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un petit tour chez les socialistes

Samedi 10 octobre 2009

 Selon le maire d’Évry, le « leadership des communistes » expliquerait l’échec de la gauche à Corbeil-Essonnes dimanche dernier.

En disgrâce dans son propre parti - Martine Aubry lui ayant vigoureusement suggéré de se radoucir ou de quitter le PS -, Manuel Valls se cherche-t-il de nouveaux boucs émissaires ?

L’homme le plus droitier du Parti socialiste croit avoir découvert l’unique explication à la défaite de la gauche, à 27 voix près, face à l’UMP, dimanche, au second tour de l’élection municipale partielle de Corbeil-Essonnes : la liste d’union de la gauche était conduite par un communiste…

« Ce nouvel échec de la gauche (…) démontre (…) qu’un leadership de second tour assuré par le Parti communiste n’est pas en mesure, à Corbeil-Essonnes, de susciter l’élan nécessaire à la victoire », explique doctement, et sans le moindre argument politique, le maire d’Évry (Essonne) sur son blog.

Autrement dit, selon Manuel Valls, la sagesse eût commandé au candidat communiste, Michel Nouaille, arrivé en tête au premier tour avec 24,3 % des voix, soit près de 6 points devant le candidat PS Carlos da Silva (18,9 %), de se désister en faveur de ce dernier.

Sans expliquer cependant pourquoi la popularité attendue au second tour du candidat PS ne lui a pas permis de réunir plus de suffrages dès le premier.

« Un anticommunisme d’un autre temps », a réagi hier Bruno Piriou, candidat PCF opposé à Serge Dassault en 2008.

« Je suis choqué de l’aspect politicien de la réaction du député Manuel Valls. Les démocrates et les républicains pouvaient s’attendre à une tout autre déclaration que celle qu’ (il) a faite », a-t-il insisté.

Une réprobation relayée par Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, pour qui : « Manuel Valls épargne dans cette déclaration le système Dassault, les diffamations et les insultes à la démocratie qui ont accompagné la campagne, et il passe sous silence les divisions de la gauche qu’il a lui-même malheureusement entretenues. »

Et de préciser que ces propos venus d’un homme qui a brillé par son absence dans la bataille qui vient de se mener (à Corbeil-Essonnes), résonnent comme un aveu. Pour ceux qui avaient déjà plus qu’un doute sur l’ardeur mise par Manuel Valls à battre la droite de Serge Dassault, il est levé , conclut Pierre Laurent.

« Ce sont les électeurs de gauche qui ont choisi leur tête de liste », affirme de son côté François Lamy, secrétaire national du PS, ajoutant : « ce qui a fait perdre la gauche, ce sont ses divisions ». Isolé au PS, méprisant avec ses partenaires de gauche, Manuel Valls semble chercher désespérément à droite la porte du Modem.

Frédéric Durand

Source : Humanité du 8 octobre 2009

 

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Jeudi 1 octobre 2009

À l'occasion de la rentrée, permettez-nous de revenir sur le livre de Romain Mathieu, chercheur en science politique et porte-parole du PG Vosges. Il est sorti en mai 2009 aux éditions l'Harmattan. Vous pouvez vous le procurer auprès de Romain (mail du PG Vosges) ou chez votre libraire (il en reste d'ailleurs à la librairie Au moulin des lettres à Épinal).

L'idéologie du renoncement - Petite critique contre les fossoyeurs du socialisme revient sur la transformation lente et insidieuse de la ligne du PS depuis quelques années. La dérive qui a amené le PS français à se rapprocher de plus en plus de la ligne des partis sociaux-démocrates européens, en passant du socialisme de 1981 à la rigueur sonnera le glas de l'espérance en une société plus juste que portait le PS depuis la première tentative de programme commun de la gauche dans les années 1970. Ayant aujourd'hui consommé sa mutation en parti démocrate, qui refuse toute idée de changement de société au nom du pragmatisme et du principe de réalité, le PS en est aux grandes manœuvres pour faire accepter petit à petit à ses adhérents l'union prévue avec le MoDem, au détriment de sa tradition d'union de la gauche, marchant en cela sur les pas du SPD allemand ou du parti social-démocrate hongrois qui gouvernent maintenant avec la droite, toute honte bue, en expliquant que la situation l'exige. Et en effet, on pourra se rendre compte à l'examen des textes socialistes, tant issus des congrès que des livres des responsables du Parti socialiste, que le PS a terminé sa métamorphose et ne met plus la rupture socio-économique avec le capitalisme en avant, car celui-ci constitue maintenant un horizon indépassable qu'on ne peut raisonnablement penser dépasser. Il faut donc être « pragmatique », « raisonnable », « responsable », et tenter des améliorations sociétales, mais surtout pas un changement radical de société, ce qui est de toute façon « impossible ». Le consensus s'est donc déplacé de l'accord sur les règles du jeu démocratique à un accord sur les règles du jeu économique. A partir de là, le PS devient une sorte de gauche molle, qui « renonce » à la plupart de ses fondamentaux et remet en cause sa raison d'être au profit du maintien de positions de pouvoir et d'une volonté de représenter maintenant toute la société, c'est-à-dire pour eux une vaste classe moyenne dépersonnalisée. La volonté de changer le monde et d'aller vers une société plus juste et un monde de partage en fait alors les frais, accusée (pour changer !) d'être « archaïque », « dépassée » et l'apanage de « dinosaures » de la politique (tels Jean-Luc Mélenchon par exemple, évidemment). Devant la pente que continue de suivre le PS, il était nécessaire de comprendre ces transformations et de montrer d'où elles venaient.

