Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

A GAUCHE !

Recevez notre Hebdo:
"A Gauche!" 

Abonnement 29 €  par an
Chèque adressé à :
BP 7 - 91301  MASSY Cédex 
Pour 4 semaines gratuites écrire à :
isaroul@wanadoo.fr ou
jcharlesv@yahoo.fr

Recommander

Recherche

Images aléatoires

  • u4.jpg
  • m15.jpg
  • m3.jpg
  • débat autour de Pascale
  • y9.jpg

chez nos voisins, nos copains

Mardi 29 septembre 2009 2 29 09 2009 00:01

Déferlement de joie à Die Linke

 

Un résultat sensationnel, le succès de Die Linke est confirmé ! » Tels sont les mots de Dietmar Bartsch à l’annonce des premiers pronostics. 12,5% pour le parti de gauche : énormes applaudissements du public dans la tente plantée par le parti de gauche à la Kulturbrauerei, brasserie devenue centre culturel d’un quartier branché de l’ancien Berlin-Est.

« Merci à celles et ceux qui nous ont fait confiance et qui nous ont soutenus dans cette campagne. Nous étions la force sociale et nous le restons ! ajoute le chef du parti. La grande coalition doit faire face à une énorme défaite, mais nous, nous pouvons être fiers de notre succès ! »

La place est laissée aux pronostics des régionales : « Nous sommes dedans pour le Schleswig-Holstein (6,5%) et le Brandebourg vient de s’assurer un changement de politique radical (30%) ! » lance Bodo Ramelow, leader de Die Linke en Thuringe. « Le SPD va enfin devoir étudier ma proposition de coopération pour empêcher une coalition CDU-FDP au Bundesrat ! » Cris de joie, ambiance surchauffée dans cette tente trop petite.

« Je l’avais senti depuis les régionales et les bons scores de Die Linke, notamment en Sarre et en Thuringe : les électeurs nous ont pris au sérieux et nous ont fait confiance ! » s’exclame Carsten Boy, tout heureux. C’était la première fois qu’il menait campagne dans le quartier berlinois de Wedding. « Nous avons juste à espérer que la coalition CDU-FDP ne passe pas, mais je n’imagine pas Merkel faisant face à une forte opposition. Et c’est ce qui l’attend ! » Detlef Christiansen aussi se réjouit : « C’est encore plus que ce que j’osais espérer, mais est-ce que ça va suffire à empêcher le démontage social annoncé par la CDU, par le FDP ? » Le cinquantenaire aurait aimé voir Die Linke utiliser davantage encore le potentiel de la crise du modèle néolibéral. Sa voisine, Evelyn Neira, regrette le manque d’alternative dans les coalitions : « Nous en sommes réduits à souhaiter une grande coalition comme moindre mal. » Dominik Blattner partage un autre avis. Habitant du quartier, il est venu ici car la fête est libre d’accès, contrairement à bien d’autres. « Je n’aurais rien contre une coalition CDU-FDP, mais les grands gagnants de ces élections seront les petits partis, ceux qui s’engagent vraiment pour quelque chose. À mon avis, beaucoup d’électeurs du SPD auront voté pour Die Linke, beaucoup de la CDU se seront tournés vers la FDP. » Ce qui est sûr, c’est qu’il ne restera pas ce soir à la Kulturbrauerei. Ici, il n’y a de la place que pour le succès de Die Linke. « Social, aussi après les élections », affiche la tribune. Prometteur.

Charlotte Noblet


* " Das Herz schlägt links ", ça signifie tout simplement : le coeur bat à gauche

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 13 septembre 2009 7 13 09 2009 00:00

La stratégie du Front de gauche confortée par les élections allemandes

Alors que le PS français opte pour les primaires qui, en quelques années, ont détruit la gauche italienne et que le PS chilien s’apprête à voter pour un candidat démocrate-chrétien Eduardo Frei (fils de l’ancien président qui avait soutenu la dictature au début du coup d’Etat), que de nombreux partis socialistes gouvernent avec la droite, que le Parti socialiste européen cogère l’Union européenne avec la droite néolibérale, voilà un résultat (provisoire) qui conforte la stratégie du Front de gauche en Allemagne.

En Sarre, la CDU a obtenu 34,5 % des voix (contre 47,5 % en 2004) ; le SPD, 24,5 % (30,8 %) ; Die Linke, 21,3 % (PDS : 2,3 %) ; le FDP, 9,2 % (5,2 %) et les Verts, 5,9 % (5,6 %).

