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syndicats

Jeudi 22 octobre 2009 4 22 10 2009 00:00


Ex cadre de France Télécom, ex ergonome européen, Maxime Vivas a été concepteur de formations en ergonomie et sécurité.

" Hier, j'ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.  Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une  éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies.
 Dans les années 80/90, j'étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. À l'époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d'avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement.
 Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse.

À Paris, la DG (direction générale), sous l'impulsion d'un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d'ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.

À quoi sert un ergonome ? En résumé, c'est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d'efficacité.
 Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L'intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail.

 En ces lieux de coopération et d'antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant-gagnant, en collaboration avec les directeurs d'établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.

 Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent  sur les ambiances thermique, lumineuse, sonore, l'agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même.

 Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l'école Polytechnique) adeptes des «sciences dures », il s'agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.

  À l'époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d'une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu'elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d'ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.

 Le DRH, fondateur de l'équipe d'ergonomie, parti (ou débarqué), France Télécom n'eut de cesse que de résorber cette niche de plaisantins dont l'activité faisait obstacle au management intuitif, ou dépoussiéré en surface par des bonimenteurs en costars croisés et cravates rayées,  pseudos experts de cabinets de consultants dont les attachés-cases étaient bourrés de recettes magiques pour améliorer en un temps record la gestion des « ressources humaines », réduire les coûts du travail, améliorer la productivité.

 Le ramage de ces individus faisait ouvrir un large bec à nos décideurs qui, ignorants du fonctionnement des hommes et surtout des groupes, gobaient les théories les plus débiles et les plus coûteuses (donc excellentes, sinon elles seraient bon marché).

 J'ai vécu l'époque où les ergonomes de France Télécom, en rangs de plus en plus clairsemés, essayaient, non sans risque pour leur  carrière, d'alerter les dirigeants de leur entreprise sur la dangerosité des solutions qui leur étaient vendues. L'une d'elle, je  ne saurais l'oublier tant elle nous faisait hurler, était que pour  améliorer la productivité, il fallait « introduire une dose de stress  dans l'entreprise ». Quiconque doute de la véracité de cette  information devrait consulter la presse de l'époque qui promouvait avec ravissement cette méthode de management.

 La liste des futurs suicides s'est ouverte ainsi.
 Les ergonomes savaient, parce qu'ils l'avaient étudié et que des expériences l'avaient scientifiquement démontré, que le stress inhibe une partie des capacités du cerveau, favorise les erreurs et les accidents. Ils savaient aussi qu'il provoque des maladies physiques et atteint la santé psychique.

 En face d'eux, des docteurs Diafoirus prétendaient avoir inventé la pipette pour instiller le poison à doses millimétrées. Leur geste médical n'étant pas sûr à 100%, des agents overdosés commencèrent à se jeter par les fenêtres.

 L'actuel patron de France Télécom a sans doute sa part de responsabilité dans la vague de suicides, mais il n'est pas le seul. Il est celui qu'on peut attraper quand les autres, ayant dirigé une  entreprise nationale naguère prospère, sont partis en laissant derrière eux une machine commerciale cotée en bourse, endettée  jusqu'au cou, avec un personnel désemparé. Il a suivi la voie mortifère où les salariés sont vus comme des citrons ou des fourmis à  affoler à coups de pieds pour qu'elles s'agitent. Les personnels, sans qui l'entreprise n'est rien (pardonnez cette banalité, écrite au cas  où un directeur général me lirait), figuraient et figurent dans des  dossiers noirs étiquetés : « sureffectifs », « coûts à résorber », « postes à supprimer », « mutations d'office », « commercial ».

 Quand, il y a une quinzaine d'années, un Ingénieur Général, chef d'un service où je travaillais s'est jeté du haut de l'escalier de la  direction de Blagnac au sortir d'une réunion où il avait appris que  son service était délocalisé à Nantes, ordre fut donné de nettoyer le  sol de marbre rose où il s'était écrasé et de ne pas alerter la presse, de ne pas écrire un mot dans le journal d'entreprise.

 Casser le thermomètre. Feu vert pour les suicides à venir.
Puis, débarquèrent les marchands de « Cercles de qualités » attrape-nigauds qui nous vinrent du Japon après avoir été validés aux States. Une autre fumisterie abêtissante devant laquelle les ergonomes tordirent le nez mais qui s'imposa à raison de dizaines de milliers d'exemplaires dans l’entreprise. Coûteuses bulles de savon qui éclatèrent toutes à la vitesse  de la lumière. Il n'en subsiste plus aucune. Plus durable fut  l'infantilisation manœuvrière par les pin's dont l'accrochage au revers de la veste des sans-grades et des décideurs donnant l'exemple, était preuve d'intégration dans la grande famille de France Télécom, donc de sa cohésion sociale. Et  de la supposée capacité des bons sauvages du bas, à qui on allait voler leur Statut, à se laisser éblouir par de la bimbeloterie.

