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médias

Vendredi 23 octobre 2009

Sentiment et morale : et si l'on s'occupait vraiment de la protection de l'enfance?

par Le Secrétariat national de l'UFAL

Nos amis de Respublica viennent d'exprimer si parfaitement ce qu'on doit penser, après avoir remisé au placard les effets de manche, de la succession d'affaires récentes relevant des « mœurs » que je ne peux que les citer en ouverture : « Pendant qu’on fait étalage de bons sentiments, qu’on en appelle à la conscience morale, qu’on somme les coupables d’expier, le gouvernement continue de s’occuper de nous. Pendant que l’on disserte sur la pédophilie, le viol et la méritocratie, le gouvernement poursuit sa politique néolibérale » (voir ici article intitulé « enfumage » en date du 19 octobre dernier) 

En effet, on voit d'un côté les « élites » de droite et de gauche soutenir de façon inconditionnelle Polanski et Mitterrand, et de l'autre le moindre délit d'un « caïra » de banlieue l'emmener directement en prison ! Est-ce que droguer une jeune fille de 13 ans pour avoir des rapports sexuels avec elle est permis à ceux qui ont de l'argent, capables d'indemniser leur victime pour qu'elle retire sa plainte ? Est-ce que le tourisme sexuel « tarifé » est autorisé pour les « élites de la culture » qui le recyclent en littérature et interdit aux larges masses populaires !
Du coup, que se disent les gens « ordinaires »? Que tu sois riche et puissant ou pauvre et misérable, la justice et les médias fonctionneront à deux vitesses ! Voilà ce qu'obtiennent les soutiens inconditionnels de Polanski et Mitterrand…

À l'occasion de ces deux « affaires », disons qu'il faut d'abord respecter la compétence des juridictions étrangères d'une part, la présomption d'innocence de l'autre.

Opposée à toute notion d'« ordre moral » à connotation religieuse, luttant pour l'accès effectif à la contraception des adolescents, l'UFAL ne saurait être soupçonnée en l'occurrence de pudibonderie. Mais la défense des enfants et des jeunes impose qu'on leur reconnaisse des droits propres, et donc interdit l'amalgame entre pédophilie et prostitution hétérosexuelle ou homosexuelle (qui concerne des adultes consentants à priori).
La prise en compte de la misère sexuelle et de l'exploitation de la misère sociale sont d'autres débats. Le fait qu'il existe des différences de traitement du « travail sexuel » entre pays occidentaux et pays en développement ne doit pas plus qu'en matière de droit du travail « courant », nous laisser accepter le dumping sexuel.

D'ailleurs, si notre pays veut se faire entendre de façon crédible en matière internationale, rappelons qu'il existe une Convention Internationale des Droits de l'enfant (CIDE, New York 1989), que la France a signée et ratifiée mais qu'elle respecte de façon imparfaite : le dernier rapport du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies (22 juin 2009) rappelle les préoccupations essentielles qui subsistent dans notre pays : en matière de droit à la santé, éducation, maltraitance, handicap et droit des étrangers. Et demande notamment à la France de donner plus de pouvoirs au Défenseur des Enfants, alors que ce poste vient d'être purement et simplement supprimé sans préavis... On voit comment la France se préoccupe des droits des enfants sur son territoire et comment elle respecte le droit international !

 

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Samedi 22 août 2009

La Fête au fil du temps…

7 septembre 1930 : Première Fête de l’Humanité au parc Sacco et Vanzetti à Bezons Interrompue pendant les années de l’Occupation, la tradition de la Fête de l’Humanité reprend ses droits après la Libération.

1956 : Bois de Vincennes

1957/1958 : Montreuil

1959 : Meudon

1960/1965 : Parc des Sports de la Courneuve

1966/1970 : Retour au Bois de Vincennes

1971 : Parc des Sports de la Courneuve

1972/1998 : Parc Paysager de la Courneuve

Structurée par espaces régionaux depuis 1977, la Fête se transforme en espaces thématiques en 1995.