Dans la Saxe, la CDU a obtenu 40,2 % des voix (contre 41,1 % en 2004) ; Die Linke, 20,6 % (PDS : 23,6 %) ; le SPD, 10,4 % (9,8 %) ; le FDP, 10 % (5,9 %) ; les Verts, 6,4 % (5,1 %) et le NPD, 5,6 % (9,2 %).

Enfin, pour la Thuringe : la CDU a obtenu 31,2 % des voix (43 % en 2004) ; Die Linke, 27,4 % (PDS : 26,1 %) ; le SPD, 18,5 % (14,5 %) ; le FDP, 7,6 % (3,6 %) et les Verts, 6,2 % (4,5 %).

Voilà qui pourrait faire basculer de droite à gauche le land de la Sarre si les socialistes du SPD décident de revenir à gauche!
Voilà qui devrait pousser en France au renforcement du Front de gauche et à son élargissement !

Zohra Ramdane

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 10 septembre 2009 4 10 09 2009 00:00

Taxe carbone, qui paiera?

Par Aurélien Bernier

 Interview parue dans « La décroissance » de septembre 2009  

- Quel est le principe de la taxe carbone telle qu'elle est définie par Michel Rocard pour le gouvernement ?

Il s'agit de taxer les énergies fossiles en fonction des gaz à effet de serre qu'émettent leur combustion à hauteur de 32 euros par tonne de carbone dans un premier temps, puis d'accroître progressivement le niveau des prélèvements. Les factures de carburant, de gaz, de fuel et peut-être d'électricité, augmenteront donc à partir de 2010. Le gouvernement tente de faire passer la pilule en promettant un chèque « vert » censé compenser la taxe pour les ménages les plus modestes.

- Quels peuvent être les effets pervers d'une telle taxe ? Est-elle une nouvelle mesure de greenwashing, de croissance verte ?

Non, nous ne sommes plus dans le greenwashing ou la croissance verte. C'est bien pire : nous sommes dans l'écologie antisociale. En effet, les ménages les plus riches pourront se payer des voitures moins polluantes, installer des panneaux solaires ou se déplacer en train. Les plus modestes, par contre, ne pourront pas accéder à ce mode de vie « écologique ». Et ce ne sont pas simplement les tarifs du carburant et du chauffage qui vont augmenter, mais également les prix des produits et des services, qui utilisent eux aussi de l'énergie. Le « chèque vert » ne compensera jamais intégralement cette hausse.

Le plus scandaleux reste que les grands groupes industriels seront exonérés de taxe, puisqu'ils sont déjà assujettis au marché du carbone. Or, les droits à polluer leur sont alloués gratuitement par les États. S'ils manquent de quotas et doivent en acheter sur le marché, ils paient actuellement 14 euros la tonne, soit moins de la moitié de ce qui sera facturé au particulier.

Pour ne prendre qu'un exemple, à 32 euros la tonne de carbone, l'exonération de taxe représente un cadeau de 250 millions d'euros par an fait à Arcelor-Mittal. Ajoutons que la taxe carbone sera accompagnée d'une baisse des cotisations patronales, et le tableau est complet.

A présent, on comprend mieux l'intérêt du matraquage de films comme Home, avec son discours totalement dépolitisé : il s'agit, en pointant uniquement la responsabilité individuelle et jamais la responsabilité politico-économique, de faire accepter cette écologie antisociale.

- Peut-on taxer le carbone sans conforter les inégalités sociales ? Comment faire ?

Bien-sûr que nous pourrions. Mais pour cela, il faut arrêter de prendre des mesures pseudo-écologiques toutes choses égales par ailleurs. Il est impossible d'exiger des comportements responsables de la part de chaque citoyen sans répartir autrement les richesses. Il faut sortir de cette écologie antisociale défendue par Sarkozy et par des imposteurs comme Cohn-Bendit. Augmenter les bas salaires et taxer le capital, puisqu'il s'agit bien de cela, suppose d'abord de casser le chantage aux délocalisations en mettant fin au libre-échange. La première revendication des écologistes doit être l'instauration d'un protectionnisme environnemental et social. C'est le seul moyen de relocaliser l'économie et donc d'exercer un contrôle démocratique non seulement sur la répartition des richesses, mais également sur les choix de production. Le jour où les mouvements sociaux et les partis de gauche porteront cette revendication, nous pourrons enfin espérer un profond changement de société.