 Vinrent aussi les promoteurs de séminaires sans cravate, voire en short.
 Et en avant pour les jeux de rôles, les brainstormings, les papers-boards savamment constellés de gommettes de couleurs variées, les tableaux blancs égayés de cercles, de carrés, de flèches, de post-its, d'arbres  d'Ishikawa, de diagrammes de Pareto, autant de méthodes dont la possible valeur intrinsèque était instrumentalisée pour avaliser l'idée erronée qu'il  n'est pas besoin d'un savoir sur l'homme pour résoudre les problèmes de l'homme  au travail. Le « bon sens » dont mon maître en ergonomie disait crûment qu'il est « la connerie unanimement partagée par un groupe homogène »suffisait. Les médias ne juraient-ils pas qu'en d'autres lieux, des « chirurgiens aux mains nues » opéraient de l'appendicite sans ouvrir les ventres et sans avoir fréquenté l'Académie de médecine ?

 Des escrocs enjoués promettaient la lune, les décideurs naïfs  regardaient le ciel, les ergonomes essayaient de mordre le doigt. Nous avons échappé de  peu aux sauts à l'élastique et aux marches pieds nus sur les braises. J'ai quitté cette maison quand le triomphe des charlatans planétaires était si patent qu'il me fallait partir ou me compromettre. D'autres ont dû rester qui ont étouffé leur spleen dans un noud coulant.

 J'extrais de mes archives un numéro spécial du journal « L'Autan » que le syndicat CGT des télécommunications de la Haute-Garonne avait édité pour dénoncer ces dérives en octobre 1990 (19 ans, déjà !). On y lit  que la direction sise à Blagnac venait de signer un contrat qui lui  coûta de 2 millions de francs (304 898 euros) avec deux joyeux  drilles, beaux parleurs qui se faisaient fort de modifier l'état  d'esprit de 6000 agents en deux jours de stage. En fait, les malins  allaient former 20 animateurs de France Télécom qui auraient ensuite à appliquer la méthode aux autres avec les documents fournis (vendus !) : cassettes vidéo, transparents, stylo  spécial (sic), un livre écrit par les deux génies et un test permettant en  quelques réponses de se classer soi-même dans un des 4 types de personnalités existants (4, pas un de plus). Un syndicaliste curieux découvrit que cette merveille d'introspection moderne était déjà utilisée dans l'armée états-unienne en 1928. Pour France Télécom, elle avait été rajeunie par l'adjonction d'un procédé de grattage, style « Tac au tac ».

 Le contrat comportait une règle idiote à laquelle il était pourtant impossible de déroger, le directeur national, ayant grade d'Ingénieur  Général, y veillant personnellement : les formations devaient avoir  lieu hors de la région d'affectation des personnels. Des milliers  d'agents, souvent « volontaires-désignés-d'office », parcoururent la  France en tout sens, les Marseillais visitant Brest, les Bordelais  fonçant à Strasbourg, les Lillois découvrant Bayonne. Le chassé-croisé entraîna la perte de dizaines de milliers d'heures de travail et des  millions de francs de dépenses supplémentaires, nullement inutiles  pourtant, auraient dit ceux qui pensaient que la mobilité forcée doit  s'apprendre assez tôt afin que chacun accepte demain une mutation tous les trois ans avec un minimum de  pendaison sur les lieux de travail.

 Pendant ce temps, les ergonomes reculaient, toujours moins nombreux, toujours moins écoutés, toujours moins promis à une belle carrière.

 Le management camouflait sa brutalité croissante sous des gadgets  clinquants, ruineux et superflus. Puis, le plus gros de l'opération de décervelage étant fait, on managea sans masque. A la hussarde.

 Il me souvient de ce jeune chef d'un service d'une cinquantaine d'agents et de cadres, bardé de diplômes, qui ne comprit pas qu'à son pot de début d'année, seules trois personnes étaient présentes : sa secrétaire et deux fayots (ou pétochards). Il alla pleurer dans le bureau de la psychologue affectée au management qui découvrit en l'interrogeant qu'il ne lui venait jamais à l'idée de saluer son personnel le matin. Il apprit par elle que cette perte de temps était malheureusement d'usage, ailleurs.