1999 : La Fête prend ses quartiers à l’espace Fêtes, dans la partie Est du Parc départemental de la Courneuve, appelée aussi « Aire des Vents ». Toujours aussi champêtre, elle devient plus accessible et plus confortable pour les visiteurs.

2004 : la Fête est celle du centenaire de l’Humanité

2005 : 70° édition de la Fête

La Fête de l’Humanité, c’est :

  • 70 hectares de terrain
  • 15 km de câble électrique
  • 10.000 Kw de puissance installée pour 400.000 Kw de consommation
  • 70.000 m2 de surface de stands
  • 8.000 m de façade
  • 15 km de barrières diverses
  • plus de 300 lignes téléphoniques installées
  • 550 stands
  • Plus de 10 manèges
  • Un village du monde
  • Un espace « collectivités » de 20.000 m2 (avec les circulations)
  • Un espace « commercial » de 5.000 m2
  • Un parterre de grande scène pouvant accueillir 60.000 personnes

Dans le souci du respect de la tranquillité des riverains, un mur de terre armée de 10 m de haut contribue à maintenir les émissions sonores au niveau des normes européennes dans les zones d’habitation alentour. Ce remblai de 33 000 m3 est constitué d’arbustes permettant une protection efficace et esthétique.

La Fête de l’Humanité, c’est également des milliers de bénévoles qui contribuent à son succès par leur participation à sa réalisation, par leur présence dans les stands, à l’accueil et à la sécurité, à l’antenne médicale…

 

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Dimanche 16 août 2009

 

(sur le site du Grand soir)

Le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses, est membre de l’Académie de médecine et l’ancien président de la Croix-Rouge.

 

Comment jugez-vous la gestion de la grippe A ?

Le poids qu’on attribue à la grippe A est indécent par rapport à l’ensemble de la situation sanitaire dans le monde. C’est une pandémie de l’indécence. Quand je regarde la situation de la planète, j’ai honte de voir tout ce qui est entrepris pour éviter cette grippe dont on ne sait que peu de chose.

Chaque semaine dans le monde, près de 200 000 enfants meurent de maladies. La plupart auraient pu être sauvés s’ils avaient eu accès à des médicaments ou à des programmes de prévention. Chaque année, 1 million de personnes meurent du paludisme dans l’indifférence quasi générale, dont 20 à 30 cas importés dans notre pays. La grippe A n’a provoqué qu’un décès discutable en France. Cette pauvre fille de 14 ans est probablement morte d’une autre cause. Mais un mort ici compte beaucoup plus que des milliers ou des millions ailleurs.

Les pouvoirs publics ont quand même le devoir de prévoir les risques sanitaires…

Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux décideurs politiques qui sont piégés par leur « principe de précaution ». Le désastre de la canicule de 2003, politiquement, les hante.

Les recommandations de porter un masque, de se laver les mains ou de nettoyer les poignées de porte ne coûtent pas cher. Tout cela a été bien fait par les pouvoirs publics et cette campagne ne coûte pas cher. Parler de « grippette » [terme évoqué par le professeur Bernard Debré dans un entretien au Journal du dimanche] n’est pas sage. Pour l’instant c’est une grippette, mais pour demain, les pouvoirs publics ont raison d’envisager une dégradation sans céder au terrorisme sanitaire de certains « experts ».

Que pensez-vous de la possible campagne de vaccination ?

La décision d’acheter massivement des vaccins dont on ne sait rien, pour 1 milliard d’euros, ne me paraît pas raisonnable. C’est une mesure qui est dans la démesure. Un milliard d’euros, c’est trois fois plus que l’aide de la France aux pays en développement !

Que l’on décide de vacciner les populations à risque, les soignants, les pompiers et tous ceux qui doivent être mobilisés afin de rester disponibles au service de la collectivité, d’accord. Mais de là à vacciner tout le monde…

On ne sait rien de l’efficacité de ce vaccin et de ses éventuels effets indésirables. La souche du virus est bénigne, mais si elle mute et devient maligne, le vaccin qui a été élaboré à partir de la source bénigne sera inefficace.

