Déferlement de joie à Die Linke
Un résultat sensationnel, le succès de Die Linke est confirmé ! » Tels sont les mots de Dietmar Bartsch à l’annonce des premiers pronostics. 12,5% pour le parti de gauche : énormes applaudissements du public dans la tente plantée par le parti de gauche à la Kulturbrauerei, brasserie devenue centre culturel d’un quartier branché de l’ancien Berlin-Est.
« Merci à celles et ceux qui nous ont fait confiance et qui nous ont soutenus dans cette campagne. Nous étions la force sociale et nous le restons ! ajoute le chef du parti. La grande coalition doit faire face à une énorme défaite, mais nous, nous pouvons être fiers de notre succès ! »
La place est laissée aux pronostics des régionales : « Nous sommes dedans pour le Schleswig-Holstein (6,5%) et le Brandebourg vient de s’assurer un changement de politique radical (30%) ! » lance Bodo Ramelow, leader de Die Linke en Thuringe. « Le SPD va enfin devoir étudier ma proposition de coopération pour empêcher une coalition CDU-FDP au Bundesrat ! » Cris de joie, ambiance surchauffée dans cette tente trop petite.
« Je l’avais senti depuis les régionales et les bons scores de Die Linke, notamment en Sarre et en Thuringe : les électeurs nous ont pris au sérieux et nous ont fait confiance ! » s’exclame Carsten Boy, tout heureux. C’était la première fois qu’il menait campagne dans le quartier berlinois de Wedding. « Nous avons juste à espérer que la coalition CDU-FDP ne passe pas, mais je n’imagine pas Merkel faisant face à une forte opposition. Et c’est ce qui l’attend ! » Detlef Christiansen aussi se réjouit : « C’est encore plus que ce que j’osais espérer, mais est-ce que ça va suffire à empêcher le démontage social annoncé par la CDU, par le FDP ? » Le cinquantenaire aurait aimé voir Die Linke utiliser davantage encore le potentiel de la crise du modèle néolibéral. Sa voisine, Evelyn Neira, regrette le manque d’alternative dans les coalitions : « Nous en sommes réduits à souhaiter une grande coalition comme moindre mal. » Dominik Blattner partage un autre avis. Habitant du quartier, il est venu ici car la fête est libre d’accès, contrairement à bien d’autres. « Je n’aurais rien contre une coalition CDU-FDP, mais les grands gagnants de ces élections seront les petits partis, ceux qui s’engagent vraiment pour quelque chose. À mon avis, beaucoup d’électeurs du SPD auront voté pour Die Linke, beaucoup de la CDU se seront tournés vers la FDP. » Ce qui est sûr, c’est qu’il ne restera pas ce soir à la Kulturbrauerei. Ici, il n’y a de la place que pour le succès de Die Linke. « Social, aussi après les élections », affiche la tribune. Prometteur.
Charlotte Noblet
* " Das Herz schlägt links ", ça signifie tout simplement : le coeur bat à gauche
" LE SOCIALISME PROCLAME QUE LA REPUBLIQUE POLITIQUE
Par Aurélien Bernier
Le président de Radio
France, qui a évité de s’exprimer dans les médias depuis sa nomination à la tête de la Maison ronde, en mai dernier, déroge à la règle pour parler de la Fête.
Lundi c’était le lendemain du
« remue-méninges » du Parti de gauche à Clermont-Ferrand. J’étais donc plutôt distrait en écoutant ma radio du matin. Une légère overdose de politique, après un tel week-end, en quelque
sorte. Mais je n’en étais pas rendu au point de ne plus suivre ce qui se disait. Quelque chose clochait. Toutes ces nouvelles sur les élections au Gabon. Mazette! Et sinon tant de chose sur les
élections au Japon. Bigre! Mais quoi? Rien sur l’Allemagne. Rien. Madame Merkel a perdu. Et Die Linke, notre parti frère, a cartonné. Il est devenu la seconde force au total des voix sur trois
länder. Ca ne valait rien. Rien de rien. Pas un mot. Ce que j’ai lu, depuis, me fait cependant sourire.
camarades». Juste comme disent de moi la
hyène Fogiel et la baudruche Carlier qui glapissent de concert qu’en refusant les primaires je me suis «encore plus marginalisé». Je voudrais pourtant essayer de me hisser au niveau de ces grands
esprits. Je propose une explication plus profonde encore que ces avis, pourtant d’un haut niveau de sagacité, justifiant les salaires de ceux qui les professent. En fait le résultat de « Die
Linke » s’explique parfaitement par le nombre des bulletins déposés dans l’urne par les électeurs. Rien de plus qu’un geste ordinaire. Le même que celui fait pour mettre n’importe quel autre
bulletin. Pas de quoi fouetter un chat. Ni en tirer quelques leçons politiques que ce soit. Génial, non? Soyons sérieux. Il reste que pour nous, ce résultat électoral est tout simplement un
formidable point d’appui. Une nouvelle fois Oskar et ses amis nous déblaient la voie. Ils donnent un élan qui va être entendu dans toute l’Europe, la nôtre bien sûr, celle qui refuse la main
mise de la droite et son lubrifiant social démocrate qui gouvernent ensemble en Allemagne. Une nouvelle fois, une leçon est donnée qui montre comment les élections sont un front de lutte en soi.
Pas seulement une «photo», un «bon coup» et ainsi de suite. Pour le grand nombre des gens simples, la façon de voir l’avenir change selon que l’on est adossé à une force en état de gouverner ou
que l’on croupit dans le témoignage impuissant. Hors de Die linke, les listes gauchistes, percluses de haine et de récriminations contre Die Linke, restent électoralement indétectables.
Politiquement, il en va donc de même. Le grand nombre appuie la volonté qui se donne les moyens de son ambition. À méditer bien sur. Et pour y aider je renvoie aux articles de presse parus dans
«l’Humanité» et dans «Le Monde» qui m’ont permis de présenter ma proposition, faite bien sûr au nom du Parti de gauche, d’un paquet électoral pour l’autre gauche incluant les trois
prochaines élections, régionale, présidentielle, législative. Je pense être mieux entendu, et sans doute mieux compris, après ce dimanche allemand. Merci Oskar!
- Le syndicat enseignant SEW/OGBL appelle au boycott du concours scolaire «Apprendre la Bourse» organisé avec l’appui de la Commission Européenne et sponsorisé par
le Ministère de l’Education Nationale et la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat.
Pour l’Allemagne, 2009 est une année hautement électorale : 16 consultations, en cumulant les scrutins à l’échelle
communale, régionale, fédérale et européenne. Après avoir semblé échapper à la crise quand ses partenaires européens s’y engouffraient ostensiblement, elle est maintenant frappée de plein fouet.
La campagne électorale permettra-t-elle d’effectuer les justes choix économiques ? Du côté des partenaires sociaux, c’est la déception et l’inquiétude.
Commentaires