 

 Texte de la quatrième de couverture :
Chute du bloc communiste. Mondialisation. Fin des idéologies et victoire inéluctable du capitalisme.

 Face à cela, les bien-pensants, de droite comme de gauche, n'ont qu'un refrain : le changement pour s'adapter, pour prendre en compte la nouvelle complexité du monde qui nous entoure. Tout système de pensée théorique et argumenté est alors décrit, par ces évangélistes de l'idéologie dominante, comme le chemin du totalitarisme. Nous serions rentrés dans l'ère du «  pragmatisme », du «  réalisme »". Certains modernisateurs ont cessé de hanter le champ politique, mais d'autres ont pris le relais et ont réussi à changer durablement les modes de pensée du socialisme français. L'évolution a été progressive, douce, mais inéluctable. Pour quel  résultat ? Une modernisation du vieux socialisme, ou un abandon des principes socialistes pour permettre une normalisation social-libérale ? Le PS est-il encore socialiste ? Dans cette acceptation d'un système capitaliste que le socialisme avait entrepris de dépasser, le changement n'est pas circonscrit à la seule économie de marché. Bien au contraire, tous les fondamentaux, les principes, les héritages du socialisme sont enterrés. Plus que d'une rénovation, c'est donc bel et bien d'un renoncement qu'il faut parler, non pas pragmatique et gestionnaire, mais idéologique, car touchant aux structures mêmes de la pensée socialiste.

Ce livre permet de comprendre la transformation du PS à partir des textes et apporte un éclairage intéressant sur l'idéologie du consensus et de l'acceptation du capitalisme que la direction du PS cherche à faire émerger tout en se réclamant toujours de la gauche, et en en adoptant de façon régulière les accents à chaque fois qu'elle se sent vaciller, car les électeurs ne continueront pas indéfiniment à faire confiance à ceux qui bafouent leurs engagements sur de nombreux sujets (comme l'Europe) et de ce fait se moquent ouvertement de ceux qui ont cru en eux.  

Bonne lecture, et n'hésitez pas à faire découvrir ce livre à vos amis et camarades qui voudraient mieux comprendre la situation du PS pour se retrouver dans l'actualité foisonnante de la gauche, que le PS contribue pour une large part à opacifier, de par ses revirements et ses annonces fracassantes et récurrentes.

(photo PG57. Aline et Romain à Bagnolet)

PG 88

 

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Samedi 12 septembre 2009

Alors que la crise du capitalisme bat son plein depuis l’été 2007, renforcée par le krach bancaire et financier de septembre 2008, les partis de gauche dominants auraient pu se renforcer comme ce fut le cas après le déclenchement de la crise de 1929-1931. Il n’en est rien et cela permet aux droites néolibérales d’accélérer le rythme des contre-réformes. Ces droites néolibérales remplaçant petit à petit les anciennes équipes néolibérales par des équipes ultra-libérales qui organisent l’attaque dans l’attaque profitant du recul des gauches néolibérales.

 En Grande-Bretagne, le parti travailliste de Gordon Brown vient d’avoir le plus mauvais résultat depuis près de 100 ans avec une baisse de 5,9 points sur les dernières élections, arrivant aujourd’hui à être au pouvoir avec 15,7% des électeurs votants, soit 5,4% des inscrits! Avec, en prime, une poussée des partis nationalistes et fascistes!

Au Portugal, le Parti socialiste subit une déroute avec 18 points de moins que son score européen précédent. Il obtient 26,6% des votants et 9,7% des inscrits. Contrairement à la Grande-Bretagne, cela profite à la gauche du non qui progresse de 6,9 points à 21,4%.

Même en Espagne, le Parti socialiste perd 5,2 points avec 38,5%.
En Bulgarie, le parti social-démocrate perd 2,9% pour terminer à 18,5% des votants et 6,9% des inscrits.

En Italie, la gauche s’est volatilisée dans un magma “démocrate-christiano-libéral” grâce aux primaires faisant passer les candidats comme des marques de lessive avant les programmes et les analyses de ceux-ci! Et dire que le Parti socialiste français va copier les Italiens!