L’industrie pharmaceutique a-t-elle exercé des pressions sur les autorités ?

Je ne sais pas s’ils ont exercé une pression et si, le cas échéant, les autorités en ont été victimes. Je sais que c’est une très bonne affaire pour les producteurs de vaccins ! Ce sont des entreprises privées qui ont besoin de faire des bénéfices. Je l’accepte. Néanmoins, c’est vraiment trop onéreux, et il est évident que tout cela doit être renégocié. Par ailleurs, on n’a pas beaucoup songé à l’accès aux vaccins des pays du Sud. Or, en matière de pathologie infectieuse, nous sommes tous solidaires. La pandémie est pour tous !

Est-ce le principe de précaution qui est en cause dans cet affolement ?

Le principe de précaution, en soi, est une bonne chose. Il faut évidemment faire le maximum pour éviter le pire. L’OMS donne l’impression de vouloir se racheter d’erreurs antérieures. Elle a commis un déni dramatique d’appréciation du sida qui a été, au début, sous-estimé, notamment en Afrique. Depuis, elle a peur de commettre la même erreur. À chaque nouvelle alerte, avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou la grippe aviaire par exemple, on nous a préparés au pire. Heureusement, ça a tourné court, mais à la longue, on risque de désarmer son attention.

On nous a prédit le pire, mais l’opinion publique garde son calme. Elle enregistre, elle constate que la grippe A n’est pas très symptomatique et que les formes dites graves se comptent sur les doigts d’une main en France, même si on nous promet un automne douloureux.

On a d’un côté surestimé des situations qui se sont révélées peu graves, alors que trop de situations explosives, comme le sida ou le paludisme, restent sous-estimées.

Propos recueillis par Jonathan Parienté

 

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Mardi 14 juillet 2009

Communiqué de la commission médias - Parti de Gauche


Le Parti de Gauche s'alarme des attaques portées à l'audiovisuel public ainsi que des menaces qui pèsent sur l'indépendance de l'Agence France Presse.
Depuis sept semaines, RFI est en grève. Une mobilisation, la plus longue dans l'audiovisuel depuis 1968, qui ne s'essouffle pas. Les salariés protestent contre le plan social annoncé par la direction. Au programme : 206 licenciements, sur environ 1000 salariés, et la fermeture de certaines rédactions en langues étrangères jugées « non prioritaires ». Derrière cette mise à mal d'une vitrine de la France, on trouve un duo d'élite : Christine Ockrent, directrice générale de l'Audiovisuel extérieur, et Alain de Pouzilhac, son président, par ailleurs PDG d'un groupe de casinos. Chacun touche près de 310 000 euros annuels (primes et bonus non compris) - la voix et l'image de la France dans le monde n'ont pas de prix ! - pour détruire un fleuron radiophonique et faire la part belle à France 24, un CNN à la française sous-financé. Comment déshabiller Pierre pour habiller Pau…  Les salariés attendent toujours que l'Elysée daigne nommer un médiateur dans cette histoire. Après France inter et France Télévisions, la sape du service public audiovisuel se poursuit.

Il en va de même à la source de l'information. L'Agence France-Presse, qui est non seulement à l'origine de la grande majorité des informations diffusées en France mais également l'une des trois seules grandes agences de presse au niveau mondial, est aujourd'hui menacée dans son indépendance et même son existence, sous sa forme actuelle. L'AFP est dotée d'un statut unique, défini par une loi de 1957 destinée à garantir son indépendance structurelle à l'égard des pouvoirs publics et de tout autre « groupement idéologique, politique ou économique ». Aujourd'hui, des projets bien avancés menacent le statut et l'indépendance d'une entreprise qui est unique en son genre, à savoir ni publique, ni privée. Il serait notamment question de transformer, voire d'abolir, le statut garanti par le parlement afin de permettre la transformation en société anonyme et l'entrée d'actionnaires. Au risque de voir l'ensemble de l'information destinée aux citoyens sous la coupe d'intérêts privés ou étatiques.