 

Post-scriptum :

À ce jour (9 septembre), il semblerait que le montant de la taxe envisagé ne soit plus de 32 euros, mais de 14. Ceci n'enlève rien aux arguments que je développe. Le montant de la taxe est de toute façon amené à augmenter au fil des ans.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 9 septembre 2009 3 09 09 2009 00:01

« Radio France fêtera les cent ans de la Fête de l’Huma ! »
Le président de Radio France, qui a évité de s’exprimer dans les médias depuis sa nomination à la tête de la Maison ronde, en mai dernier, déroge à la règle pour parler de la Fête.

« La Fête de l’Huma fait partie de l’histoire de France », estime Jean-Luc Hees. Le président de Radio France, qui a évité de s’exprimer dans les médias depuis sa nomination à la tête de la Maison ronde, en mai dernier, déroge à la règle pour parler de la Fête. « J’ai un peu pris le train en route », s’excuse-t-il dans un sourire derrière son bureau. S’il est au courant du programme, c’est son prédécesseur qui a effectivement signé et réglé le partenariat avant son arrivée.

Pour lui, le partenariat entamé depuis plusieurs années avec la Fête de l’Humanité est « incontournable » pour Radio France. « C’est un endroit où il y a des centaines de milliers de personnes qui passent », et Radio France se doit donc d’être là où se crée l’événement. D’autant que « c’est un endroit sympathique où se croisent tant de musiques, le plateau est quand même impressionnant », continue-t-il. « C’est une tradition de la maison d’être à la Fête de l’Humanité. Nous sommes complètement dans notre rôle avec ce partenariat », insiste-t-il.
Pour le président de Radio France, l’édition 2009 de la Fête, avec la crise économique et les débats qui l’entourent est quasi incontournable : « c’est un lieu très ouvert au plan culturel, où il y a du débat, particulièrement en ce moment », dit-il pudiquement. « C’est d’ailleurs assez miraculeux que tout le monde trouve sa place en ce lieu », remarque-t-il. « Personne ne s’y trompe : c’est un lieu qui rassemble bien au-delà des communistes. » Vu le contexte économique, et compte tenu des interrogations de la période, « Radio France est dans son boulot en étant présent à la Fête de l’Humanité ». Jean-Luc Hees insiste sur le fait que son prédécesseur, Jean-Paul Cluzel, avait déjà quasiment bouclé le partenariat avant son arrivée : « Mais le bon côté de cette maison, c’est la continuité du service public », se félicite-t-il.

Pour lui, il est aussi important que les nombreux participants à la Fête « remarquent la présence de Radio France ». Et avec les plus de trente heures d’antenne des différentes stations, et le concert du dimanche après-midi (voir encadré), Radio France est largement visible sur la Fête. D’ailleurs, la logistique, plutôt lourde, coûte cher. « Mais le service public fait des sacrifices là où il faut en faire », assure-t-il. Lui n’a qu’un seul regret pour cette année : il n’y a pas assez de captations pour les différentes antennes du service public « de ces formidables concerts ». Il est à parier qu’il aura des idées de ce type pour l’an prochain…

« Personne ne se trompe » sur l’importance de ce rendez-vous de la rentrée, assure le président de Radio France. D’ailleurs, lui est persuadé que « Radio France sera encore là pour les cent ans de la Fête de l’Humanité ».

Propos recueillis par Caroline Constant

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 1 septembre 2009 2 01 09 2009 00:00

Lundi c’était le lendemain du « remue-méninges » du Parti de gauche à Clermont-Ferrand. J’étais donc plutôt distrait en écoutant ma radio du matin. Une légère overdose de politique, après un tel week-end, en quelque sorte. Mais je n’en étais pas rendu au point de ne plus suivre ce qui se disait. Quelque chose clochait. Toutes ces nouvelles sur les élections au Gabon. Mazette! Et sinon tant de chose sur les élections au Japon. Bigre! Mais quoi? Rien sur l’Allemagne. Rien. Madame Merkel a perdu. Et Die Linke, notre parti frère, a cartonné. Il est devenu la seconde force au total des voix sur trois länder. Ca ne valait rien. Rien de rien. Pas un mot. Ce que j’ai lu, depuis, me fait cependant sourire.

