaincre le plus grand nombre de seconder, voire de remplacer à terme, le système par répartition par le bien plus juteux - pour les institutions financières - système par capitalisation.

Cette dérive, une grande partie de la gauche de gouvernement, n’en a malheureusement pas été immunisée depuis 1983 avec les résultats que l’on sait lors des trois dernières présidentielles. Au lieu de s’aligner peu à peu en la matière sur la pensée de droite, la gauche doit plus que jamais assumer un projet de gauche, porter des idées de gauche, redevenir la gauche pour celle qui le veut ou qui le peut encore. Le 18 octobre avec les syndicats mobilisés, avec les travailleurs agressés, c’est le pacte républicain lui- même qu’il faudra défendre. Et ce faisant nous devrons progresser encore pour redonner à la gauche les couleurs de la gauche, les couleurs de la transformation sociale. 

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