Le Parti de Gauche appelle donc les citoyens à soutenir les luttes des salariés de l'audiovisuel public et de l'AFP pour défendre l'indépendance et le financement du service public et maintenir ainsi les espaces de liberté et de diversité de l'information indispensables à toute démocratie.

Pétitions en ligne : http://www.sos-afp.org/ et http://rfiriposte.wordpress.com/

 

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Mercredi 24 juin 2009

(Sur libération.fr)

Pour les syndicats, le journaliste paye le fait d’avoir cité Siné Hebdo dans sa revue de presse.


C’est la première décision de Philippe Val depuis qu’il a pris officiellement, jeudi, la direction de France Inter : virer Frédéric Pommier, qui présente la revue de presse de la station chaque matin à 8h30 depuis septembre dernier. Val n’aura pas traîné : jeudi matin, il se présente à la rédaction d’Inter et c’est deux heures, après lors d’un pot, qu’il informe Pommier de sa décision.

Ce lundi, Val est allé s’expliquer face à la rédaction d’Inter. Selon un témoin, le nouveau directeur de France Inter a plaidé que la revue de presse n’est pas ce qui convient le mieux à Frédéric Pommier, et qu’il a, dans l’exercice, un problème de hiérarchisation de l’info. Val a assuré que son éviction n’a rien à voir avec Charlie Hebdo. Car il y a quelques mois, alors que son nom n’était pas encore évoqué pour la direction de France Inter, Philippe Val s’était accroché avec Frédéric Pommier. Présent dans le studio de la matinale (Val y était chroniqueur), il reproche, racontent des témoins de la scène, à Pommier de citer Siné Hebdo et pas Charlie Hebdo.

Pas d’autre poste

Après avoir reçu vendredi la demande de clause de conscience signée du SNJ-FO, et un communiqué du SNJ prévenant qu’il refuserait « les oukazes », Val a inauguré lundi son premier tract intersyndical. « Stop ! », s’intitule-t-il. Et l’intersyndicale d’affirmer qu’elle n’acceptera « aucun règlement de compte personnel, aucune suspicion illégitime, aucun procès d’intention, aucune mise au rancart d’un membre de la rédaction pour des motifs non professionnels. »

Pour les syndicats, l’affaire est entendue : « Notre confrère paye surtout le fait d’avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l’époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche. » « La liberté éditoriale ne se discute pas », poursuit l’intersyndicale qui conclut : « Les syndicats SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT et SUD demandent solennellement à la direction de France Inter de revenir sur cette décision inacceptable pour toute la rédaction ».

Philippe Val promet un autre poste pour Frédéric Pommier. « Mais il fallait lui trouver quelque chose avant de lui annoncer qu’il arrêtait la revue de presse, tempête un journaliste. Virer un gars au bout de deux heures, c’est délirant, ça ne se passe pas comme ça à Inter ».

 

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Dimanche 21 juin 2009

Bienvenue Philippe !

Chers Auditeurs Modestes et Géniaux,

« Comment cela est-il possible !? Dites nous qu’il s’agit d’un cauchemar ! Si c’est une blague, elle n’est pas drôle… » Depuis des semaines, vous avez été nombreux à nous poser de questions sur l’arrivée de Philippe Val à la direction de France Inter. Soyez sans inquiétude, Philippe est un vieil ami de Là-bas si j’y suis et c’est dans la joie que toute l’équipe accueille celui que l’historien Alexandre Adler compare à Emile Zola. Et pourquoi pas à Voltaire, Spinoza, Albert Londres ou Albert Einstein ? Car Philippe c’est tout ça à la fois ;  une conscience, un visionnaire, et un penseur engagé face aux grands défis de notre temps.

Et ceci à la différence de ses anciens camarades qui persistent à végéter dans un gauchisme moisi,  souvent entaché d’antisémitisme et d’islamo fascisme.