En Hongrie, le gouvernement social-démocrate, champion de la privatisation (critiqué sur ce point par la droite conservatrice, un comble!), s’est effondré: de 34,3% en 2004, il ne recueille aujourd’hui que 17,4% des exprimés et 6,3% des inscrits! La poussée de l’extrême droite est de plus manifeste.

Quant aux partis socialistes ou sociaux-démocrates qui gouvernent avec la droite néolibérale, ce n’est guère mieux.

En Allemagne, nous venons de voir aux élections partielles de fin août 2009, que l’effondrement du SPD est manifeste dans deux Länder sur trois avec une poussée de la gauche du non et que le recul de la CDU profite aux libéraux qui veulent une politique encore plus néolibérale que celle de la chancelière Merkel !

Donc pour l’instant, on peut dire que malgré la crise du capitalisme, qui est un impensé pour la gauche néolibérale, produit un recul des gauches libérales, avec une poussée de la gauche du non, et un renforcement des droites ultra-libérales et des extrêmes droites chrétiennes et nationalistes.

Jusqu’où cela ira-t-il? 

Et en France, comment peut-on imaginer que lors des prochaines échéances électorales, l’alliance du PS avec un centre mou, même maquillé de républicanisme de façade, puisse sauver les renonciateurs de l’idéal socialiste et républicain et imposer une alternative crédible ?

La parodie de démocratie avec un suffrage censitaire au PS (l’achat d’un droit de vote pour désigner un candidat lors de primaires) pourra-t-elle abuser le peuple et faire oublier l’absence de programme ?

Les primaires du PS, sont tout sauf une preuve de démocratie : c’est une prime à l’homme (ou la femme) consensuel(le) qu’on tentera de le faire passer pour l’homme (ou la femme) providentiel(le) sans discussion sur le programme.

Quand il faudrait de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace pour tenir tête aux spoliateurs et faire respecter la volonté populaire, ils inventent une machine à perdre encore plus le contact avec les terribles réalités quotidiennes (le chômage, l’absence d’avenir, les difficultés pour accéder aux soins et pour se loger, la spoliation de notre patrimoine commun et de nos services publics…).

Militants socialistes refusez de servir une armée mexicaine de chefs qui s’imaginent courageux pragmatiques alors qu’ils ne sont que de tristes marionnettes manipulées par la main invisible du marché.

Réagissez !

Zohra Ramdane

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Mercredi 2 septembre 2009
Ancien ministre de François Mitterrand, Paul Quilès est opposé à des primaires ouvertes et populaires pour la désignation d’un candidat à l’élection présidentielle.
Pourquoi ne signez-vous pas la pétition de Terra Nova ?

Je viens de me connecter sur le site Primaire2012.fr de l’appel. On vous demande d’abord si vous êtes militant ou sympathisant et, ensuite, de quel parti. Et le premier de la liste proposée, c’est le Modem ! Dans la liste des premiers signataires, il y a plus qu’une ambiguïté puisque je note la présence de Jean Peyrelevade, le vice-président du Modem. À travers cette opération, il y a une volonté d’officialiser une alliance avec le Modem, pourtant refusée par les deux tiers des militants socialistes au congrès de Reims. Or, faire passer en douce cette alliance est, à mon avis, dangereux parce que cela limite les convergences à quelques «valeurs communes» non identifiées et dont on ne sait pas où elles ont été discutées. On est très loin de l’adhésion à un projet. De son côté, François Bayrou n’a évidemment pas la moindre l’intention de participer à ces primaires. Il attend juste que ce processus crée de la confusion et fasse éclater le PS. Bref, Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon se frottent déjà les mains.

Les primaires ne sont-elles pas un bon moyen de régler la question du leadership ?

Il y a une confusion totale sur ce qu’on propose de désigner : le candidat du PS, du centre gauche, ou de la gauche et des écologistes ? Seule cette dernière hypothèse permettrait de bâtir une majorité alternative susceptible de gagner en 2012. Ce qui est proposé avec cette mécanique des primaires, c’est un ralliement automatique à la position du PS et du Modem. C’est méprisant pour nos partenaires de gauche et inefficace car cela conduit à leur refus et donc à l’échec au second tour.

Ne défendez-vous pas une vision datée d’un parti réservé à ses militants ?

Dans cette mécanique, les partis politiques sont réduits à l’état de machines électorales au service d’un candidat défini par l’opinion publique. Il y a une volonté de faire disparaître le rôle d’organisations militantes, comme les partis, les associations ou les ONG. Avec ce système, il y aura des sondages, des débats télévisés et on vous dira : «C’est X ou Y qui est en tête.» Et pour qui croyez-vous que les électeurs à un euro voteront ? Avant, c’était le comité directeur du PS qui désignait le candidat. En 1995, ce furent les militants ; en 2006, les sympathisants à 20 euros ; en 2009, les sympathisants à un euro. Bientôt on va les payer ! La force de la gauche, c’est la fibre militante et le débat d’idées.

