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des nouvelles de la droite

Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 00:01

« Et si le refus de vaccination contre la grippe n’était qu’une manifestation du rejet

de l’état UMP et de la communication de la comique Bachelot ? »,

 

par Claude-Marie Vadrot, journaliste et universitaire (extrait de Politis).

 

(…) Et si le refus larvé de la vaccination n’était tout simplement que la démonstration lumineuse que la majorité des gens de ce pays, qu’ils soient de gauche, de droite ou de nulle part, ne fait plus aucune confiance à l’Etat-UMP, à l’Etat sarkozien ; comme un réflexe pavlovien né de l’expérience des deux ans et demi déjà écoulés. Une méfiance qui deviendrait à la fois chronique et pathologique, une méfiance qui se renforce à chaque fois que Roselyne en remet une couche, en s’agitant à la télé et en lançant ses hussards de la vaccination à l’assaut des journaux, des radios et de la télévision. Avec l’idée politiquement fascinante du pouvoir que si la grippe « spéciale » ne fait pas plus de victimes qu’une autre, Bachelot pourra être vénérée comme Jeanne d’Arc pour nous avoir évité la peste. Sainteté et efficacité fabriquées qui rejailliront sur le Prince qui aura magiquement fait guérir les écrouelles comme les illustres monarques du Moyen Âge.

Et si, donc, ce refus compulsif n’était que la traduction que les Français ont vu venir la manipulation, si la méfiance n’était en fin de compte que le symptôme, difficilement curable, d’un phénomène de rejet de l’UMP se manifestant quelques années après la greffe comme cela se produit parfois et sans que les médecins puissent fournir d’explications rationnelles.

Les Français, ou une grande majorité d’entre eux au moins, seraient-ils tout simplement en train de dire « merde » au pouvoir avec la certitude de ne prendre aucun risque, seraient-ils en train de tenter de ridiculiser un Etat qui les trompe, qui les énerve et qui les insupporte de plus en plus ? Un virus du doute et de la méfiance qui « dormait » dans leurs inconscients et que les excès et les messages ridicules de la campagne menée depuis des mois « contre la grippe » auront réveillé. Au point d’en faire une épidémie que les reportages complaisants et laudateurs sur la sainteté et l’efficacité de la Bienheureuse Bachelot auront du mal à masquer au cours des jours qui viennent.

Et que fait-on des 94 millions de doses achetées à grands frais aux grands laboratoires qui comptent joyeusement leurs sous ?

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 00:12

David Douillet, député UMP, n’aime pas les « tapettes » et veut les femmes aux fourneaux

Merci au « Canard enchaîné » d’avoir lu pour nous les ouvrages publiés par le judoka et aujourd’hui député UMP des Yvelines, David Douillet. Sous le titre « David pas Douillet pour les tapettes », cet article permet de bien saisir la pensée de cet ami de Bernadette Chirac avec laquelle il récolte chaque année les pièces jaunes.

Son œuvre comprend deux textes fondamentaux : une autobiographie, simplement intitulée « L’Ame du conquérant », et un essai au titre beigbederien, « 110% », dans lequel il donne 18 clés pour devenir un champion de la vie.

Les citations que notre confrère a sorties des deux ouvrages s’organisent autour de deux grands thèmes. Tout d’abord la place des femmes dans la société. David Douillet aimerait bien les voir retourner à leurs foyers et à leurs fourneaux, qu’elles n’auraient jamais dû quitter :

« J’ai une authentique admiration pour les femmes qui vouent leur vie aux leurs ». Il faut dire que pour lui « c’est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d’élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas hasard ».

Quant à ses consœurs judokettes, elles feraient bien selon lui de quitter les tatamis : « Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. »

Après ces fortes déclarations, il se croit obligé de préciser : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes. » Ça c’est viril ! Il a tenté de se rattraper - après tout les homos votent aussi - en expliquant que les « tapettes » étaient dans son esprit « les hommes qui ne s’assumaient pas »...