En dénonçant avec courage des figures nauséabondes  comme celle du dessinateur  Siné ou du journaliste Denis Robert, du dessinateur Lefred-Thouron ou du négationniste américain Noam Chomsky, Val a montré qu’il avait pleinement réussi à évoluer avec pragmatisme du côté du manche sans rien perdre de cette impertinence libertaire qui est la marque de fabrique de cet  homme de gauche.

Mais Philippe est aussi un chef d’entreprise avisé. C’est d’une main ferme qu’il a conduit son journal Charlie Hebdo, là où il se trouve aujourd’hui.

Et certains pensent bien qu’il pourrait faire la même chose avec France Inter.

Aujourd’hui, familier des plateaux de télévision, penseur reconnu de l’élite médiatique, il  tutoie nos plus brillantes personnalités, de BHL à Carla Bruni. Il a d’ailleurs élégamment révélé que c’est par l’intermédiaire de cette dernière qu’il a pu suggérer au président de la république, Nicolas Sarkozy de faire appel à son vieux copain Jean-Luc Hees pour présider Radio France. Et c’est donc ainsi, par un loyal retour d’ascenseur, que notre habile Philippe, se trouve aujourd’hui à la tête de la prestigieuse radio française.

L’ensemble des collaborateurs de France Inter cherche les mots pour remercier le Président Sarkozy de leur avoir choisi un tel chef. C’est plein d’entrain et de confiance qu’ils s’apprêtent à lui faire la fête, les regards pétillent, les sourires sont partout.

Son petit bouquet de fleurs à la main, l’équipe de Là-bas ne sait plus comment dissimuler sa joie.

Là-bas, le 17 juin 2009

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Jeudi 19 mars 2009

Alors, évidemment, nous, on n’a pas les secrets des stars pour (re) devenir belles et riches, mais on a infiniment mieux que ça, puisque dans notre beau parti, on est tous beaux et riches. Beaux de notre énergie, de nos couleurs, et riches de nos convictions. Ah ben oui, tout le monde ne peut pas en dire autant, dans la presse, aujourd’hui. Et si vous ne nous croyez pas, allez donc jeter un œil sur notre journal, vous n’en reviendrez pas !

 

Numéro 9 de « Vie de gauche »

 

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Dimanche 22 février 2009

Presse : un appel pour une aide exceptionnelle

Des personnalités d’opinions diverses appellent les pouvoirs publics à décider d’une aide exceptionnelle d’urgence à la presse.


Le texte de la pétition :

Au terme de leurs débats, les états généraux de la presse ont considéré qu’à situation exceptionnelle des mesures d’urgence exceptionnelles s’imposaient. C’est en ce sens que l’idée d’une aide financière exceptionnelle pour les entreprises éditrices de journaux d’informations générales et politiques a été retenue.

L’extrême gravité de la crise qui frappe plusieurs journaux justifie des dispositions immédiates de survie pour la presse. L’insuffisance de trésorerie met en cause l’avenir de certains journaux.

Une telle aide financière avait été décidée par le gouvernement, par décret du 6 août 1993, dans un contexte moins grave que celui que connaissent le pays et la presse aujourd’hui.

Certains secteurs économiques bénéficient actuellement de soutiens financiers importants.

La crise économique qui s’aggrave rend encore plus indispensable l’expression démocratique, donc le pluralisme de la presse.

Aider la presse quotidienne d’informations générales et politiques, produit culturel, c’est créer les conditions d’une démocratie vivante. Aussi, nous demandons au président de la République de retenir cette proposition des états généraux de la presse et de décider d’une aide exceptionnelle d’urgence aux journaux d’informations générales et politiques qui en ont besoin.


Pour signer cette pétition, vous pouvez :

Soit envoyer un e-mail direct

ou en l’adressant à bhuc@humanite.fr, dcresson@humanite.fr

Ou bien par fax au 01 49 22 74 98

Ou par courrier : l’Humanité, secrétariat de Patrick Le Hyaric 164, rue Ambroise-Croizat, 93528 Saint-Denis.