N’est-ce pas un outil de rénovation et de démocratisation du PS ?

Terra Nova propose une désignation participative du candidat mais pas l’élaboration participative du programme. C’est une acceptation de la logique présidentielle dévastatrice de la Ve République. Que Montebourg, longtemps promoteur d’une VIe République parlementaire, considère que la désignation du candidat est le cœur de la rénovation de la gauche, quel zigzag !

Pourtant, n’est-ce pas cette guéguerre de prétendants à la candidature qui stérilise le Parti socialiste ?

Je ne suis pas contre les primaires mais ce doit être un aboutissement. L’appel pour un Nouveau Front populaire, que j’ai initié avec Marie-Noëlle Lienemann, signé par 950 personnes, dont Jean-Pierre Chevènement, propose une démarche en trois phases. Un comité de rassemblement immédiat, des états généraux de la gauche, juste après les régionales, qui devront préparer une charte, base d’un accord pour les législatives et du programme du futur président et, enfin, des primaires début 2011, où les militants des organisations signataires de la charte désigneront un candidat unique de la gauche.

 

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Vendredi 28 août 2009

1) Réaction d’Olivier Dartigolles (PCF)

PCF : les ténors du PS offrent « un spectacle désespérant et dangereux »

« Alors que la politique libérale de Nicolas Sarkozy a frappé très durement tout l’été, la gauche a besoin d’un rassemblement clair et combatif. Face à la gravité de la situation, le spectacle donné, ici par une alliance d’une partie de la gauche avec une partie de la droite, là-bas par le casting pour 2012 sur fond d’inflation des égos à défaut des idées, est désespérant et dangereux », estime-t-il sans citer de noms.

« Il y a une sorte d’irresponsabilité qui, semaine après semaine, gagne du terrain, comme s’il était aujourd’hui possible de totalement s’affranchir de règles, de principes et de valeurs. Combien sont aujourd’hui celles et ceux qui, à la vue de ces gesticulations médiatiques, se disent tout simplement : Il n’est pas question de ma vie, de mes difficultés pour m’en sortir, de l’avenir de mes enfants, de ma crainte de ne pas pouvoir y arriver ? », s’interroge M. Dartigolles.

« Le Parti communiste va poursuivre la démarche engagée lors des élections européennes. Celle d’un rassemblement de la gauche, à partir d’un projet réellement transformateur, d’une démarche ouverte aux femmes et aux hommes de progrès, pour une alternative politique à la hauteur des enjeux de la période » ajoute-t-il.

 

2) Réaction d’Olivier Besancenot (NPA)

 La réunion de Peillon : « manœuvres »

Olivier Besancenot a ouvert la première université d’été du NPA à Port-Leucate (Aude) en affichant sa volonté de bâtir « un rassemblement anticapitaliste » face à un camp de centre gauche. Au lendemain des journées d’été, à Marseille, du courant PS de Vincent Peillon qui a réuni un casting œcuménique allant de Robert Hue (PC) à Marielle de Sarnez (Modem) en passant par Daniel Cohn-Bendit (Verts), Besancenot a répliqué : « Les grandes manœuvres commencent. Il y a une espèce d’union de centre gauche qui va commencer à voir le jour entre ce qui sortira du PS, les Verts d’Europe-Ecologie et le Modem, plus ce qu’ils pourront grappiller dans la gauche radicale. »

Un schéma qui, selon le leader du NPA, justifie la stratégie d’« indépendance totale » de son parti à l’égard du PS. Si un rassemblement PS-Verts-Modem « voit le jour, ce sera la fin d’une conception du mouvement ouvrier tel qu’on l’a connu pendant plus d’un siècle », a-t-il conclu.

 

3) Hamon (PS) : « Je ne conçois aucune alliance avec le MoDem »

Vincent Peillon et d’autres remettent sur le tapis l’alliance avec le MoDem. Y êtes-vous toujours hostile ?

La question a été tranchée au congrès de Reims. La majorité autour de Martine Aubry s’est construite autour de la priorité au rassemblement de la gauche et du refus de toute alliance avec le MoDem. Si le MoDem fait des choix de fond qui l’amènent à se reconnaître dans notre famille politique, la gauche, il n’y aura pas de difficulté. Mais tant qu’il garde son orientation libérale actuelle, je ne conçois aucune alliance nationale avec lui. Pas par sectarisme mais par cohérence politique.

Même au niveau régional ?

Pas d’alliance au niveau national mais dans les régions ? Les électeurs n’y comprendraient rien ! Arrêtons l’hypocrisie au PS ! Si certains sont en accord avec les orientations libérales, qu’ils le disent au lieu de prétexter vouloir garder des régions en s’alliant avec le MoDem. A chaque fois que le PS a été confus, il a perdu des électeurs.