Second thème de réflexion, le travail, et là, tenez-vous bien : ce n’est pas jusqu’à 65, pas jusqu’à 70, pas jusqu’à 75 ans qu’il va falloir travailler... mais jusqu’au bout, comme autrefois : « On travaillait plus dur et surtout plus longtemps, du plus jeune au grand âge, et du lever au coucher du soleil, hormis le jour du Seigneur. » C’est le travailler plus et tout le temps ! Mais est-il bien cohérent avec lui-même ? Lors de son élection en octobre, il déclarait sur i-Télé : « Les électeurs ont compris qu’ils avaient affaire à quelqu’un qui veut s’investir à 100% et qui va être en permanence sur le terrain ». Seulement 100% ? 110%, ce serait mieux.

Par Sylvie Prioul

 

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 10 2009 00:00

L’« identité nationale » contre la nation

Par Jean-Paul Piérot


Le monde paysan attendait du chef de l’État autre chose que ces phrases aux accents maurassiens, sur « les liens charnels avec la terre ». Quand le chef de l’État a déclaré hier de façon appuyée que « la terre fait partie de l’identité nationale », l’écho d’un autre discours semblait remonter d’un sombre passé : « La terre ne ment pas. » Une odieuse machination est à l’œuvre, mise en scène par le ministre des basses œuvres. Éric Besson, ce transfuge du PS prêt à tout pour témoigner à son nouveau maître son zèle de néoconverti, est chargé de lancer un « débat » sur « l’identité nationale ». Serait-ce donc le sujet le plus grave, la préoccupation la plus prégnante des Français ? Le chômage qui n’en finit pas d’étendre ses ravages, bagatelle ! La protection sociale plombée par les hausses du forfait hospitalier, les médicaments déremboursés, billevesées ! L’école mise à mal par les 16 000 suppressions d’enseignants, broutille !
L’insolente richesse des tenants du bouclier fiscal voisinant avec la pauvreté de salariés déclassés et précarisés, le mal de vivre qui conduit au suicide chez France Télécom ou chez PSA, foutaises… Le soir en famille, le samedi entre amis, les Français n’auraient qu’un seul sujet en tête : « l’identité ». Quelques jours après que furent renvoyés vers une possible mort trois Afghans qui voulaient échapper à la violence des talibans, après qu’une lycéenne a été raflée, cartable sur le dos et expédiée à Brazzaville, on nous annonce des causeries et un colloque, rien que cela ! Et peut-être pourrait-on suggérer à M. Besson d’organiser une exposition où l’on expliquerait comment distinguer un individu porteur de l’identité française et celui qu’on doit dénoncer pour le prochain charter. La France a connu de sombres périodes, au cours desquelles ce qui paraît inimaginable peut devenir abjecte réalité.

 

À une vision ouverte et progressiste, Nicolas Sarkozy oppose une conception étroite et conservatrice, inégalitaire, avec ses fantasmes d’ancienne puissance coloniale.

 L’« identité nationale » contre la nation.

Les causes de cette nouvelle initiative sont facilement identifiables. En agitant le spectre d’une « identité nationale menacée », le gouvernement espère détourner l’attention des résultats de sa politique, qu’une majorité juge négatifs. Et faisant d’une pierre deux mauvais coups, il drague à nouveau dans la boue du Front national. Marine Le Pen avait lancé une campagne nauséabonde à partir d’un livre de Frédéric Mitterrand.
Sarkozy reprend l’offensive sur le thème bien connu des immigrés qui poseraient problème à l’identité de la France. Car comment interpréter autrement le choix de grouper dans le même ministère l’immigration et « l’identité nationale » ? Cette notion « d’identité nationale » va à l’encontre de la nation forgée par la Révolution française. À cette vision ouverte et progressiste, « l’identité nationale » de Nicolas Sarkozy oppose une conception étroite et conservatrice, inégalitaire, avec ses fantasmes d’ancienne puissance coloniale, vision du monde selon laquelle l’étranger, le jeune, l’ouvrier constituent potentiellement une classe dangereuse. Décidément, rien, aucun scrupule de moralité politique ne retient l’imagination débordante des stratèges de l’Élysée, au risque de réveiller les démons de la haine. Au nom des mêmes ressorts de pensée d’une France agressée de l’intérieur, on a connu l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle, et pire encore au XXe.
Refuser d’entrer dans ce « débat » miné, faire prévaloir la lutte des classes sur l’impasse de la haine des « races ». Telle doit être la meilleure réplique au piège de M. Besson.

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 09 2009 00:00

Souvenirs de manif.


16 janvier 1994, froid de loup, neige fondue, un temps à ne pas mettre un manifestant dehors. Pourtant, on était un paquet sur le quai de la gare de Metz ce matin-là, aux petites aurores. On partait pour dire à notre ministre que sa modification de la loi Falloux, il pouvait s’en faire des papillotes. Donc, pour faire court, nous voilà partis, avec nos belles banderoles « Liberté ! Laïcité ! Fraternité ! » On arrive à la République : noir de monde. Jamais vu ça, même en 68. Oui oui, on y était aussi ! Ce jour-là de janvier 94 était en quelque sorte une revanche sur ce qu’on avait raté comme des bleusailles juste dix ans plus tôt. La fameuse -trop fameuse- manif des tenants du privé en 84, rassemblant un million de personnes dans les rues de Paris. Et nous, comme des imbéciles, à nous mobiliser dans nos préfectures. Evidemment, on n’avait pas fait le poids. Cette fois, on ne transige pas : tous à Paris ! On défilait par région. Les Alsaciens en tête. Ça me revient : le collège de Haguenau, avec une poupée en costume comme emblème ! Toutes les télés les ont filmés ! Tu m’étonnes : l’Alsace, en tête d’un cortège qui marche pour la laïcité, ça avait une certaine allure ! Les Bretons avaient apporté les bombardes et les binious, ça aussi c'était la classe. C’était quoi donc qui nous avait tous lancés sur le pavé parisien, malgré la météo carrément hostile, les pieds gelés et les doigts gourds qu’on allait réchauffer dans les troquets tout alentour ? Trois fois rien, une broutille. Le ministre avait décidé d’aggraver la loi Falloux, qui donnait déjà à l’enseignement catholique un joli paquet de privilèges. La loi Falloux, celle contre laquelle Victor Hugo était monté à la tribune de l’Assemblée, le 15 janvier 1850, -chapeau la concordance des dates !- pour  prononcer un discours fondateur  sur la liberté des consciences à l’école. Voilà donc un ministre (de droite, cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant !) qui vient nous jouer un nouvel air : augmenter le financement public de l’école privée. L’école pas pour tous, l’école des inégalités, l’école des crevasses infranchissables entre les enfants. L’école privée, donc… Coup de poignard aux valeurs de laïcité, d’égalité, de citoyenneté, de gratuité aussi. Les slogans fusaient : « L’État chez lui, les curés chez eux ! » « Des sous pour l’École de la République ! » et la neige tombait. Et on n’avait toujours pas démarré de la République. Pour finir, on a remonté toute la manif, pour pouvoir dire qu’on y était ! Impressionnant ! Après des heures à se geler les oreilles, on est retournés à la gare, le train, fallait pas le louper. On a refait le trajet dans l’autre sens. Ma parole, il y avait encore plus de monde ! Place de la République, ils n’avaient toujours pas bougé les Lorrains ! Une fois rentrés, on a pris les dernières infos, vous me croyez ou pas, à minuit passé, il y avait encore du monde à la République, du monde qui n’avait jamais défilé, mais qui était là ! On était fiers comme des poux. Comme pour le CPE en 2006, le ministre, il l’a retirée vire fait sa loi de creusement des inégalités. ON AVAIT GA-GNÉ ! Et le ministre, on l’avait bien eu ! Eh ! Chacun son tour, en 84 c’était les autres qui avaient emporté le gros lot. Le ministre ? Ah ! J’oubliais ! François Bayrou, il s’appelait, le ministre… Oui, on est bien d’accord : un ministre de droite, pas moyen de se tromper.
brigitte blang pg 57

 

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Dimanche 30 août 2009 7 30 08 2009 00:00

Banquiers, attention, ou je vous invite encore à prendre le thé !

(par Pascal Riché, de Rue 89)

 

Vis-à-vis des banques, la politique de Nicolas Sarkozy tient en deux mots : donner et tonner. Donner pour leur survie, tonner pour la galerie. D’une main, il déverse des milliards dans leurs comptes fragilisés par les errements du système financier ; de l’autre, il convoque leurs dirigeants depuis ses sommets élyséens. Ce mardi après-midi, on en est à la septième convocation-gesticulation.

Quand on tonne trop souvent, on cesse d’impressionner. Surtout quand aucun résultat ne suit vraiment. Lors du G20 de Londres, en avril, Nicolas Sarkozy parlait de nouveau « Bretton Woods » : il s’agissait alors de changer le monde, en interdisant les paradis fiscaux, en plafonnant les bonus, en réglementant mieux les banques…

Sarkozy se voulait en pointe sur toutes ces questions. « Visiblement, ce qu’on a dit, certains ont du mal à le comprendre », déclarait-il déjà en mars. Visiblement, ça continue.

Qu’est devenu le « pacte moral » passé avec les banques ?

La vision de ces puissants banquiers faisant semblant d’écouter un président faisant semblant de les admonester donne une idée de l’efficacité des directions prises. Les banques, nous dit-on, ont passé un « pacte moral » ; l’idée était de créer un « climat de confiance »…

Concrètement, qu’ont avancé les dirigeants des grandes banques en échange des milliards qui leur ont été octroyés ? Un programme goinfre-bonus pour les dirigeants de la BNP, des portes fermées pour les clients-emprunteurs du Crédit mutuel (ou d’autres), sans même parler de la poursuite joyeuse des activités ombrageuses dans les paradis fiscaux ?

Que fallait-il faire pour être « entendu » ? Le mot en N n’a jamais été prononcé, celui de nationalisation. Nationaliser une banque qui a été couverte d’argent, n’aurait pourtant rien eu d’absurde. Contrôler, même provisoirement, plusieurs grandes banques (qui ont, rappelons-le, une fonction publique, la création monétaire) permettrait peut-être plus facilement d’imposer des stratégies coopératives pour encourager la reprise. En tout cas, le sujet méritait débat.

Dans les pays anglo-saxons, on nationalise sans état d’âme

Jusque là, seuls le PCF, le NPA et le Parti de gauche osaient parler ouvertement nationalisation. Le mot est soupesé au PS (lundi encore par Arnaud Montebourg, sur France Inter), mais plutôt discrètement. De Gaulle n’avait pas eu ces pudeurs lorsqu’il avait décidé de nationaliser le Crédit Lyonnais, la Société générale, et quelques autres grandes banques.

Et aujourd’hui, même dans les pays anglo-saxons, prendre le contrôle d’une banque semble bien moins effrayer les esprits qu’en France : Fannie Mae et Freddie Mac aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne, en savent quelque chose.

 

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Mardi 25 août 2009 2 25 08 2009 00:00

Le tourisme, c'est l'art de transporter à grands frais des gens qui seraient mieux chez eux dans
des endroits qui seraient mieux sans eux…

 

 

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Mardi 30 juin 2009 2 30 06 2009 00:12

Hénin-Beaumont : le FN aux portes de la mairie

Caracolant en tête au premier tour de l’élection partielle, dimanche, l’extrême droite pourrait prendre les clés de la ville, si le candidat divers gauche arrivé second refuse la fusion de listes.

Personne n’avait minimisé le danger. Un sondage paru la semaine dernière dans le quotidien régional la Voix du Nord avait pronostiqué une nette avance pour la liste menée par Steeve Briois et Marine Le Pen, lui accordant 35 % des suffrages. La réalité a dépassé les prédictions. En totalisant 4 485 voix et 39,34 % des votes, l’extrême droite devance de près de vingt points la première liste de gauche, « l’Alliance républicaine » de Daniel Duquenne (ex-PS, Divers gauche), arrivée en deuxième position avec 20,19 % des voix. La liste PS-MRC-PCF-Modem du socialiste Pierre Ferrari obtient 17,01 %. La gestion calamiteuse du maire socialiste sortant, Gérard Dalongeville, aujourd’hui placé en détention provisoire et soupçonné de détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme, a largement contribué à la performance du FN dans cette ancienne cité minière où le taux de chômage frôle les 20 %.

Combat pour la fusion

Les appels à constituer un front républicain pour battre l’extrême droite se sont multipliés dès hier. Jusqu’à la direction nationale de l’UMP, dont le candidat local n’a obtenu que 4,3 %, et qui a appelé les électeurs, par la voix de Xavier Bertrand, « à choisir le candidat Divers gauche et républicain, Daniel Duquenne ». Joint par téléphone, lundi, l’intéressé semblait confiant. « J’ai le soutien de toutes les forces républicaines », indiquait-il. Mais le chef de file de « l’Alliance républicaine » n’entendait en aucun cas ouvrir la porte à des candidats venant d’autres listes. « La seule liste qui peut se maintenir est celle de Pierre Ferrari, et j’ai la confirmation de la fédération du Parti socialiste qu’il se désistera en ma faveur », concluait-il.

Or, si le seuil légal pour maintenir sa liste au second tour d’un tel scrutin est fixé à 10 % des suffrages exprimés, seuls 5 % sont nécessaires pour pouvoir fusionner. Outre la liste d’union de Pierre Ferrari (PS), celle des Verts (8,5 %) ou encore celle de l’ancien maire socialiste Pierre Darchicourt (5,3 %) pourraient prétendre à voir certains des leurs figurer sur la liste de Daniel Duquenne.

Appels au rassemblement

S’il l’assure de tout son soutien, Pierre Ferrari a néanmoins appelé, hier, Daniel Duquenne à accepter la fusion. « Je travaille avec les Verts au rassemblement le plus large possible pour battre le Front national. Le danger d’une victoire de l’extrême droite est déjà important, mais il le sera encore plus si nous ne sommes pas capables de créer entre les deux tours une réelle dynamique », plaide la tête de liste PS. Un constat partagé par le communiste David Noël, présent sur la liste menée par Pierre Ferrari. « Pour passer de 20 % (20,19 %, score de Duquenne au premier tour - NDLR) à 51 %, il faut à tout prix rassembler, il serait suicidaire dans ces conditions de refuser la fusion », résume-t-il.

« L’urgence est à l’union la plus large pour barrer la route à Marine Le Pen et sa clique. Le temps viendra ultérieurement de faire toute la clarté sur les causes qui ont rendu encore fécond le ventre de la bête immonde », expliquait, hier, dans un communiqué, le PCF. Dans ce contexte, personne n’imagine, comme ce fut le cas en 2008, une triangulaire au second tour qui offrirait sans conteste Hénin-Beaumont à l’extrême droite.

Frédéric Durand

 

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Jeudi 16 avril 2009 4 16 04 2009 00:01



Il paraît intéressant de diffuser les propos tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre 2008 au Café Restaurant Pépita à Paris, par  André Santini, Secrétaire d'Etat chargé de la Fonction Publique :

  « Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la Nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. »

  « Le grand problème de l'Etat, c'est la rigidité de sa main-d'œuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'Etat est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles. »
« À l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000. »

« Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques. »

« C'est sur l'Education Nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Education nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Education nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Eric Woerth [secrétaire d'Etat au budget et à la Réforme de l'Etat] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. »

 « Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus - mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues. »

 (Propos rapportés par Charlie Hebdo)

 Il admet que les français sont satisfaits des services rendus par les fonctionnaires. C'est bien en les fragilisant de l'intérieur (sous effectif, baisse d'investissements, etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires, ce qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les  attaques à l'œuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la  qualité des services publics.

 

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 04 2009 00:00

Drôle de week-end, décidément…

Après avoir vécu ce que nous avons raconté ici samedi à Strasbourg, voilà que pour se remettre le cœur dans l’épaule, comme on dit chez moi, on a la bonne idée de regarder Ripostes, l’émission « dominicale » de Moati. Puisqu’on nous avait annoncé Jean-Luc Mélenchon en invité. Mais non, pas en « vedette américaine » ! Pour ça, ils avaient prévu quelqu’un d’autre, et une sacrée pointure, même.

Au départ, le débat, il était plutôt correct, pas genre tir à vue ou je ne sais quoi. Et puis, voilà qu’on s’engage sur le terrain de l’OTAN. Faut dire, c’était dans l’air du temps. Jean-Luc dit ce qu’il a à dire, comme on s’en doute, il y était la veille, à Stras. Il a bien vu ce qui s’y passait, et surtout, comme otanophile, on a déjà fait mieux ! En face, il y avait un type bien de sa personne, costard croisé et bronzage assorti, Pierre Lellouche, il se nomme ce garçon. Comme on vous le dit, une pointure, en politique. De tous les combats gagnants, il a été. Vous voulez un florilège ? Y a qu’à demander !

En 2003, il s’oppose à Chirac sur sa politique de refus de la guerre en Irak, qu’il juge anti-américaine. Bientôt rejoint par Madelin (encore un grand humaniste, tiens !), Kouchner (sans commentaires, s’il vous plait, on a dit qu’on ne tire pas sur les ambulances…), Adler et tous les autres. Bon, on va dire erreur de jeunesse ? Quoique !

Autre chose ? L’ISF, il est contre. Il trouve cet impôt injuste, ben voyons ! Les pauvres riches !

Vous en voulez encore ? Tiens, au hasard, le PACS. Le 8 novembre 98, en plein hémicycle, il s’exclame « Vous n’avez qu’à les stériliser ! », en parlant, évidemment des homosexuels qui revendiqueraient le droit à la paternité (A-t-on idée, aussi, de vouloir des enfants, quand on est un homo de base ? Non mais, franchement !). C’est vous dire la largeur d’esprit et la hauteur de vue du personnage. 

Voilà donc le tableau brossé. Pour mettre une touche finale, à ce charmant portrait, tout en finesse, sa sortie de dimanche, sur le plateau de Ripostes.

Jean-Luc essaie d’expliquer pourquoi l’OTAN ce n’est pas vraiment son dada. Je dis bien « tente » d’expliquer. Parce que pour se faire entendre dans ce brouhaha, lève-toi de bonne heure, camarade ! Bref, Lellouche s’énerve, parle à tort et à travers, à travers les mots des autres, surtout, invective, en rajoute, tant et si bien que Mélenchon finit par lui balancer qu’il est aligné sur les opinions la CIA. Ça, c’est le genre de raisonnement que les gens de droite ne supportent pas. Comment il disait déjà, Molière ? Qui se sent morveux… En fin de compte, il est parti en vrille, on s’est demandé s’il n’allait pas nous faire une attaque, comme ça, en direct. Et il a ressorti l’argument de poids, tenez-vous bien, si vous n’avez pas suivi ce sketch  surréaliste : « Je suis CIA ? Eh bien vous, Mélenchon, vous êtes un pauvre type ! Si on était au 19ème siècle, je vous flinguerais en duel… Malheureusement, je peux pas… ». Les gazettes se sont bien gardées de relever l’incident, et sur la toile, on s’en donne à cœur joie dans les commentaires outrés du style : Oui, mais il l’avait bien cherché, tout ça… Pour mon humble part, je n’ai vu qu’un sénateur insulté qui n’a même pas relevé l’outrage, et qui a eu raison. Je n’ai vu qu’un député UMP, incapable de se contenir, et qui tel un sixième dans une cour de récré y va de son « c’est çui qui dit qu’y est, et si tu continues, j'te tue!».

On se demande jusqu’où ils vont aller. Ils osent tout, mais ce qui pouvait passer pour une aimable plaisanterie chez Audiard (les c… ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît) devient carrément dramatique dans la bouche d’un élu de la République. Notre camarade Hervé Éon en avait fait beaucoup moins avant de se retrouver devant les juges. La dialectique du sarkozysme triomphant se résume à une phrase : si tu ne penses pas comme moi, pan-pan, t’es mort. Pauvre Marianne, que fait-on de ta démocratie ? Des députés qui puent la haine, qui ne savent qu’offenser, insulter, exclure. Bravo ! Après ça, l’autre, leur cheffaillon, il nous demande d’être fiers d’être Français ? Et il se permet de donner des leçons de savoir-rire à Stéphane Guyon pour une plaisanterie sur les pantalonnades du patron du FMI.

Celui que j’admire, dans tout ça, c’est Jean-Luc, moi à sa place, je lui en aurais retourné une, ça lui aurait fait tout drôle ! Lui, calme olympien... Chapeau camarade! C'est pour le coup qu'on est VRAIMENT fiers d'être de ta bande!

brigitte blang

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Vendredi 27 mars 2009 5 27 03 2009 00:12

Le chef de l'Etat a dit devant les députés UMP sa confiance dans le fait que «tenir le cap» des réformes paiera en 2012.


Malgré la crise ­ dont il s’est d’ailleurs entretenu une demi-heure au téléphone hier avec son homologue Barack Obama ­ Nicolas Sarkozy assure «avoir la banane » et a exhorté les députés UMP à soutenir sa politique, qui «paiera ». «Je me fais taper dessus mais j’ai la banane. C’est dur pour moi aussi mais en même temps, je rêvais d’être président de la République et je le suis, donc ça va… », a lancé le chef de l’Etat qui recevait hier les députés UMP pour un cocktail à l’Elysée. «Je comprends que c’est très dur pour vous, mais la crise nous rend notre liberté car on ne réfléchissait plus avant. La crise nous donne la possibilité de renouveler notre corpus idéologique », a-t-il ajouté, selon des témoins, lors d’un exercice de questions-réponses dans la salle des fêtes. «Les gens nous seront reconnaissants de tenir le cap. Pas une seule réforme ne nous apporte pas d’emmerdes. On a besoin de vous et ça paiera », sous-entendu en 2012, a-t-il poursuivi. Faisant une nouvelle fois la comparaison avec son prédécesseur Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a estimé « qu’on perd quand on est faible » et qu’en «1995, les électeurs nous ont lâchés » après «l’échec du gouvernement Juppé sur l’assurance-maladie ». Il s’est targué d’avoir à l’inverse, avec François Fillon, «rétabli l’image de la France » en agissant sur ses « trois handicaps : les 35 heures, les grèves et la fiscalité ». Au risque de déclencher une nouvelle polémique avec les syndicats, le chef de l’État a affirmé que «quand il y a une grève comme celle du 19 mars, le pays n’est plus paralysé ». Et de prévenir sa majorité qu’il était hors de question pour lui de bouger sur le bouclier fiscal : «Sur la fiscalité, sur le bouclier, prenez-moi bien en photo ! Ma capacité à reculer n’est pas d’un millimètre […] Si on supprime le bouclier, à l’arrivée, on tape sur les classes moyennes ».




On croit avoir affaire à un joyeux farceur, qui aurait réussi une imitation de première force. Et puis non, c’est le vrai, le seul, l’unique (et encore heureux, vous imaginez s’il y en avait 50 comme lui ?). Lisez, relisez, re-relisez… On se pince. C’est bien un président de la République qui parle comme ça, un président. Plus grave, notre président. Enfin, quand je dis « notre », je veux dire le président de notre pays. France, mère des arts… Aïe ! Aïe ! Aïe ! On est mal, non ? « La banane ! » La grande classe ! Ce type ne cessera pas de nous épater. Avouez que vous êtes scotchés, non ? (bb)

 

 

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