Premiers signataires :

Edmonde Charles-Roux, présidente de la société des Amis de l’Humanité ; Ernest Pignon- Ernest, artiste plasticien ; Jean Ferrat, artiste, auteur-compositeur ; Robert Guédiguian, réalisateur, producteur ; Jean-Marie Harribey, coprésident d’ATTAC France ; Axel Kahn, généticien, président de l’université Paris V ; Edgar Morin, directeur émérite au CNRS ; Jacques Gaillot, évêque de Partenia ; Marie-George Buffet, député, secrétaire nationale du PCF ; Jean-Luc Mélenchon, sénateur, président du Parti de gauche ; Jean-Marc Ayrault, député, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale ; Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice, présidente du groupe CRC, SPG ; Francis Wurtz, député européen, président du groupe GUE-GVN ; Roland Leroy, ancien directeur de l’Humanité, membre honoraire du Parlement ; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité ; Luc Chatel, rédacteur en chef de Témoignage chrétien ; Denis Sieffert, directeur de Politis ; Jack Ralite, sénateur, animateur des états généraux de la culture ; Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique en espagnol, écrivain. 

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Samedi 14 février 2009

Dans l’Humanité de vendredi, retour sur les raisons profondes du conflit dans les Antilles.

 

Guadeloupe, le lourd héritage colonialiste et esclavagiste

À la Martinique comme à la Guadeloupe, la mémoire des luttes des esclaves imprègne les consciences et les luttes sociales, dirigées contre la mainmise des descendants des colons sur l’économie.

« Nous avons adopté la position verticale. » Parole de Guadeloupéens en lutte, en forme de clin d’œil à Césaire, qui se définissait comme un « Nègre vertical », émancipé de la position de l’esclave à l’échine courbée. Comment comprendre la référence à l’histoire esclavagiste, omniprésente dans le mouvement social qui secoue depuis un mois les Antilles ? C’est que cette histoire lourde, longtemps taboue, a forgé, dans ces îles les consciences, les mentalités et les rapports sociaux.

« L’ancêtre africain, puis hindou, a été arraché à sa terre lointaine pour féconder de sa sueur et de son sang d’esclave le sol martiniquais. L’ancêtre européen a été le « conquistador » qui a marqué le pays de sa forte empreinte de domination (…). L’aujourd’hui martiniquais ne peut se comprendre pleinement sans plonger le regard dans ces deux siècles de colonisation qui ont précédé l’abolition de l’esclavage », écrit l’historien communiste Armand Nicolas dans son Histoire de la Martinique.

L’histoire de l’esclavage a marqué ces îles au fer rouge. Au point que cent soixante et un ans après l’abolition, les descendants des colons blancs esclavagistes conservent une mainmise quasi-totale sur les économies de la Martinique et de la Guadeloupe, perpétuant des rapports de domination et d’exploitation hérités d’un autre âge. En contrepoint, et malgré le tabou que constitua longtemps son évocation, la mémoire des luttes des esclaves imprègne les consciences et les luttes sociales. « Cela fait 400 ans qu’ils vivent sur notre dos. Cela doit cesser, maintenant », résume Élie Domota, secrétaire général du syndicat UGTG, porte-parole du collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » à l’origine de la grève générale guadeloupéenne.

Emmurés dans un monde à part, au sommet d’une hiérarchie sociale qui maintient les Noirs au bas de l’échelle, les békés, qui détiennent le quasi-monopole du commerce, sont les principales cibles de la révolte contre les « profiteurs ». « Les békés, pour eux, rien n’a changé. Ils se croient toujours en 1635. Comme patrons, lorsque nous les avons face à nous, ils nous méprisent et nous insultent. Ils vivent en autarcie, dans leur bulle, et nous, nous sommes là à travailler pour eux comme des bêtes de somme », explique Ludovic, agent de sécurité, syndicaliste UGTG. Cette aberration historique attise un douloureux sentiment d’injustice. Comme si quelque chose, dans cette histoire, n’avait pas été réparé, en dépit de la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité, en 2001. « L’histoire de l’esclavage et de la colonisation est fondamentale pour comprendre nos souffrances et nos révoltes. Beaucoup de choses ont été défaites en nous. Je n’en veux pas aux békés, mais 160 ans après l’abolition il faut sortir enfin de ce rapport de domination. Il est anormal que les descendants des esclavagistes trustent encore l’économie de nos pays », affirme la Martiniquaise Suzy Singa, metteur en scène, comédienne et musicienne.

