La grève, la voilà l’info du jour…
Depuis ce matin, on nous annonce, à la radio, un mouvement d’ampleur nationale, dans les transports, particulièrement. Gares désertées, taxis assaillis, usagers bougons, cheminots déterminés. Paraîtrait même qu’on croise plein de types à vélo dans les rues de Paris, costard, cravate, attaché-case sur le porte-bagages, portable à l’oreille… Un jour de grève, quoi, on se croirait revenu au temps des manifs de 95, au temps où on croyait que ça marchait, la solidarité, parce qu’on pouvait faire du stop dans la rue, et que des tas de conducteurs sympas s’arrêtaient pour t’emmener. La France est dans la rue. Chic alors ! Dans mon collège, une gréviste… Devinez ! Le 6 mai à 20 heures, j’avais fait le serment solennel de TOUTES les faire, peu importe le motif, alors, j’ai commencé à tenir parole, même si mon syndicat demandait de ne pas « mélanger les genres ». Solidaire, on va dire solidaire, même si en matière de retraites, nous aussi, on a tout à craindre des joyeux lurons qui nous gouvernent. Apparemment, dans la grosse machine (le mammouth !) ils n’ont pas tous compris l’enjeu. Comme on disait avant : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! » et il va y avoir de quoi faire, on dirait ! Depuis les petites aurores, donc, on nous envoie des chiffres, mais drôlement, pas les mêmes que nous sur nos tracts, dis donc! Thibault était l’invité d’Inter. On lui a resservi le coup des cheminots « privilégiés », vous savez bien, les privilégiés qui partent à 55 ans, avec des retraites mirobolantes de 1000 €, en ayant cotisé plus que vous et moi, et pourquoi ils n’ont pas pris une retraite complémentaire, ceux-là, dîtes-moi ? Hein ? Pourquoi ? Plutôt que de bassiner le voyageur de base, qui ne demande qu’à bosser plus pour gagner plus, les pauvres femmes de ménage qui n’ont que ça pour vivre, alors que les cheminots, on le sait tous, ils ont des postes en or massif, après leur départ, en oubliant seulement que les nantis, ce ne sont pas ceux-là, mais d’autres, bien plus riches qui se sont tartiné des cadeaux fiscaux à longueur d’été, en oubliant une fois encore de dire que le fric est là, suffit d’aller le chercher où ils l’ont planqué, à grands coups de crédits d’impôts et de profits occultes, 160 milliards, quand même ce n’est pas rien… J’en étais là de mes réflexions solidaires, quand est tombée LA nouvelle qui va bien : le divorce des Sarkozy. Un divorce comme beaucoup d’autres, finalement. Je t’aime, moi non plus. Comme tout le monde, avec autant de larmes et de douleurs que chez tout le monde et des gamins déchirés, comme chez tout le monde et des retombées sur le moral des troupes, comme chez tout le monde. La différence, c’est que cette énorme nouvelle, que tout le monde, justement, connaissait depuis au moins 6 mois, ils ont choisi de nous la vendre un jour comme aujourd’hui. Un jour de grè
ve… Priorité à l’intime pendant que des milliers de gens sont dans la rue à dire que pour eux, ce n’est pas l’intime, mais bien le collectif qui compte… On a connu en d’autres temps un autre couple qui a choisi une soirée électorale pour nous faire part de ses embêtements. Pas bien élégant tout ça, on avait dit à l’époque. Eh bien on le redit. Pas bien élégant. Parions sur la une des journaux du soir, à la télé. Moi qui les boycotte depuis le mois de mai, je vais peut-être bien me faire violence ce soir. Parce que la solidarité, ce n’est pas un vain mot, on va bien les plaindre, et on va se demander, au fait qui garde l’appart de Neuilly ?
brigitte blang prs57
Dernier mouvement d'humeur, l'annonce, à la radio de la suspension de certains programmes pour cause "d'arrêt de travail d'une certaine catégorie de personnel ", avec en bout de communiqué ce mot: Veuillez nous en excuser ... Nous excuser ! V'là autre chose ! Depuis quand devrait-on présenter ses excuses pour participer à une grève ? C'est fort, non ? La grève, c'est un droit, et rien d'autre qu'un droit. Point.