Ici où là, j’ai noté depuis, en effet, quelques commentaires, tous dans le même registre, comme d’habitude. Grace à la pluralité de la presse, nous savons que si tous disent pareil c’est donc que c’est vrai. Donc, pour "Libération", Die linke est repeint en «néo communiste». C’était le nom que le petit Benoit Hamon avait proposé au bureau national du PS de nous accoler, à nous, le Front de Gauche. Petits coquins! Ailleurs, chez les plus puissants commentateurs et connaisseurs de l’Allemagne tout s’explique facilement. Voyez plutôt. A l’est, ce bon résultat c’est parce que Die Linke ce sont des anciens communistes. Tiens, on croyait que tout le monde détestait les communistes dans les anciens pays de l’est! Et à l’ouest c’est parce que c’est Oskar Lafontaine lui-même qui était candidat. Ah bon? On avait lu, chez les mêmes, qu’Oskar était marginalisé par ses «règlements de compte avec ses anciens camarades». Juste comme disent de moi la hyène Fogiel et la baudruche Carlier qui glapissent de concert qu’en refusant les primaires je me suis «encore plus marginalisé». Je voudrais pourtant essayer de me hisser au niveau de ces grands esprits. Je propose une explication plus profonde encore que ces avis, pourtant d’un haut niveau de sagacité, justifiant les salaires de ceux qui les professent. En fait le résultat de « Die Linke » s’explique parfaitement par le nombre des bulletins déposés dans l’urne par les électeurs. Rien de plus qu’un geste ordinaire. Le même que celui fait pour mettre n’importe quel autre bulletin. Pas de quoi fouetter un chat. Ni en tirer quelques leçons politiques que ce soit. Génial, non? Soyons sérieux. Il reste que pour nous, ce résultat électoral est tout simplement un formidable point d’appui. Une nouvelle fois Oskar et ses amis nous déblaient la voie. Ils donnent un élan qui va être entendu dans toute l’Europe, la nôtre bien sûr, celle qui refuse la main mise de la droite et son lubrifiant social démocrate qui gouvernent ensemble en Allemagne. Une nouvelle fois, une leçon est donnée qui montre comment les élections sont un front de lutte en soi. Pas seulement une «photo», un «bon coup» et ainsi de suite. Pour le grand nombre des gens simples, la façon de voir l’avenir change selon que l’on est adossé à une force en état de gouverner ou que l’on croupit dans le témoignage impuissant. Hors de Die linke, les listes gauchistes, percluses de haine et de récriminations contre Die Linke, restent électoralement indétectables. Politiquement, il en va donc de même. Le grand nombre appuie la volonté qui se donne les moyens de son ambition. À méditer bien sur. Et pour y aider je renvoie aux articles de presse parus dans «l’Humanité» et dans «Le Monde» qui m’ont permis de présenter ma proposition, faite bien sûr au nom du Parti de gauche, d’un paquet électoral pour l’autre gauche incluant les trois prochaines élections, régionale, présidentielle, législative. Je pense être mieux entendu, et sans doute mieux compris, après ce dimanche allemand. Merci Oskar!

 

 Jean-Luc Mélenchon

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 26 août 2009 3 26 08 2009 00:00

Vous avez déjà vu ça sans doute, dans certaines familles, il y a la figure autoritaire, celui que l’on appelle quand on sait plus comment faire avec les enfants. Alors comme il est appelé, il vient, il râle, puis il s’en va. Et comme on ne le connait que pour râler, ben les enfants s’en foutent.
Sarkozy, il est comme ça. Au sujet de la crise financière et économique il joue des muscles, tente le langage viril, parle plus fort que les autres, ça le rassure, puis finalement il ne se passe rien…

 En avril après la déroute du système bancaire, il avait promis, au G 20 de Londres : « On va voir ce qu’on va voir, ça va changer, on va moraliser le capitalisme… » En définitive, la montagne accouche d’une souris, rien n’a changé, les banques recommencent à jouer de plus belle avec les fonds publics. Aujourd’hui, 25 Août, Sarkozy rencontre les banquiers pour une belle remontée de bretelle. Et puis il annonce « Le G 20 de septembre, ça va changer le système financier mondial… ». Comme en avril sans doute…

Si encore il n’y avait que dans ce domaine. Prenez la une éloquente du Figaro de dimanche dernier. C’est pourtant pas un journal contestataire, eh bien sans rire il annonce : « La délinquance progresse moins vite » ! Vous avez bien lu, elle ne recule pas, elle « progresse moins vite… ». Pourtant la sécurité c’est son truc ça à Sarkozy ! Ben là encore, il parle et puis pschiiiit ! Rien…

Par contre, faire travailler le dimanche, imposer une taxe supplémentaire aux ménages, ça il sait faire. Cet homme doit être allergique au progrès...

