Selon le maire d’Évry, le « leadership des communistes » expliquerait l’échec de la gauche à Corbeil-Essonnes dimanche dernier.
En disgrâce dans son propre parti - Martine Aubry lui ayant vigoureusement suggéré de se radoucir ou de quitter le PS -,
Manuel Valls se cherche-t-il de nouveaux boucs émissaires ?
L’homme le plus droitier du Parti socialiste croit avoir découvert l’unique explication à la défaite de la gauche, à 27 voix près, face à l’UMP, dimanche, au second tour de l’élection municipale partielle de Corbeil-Essonnes : la liste d’union de la gauche était conduite par un communiste…
« Ce nouvel échec de la gauche (…) démontre (…) qu’un leadership de second tour assuré par le Parti communiste n’est pas en mesure, à Corbeil-Essonnes, de susciter l’élan nécessaire à la victoire », explique doctement, et sans le moindre argument politique, le maire d’Évry (Essonne) sur son blog.
Autrement dit, selon Manuel Valls, la sagesse eût commandé au candidat communiste, Michel Nouaille, arrivé en tête au premier tour avec 24,3 % des voix, soit près de 6 points devant le candidat PS Carlos da Silva (18,9 %), de se désister en faveur de ce dernier.
Sans expliquer cependant pourquoi la popularité attendue au second tour du candidat PS ne lui a pas permis de réunir plus de suffrages dès le premier.
« Un anticommunisme d’un autre temps », a réagi hier Bruno Piriou, candidat PCF opposé à Serge Dassault en 2008.
« Je suis choqué de l’aspect politicien de la réaction du député Manuel Valls. Les démocrates et les républicains pouvaient s’attendre à une tout autre déclaration que celle qu’ (il) a faite », a-t-il insisté.
Une réprobation relayée par Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, pour qui : « Manuel Valls épargne dans cette déclaration le système Dassault, les diffamations et les insultes à la démocratie qui ont accompagné la campagne, et il passe sous silence les divisions de la gauche qu’il a lui-même malheureusement entretenues. »
Et de préciser que ces propos venus d’un homme qui a brillé par son absence dans la bataille qui vient de se mener (à
Corbeil-Essonnes), résonnent comme un aveu. Pour ceux qui avaient déjà plus qu’un doute sur l’ardeur mise par Manuel Valls à battre la droite de Serge Dassault, il est levé , conclut Pierre
Laurent.
« Ce sont les électeurs de gauche qui ont choisi leur tête de liste », affirme de son côté François Lamy, secrétaire national du PS, ajoutant : « ce qui a fait perdre la gauche, ce sont ses divisions ». Isolé au PS, méprisant avec ses partenaires de gauche, Manuel Valls semble chercher désespérément à droite la porte du Modem.
Frédéric Durand
Source : Humanité du 8 octobre 2009
" LE SOCIALISME PROCLAME QUE LA REPUBLIQUE POLITIQUE
Alors que la crise du capitalisme bat son plein depuis l’été 2007, renforcée par le krach bancaire et financier de septembre 2008, les partis de gauche dominants auraient pu se renforcer
comme ce fut le cas après le déclenchement de la crise de 1929-1931. Il n’en est rien et cela permet aux droites néolibérales d’accélérer le rythme des contre-réformes. Ces droites néolibérales
remplaçant petit à petit les anciennes équipes néolibérales par des équipes ultra-libérales qui organisent l’attaque dans l’attaque profitant du recul des gauches néolibérales.
désignation d’un candidat à l’élection présidentielle.
Le meilleur moyen de faire perdre
la gauche face à Sarkozy-UMP c’est de la diviser en prétendant qu’il faut s’allier avec la droite-UDF. C’est ce qui a été tenté par certains qui se sont fait une belle publicité à Marseille ce
week-end, en réunissant des éléments du PS et du Modem à une même tribune. C’est une diversion. C’est une division. C’est ringard. Car de tout temps les alliances avec un « prétendu »
centre ont échoué. Elles ont justement échoué le 7 juin aux européennes partout où le PSE l’avait initié. Cela a totalement échoué en Italie laissant triompher Berlusconi et laissant un vrai
champ de ruines. Cela échoue en Allemagne où il y avait une majorité nette à gauche et où le SPD a préféré s’allier avec la CDU d’Angela Merkel : ils vont en payer le prix fort aux élections
du mois prochain. Cela avait conduit la vieille SFIO à échouer, et il en sera encore de même si par malheur la sinistre opération de Marseille se mettait réellement en place.
Ils n’ont pas parlé
des 2000 chômeurs par jour ni du contrôle sur les licenciements, d’ailleurs comment voulez-vous en revenir à une réduction sérieuse du temps de travail, aux 35 h avec Bayrou qui était
contre ? Ils n’ont pas parlé de la hausse du Smic : comment voulez vous proposer qu’il passe à 1600 euros en s’alliant avec le successeur de Lecanuet, Poher, Giscard, Barre ? Ils
n’ont pas parlé de salaire maxima : comment voulez-vous le fixer à 20 fois le Smic avec un leader de la droite ? Ils ont parlé d’éducation, mais comment avancer avec Bayrou défenseur de
l’école privée ? Relancer l’économie par la hausse des salaires, comment voulez-vous le faire avec un défenseur acharné des critères de Maastricht, du TCE, qui voulait inscrire dans la
constitution française que les budgets de la France soient obligatoirement en équilibre ?
La droite du PS a
planté son drapeau à Marseille : « Le moment est venu de dire les choses sans arrière-pensées. » À l’intention de ceux qui ne l’avaient pas encore compris (peut-être
parce qu’ils étaient un peu trop en vacances), Vincent Peillon a enfoncé le clou, hier, en marge de l’ouverture de la réunion du courant qu’il dirige au sein du PS. Une semaine avant l’université
d’été du PS à La Rochelle, « L’espoir à gauche » (un tiers du parti) tient cette fin de semaine à Marseille son université d’été. Ou plus exactement ses « premiers
ateliers d’été », selon l’appellation officielle choisie à dessein en référence à la Fabrica de Romano Prodi. Objectif : « Accoucher d’une nouvelle gauche. » Pas
moins ! Une nouvelle gauche qui inclurait… le MoDem.
Nous sommes dans une période
où de nombreux dirigeants de la gauche française font tout pour brouiller les repères politiques de leurs électeurs. Leur carrière personnelle constitue leur unique préoccupation.
Danse du ventre
face au Modem
en espagnol qu’il reprend son bâton de pèlerin. Dans El Païs, cette fois, il revient sur son idée-phare : les fameuses
primaires largement ouvertes, comme aux USA, ou mieux, comme en Italie. Sans jamais remettre en doute le gâchis absolu de cette pratique aux résultats faramineux ! Et comme un bonheur
n’arrive jamais seul, il joint l’image aux mots, jugez vous-mêmes ! En affirmant qu’il gardera sa « liberté de parole » pour dénoncer les dérives suicidaires de son parti.
Manuel Valls, le Florent Pagny de la gauche française ! Ce serait marrant si ce n’était pas aussi pathétique. Pour beaucoup d’entre nous, le PS, c’était encore il n’y a pas si longtemps
notre famille. Et, oui, ce qui s’y passe nous intéresse. Même si ça en gêne certains. Pour y revenir, ici, il y a deux ans, nous avions commis un petit article, que nous avions sobrement intitulé
« Eh Manu ! T’as fumé, ou quoi ? » Eh bien, aujourd’hui, pas une ligne à changer… Le Manu, il fume encore ! Encore qu'avec ce pansement, il doit avoir du
mal!
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