 Je tiens de source sûre cette histoire d'un jeune cadre sup, arrivant en retard, essoufflé mais radieux dans la grande salle où se tenait un conseil de direction. Il s'excusa en annonçant qu'il rentrait de la  maternité où sa femme venait d'accoucher. Un ingénieur, éleveur de chevaux à ses heures perdues, lui rétorqua : « Et alors ? Quand une de mes juments met bas, je  n’arrive pas en retard. ». La réplique était assez vile pour que le  directeur national lui lance un «  Je vous en prie ! » outré.

 Mais personne ne lui a sauté au collet pour le sortir de la pièce. Les futurs suicides s'alimentent de ces arrogances impunies et donc répétées.

 Un temps, regrettant mes anciens collègues, j'allais déjeuner avec eux au restaurant d'entreprise. Je n'entendais que lamentations, annonce  de mutations non voulues, obligations de performances, tableaux  d'activités à remplir, fiches d'évaluation individuelles, objectifs  chiffrés, affectations de techniciens supérieurs à la vente de  téléphones portables, craintes pour leurs primes, bon vouloir du N+1 pour l'avancement, détestation des décideurs. Accablement et rêve de retraite.

 Il me souvient aussi de ces cadres sup se croyant intouchables, jamais une grève, pas syndiqués, très impliqués, à qui la direction annonçait un beau jour que leur poste était supprimé, qu'ils devaient se trouver un « point de chute » et qui vivaient alors des mois entiers  d'inactivité sur le lieu de travail, niés, humiliés. Chacun d'eux  s'employait fébrilement à « se vendre », tremblant qu'on lui impose un poste à Hazebrouck ou à Triffouilly-Lez-Engelure, charmante localité  qui n'offrirait pas d'emploi à son épouse et de lycée à ses enfants. Partir ? Mourir ?

 J'ai connu un cadre supérieur de 55 ans, chargé de famille, bien décidé à travailler encore 5 ans, acharné à donner satisfaction  jusqu'à sacrifier des soirées et des week-ends, qui accompagna tous  les changements sans lever un sourcil, qui ne broncha pas quand les premières victimes se plaignirent et que son chef convoqua un vendredi pour lui dire qu'il avait le droit de partir en préretraite et que ça serait bien qu'il le fasse. Sur l'air de : « Me suis-je bien fait comprendre ? ». Viré ! Fissa ! Car son allégeance  ne suffisait pas à effacer l'essentiel : sur un listing, il était un pion sans visage, sans famille, sans âme et sans chair, une « unité » gonflant un total.

 France Télécom aujourd'hui, c'est vingt ans d'incompétence hautaine,  sûre d' elle et dominatrice, de cruauté, de morgue, d'ignorance crasse et revendiquée dans la gestion de femmes et d'hommes qui étaient fiers  d'œuvrer pour le public. Pour le pays.

 Au bonheur de préserver le tissu rural en s'enfonçant dans la montagne pour aller installer un téléphone à « la petite mémé de l'Ariège » qui enlève la housse protégeant l'appareil quand les enfants pensent à l'appeler de la ville, s'est substituée la tâche roublarde de fourguer des contrats incompréhensibles, des forfaits téléphoniques non souhaités à de pauvres gens dont le pouvoir d'achat est en chute libre.

 Parfois, des agents de France Télécom se lavent de ces souillures en se jetant dans un torrent.

 Didier Lombard, le PDG, peut bloquer quelques-uns des engrenages meurtriers, embaucher des psychologues, dire à tous qu'il les aime. De son vivant, il  ne réparera pas les dégâts.
 Par effet d'hystérésis, le paquebot dont les machines sont stoppées continue sur sa lancée. Pour l'empêcher d'échouer, pour éviter le choc qui jettera des poignées de passagers par-dessus le bastingage, il faudrait faire machines arrière, toutes.

 Et cela ne se fera pas, foi de Nicolas Sarkozy ! Foi de Martine Aubry ! Foi de privatiseurs ! Foi d'Union européenne ! Foi de Traité de Lisbonne ! Foi de Concurrence libre et non faussée ! Foi de CAC 40 ! Foi de FMI !

 Ah ! qu'accède aux commandes une vraie gauche décidée à tenir tête aux susnommés, une gauche ayant dans son programme le respect de chacun,  la reconnaissance des services rendus à la population et un chouïa  d'amour, si le mot n'est pas devenu choquant dans les conseils d'administration et dans les ministères."

 Maxime VIVAS

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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 09 2009 00:00

Une poste qui veut « vendre, vendre »

Cinq syndicats de La Poste appellent à la grève contre la privatisation. Hier, les guichetiers parisiens ont ouvert le mouvement, pour protester contre la dérive commerciale.

Des enveloppes « prêt à poster », des colis, mais aussi des livres, des cartes téléphoniques, des petites voitures, des stylos, des porte-clés, des DVD, des peluches… On n’est pas au bazar du coin, mais dans un bureau de Poste dernière génération. Car pendant que le gouvernement continue de marteler que La Poste n’est absolument pas en voie de privatisation, celle-ci gagne du terrain dans le fonctionnement de l’entreprise. La vente qui rapporte, supplantant allégrement le service au public qui ne rapporte rien. « Maintenant, il faut vendre, vendre, vendre » : l’expression revenait souvent, hier, dans la bouche des guichetiers de Paris, présents au rassemblement devant l’Hôtel des Postes de la rue du Louvre. En avant-goût du mouvement national d’aujourd’hui contre la privatisation (voir ci-dessous), quatre syndicats parisiens (CGT, SUD, FO, CFTC), ont lancé un mouvement de grève reconductible dans les 185 bureaux de Poste de Paris, pour protester contre leur transformation en véritables boutiques, aux dépens du service public mais aussi des conditions de vie des agents.

Chercher les guichets

Bureau par bureau, dans la capitale et dans les grandes villes, la direction applique depuis un an une restructuration joliment appelée Bienvenue à La Poste, mais qui donne plutôt envie de fuir. « Jusqu’à présent, la Poste avait installé un coin boutique dans chaque bureau de poste, mais ça se limitait à quelques présentoirs, explique Olivier Gault, de la CGT. Maintenant au contraire, vous entrez dans un véritable magasin, et tout au fond ou dans un coin, il faut chercher les guichets. Et quand un bureau rouvre après rénovation, le nombre de guichets est divisé par deux ».
Fini, donc, les guichets toutes opérations : les clients qui achètent des produits peuvent payer sur des automates ou aux caisses de l’espace de vente. Mais pour les usagers qui veulent faire une opération sur leur compte (essentiellement des clients modestes sur leur Livret A), la file d’attente au guichet « financier » s’allonge. Au passage, la direction étend l’horaire d’ouverture des bureaux de19 heures à 20 heures, sauf pour les opérations financières, naturellement. Et alors que cette extension aurait pu et dû entraîner des embauches, La Poste a flexibilisé les horaires de travail des agents, pour au contraire pouvoir supprimer des emplois.

Privatisation avant l’heure

C’est contre ce cocktail que les quinze guichetiers du bureau de poste de Château- Rouge, dans le 18e arrondissement, ont entamé une grève le 7 septembre, jour où devait s’appliquer « Bienvenue ».

« C’est une lutte exemplaire et symbolique, car dans ce bureau d’un quartier populaire, où défilent 1 000 usagers par jour, La Poste veut supprimer quatre emplois. C’est la privatisation avant l’heure », a salué hier au micro Stéphane Charnacé, de SUD PTT. De quatre guichets, La Poste veut passer à deux, alors que la plupart des usagers, d’origine étrangère, sont obligés de passer par là pour envoyer un mandat à l’étranger, ou parce qu’ils maîtrisent mal le français. « Actuellement, le temps d’attente est déjà d’une heure ou une heure et demi, dans un bureau surchauffé, explique l’un d’entre eux. C’est déjà hyper stressant et il y a souvent des agressions. Comment ça sera si on ferme deux guichets ? » Dans les bureaux où Bienvenue s’applique déjà, les problèmes sont nombreux. « On n’a plus de visibilité sur nos horaires dans quinze jours, c’est un casse-tête pour la vie de famille, la garde des enfants  », explique une gréviste du bureau du Temple, qui arrive chez elle à 21h30 après le travail. Autre innovation, les agents postés dans l’espace de vente travaillent debout, au milieu des clients… à l’instar des vendeurs de France Télécom dans leurs boutiques. « Debout toute la journée, alors que la moyenne d’âge est de quarante-sept ans, on aura des problèmes dorsaux et veineux  », dénonce Paul Diraison, représentant CGT au Comité hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT) de La Poste. « Tout ce que la direction a répondu, c’est qu’elle fera acheter des bas de contention, et que pour le reste il y a la mutuelle ».

Fanny Doumayrou

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 09 2009 00:00

Six syndicats (CFDT, CGC, CGT, FSU, Solidaires et UNSA) appellent à une nouvelle mobilisation interprofessionnelle le 7 octobre, date choisie par la Confédération syndicale internationale (CSI) pour une journée mondiale d’action pour la défense du travail décent.

Les six organisations, réunies au siège de la CGC mardi après-midi à Paris, entendent ainsi donner un prolongement aux manifestations organisées depuis le 29 janvier afin d’exiger un changement de cap dans la politique du gouvernement face à la crise, malgré les divisions apparues ces dernières semaines au sein de l’intersyndicale.

Le syndicat FO ne s’est d’ailleurs pas joint à cet appel et la CFTC réserve sa réponse, alors qu’aucune des deux organisations ne participaient à la rencontre de mardi après-midi, officiellement pour cause « d’indisponibilité ».

Dans un communiqué commun diffusé à l’issue de plus de deux heures de réunion, les six organisations appellent « les salariés » à « participer massivement » à cette nouvelle journée « selon des modalités qu’elles préciseront », formulation qui permet de ne froisser personne malgré de fortes divergences sur les actions à mener.

Sur le constat en revanche, les syndicats sont tombés d’accord. « Quoiqu’en disent les augures sur la sortie de la crise, les dégâts économiques et sociaux s’aggravent, ce qui rend d’autant plus urgentes les réponses en matière d’emploi et de lutte contre les inégalités, alternatives aux choix patronaux et gouvernementaux actuels », écrivent-ils dans le communiqué commun.

Les six syndicats ont également décidé de se revoir le 28 septembre prochain, et précisent qu’ils « souhaitent » que les huit organisations qui composaient l’intersyndicale jusqu’au début de l’été « soient présentes ».

« Il y a une volonté commune de poursuivre le travail intersyndical et de le poursuivre aussi à huit », a souligné le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri, interrogé par l’Associated Press.

« Quant au 7 octobre », a-t-il précisé, « c’est vrai que tout le monde n’a pas la même interprétation de ce que doit être cette journée ». « Ce sera de toute façon des modalités (d’action) décentralisées », a-t-il ajouté, en raison notamment de « l’inconnue sur la capacité de mobilisation des salariés à cette date ».

Il faut dire que la cinquième journée de manifestations interprofessionnelles organisée le 13 juin n’avait mobilisé que 150.000 personnes dans toute la France, contre 1,2 million le 1er mai, ou encore 2,5 millions le 29 janvier, selon les syndicats.

Et à cette occasion, FO et la CGT avaient affiché clairement des positions divergentes quant à la forme à donner à la mobilisation.

Depuis, les écarts se sont encore creusés, certaines organisations jugeant même la plateforme de revendications, rédigée à huit au plus fort du mouvement, « trop large ». AP

 

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Mardi 18 août 2009 2 18 08 2009 00:01

13 août 2009

Les médecins urgentistes entrent en résistance

Nous, médecins urgentistes de toute la France,

annonçons dès maintenant, que quelque soit l’avenir de la loi HPST, en parfaite conscience de la gravité de notre geste, demain nous entrerons en résistance.

Nous continuerons à accomplir la mission que le Conseil National de la Résistance a souhaitée pour l’hôpital public.

Nous accueillerons à l’hôpital public, en tout temps, en tout lieux, tous les hommes et toutes les femmes qui se tourneront vers le service public de la santé.

Aucun patient n’est une marchandise, nos hôpitaux ne sont pas des entreprises où un pseudo PDG pourra demain décider quels sont les bons et les mauvais soins, quel est le projet médical que les médecins « à la botte » devront mettre en œuvre.

Notre dignité est de refuser de choisir les patients « qui valent la peine ». Notre dignité est de voir dans chacun de ceux et celles qui se tournent vers nous des hommes et des femmes souffrant qu’il faut aider au nom de l’humanité, qui n’est pas une valeur de marché.

Nous appelons tous les soignants, s’il le faut, demain, à désobéir à la logique qui nous est imposée malgré tous nos appels à la raison.

 

Nous préférons la légitimité à la légalité.

Nous préférons les valeurs humaines à la loi.

Nous préférons la dignité aux honneurs.

Il n’existe pas de délit de solidarité.

Nous entrons en résistance parce que nos valeurs sont différentes de celles de cette loi, nos valeurs sont celle du Conseil National de la Résistance et de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité .

 

Signer la pétition http://www.amuf.fr/joomlapetition/1427.html

 

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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 07 2009 00:01

La Poste : vannes ouvertes au privé


Top départ, aujourd’hui, pour le changement de statut de la Poste. C’est ce matin que le Conseil des ministres examine le projet de loi « relatif à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales », qui sera déposé au Parlement à la rentrée pour être discuté à l’automne. Un texte qui malgré sa brièveté - onze pages - engage un tournant dans l’histoire de la Poste, tant pour ses personnels que pour ses usagers. Un texte à double détente, puisque d’une part il prévoit la transformation de la Poste, exploitant public, en société anonyme au 1er janvier 2010, et d’autre part, organise la transposition en droit français de la directive européenne postale de février 2008, qui libéralise totalement le marché du courrier au 1er janvier 2011. Le gouvernement essayant de faire croire que l’ouverture à la concurrence rend obligatoire le changement de statut de la Poste, pour lui permettre de se battre à armes égales avec les opérateurs privés qui vont arriver sur le marché.

Un faux rempart contre la privatisation

Depuis l’annonce du changement de statut il y a un an, la ligne du gouvernement est restée constante : rassurer personnels et usagers, tenter de les persuader que l’avenir de la Poste n’est pas celui de sa « cousine » France Télécom, avec les dégâts bien connus sur les conditions de travail, le service rendu, les prix. Tenter de convaincre, donc, qu’il ne s’agit en aucun cas d’une privatisation. « À aucun moment nous ne laisserons place à l’intérieur du capital à quelque acteur privé que ce soit », martelait ainsi le ministre de l’Industrie Luc Chatel, le 16 juin dernier lors de la présentation du projet de loi. Pour le ministre - depuis remplacé par Christian Estrosi -, le texte interdit toute privatisation puisqu’il stipule que le capital de la société anonyme La Poste « est détenu par l’Etat ou d’autres personnes morale appartenant au secteur public », sauf la partie détenue par le personnel (actionnariat salarié). Le hic, c’est que l’expression « secteur public » désigne les entreprises ayant plus de 51% de leur capital détenu par l’Etat, autrement dit jusqu’à 49% de capitaux privés. Le plan du gouvernement est de faire entrer dans un premier temps la Caisse des dépôts, organisme 100% public, au capital de la Poste aux côtés de l’Etat, pour un apport total supplémentaire de 2,7 milliards d’euros à l’entreprise. Mais par la suite, sous prétexte de besoins de financement de la Poste face à la concurrence, de nouvelles augmentations de capital ou la cession des parts de la Caisse des dépôts pourront à tout moment amener l’intervention de sociétés aux capitaux en partie privés. Sans compter qu’il suffira d’une nouvelle loi pour modifier à la baisse le caractère « public » du capital de La Poste. C’est l’histoire de France Télécom.

Une menace sur le service public

Toujours pour rassurer, le texte rappelle pour la forme que La Poste SA continuera de remplir ses quatre missions de service public (aménagement du territoire, transport et distribution de la presse, accessibilité bancaire et service universel postal), mais sans en préciser les modalités. Il stipule qu’après l’ouverture totale à la concurrence, c’est La Poste qui restera pendant quinze ans prestataire du service universel postal, que le Code des postes définit très modestement comme la levée et la distribution du courrier tous les jours ouvrables, pour tous les usagers, à un prix « abordable ». La Poste finance actuellement cette mission grâce à son reste de monopole sur les plis de moins de 50 grammes. Comme le 1er janvier 2011 marquera la fin de tout monopole, le financement du service universel sera assuré par un « fonds de compensation » auquel contribueront les opérateurs privés, « au prorata de leur chiffre d’affaires réalisé » sur les envois de moins de 2 kg, sans que la hauteur de cette participation ne soit précisée. Enfin, le gouvernement répète à l’envi que le statut des 151 000 postiers fonctionnaires sera « préservé ». Mais, selon le projet de loi, ils seront « rattachés à la société La Poste et placés sous l’autorité de son président qui dispose des pouvoirs de nomination et de gestion à leur égard ». Ce qui les sort clairement du giron et des règles de la fonction publique, tout comme l’ont été, après 1997, les agents de France Télécom, qui ont perdu la plupart de leurs garanties, sauf la sécurité de l’emploi.

Pour les syndicats, il s’agit bel et bien du lancement de la privatisation. Sur fond de multiplication des conflits locaux liés aux réorganisations et aux suppressions d’emplois, tant chez les facteurs que dans les centres de tri et les bureaux de poste, la CGT, SUD, FO et la CFTC annoncent déjà une journée d’action nationale « de grève et de manifestations » pour septembre. En parallèle, le Comité national contre la privatisation de La Poste, qui réunit ces syndicats plus 80 associations et partis de gauche, organisera le 3 octobre une consultation nationale pour permettre aux usagers de dire « non » au changement de statut.

Fanny Doumayrou

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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 07 2009 00:00

Le comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal, a interpellé le Président de la République en février 2009 sur la mise en œuvre des conditions d’un référendum, afin que la population se prononce sur l’avenir de La Poste, premier service public de proximité.

À ce jour la réponse du Président se résume à la transformation en société anonyme de l’établissement public postal, en vue de sa privatisation. Chaque fois que l’on a transformé un établissement public en société anonyme (France Telecom, GDF, etc.), cette transformation a été suivie de la vente des actions de l’Etat pour la privatisation de la société.

L’avenir d’un service public postal répondant aux besoins de la collectivité ne peut se régler entre Matignon, l’Elysée et le Parlement.

Fort de sa détermination, le comité réuni en assemblée plénière ce 24 juin 2009 a réaffirmé son opposition totale à toute forme de privatisation de La Poste. Il entend porter le débat sur la place publique. La population a son mot à dire !

Pour en créer les conditions, le comité national décide de mettre tout en œuvre, à travers les réseaux des comités locaux, qui rassemblent militants associatifs et syndicaux et membres des conseils régionaux, généraux, et municipaux, pour une large consultation nationale, dans la transparence et la démocratie, dès les premières semaines de l’Automne.

• CFTC Postes et Télécommunications • Confédération CFTC • Fédération des Activités Postales et des Télécommunications CGT • CGT Finances • CGT Banque de France • Confédération CGT • Confédération Paysanne • FO Communication • FNEM FO Fédération nationale de l’énergie et des mines Force Ouvrière • Confédération FO • SUD Crédit Foncier • Fédération SUD PTT • FSU Fédération Syndicale Unitaire • SUD Caisses d’Epargne • Union Syndicale SOLIDAIRES • ACU (Association des communistes unitaires) • Alter Ecolo • Alternative Libertaire • ANECR Association Nationale des Elus Communistes et Républicains • Club Gauche Avenir • CNCU Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme • Debout la République • La Fédération • GUE/NGL Composante française du groupe de la Gauche Unie européenne/Gauche verte Nordique • Les Alternatifs • Les Objecteurs de Croissance • Les Verts • Mouvement de la Jeunesse Communiste • Mouvement des Jeunes Socialistes • MRC Mouvement Républicain et Citoyen • NPA Nouveau Parti Anticapitaliste • PCF Parti Communiste Français • Parti Communiste Ouvrier Français • Parti de Gauche • PRG Parti Radical de Gauche • PS Parti Socialiste • AFOC Association Force Ouvrière des Consommateurs • AITEC Association Internationale d’Experts et Chercheurs • Amis de la Confédération paysanne • Confédération Paysanne • AC Agir contre le Chômage • APEIS Association Pour l’Emploi, l’Information, et la Solidarité • ATTAC • CNR Conseil National de la Résistance • Convergence des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics • DAL Droit au Logement • Fondation Copernic • INDECOSA CGT • IPAM Initiatives pour un Autre Monde • Jeunes Laïques et Solidaires • LDH Ligue des Droits de l’Homme • Marches Européennes • M’PEP Mouvement politique d’éducation populaire • Réseau Européen des Missions Publiques • Résistance Sociale • UFAL Union des Familles Laïques • UNRPA Union Nationale des Retraités et Personnes Agées

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Mardi 5 mai 2009 2 05 05 2009 00:01

C’est pas toujours vrai, ce qu’on raconte…

 

Depuis quelques jours, on nous bassine avec le 1er mai unitaire. Tous ensemble par ci, tous ensemble par là, comme si on n’avait jamais vu ça. C’est curieux tout de même cette habitude de parler des mouvements sociaux en terme d’unité ou pas d’unité. N’empêche, ici, en Moselle, l’unité n’était pas au rendez-vous. Et comme dit le fabuliste : nous l’allons montrer tout à l’heure.

 Deux photos ci-dessous. L’une a été prise le 19 mars, l’autre le 1er mai. Mêmes drapeaux, même banderole, ou presque… Sauf que le 1er mai, le sigle et les bannières FO ont disparu de l’image. Pour quelle raison ? On ne leur a pas demandé, mais si l’un d’eux laisse traîner ses lunettes sur ces pages, qu’il nous fasse signe.

 

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Jeudi 30 avril 2009 4 30 04 2009 00:01

 

Après les 29 janvier et 19 mars,

le 1er mai est la prochaine occasion de manifester massivement :

 

Face à la crise financière et économique,
Agir pour ne pas subir !

Agir pour ne pas subir !

 

Saint-Dié

Manifestation festive, départ 10 H Tour de la Liberté

 

Bar-le-Duc

Manifestation le matin à 10 H. Départ gare SNCF.

Après-midi : la CFDT au Parc de Marbeaumont. Spectacle, musique, jeux, buvette...

 

Metz

Manifestation le matin (départ et arrivée place de la Gare), suivie d’un apéritif CFDT. Rassemblement 10h00 place de la gare à Metz ; départ 10h30 par la rue Gambetta, place Mondon, rue Harelle, avenue Robert Schuman, rue du Coëtlosquet, rue Lasalle, place Saint Nicolas,

rue du Neubourg, rue François de Curel ; arrivée place de la gare.

Après-midi CFDT festive : Barbecue - musique - spectacle (sur réservation : renseignements et inscriptions ici !).


Nancy

Manifestation le matin à 10 H. Départ Place Stanislas, arrivée Place de la Carrière. Apéritif offert aux manifestants à la buvette CFDT de la Pépinière et restauration sur place.

Après-midi : la CFDT à la Pépinière, autour du thème de la lutte contre les discriminations. Spectacle interactif de théâtre forum, stands, musique, ateliers cirque...

 

 

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Mardi 28 avril 2009 2 28 04 2009 00:01

L’augmentation du nombre de chômeurs, la baisse significative de la consommation, l’incertitude grandissante sur l’activité des entreprises témoignent de la gravité de la crise qui frappe un nombre croissant de salariés sans que nul ne puisse aujourd’hui en prédire la durée.

Les mobilisations viennent d’obliger le gouvernement à agir sur les stock-options et les rémunérations exceptionnelles des dirigeants d’entreprise lorsque ces dernières ont reçu des aides publiques directes. Sur la question de la redistribution des richesses produites, le décret annoncé bien qu’insuffisant est un début de remise en cause du système actuel. Elle laisse cependant de côté l’essentiel des revendications du 5 janvier 2009 portées par les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars 2009.

Gouvernement et patronat doivent rapidement  mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications.

C’est pourquoi, dans la suite des journées du 29 janvier et du 19 mars et dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat. Elles appellent leurs organisations locales à rechercher les modalités appropriées pour réussir cette journée de revendication syndicale en tenant compte des situations locales.

Pour préparer le 1er Mai, elles conviennent de faire du mois d’avril un mois de mobilisations ponctué d’initiatives visant à soutenir les actions engagées et à organiser les solidarités.

 En fonction des réponses du gouvernement et du patronat, les organisations syndicales débattront lors de leur prochaine rencontre des nouvelles initiatives (grève interprofessionnelle, manifestations, mobilisations un samedi…)

Une prochaine réunion est d’ores et déjà fixée au 27 avril.

 

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Lundi 27 avril 2009 1 27 04 2009 00:00

POUR UN  GRAND 1er  MAI  DE CONVERGENCE DES LUTTES

 

 

Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c'est un 1er  mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu'il n'y en a eu le 19 mars. Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l'emploi et le refus des licenciements sont à l’origine de conflits de plus en plus nombreux.  Des secteurs comme l'université et l'éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D'autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales  dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l’efficacité.  

 

Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d'entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. Le gouvernement loin d’apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise et s'enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d’arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l’exigence d’autres choix de justice et de solidarité 

 

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public,  l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; l’annulation des lois Bachelot et Pécresse, la réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout  autre  mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.

 

La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n’a fait que conforter les choix qui sont à l’origine même de la crise. Aucun des mécanismes d'accumulation financière à l’origine de celle-ci n'est mis en cause, l’essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes.

 

De plus en plus en difficulté, le gouvernement semble aujourd'hui tenté par une stratégie de la tension dans laquelle il agite à nouveau le thème de l'insécurité. Il renforce sa volonté de criminaliser l'action sociale et collective, tente d’instrumentaliser les « séquestrations de patrons » que soutient une majorité de la population et lance une nouvelle loi sécuritaire stigmatisant les jeunes. Les enquêtes d'opinion ont montré que l'exaspération sociale était largement partagée. Nous refusons toutes atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et politique.

 

La question de l'emploi devient cruciale. Face à des groupes qui sacrifient leurs salariés au profit de la rémunération des actionnaires et des plus hauts dirigeants patronaux, il est temps de stopper au plus vite les licenciements et d’éliminer toute conséquence du chômage partiel pour les salarié-e-s. Nous agirons dans ce sens aux côtés de celles et ceux qui sont concerné-e-s.

 

Nos organisations, comme elles l'ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés des salarié-e-s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.

 

                       Signataires : Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PS,  La Gauche Unitaire, Le Parti de Gauche,

       Le MRC, Le PCOF,  La Fédération, Alternative Démocratie Socialisme (ADS),

   Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, La Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU). 

 

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