David Seyer notre copain du PCF à Forbach

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 23 juin 2009 2 23 06 2009 00:01

«Le verdissement du capitalisme n'est que du discours», explique Aurélien Bernier, spécialiste des questions environnementales. S'appuyant sur l'exemple des «droits à polluer», il démontre comment le capitalisme s'est emparé de ces questions pour en faire un nouvel objet de spéculation.

 

HD. Est-ce que le marché des « droits à polluer » a permis de protéger l'environnement puisque c'était son but affiché?

Aurélien Bernier. Absolument pas. En Europe, par exemple, le lobbying des entreprises a entraîné une surdistribution de quotas. Conséquence, le cours de la tonne de carbone s'est effondré de 30 euros à moins de 1 euro. Ensuite, ce marché ne couvre pas tous les pays de la planète. Ni la Chine, ni l'Inde, ni le Brésil ne participent à cette Bourse au carbone. Donc, même si les quotas étaient rares donc chers, les entreprises peuvent continuer à implanter les industries polluantes dans ces pays à bas coûts de main d'œuvre. En réalité, ce système favorise les délocalisations et la désindustrialisation des pays occidentaux au nom de la protection de l'environnement. Cette solution du marché du carbone est la solution qu'ont trouvée les libéraux pour mettre en place de pseudo-mesures de protection de l'environnement sans ne rien toucher aux logiques libérales. Le résultat chiffré est clair : entre 1997 et 2007, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 35 %. Le protocole de Kyoto avait fixé un objectif de réduction de 5% d'ici à 2012.

C'est en particulier en Chine et en Inde que ces émissions explosent. Parce que leurs marchés se développent mais surtout en raison des délocalisations des industries polluantes produisant des biens qui sont ensuite exportés dans les pays occidentaux. Le transport rajoutant encore à la pollution. Au total, cela représente 20 % des émissions de gaz à effet de serre.

 

HD. On pourrait objecter que c'est parce que ce marché n'est pas assez développé, pas assez mondialisé que cela ne marche pas.

A. B. Si les pays émergents comme la Chine ou l'Inde refusent toute contrainte environnementale ou sociale, c'est parce que dans le cadre du marché néolibéral, ils considèrent que ce sont des avantages comparatifs par rapport aux pays occidentaux. Étendre le marché du carbone ne sert pas à grand-chose car les contraintes dans ce cadre sont légères puisqu'elles dépendent des quotas. En réalité, cela ne servirait qu'à étendre un marché spéculatif du droit à polluer. Ils sont en train de reproduire quasiment à l'identique le système du marché du crédit immobilier qui nous a précipités dans la crise. Titrisation de produits à risques, création de produits financiers dérivés, tous les ingrédients sont là pour une prochaine crise, dont le déclencheur serait le marché du carbone. Un marché spéculatif est incontrôlable, instable, imprévisible, on ne peut pas réfléchir sur du long terme.

HD. Donc, pour vous, l'expression capitalisme vert n'a pas de sens ?

A. B. Cette expression a du sens: elle prouve que ce système capitaliste tente de tout récupérer, de tout intégrer à sa logique du profit. Le verdissement du capitalisme n'est que du discours qui n'a pas de sens dans les actes. La solution pour régler le problème des gaz à effet de serre serait de remettre en question le système du libre-échange. Notamment en mettant en place une taxe qui permette de réintroduire dans le prix des échanges les coûts sociaux et environnementaux.

C'est le moyen de casser cette spirale des délocalisations. Il faut sortir du système du libre-échange et créer un système d'échanges équitables dans lesquels les coûts sociaux et environnementaux sont intégrés. Ce marché des droits à polluer prouve qu'il faut répondre à la problématique environnementale en même temps qu'à la problématique sociale car les deux ont la même cause : le capitalisme. Malheureusement, le discours d'une majorité des organisations écologistes se limite à de l'environnementaliste et renvoie à une simple responsabilité individuelle sans aborder les questions de la responsabilité du capitalisme.