Europe Ecologie et les Verts présenteront leur liste au premier tour…

Je respecte ce choix mais je le regrette. Tous ceux qui, d’Olivier Besancenot à Dany Cohn-Bendit, parlent du rassemblement de la gauche mais qui commencent par accentuer son morcellement en faisant bande à part nous éloignent de la victoire en 2012. L’électorat de gauche réclame l’unité à cor et à cri. A Nicolas Sarkozy qui réussit l’unité à droite et la complète même avec le ralliement de Philippe de Villiers et des chasseurs, la gauche oppose encore ses logiques partisanes. C’est d’autant plus désolant que les conseils régionaux sont depuis 2004 cogérés souvent de manière harmonieuse avec nos partenaires.

Martine Aubry a-t-elle raison de garder le silence malgré cette polyphonie ?

Oui. La rentrée de la première secrétaire, c’est La Rochelle. Martine Aubry n’a pas à s’aligner sur l’expression des courants plus ou moins minoritaires du PS.

Le Parisien

 

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Jeudi 27 août 2009

Tam-tam médiatique pour forcer la main d’une alliance gauche-droite.

 

Le meilleur moyen de faire perdre la gauche face à Sarkozy-UMP c’est de la diviser en prétendant qu’il faut s’allier avec la droite-UDF. C’est ce qui a été tenté par certains qui se sont fait une belle publicité à Marseille ce week-end, en réunissant des éléments du PS et du Modem à une même tribune. C’est une diversion. C’est une division. C’est ringard. Car de tout temps les alliances avec un « prétendu » centre ont échoué. Elles ont justement échoué le 7 juin aux européennes partout où le PSE l’avait initié. Cela a totalement échoué en Italie laissant triompher Berlusconi et laissant un vrai champ de ruines. Cela échoue en Allemagne où il y avait une majorité nette à gauche et où le SPD a préféré s’allier avec la CDU d’Angela Merkel : ils vont en payer le prix fort aux élections du mois prochain. Cela avait conduit la vieille SFIO à échouer, et il en sera encore de même si par malheur la sinistre opération de Marseille se mettait réellement en place.

On avait rarement vu pareille mobilisation médiatique, pareille mise en scène, pareil tam-tam. Déjà en juillet ils avaient commencé en faisant paraître 1746 articles de presse en trois jours annonçant la « mort du PS ». L’enthousiasme des médias de la pensée unique devrait suffire à scandaliser ceux qui se posent des questions sur le sens de cette opération. Tout est là pour le prouver : ils tentent un forcing pour faire capituler la direction du PS en ce sens. Ce tam-tam se fait contre les votes du congrès de Reims, contre les aspirations à l’unité de toute la gauche, contre l’intérêt de millions de salariés.

D’ailleurs observez un des points de leur accord : de Valls à Peillon et De Sarnez, ils sont tous pour changer le système de retraite de notre pays pour mettre en place « la retraite par points » voulue par le Medef. Remplacer un système par répartition basé sur les cotisations par annuités de travail, et instaurer un système d’acquisition et d’achats de points, individualisés, comme pour une simple assurance, leur permettra sans doute de pousser des millions de salariés à travailler jusqu’à 67 ans. Est-ce un programme de gauche, ou la gauche doit-elle au contraire défendre la retraite à 60 ans ? Cet exemple d’élément de programme se retrouvera partout, car l’alliance avec la droite Modem implique ce genre de compromission.

Ils n’ont pas parlé des 2000 chômeurs par jour ni du contrôle sur les licenciements, d’ailleurs comment voulez-vous en revenir à une réduction sérieuse du temps de travail, aux 35 h avec Bayrou qui était contre ? Ils n’ont pas parlé de la hausse du Smic : comment voulez vous proposer qu’il passe à 1600 euros en s’alliant avec le successeur de Lecanuet, Poher, Giscard, Barre ? Ils n’ont pas parlé de salaire maxima : comment voulez-vous le fixer à 20 fois le Smic avec un leader de la droite ? Ils ont parlé d’éducation, mais comment avancer avec Bayrou défenseur de l’école privée ? Relancer l’économie par la hausse des salaires, comment voulez-vous le faire avec un défenseur acharné des critères de Maastricht, du TCE, qui voulait inscrire dans la constitution française que les budgets de la France soient obligatoirement en équilibre ?

Allons, opposons l’unité de toute la gauche à cet insensé projet d’unité avec la droite. Cela a été tranché au congrès de Reims, que cela soit confirmé jour après jour, par la direction du parti socialiste, à La Rochelle et après.

Des « primaires » ? C’est comme la langue d’Esope, cela peut être la pire ou la meilleure des choses. Oui, s’il y a un projet d’unité de la gauche. Oui pour un candidat unique de la gauche dés le premier tour. Non, si c’est une méthode pour diviser la gauche et faire diversion. Non, si ce n’est pas derrière un projet de transformation sociale. Oui, du NPA au PS en passant par le PCF, le PG, le MRC, le PR, avec tous ceux qui se disent à gauche. Non avec ceux qui sont de droite.

Gérard Filoche, membre du Conseil national du PS

 

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Mercredi 26 août 2009

La droite du PS a planté son drapeau à Marseille : « Le moment est venu de dire les choses sans arrière-pensées. » À l’intention de ceux qui ne l’avaient pas encore compris (peut-être parce qu’ils étaient un peu trop en vacances), Vincent Peillon a enfoncé le clou, hier, en marge de l’ouverture de la réunion du courant qu’il dirige au sein du PS. Une semaine avant l’université d’été du PS à La Rochelle, « L’espoir à gauche »  (un tiers du parti) tient cette fin de semaine à Marseille son université d’été. Ou plus exactement ses « premiers ateliers d’été », selon l’appellation officielle choisie à dessein en référence à la Fabrica de Romano Prodi. Objectif : « Accoucher d’une nouvelle gauche. » Pas moins ! Une nouvelle gauche qui inclurait… le MoDem.

Cette question des alliances, que l’on croyait tranchée depuis le congrès de Reims, fera l’objet d’un débat cet après-midi. Doivent y participer Daniel Cohn-Bendit, la vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez, Robert Hue, qui a récemment créé le Nouvel espace progressiste pour retrouver enfin une présidence, et Christine Taubira qui représente plus elle-même que le PRG.

Débat ! Le mot paraît toutefois (à cette heure) inapproprié tant les positions des organisateurs et des intervenants les plus remuants sont voisines. En tout cas, les responsables de « L’espoir à gauche » ont déjà largement exposé leur position.

C’est le 15 août que Vincent Peillon a ouvert le feu, dans un entretien au Parisien : « Toutes les grandes victoires politiques ont supposé l’invention d’un nouveau système d’alliance », y déclarait-il. « Aujourd’hui, nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire qui va des communistes au MoDem. »

Pour justifier ce rapprochement avec le MoDem, Peillon a avancé depuis trois arguments :
 Le MoDem «  a très nettement dit ne pas soutenir la vision de la France de Nicolas Sarkozy ». Il n’a toutefois pas dit soutenir une vision de gauche. En marge des travaux, un des vice-président du MoDem, Jean-Luc Benahmias, qui participait à un atelier, a d’ailleurs tenu à préciser que son parti « ne fait pas partie de l’union de la gauche ».
 « Il a voté la motion de censure avec nous. » Et même plutôt trois fois qu’une. Et alors, est-ce que c’est vraiment un critère ? Entre 1986 et 1988, le FN, qui avait 35 députés, a voté aussi des motions de censure contre le gouvernement de Jacques Chirac avec le PS, le PCF et les radicaux ; nul à gauche n’en avait conclu que l’extrême droite pouvait être utile pour former une alternative au chiraquisme. Aujourd’hui, le MoDem c’est combien de députés à l’Assemblée nationale ? Une demi-main devrait vous suffire à trouver la réponse. 
 « Il dirige certaines municipalités avec nous. » Hélas oui… Et les autres avec l’UMP, il ne faudrait pas l’oublier car c’est même la majorité des communes dans lesquelles le MoDem est aux commandes.

Un autre argument plus délicat à manier perce dans le discours de Vincent Peillon et de ses amis royalistes : ce large rassemblement serait « indispensable aux réformes profondes et difficiles » que le PS aurait à « conduire demain » s’il arrivait au pouvoir. Parmi ces « réformes structurelles très importantes à faire », M. Peillon cite naturellement la protection sociale et l’école. Mais n’en dit pas plus.

De l’avenir des retraites, il était justement question dans un atelier, hier, à Marseille. Et la tonalité des propos tenus par les animateurs, notamment le député de l’Ardèche Pascal Terrasse, était assez en phase avec l’expert Jean-Michel Charpin qui avait ouvert la discussion par cette injonction : « Il faut dire clairement et sans état d’âme qu’il faudra travailler plus longtemps. » 

S’agissant de l’école, Vincent Peillon s’est prononcé dans le Parisien pour « une refondation républicaine » de celle-ci. Avec Bayrou qui, quand il était ministre de l’éducation nationale, voulait réhabiliter la loi Falloux, le pari est osé.

Mais à « L’Espoir à gauche » on n’est pas trop regardant sur ce genre de détail.

par  Michel Soudais

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Lundi 24 août 2009

À Marseille, grand amour entre Vincent Peillon, son courant socialiste, Cohn-Bendit, Robert Hue et le MODEM

 

Nous sommes dans une période où de nombreux dirigeants de la gauche française font tout pour brouiller les repères politiques de leurs électeurs. Leur carrière personnelle constitue leur unique préoccupation.

Le chef d’orchestre de cette opérette s’appelle Daniel Cohn-Bendit revenu d’un gauchisme infantile et attaché maintenant aux vertus du capitalisme teinté de vert pâle.

Parmi les acteurs principaux, notons :

* José Bové : « Il faut qu’on soit capable de rassembler toutes les forces écolos de gauche et démocrates ».

* François Rebsamen (maire de Dijon) dont le poids est très important au PS et en particulier dans les réseaux Royal et Hollande. « C’est un moment historique pour notre pays. »

* Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts : « Si la gauche est d’accord, nous n’excluons pas de nous ouvrir aux humanistes et aux démocrates »

* Robert Hue favorable à un « compromis historique » avec le MODEM qui rappelle que sa majorité municipale de Cormeilles-en-Parisis comptait « des élus de sensibilité MoDem ». « Il y a des millions de gens qui n’intégreront jamais nos partis politiques d’origine si nous ne bougeons pas. Nous avons l’obligation d’aller au-delà. »

* Corine Lepage, ex-ministre de Juppé, dirigeante du MODEM et passionaria de nombreux « républicains » parisiens qui veut « dépasser ce que tous, nous traînons derrière nous » en abandonnant « vieilles recettes et alliances d’appareil ».

* Jean-Luc Benhamias, déjà passé des Verts au MODEM

* peut-être Christiane Taubira du PRG

Cela fait déjà du beau monde.

Quant à l’héroïne inattendue de cette opérette, elle se nomme Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou. Entrée en politique avec Ladislas Poniatowski parmi un courant lié à l’extrême droite : les jeunes Républicains Indépendants, la voici invitée et applaudie par une assemblée de militants socialistes à Marseille, la voici à la tribune aux côtés de Robert Hue.

C’est en tout cas Marielle de Sarnez qui a l’honneur de parler en premier. « Nous venons d’horizons divers, reconnaît-elle. Nous partageons la même inquiétude pour notre pays. Et nous portons le même jugement sur le pouvoir en place. Nous n’aimons ni sa façon de faire ni sa façon d’être. » La salle exulte. La députée européenne poursuit : « Tous ceux qui n’ont pas renoncé (...) à l’idéal républicain ont à faire ensemble. (...) Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres. » Standing ovation. Rebsamen : « Tu vois Marielle, je t’avais dit que tu serais bien accueillie ! Il faut dire que t’as mis la barre à gauche. »

Aurait-elle accepté de protéger la retraite à 60 ans ou la Sécurité sociale, ou défendre l’enseignement public et les services publics, ou rattraper le Smic à 1600 euros, ou reconstruire le code du travail, ou contrôler les licenciements, ou redistribuer les richesses ou … ?

Que non ! Ce sont les socialistes invitants et leur animateur Vincent Peillon qui ont complètement raboté leur programme pour le rendre acceptable par Marielle et François (Bayrou).

La gauche n’a rien à gagner à se laisser avaler par la couleuvre Bayrou comme la gauche italienne s’est laissé avaler par la couleuvre Prodi. Nous devons construire à la fois :

* un rapport de force du mouvement social

* l’unité et l’écho de la gauche de transformation sociale

* un projet majoritaire de gauche sans le MODEM

Jacques Serieys

 

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Lundi 24 août 2009

Danse du ventre face au Modem

Personne à gauche ne devrait se réjouir du spectacle. Il menace en effet la crédibilité de tous les progressistes ; il est contagieux, comme on l’a vu la semaine dernière chez les Verts ; il risque de repousser des changements aux calendes grecques.


Un jeu de massacre ! Dans une ronde, qu’on craint sans fin, des responsables socialistes prennent la parole pour saborder à qui mieux mieux le bateau de la gauche. Ici, Manuel Valls juge que le PS doit abandonner le socialisme et sa raison d’être ; là, Arnaud Montebourg proclame qu’il quittera son parti si son fumeux projet de primaire n’est pas retenu ; ce week-end enfin, Vincent Peillon, en tandem avec François Rebsamen, ressort les vieilles recettes de la SFIO de papa et rêve d’alliance avec le Modem. Même goût pour la brocante chez Daniel Cohn-Bendit qui a lancé, lors des journées d’été : « Et s’il faut ajouter le Modem, on ajoutera le Modem. »

Cette stratégie n’est pas seulement archaïque, elle est suicidaire pour la gauche française. Elle réduit son ambition politique à un « tous contre Sarkozy » qui éviterait le débat sur les choix politiques. Quels points communs y a-t-il entre le libéralisme de François Bayrou et le combat des millions de salariés pour défendre les services publics, garantir le droit du travail et le droit au travail, réclamer l’augmentation du pouvoir d’achat ? On en viendrait alors à des réformes qui auraient le goût de Sarkozy, l’odeur de Sarkozy mais sans l’actuel président… Chacun peut juger des fruits de ces alliances contre nature en regardant ce qu’il en est outre-Rhin sous la férule d’Angela Merkel. Le sort de la majorité de la population se dégrade et, même d’un point de vue électoraliste, les sociaux-démocrates enregistrent leurs pires scores depuis 1945. En Italie où ce mariage de la carpe et du lapin est déjà une vieille histoire, le Parti démocrate n’est plus guère en position d’inquiéter un Berlusconi pourtant empêtré dans les scandales. La fusion avec les centristes a laissé un champ de ruines à gauche. Une compromission avec la droite de Bayrou ne pourrait bien laisser qu’un vainqueur… lui.

Le succès de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle s’est d’abord construit sur la faiblesse du projet politique qui lui était opposé. Des ouvriers et en général des salariés ont voté pour lui - et beaucoup s’en mordent les doigts - parce qu’ils n’ont pas perçu que des choix véritablement différents étaient portés par la gauche. Quand, chaque jour, se multiplie le nombre de dirigeants du PS à penser à 2012 tous les matins en se rasant, l’électorat n’a qu’une envie, rester le plus à distance possible de ce bal des ego.

Alors que tout l’été la droite a poursuivi avec brutalité l’application de son programme, que les familles populaires vivent toujours plus les difficultés semées par la crise du capitalisme, la cascade des petites phrases et le brouet des alliances paraissent bien loin de la vie de chacun. Un sondage IFOP-Ouest-France, publié hier, montre que 41 % des personnes interrogées (contre 52 % en mars dernier) jugent que le PS est proche des préoccupations des Français et 40 % estiment qu’il s’oppose suffisamment au gouvernement (contre 47 %). Ils sont même 31 % seulement à considérer que ce parti a des dirigeants de qualité. Quoi d’étonnant quand on en voit trop se savonner avec application la planche. Personne à gauche ne devrait se réjouir du spectacle. Il menace en effet la crédibilité de tous les progressistes ; il est contagieux, comme on l’a vu la semaine dernière chez les Verts ; il risque de repousser des changements aux calendes grecques. Il est temps, au contraire, pour les progressistes de s’atteler à l’élaboration d’un projet de transformations réelles qui réponde aux défis lancés par la crise du système et de se rassembler pour qu’il prenne corps. Ce n’était à l’ordre du jour ni à Nîmes ni à Marseille, non plus qu’à l’université du NPA, à Port-Leucate.


Par Patrick Apel-Muller
Éditorial de l’Humanité

 

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Mercredi 29 juillet 2009

Pas un jour, décidément, sans qu’on nous donne des nouvelles du PS et de ses G.D. (gentils dirigeants, pour les non-initiés, et il semblerait qu’il en existe encore quelques-uns !). Le plus souvent, ces derniers mois, c’est Manuel Valls qui s’y colle. Ce garçon est atteint d’une obsession très particulière : il veut absolument changer tout tout tout et le reste, -le reste, c’est bien le cas de le dire- dans ce qui est encore un parti politique un peu de gauche. Cette idée fixe, ça ne lui est pas venu comme ça il y a trois semaines. Déjà il y a deux ans, il trouvait plutôt à son goût les réformes proposées par le Président fraîchement élu. Souvenez-vous. Il nous parlait des 35 heures et des régimes spéciaux que c’était tout à jeter et que le service minimum, finalement, à bien y réfléchir… on demandait juste à essayer. Déjà en 2007, alors, pensez donc, en deux ans, le jeune homme, il aurait plutôt évolué dans le sens que vous imaginez ! Et voilà que partout où il passe, il se donne des airs, il envoie des scuds aux autres de son parti, il se répand dans le gilet des folliculaires, à grand coup de petites phrases lapidaires et de formules assassines. Les gratte-papier, tu parles qu’ils en redemandent ! Et ils tendent leurs micros avec une gourmandise de chatte anglaise. Il vient de finir le tour des gazettes nationales, là, depuis peu, il attaque plus large. L’autre jour, dans le Financial Times, il déclare que le PS doit changer ou mourir (nous aussi on pensait pareil, c’est d’ailleurs pour ça qu’on est partis !). Aujourd’hui, c’est en espagnol qu’il reprend son bâton de pèlerin. Dans El Païs, cette fois, il revient sur son idée-phare : les fameuses primaires largement ouvertes, comme aux USA, ou mieux, comme en Italie. Sans jamais remettre en doute le gâchis absolu de cette pratique aux résultats faramineux ! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il joint l’image aux mots, jugez vous-mêmes ! En affirmant qu’il gardera sa « liberté de parole » pour dénoncer les dérives suicidaires de son parti. Manuel Valls, le Florent Pagny de la gauche française ! Ce serait marrant si ce n’était pas aussi pathétique. Pour beaucoup d’entre nous, le PS, c’était encore il n’y a pas si longtemps notre famille. Et, oui, ce qui s’y passe nous intéresse. Même si ça en gêne certains. Pour y revenir, ici, il y a deux ans, nous avions commis un petit article, que nous avions sobrement intitulé « Eh Manu ! T’as fumé, ou quoi ? » Eh bien, aujourd’hui, pas une ligne à changer… Le Manu, il fume encore ! Encore qu'avec ce pansement, il doit avoir du mal!

brigitte blang

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