Au-delà du maintien de cette oligarchie, c’est le regard suspicieux de la plupart des Blancs sur les Noirs et le racisme hérité de la colonisation que dénoncent Martiniquais et Guadeloupéens. « Nous sommes descendants d’esclaves. Nos ancêtres ont construit ce pays et la France. Pour tout salaire, ils recevaient des coups de fouet. Il reste des traces de ce mental colonialiste, chez les békés comme chez de nombreux métropolitains blancs. C’est cela qui explique la discrimination raciale dont nous sommes victimes, sur le marché du travail mais aussi dans tous les domaines de la vie », estime Mylène, secrétaire médicale au chômage, habitant dans un quartier populaire à Pointe-à-Pitre.

Ce climat, relèvent de nombreux acteurs du mouvement, a été alourdi ces dernières années par les envolées d’un président de la République prompt à fustiger « la repentance » ou à exalter les « aspects positifs » de la colonisation. « En parlant ainsi, Nicolas Sarkozy contribue à maintenir ce rapport de domination et à libérer la parole raciste. Ces discours-là, nous ne les supportons plus », confie Suzy Singa. Pour l’artiste, c’est le rapport même de la France à elle-même qui est en cause. « Je ne renie pas la part française qui est en moi. C’est l’histoire. Mais nous sommes différents. Que l’on nous laisse être ce que nous sommes, métissés, avec notre histoire. La France ne nous accepte pas comme tels. Ce pays a un lourd problème avec ses couleurs, avec la multitude qui la constitue. »

Rosa Moussaoui

(photos pg57)

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Vendredi 13 février 2009

Avis de tempête

Par Denis Sieffert

Décidément, Nicolas Sarkozy est plus à l’aise dans le costume du commis voyageur planétaire que dans le bleu de chauffe du négociateur social. On le signalait mardi matin à Bagdad alors que l’actualité l’aurait plutôt appelé à Pointe-à-Pitre. Ce contre-pied s’explique aisément. Car, paradoxalement, le risque est bien moindre dans la capitale irakienne, au milieu de l’armée américaine au « grand complet », que dans le chef-lieu de la Guadeloupe, où gronde la colère populaire. Surtout à une époque où les préfets ne sont plus très sûrs. Des Antilles, nous parviennent ces jours-ci des images insolites. C’est tout un peuple qui exprime son ras-le-bol en allant jusqu’à braver l’un des interdits les plus sacrés de notre système : la propriété. À commencer par celle des grandes surfaces sur leur camelote. Dans une joyeuse pagaille, des femmes qui n’ont pas les apparences de dangereuses révolutionnaires poussent des caddies pleins hors des magasins, bousculant au passage des vigiles débordés et des caissières contrites. Oh, certes, ce ne sont pas les émeutes de la faim de l’été dernier à Haïti ou en Égypte. Nous ne sommes pas ici dans la survie, mais dans une immense lassitude où se mêlent sentiments d’injustice et incrédulité. « Ce qui est pris est pris », semblaient dire ces femmes, « et c’est déjà ça qu’Yves Jégo ne nous reprendra pas ». D’autant plus que le secrétaire d’État à l’Outre-Mer venait, inexplicablement, de quitter l’île pour aller consulter le Premier ministre à Paris, comme si le téléphone et Internet n’existaient pas. Quelques heures auparavant, le sous-ministre avait quitté la table des négociations après avoir refusé au LKP, le Collectif contre l’exploitation, l’augmentation de deux cents euros que celui-ci demande pour les bas salaires. Que nous réserve la suite ? Yves Jégo, dont nul n’avait jamais autant scruté les faits et gestes, va-t-il revenir aux Antilles avec mission de lâcher du leste ? Ou bien, qui sait, avec des velléités de reprise en main ?

Quant à Nicolas Sarkozy, il avait déjà donné, jeudi dernier, des signes d’embarras, sinon d’indifférence, en ne disant pas un mot de la grève générale en Guadeloupe au cours de son interminable prestation télévisée. La question, il est vrai, ne lui avait pas été posée par nos audacieuse consœur et hardis confrères. À moins que les experts en communication qui entourent le Président ne lui aient suggéré de ne pas trop attirer les regards vers l’hiver chaud des tropiques. Il ne faudrait pas que l’agitation guadeloupéenne prenne valeur d’exemple. Dans nos contrées, au moins, il fait froid. Les frimas ont toujours été les auxiliaires précieux des pouvoirs. Mais les avis de tempête qui se succèdent de ce côté-ci de l’Atlantique ne nous interdisent pas complètement de filer la métaphore météorologique. On ne se sert pas encore soi-même dans les supermarchés, mais les sentiments d’injustice et d’incrédulité sont les mêmes qu’outre-mer. Et plus de deux millions de manifestants ont défilé dans nos villes, le 29 janvier, malgré la bise. Il est vrai que la France a deux handicaps dans la crise. Son gouvernement ne veut rien céder d’un irascible credo néolibéral : les milliards vont toujours aux banques ou aux entreprises, jamais à la consommation. Et le même gouvernement est saisi d’une frénésie de privatisations, de l’hôpital jusqu’à l’université. En cela, il va à contre-courant de la crise. Les fameuses « réformes » dont Nicolas Sarkozy se glorifie, et qu’il conviendrait, quoi qu’il en soit, de poursuivre, contredisent tout son discours sur la crise. La ligne de force de sa politique demeure plus que jamais le transfert du public vers le privé. Les vagues promesses d’un autre partage entre l’actionnaire et le salarié ne sont, face à cela, d’aucun poids.

D’où la totale incrédulité de nos concitoyens, et la chute subséquente de Sarkozy dans les sondages au lendemain même d’un exercice tout entier destiné à le faire remonter. D’un point de vue presque anecdotique, il est d’ailleurs remarquable que les seules sommes que le président de la République envisage d’affecter au financement de mesures sociales ne relèvent même pas du budget de l’État, mais proviennent des intérêts (1,4 milliard d’euros) perçus sur les prêts consentis aux banques. Toute une logique ! Mais l’incrédulité est d’autant plus grande que ces fameuses mesures sociales restent très floues, renvoyées qu’elles sont à un rendez-vous avec les « partenaires sociaux » fixé au 18 février. Cela dit, dans le genre dilatoire, les centrales syndicales ne sont pas mal non plus. En ne prévoyant pas de journée nationale d’action avant le 19 mars, elles ne mettent guère la pression sur le gouvernement. D’autres la mettent, la pression. On pense notamment aux chercheurs et aux universitaires, dont la détermination est exemplaire. Valérie Pécresse en a même trébuché lundi. À la veille de la manifestation des chercheurs et des universitaires, la ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé la nomination d’un médiateur, avant de laisser entendre que sa réforme pourrait être reportée d’un an, puis de se raviser.

Enfin, dernier épisode de la « relance » gouvernementale, l’annonce lundi d’une aide de six milliards d’euros allouée à nos deux firmes automobiles. On est ici toujours dans la logique néolibérale : ne pas améliorer le pouvoir d’achat des salariés, mais leur promettre un profit par ricochet. Sauf qu’en l’occurrence le « ricochet » paraît bien hypocrite. Les milliards tomberaient dans l’escarcelle de Renault et de PSA en échange d’un engagement à ne pas licencier et à ne pas délocaliser. Alors que des plans de licenciements sont déjà dans les tuyaux… Décidément, on est plus tranquille à Bagdad.

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