(Interview parue dans l'Humanité dimanche du 28 mai au 3 juin 2009)

 

(1) « Le climat, otage de la finance - ou comment le marché boursicote avec les « droits à polluer ». Éditions Mille et Une Nuits. 2008. Dernier ouvrage paru.- « Non au capitalisme vert », ouvrage collectif. Éditions Parangon. Aurélien Bernier est responsable national du Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP). Il a travaillé pendant dix ans pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME).

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 28 mars 2009 6 28 03 2009 00:00

- Le syndicat enseignant SEW/OGBL appelle au boycott du concours scolaire «Apprendre la Bourse» organisé avec l’appui de la Commission Européenne et sponsorisé par le Ministère de l’Education Nationale et la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat.

Le concours se déroule chaque année dans les écoles publiques sous la responsabilité des professeurs d’économie. Les élèves sont invités à faire fructifier un capital fictif de 50.000€ en le plaçant dans un portefeuille de 175 titres. Les élèves gagnants reçoivent des prix pouvant s’élever jusqu’à 300€ et ils sont invités à une rencontre européenne qui a lieu ces jours-ci au Luxembourg. L’équipe luxembourgeoise «E-Unit» a en effet remporté le concours 2008 en faisant monter son capital boursier de 50.000 à 89.873,80€ en 70 jours, ce qui correspond à un rendement annuel de 410%! «De quoi donner le vertige et faire croire à ces jeunes que spéculer en bourse vaut vraiment le coup.»

Le SEW ne se contente pas de dénoncer le caractère illusoire de ce jeu de hasard. Il estime que la participation d’enseignants est contraire à leur éthique professionnelle et qu’elle met en cause la neutralité de l’école publique. Il ne veut pas «faire entrer dans nos salles de classe l’idéologie du profit et de l’argent facile» et refuse de participer «aux conditionnements auxquels sont soumis les jeunes au sein de l’Ecole.»

Si la Ministre de l’Education Nationale – une socialiste entre parenthèses – veut vraiment maintenir l’édition 2009 du jeu, elle devrait y intégrer au moins les expériences les plus récentes. Les élèves pourraient être amenés à créer un système pyramidal pour gagner 500 milliards comme Madoff, ils pourraient acheter des actions Fortis au prix actuel de 0,9 € ou placer l’argent des pensions de leurs parents en actions cotées à la Bourse, ils pourraient apprendre à créer des sociétés écran en profitant de la loi de titrisation, faire de l’optimisation fiscale en utilisant le secret bancaire et participer à un bon petit krach boursier.

Nous aurions enfin un contenu pour cet enseignement des valeurs si cher au cœur de la ministre: devenir riche sans travailler et faire des bénéfices en accumulant les dettes. On pourrait remplacer la prière du matin de l’école de jadis par la lecture quotidienne des cours de la Bourse.

 henri wehenkel

www.sew.lu/cgi-bin/apps/base

 

Nos camarades de déi lénk (nos copains d’en face, juste à côté, au Luxembourg) nous font connaître cette affaire de collégiens qui jouent en bourse. Oh ! Rassurez-vous, tout ça est très très virtuel. Ça me rappelle que chez nous, il y a quelques années, une banque avait organisé la même rigolade. Lorsqu’à deux ou trois, un peu émus de voir nos troisièmes s’amuser à ce genre d’âneries à longueur d’entre-midi (mais si, c’est comme ça qu’on dit !), nous étions allés voir le principal pour lui demander si par hasard on n’aurait pas d’autres valeurs à transmettre que le goût du pognon facile, du pouvoir, de la compétition, il nous avait regardés comme des martiens. Comment ? On osait critiquer un de nos collègues qui donnait de son temps et gratos en plus pour « occuper » les chers petits entre les cours du matin et de l’après-midi. Imparable, comme argument, non ? On a fini par emporter le coup, mais le collègue en question, il nous en veut encore aujourd’hui… Il ne voyait pas malice à ça.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 13 février 2009 5 13 02 2009 00:00

 

Ce soir à Esch-sur-Alzette, le parti dei Lénk, qui est au Luxembourg ce que le Parti de Gauche est au paysage politique de la France, fête ses 10ans. Un grand frère, comme qui dirait. Pour les aider à souffler leurs bougies, ils ont invité une pointure : Jean-Luc Mélenchon soi-même.

Alors, si vous n’êtes pas trop loin de ce coin-là, et que vous avez une soirée à gagner sur la morosité ambiante, n’hésitez pas, foncez ! Enfin, pas trop vite quand même, on ne sait jamais, les archers du Grand-duc sont peut-être aussi aimables que les nôtres...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 23 janvier 2009 5 23 01 2009 00:00

Dans l’Allemagne en crise, les regards se tournent vers Die Linke

 

Pour l’Allemagne, 2009 est une année hautement électorale : 16 consultations, en cumulant les scrutins à l’échelle communale, régionale, fédérale et européenne. Après avoir semblé échapper à la crise quand ses partenaires européens s’y engouffraient ostensiblement, elle est maintenant frappée de plein fouet. La campagne électorale permettra-t-elle d’effectuer les justes choix économiques ? Du côté des partenaires sociaux, c’est la déception et l’inquiétude.

« Insuffisant ! » Tel est le jugement que porte Jan Jurczyk, porte-parole de VerDi, syndicat allemand du service public, sur le plan de relance annoncé par la chancelière Angela Merkel. Dans les premiers mois, la crise semblait pourtant épargner l’Allemagne. Mais en raison de sa structure économique, cet état de grâce ne pouvait durer. Rudolf Hickel, professeur d’économie à l’université de Brême, indique que « la crise a un double aspect : l’Allemagne a longtemps profité de son agressivité en termes d’exportations ; elle en est maintenant victime. La crise financière n’a pas laissé de côté les banques allemandes, le système bancaire ne fonctionne plus, ce qui a des conséquences sur la production ». Du coup, les indicateurs sont dans le rouge.

 L’Allemagne, championne mondiale des exportations, a désormais un carnet de commandes internationales en berne pour ses voitures, ses machines-outils ou ses produits chimiques – des secteurs jusqu’à présent créateurs d’emplois et de croissance. En décembre, le taux de chômage est reparti à la hausse, passant de 7,1 % à 7,4 %, soit 3,1 millions d’actifs. En 2008, l’économie a progressé de 1,3 %, presque moitié moins qu’en 2007, éloignant le gouvernement de l’objectif annoncé de 1,7 %. A la tête du pays jusqu’en 2005,  « Schroeder et Fischer se sont engouffrés dans la dérégulation et le néolibéralisme. Ce modèle a massivement échoué », analyse Rudolf Hickel. Avec le plan de relance, Merkel ne fait qu’en panser les plaies. « Certaines mesures sont insensées, comme l’aide à l’achat d’une automobile ou la prime exceptionnelle pour les enfants », souligne le chercheur.

Toutefois, il trouve un signe positif dans les mesures d’investissement des infrastructures. Car le modèle allemand fondé sur les exportations a atteint ses limites. Une relance des investissements, de la consommation  et du marché intérieur paraît indispensable.

Un tel plan, reposant sur des mesures hétérogènes, est aussi symptomatique des dissensions en vigueur dans le gouvernement de grande coalition entre les chrétiens-démocrates d’Angéla Merkel (CDU) et les sociaux-démocrates (SPD). « La CSU veut damner le pion à la SPD qui a du mal à se démarquer : elle n’a pas grand-chose à dire en matière économique ! La baisse des impôts est la seule mesure qu’elle porte de manière tonitruante », précise Anne-Marie Le Gloannec, directrice de recherche du Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

Sans doute faut-il voir dans les résultats des élections régionales du 18 janvier une première répercussion de cet alignement  du SPD : il n’a obtenu que 23 ,7 % contre 36,7 % il y a un an. Autre raison de cette chute : le Parti social-démocrate a refusé toute alliance régionale avec La Gauche (die Linke) qui a de nouveau atteint 5,4 %. Pourtant la crise amènera sans doute à réfléchir. « Die Linke, déclare la chercheuse, est la plus convaincante des oppositions. Elle est partout : dans les Parlements et dans la rue ». Mais leur marge de manœuvre est encore limitée. En tout cas, pour les multiples élections à venir, ils pourraient s’imposer comme une force politique incontournable. Entre-temps, les sociaux-démocrates sauront-ils s’emparer de la crise pour faire entendre, depuis le gouvernement, des propositions audacieuses de sortie de crise et convaincre ?

 

Fabien Perrier L’Humanité Dimanche

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés