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Samedi 14 novembre 2009



Né fin 2007 le « Collectif des Associations Unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées » est constitué à ce jour de 31 associations et fédérations solidaires.

En février 2008 nous organisions ensemble la première édition de la nuit solidaire place de la république à Paris, nous invitions alors les associations et les citoyens solidaires à se rassembler le temps d'une nuit au cœur de la ville pour interpeller l'opinion et les pouvoirs publics sur la crise du logement et pour proposer 100 mesures à adopter rapidement.

Depuis, les 13 engagements et les 100 mesures demandées au gouvernement en faveur des sans-abri et des mal-logés, attendent toujours leur mise en place.

C'est pourquoi nous espérons rassembler le maximum de personnes lors de la seconde édition de la nuit solidaire du logement prévue le 27 novembre dans les plus grandes villes de France,
vous retrouverez toutes les informations sur les associations partenaires et sur l'organisation des nuits solidaires en Province (Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Strasbourg..) sur le site www.nuitsolidaire.fr

Pour participer au succès de l'opération, merci de diffuser largement l'information autour de vous.

Sur Paris, nous recherchons des bénévoles pour nous aider à tracter, à rassembler le maximum de personnes pour la seconde nuit solidaire du logement.

Nous organisons donc prochainement 4 RDV au "comptoir général" où nous vous invitons à venir chercher tracts et stickers, et/ou intégrer une équipe de tractage.

Le Comptoir Général
80, quai de Jemmapes,
75010 Paris
Métro : République - Goncourt - Bonsergent
Velib : 68 quai de Jemmapes

  • Samedi 21 novembre : de 14H00 à 17H00 dans la salle de bal
  • Lundi 23 novembre: 18H00 à 19H00, RDV devant l'entrée
  • Mardi 24 novembre: 17H00 à 18H00, RDV devant l'entrée
  • Mercredi 25 novembre: 18H00 à 19H00, RDV devant l'entrée

Télécharger, l'affiche et le tract de la nuit solidaire.

 

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Samedi 17 octobre 2009

Déclaration d'eurodéputés et eurodéputéees en soutien au gouvernement légitime du Honduras.

Considérant que depuis le 28 juin 2009 la situation politique et sociale au Honduras continue à empirer et que le gouvernement putschiste se maintient au pouvoir jusqu'à ce jour;

 Considérant que depuis son retour au Honduras Manuel Zelaya , Président légitime du Honduras , n'a pas pu retrouver ses fonctions et que Roberto Micheletti continue de s'autoproclamer président;

-Nous condamnons une nouvelle fois énergiquement le coup d'état et le maintien au pouvoir d'un gouvernement illégitime, Nous nous déclarons profondément inquiets devant la violation des Droits de l'Homme et des libertés civiles ,syndicales et politiques par les forces putschistes,

-Nous constatons avec une immense consternation qu'une délégation du Groupe Parti Populaire Européen dirigé par le président de l'Assemblée Parlementaire Eurolat , José Salafranca , s'est déplacée au Honduras sans mandat du Parlement Européen et a eu un entretien non seulement avec le président légitime Manuel Zelaya mais aussi avec le représentant du gouvernement putschiste  Micheletti , et a fait des déclarations à la presse qui sont en opposition avec la position officielle européenne,

-Nous insistons sur la nécessité d'un rétablissement rapide et total de l'ordre constitutionnel et démocratique au Honduras,

-Nous partageons complètement la décision des Nations Unies (ONU) , de l'Organisation des Etats Américains (OEA) et du Conseil et de la Commission Européens de ne pas soutenir techniquement ni financièrement  la procédure électorale du gouvernement illégitime de Roberto Micheletti et de ne pas y envoyer d'observateurs,

-Nous rappelons que le dernier Conseil Européen des Questions Générales s'est réservé la possibilité de multiplier les sanctions contre le gouvernement putschiste si on ne procède pas à la restauration de l'ordre démocratique,

-Nous exigeons le maintien de  la suppression de toute coopération avec le gouvernement de facto,

-Nous recommandons la suspension des préférences douanières dans le cadre du régime SPG  tant que ne sera pas rétablie la démocratie au Honduras,

Ont signé:

Catherine Grèze, Raul Romeva-Rueda, José Bové, Sven  Giegold, Martin Hausling, Ulrike Lunacek, Bart Staes, Yannick  Jadot, Oriol Junqueras, Heidi Hautala, Willy Meyer, Jean-Luc Mélenchon, Joao Ferreira, Ilda  Figueiredo, Patric Le Hyaric, Jurgen Klute, Nikos Chountis, Heide Ruhle, Norbert Neuser, Françoise Castex, Britta Thomsen, Sabine Wils, Marie -Christine Vergiat, Sabine Lösing, Eva-Brit Svensson, Barbara Lochbihler, Caroline Lucas

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Jeudi 8 octobre 2009


Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production agricole et industriel que les sociétés industrialisées ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d'espèces. D'ores et déjà, des populations entières sont affectées, en particulier les femmes, les peuples indigènes, les paysan-ne-s et, de façon générale, les plus défavorisés.

Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.


Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague. Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.

Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialisés, premiers responsables de l’émission des gaz à effet de serre (GES), réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici à 2050 (par rapport à 1990). Faire diminuer les émissions dans ces proportions est impératif pour limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. Au-delà, l’emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une température vivable sur terre.

Les politiques actuelles sont dans l’impasse


Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes. Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux. Et alors que leurs émissions de GES par habitant sont les premières au monde, la proposition des Etats-Unis (réduction de 5 % des émissions sur la même période) est, quant à elle, une véritable provocation vis-à-vis des autres Nations.

Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles. Car elles reposent essentiellement sur les mécanismes de marché alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective. La politique du « marché pilote » international de droits à polluer est clairement défaillante et les projets de l’Union européenne et des Etats-Unis en la matière relèvent du mirage idéologique.

Les fausses solutions sont également technologiques. Le nucléaire, outre qu'il s'agit d'une technologie porteuse de risques majeurs, ne peut être en aucun cas la solution : même un développement ambitieux du parc nucléaire ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que de façon très marginale. Les agrocarburants industriels quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux et aggravent la crise alimentaire sans contribuer à la baisse des émissions.

Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires


Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives :

  • Démocratisation de l’économie, qui doit être orientée vers la satisfaction des besoins sociaux et le respect des contraintes écologiques, et non par le profit à tout prix, par les diktats de la société de consommation et du productivisme ; cela implique le soutien aux circuits courts, à l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif ;
  • Réorientation des investissements (notamment de recherche) vers les énergies renouvelables, la cogénération, l’efficacité énergétique et les projets écologiquement soutenables ; valorisation de la sobriété énergétique ;
  • Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l’énergie, le climat, les forêts, la terre et l’eau ; arrêt de la déforestation, protection des forêts primaires et des océans, et, de façon générale, défense de la biodiversité sauvage et cultivée ;
  • Relocalisation des activités économiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, maîtrise de l’urbanisation, développement des transports collectifs, limitation du transport aérien ; taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l’énergie et des transports les plus polluants ;
  • Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire et le développement massif de l’agriculture paysanne, au Nord comme au Sud ;
  • Promotion d’un modèle alimentaire alternatif au modèle des pays industrialisés (majoritairement à base de protéines animales) afin de pouvoir diminuer les surfaces cultivées pour l’alimentation animale, donc réduire les émissions de GES du secteur agricole ;
  • Rénovation massive des bâtiments et promotion de la construction écologique.

 

La Justice climatique et sociale doit être au centre des politiques mises en œuvre


Les responsabilités historiques des pays du Nord et du mode de développement productiviste dans cette crise globale doivent être reconnues. La justice et l’équité exigent que soit réparée la dette écologique du Nord, a minima par l’annulation des dettes du Tiers-Monde. Les transferts technologiques respectueux de l’environnement et des sociétés au Sud doivent être financés et l’aide publique au développement augmentée, sans que cela exonère le Nord de ses propres objectifs de réduction des émissions. Les réfugiés climatiques doivent être reconnus et accueillis.

Au sein de chaque pays, des mesures d’accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que chacun puisse faire face aux changements à opérer, en ayant la certitude que les efforts seront partagés par tou-te-s. Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels tels que l’énergie, qui ne doivent pas être laissés au marché mais faire l’objet d’une réappropriation par la société.

Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des économies écologiques, au Nord comme au Sud. Le droit au travail pour tous est au cœur de cette répartition. C’est pourquoi un emploi décent permettant un revenu digne doit être garanti à chacun-e. Les revenus financiers et du patrimoine doivent être lourdement taxés afin de dégager les moyens nécessaires à la transformation des économies.

La gestion des financements doit être démocratique et garantir la participation des populations locales.


Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Les mesures à prendre doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les intérêts des grands lobbies – notamment des hydrocarbures, et définissant une production industrielle axée sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une répartition plus juste des richesses naturelles et produites.

En France, nous appelons les associations de défense de l’environnement, syndicats, associations de solidarité internationale, organisations politiques, collectivités locales, et plus généralement tous les citoyen-ne-s à rejoindre la mobilisation internationale et à organiser des initiatives communes pour peser sur les décisions du sommet de Copenhague de décembre 2009.

Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice sociale !

Collectif Urgence Climatique Justice Sociale

Soutenu par :
Alter Ekolo, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Jeunes Verts, Les Alternatifs, Les Verts, Parti de Gauche, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Utopia

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Dimanche 23 août 2009


Désarmement : vers un virage stratégique ?
Par Francis Wurtz (1)


J’ai déjà consacré ma dernière chronique à la question du désarment. Je n’hésite pas à y revenir aujourd’hui parce qu’une opportunité de relancer une dynamique positive en ce domaine semble se dessiner et qu’il serait irresponsable de ne pas s’en saisir à plaines mains.
Un rapide rappel de quelques données s’impose à ce propos. Il existe, à Genève, une enceinte internationale créée en 1979 : la conférence du désarmement. L’activité qui s’y mène est, en quelque sorte, le baromètre des efforts de désarmement en cours dans le monde. Or, depuis 13 ans, la conférence était au point mort. Sa dernière réalisation fut l’adoption, en 1996, du traité d’interdiction complète des essais nucléaires : 180 États l’avaient signé, mais un trop petit nombre l’a ratifié pour qu’il puisse entrer en vigueur. Le (mauvais) exemple était venu de haut : en 1999, le Sénat américain l’avait brutalement rejeté. Puis vint l’ère George Bush…
Depuis, plus rien, si ce n’est la décision des États-Unis de sortir du traité antimissile balistique et de lancer le bouclier antimissile !
Dans ce contexte, en moins d’une décennie, les dépenses militaires ont fait un bond de 45 % dans le monde et de 66,5 % aux États-Unis, dont le budget militaire équivaut presque à celui de tous les autres pays réunis !
Le coût de la guerre d’Irak s’avère 15 fois supérieur aux prévisions des experts du Congrès américain. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », tout devenait possible, le pire était banalisé. L’Union européenne se laissait contaminer par ce poison militariste : sa doctrine stratégique rédigée en juin 2003 – alors que George W. Bush célébrait sa « victoire » en Irak – en est profondément imprégnée. La prolifération nucléaire s’est étendue dans les régions les plus sensibles. À la Conférence du désarmement, seul restait le souvenir des utopies du passé.
Ce n’est que depuis quelques mois, marqués en particulier par plusieurs initiatives retentissantes du président Obama appelant à travailler à « un monde sans arme nucléaire » - discours de Prague en avril, voyage à Moscou en juillet…-, que les choses se décantent à Genève. On y reparle de la démilitarisation de l’espace, de l’interdiction de la production de matières fossiles à des fins militaires, des garanties de sécurité à fournir aux États-Unis non nucléaires…
Du coup, on se remet à espérer une réussite de la conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), à New York, l’an prochain. On se remet à croire à un virage stratégique dans la façon dont les principaux décideurs de la planète voient les enjeux de la sécurité internationale. Tout cela ne fait pas disparaître comme par enchantement les énormes obstacles à l’instauration d’un ordre mondial plus pacifique, plus juste ! La plaie ouverte du problème palestinien, la dramatique impasse de la guerre en Afghanistan, la menace iranienne sont là pour nous rappeler l’immensité des défis à relever.
Une annonce de changement de cap en matière d’armement nucléaire peut, cependant, permettre d’ouvrir d’autres horizons. Plus vite, plus largement, plus profondément nous réussirons à engager nos concitoyens, en France, en Europe, dans le monde, sur le terrain du combat pour le désarmement, et davantage s’imposeront des thèmes de réflexion et de mobilisation trop longtemps passés au second plan : désarmement nucléaire mais aussi respect du traité sur la limitation des missiles antibalistiques (ABM) de 1972 et de celui sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) de 1990 ; interdiction effective des armes biologiques et chimiques ; mise en exergue du lien entre désarmement et développement ; affirmation de la primauté du droit sur la force…
(1) Député honoraire au Parlement européen.

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Vendredi 31 juillet 2009

LE HONDURAS ET L’INFORMATION EN ESPAGNE (et, ndlr, en Europe en général)

par Luis Sepulveda (traduction de l’espagnol par Jean-Michel Hureau, correspondant permanent de la Banquise en Amérique latine)

Au Honduras, il y a eu purement et simplement un coup d’État. Un général de la vieille école, de ceux qui sont formés aux États-Unis pour combattre « l’ennemi intérieur », plus un sénat indocile et fidèle aux vieilles oligarchies d’Amérique Centrale, prétend en finir avec une gestion qui, si elle peut être critiquable sur certains aspects comme celles de tous les gouvernements, est sujette à la Constitution et aux lois qui régissent la nation hondurienne et qui est l’expression de la volonté souveraine des honduriens. Remplacer la légalité par des mesures d’exception, par des nominations d’urgence, arrêter le président et l’expulser du pays, c’est purement et simplement un coup d’État. Il n’y a pas d’euphémismes qui puissent occulter ce qui s’est passé en réalité : un coup d’État.

Mais la presse espagnole, dés le premier moment, dés les premières rumeurs qui alertaient de l’anormalité au Honduras, s’est plus préoccupée de présenter le président Manuel Zelaya comme l’unique responsable de ce qui s’était passé, plutôt que de condamner à l’avance une quelconque violation du jeu démocratique. En se référant à des « sources non confirmées », on a présenté le président Zelaya comme un provocateur qui aurait appelé à un référendum inconstitutionnel dont l’unique objectif était de se maintenir au pouvoir. Maintenant, à mois de vingt-quatre heures et grâce à la télévision vénézuélienne, nous savons qu’il s’agissait d’une consultation sans caractère inaliénable, qui visait à connaître l’opinion des honduriens sur le fait de savoir s’il convenait ou non de proposer des réformes à la constitution. La presse espagnole a des correspondants et des envoyés spéciaux au Honduras, mais c’est grâce à la télévision vénézuélienne que le monde a connu la présence d’observateurs internationaux, y compris de représentants des États-Unis, qui étaient au Honduras pour vérifier le caractère légal et la propreté de la consultation. Et ce sont ces observateurs qui ont été les premiers à dénoncer et condamner sans ambiguïté le coup d’État.

Pour la presse espagnole, le plus remarquable a été que la constitution hondurienne ne permet pas la réalisation de consultations sous forme de référendum -toujours inaliénables- dans un laps de temps déterminé avant et après des élections. On disait, on informait, en langage sibyllin, que le président Zelaya avait violé la constitution et, de façon encore plus vile, sans mots -parce que la désinformation provoque des silences et des immobilités- on invitait à considérer Zelaya comme le seul responsable de ce qui s’était passé.

Pour la presse espagnole, Zelaya est « un homme de Chávez », on citait que, bien qu’il soit libéral, il avait donné un virage à gauche qui le rapprochait des positions du président vénézuélien, mais on oubliait de signaler que presque toute l’Amérique Latine, avec différentes expressions et aussi des exceptions – la Colombie par exemple- est marquée par un processus de changements structurels, sociaux, politiques, économiques et culturels, qui garantissent le pouvoir de la légalité et de la normalité démocratique sur un continent qui s’est vu privé de ces conquêtes de la société civile. Des décennies de coups d’État et de putschs impulsés par les États-Unis ont fait de l’Amérique Latine un espace géographique où la démocratie était pratiquement une chimère.

La presse espagnole, responsable d’une société désinformée et qui s’auto alimente dans ses préjugés, par- dessus tout en ce qui concerne l’Amérique Latine, au moment où il fallait condamner sans palliatifs le coup d’État au Honduras, s’appliquait plus à démontrer certaines excentricités du dirigeant constitutionnel hondurien, comme sa fille qui aurait dénoncé qu’il l’a empêché d’avoir une liaison avant qu’elle n’ait trente ans, ou que lui et sa famille « auraient été mêlés » à une série de meurtres non élucidés. Qu’il est loin le temps où les journalistes et les directeurs de journaux savaient faire la part des choses.

Aujourd’hui, lundi 29 juin, un article de El País parle de « La tentation de la présidence à vie », et le ton de l’information –tout ce qui est publié dans un journal est de l’information ou de la désinformation- fait remarquer une fois de plus que le président Zelaya est l’unique responsable de ce qui est arrivé puisqu’il serait tombé dans cette terrible tentation de faire un second mandat. J’ai peur –parce que je suis optimiste- que l’auteur de l’article ignore que Felipe González a été chef du gouvernement espagnol de 1982 à 1996, que François Mitterrand a été président de la république française de 1981 à 1995, que Helmut Kohl a été chancelier d’Allemagne de 1982 à 1998, et que Margaret Thatcher a été premier ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990. Tous ont gouverné, pour le bien et pour le mal, pendant plus de 10 ans leurs pays respectifs, et il n’y a qu’un imbécile pour penser que ces longues périodes au pouvoir auraient pu mettre en danger les démocraties européennes.

Mais le Honduras est un pays d’Amérique Centrale, il fait partie de l’Amérique Latine, et pour la presse espagnole, le continent américain ne peut qu’être analysé et expliqué qu’à partir d’un préjugé. Je cite textuellement l’article : « La liste des dirigeants latino-américains qui l’ont obtenu (prolonger leur mandat à la tête de leur nation) ou essayé, s’étend du nord au sud de la région. Dans la majorité des cas, le charisme et la popularité acquise lors de leur premier mandat, leur donne l’avidité de rester au pouvoir et beaucoup les considèrent comme irresponsables ».

Mon ami, le maître des journalistes italiens, Gianni Mina, m’a signalé une fois les gouttes de venin subliminal qui coulent dans ce genre d’articles « d’analyse » et qui violent le droit à l’information : « La liste des dirigeants latino-américains qui l’ont obtenu ou essayé, s’étend du nord au sud de la région ». Aucun espagnol, habitué à la désinformation, ne demandera à l’auteur de l’article cette « liste qui s’étend ». Aucun espagnol soumis à la désinformation ne demandera le nom de certains de ceux qu’ils considèrent comme irresponsables, ceux qui intègrent la liste des dirigeants latino-américains qui ont prolongé leurs mandats. Aucun espagnol résigné à la désinformation ne lui demandera si, aussi, González, Mitterrand, Kohl y Thatcher sont sur cette liste d’irresponsables.

Pour Javier Lafuente, l’auteur de l’article que j’ai cité, ce qui s’est passé au Honduras, le coup d’État, doit être compris à partir du préjugé d’un espagnol pour qui le béret serre dangereusement le front. Pour lui, « Manuel Zelaya a provoqué la dernière tentative ». Il se réfère à la réalisation d’une consultation non inaliénable et sans autre but que ce connaître l’opinion des honduriens sur le fait de faire ou non des réformes à la constitution. Si ceci n’est pas un préjugé et pratiquement l’apologie du coup d’État, alors c’est de la pure et simple ignorance d’un européen à l’odeur de friture.

Version en espagnol : http://www.lemondediplomatique.cl/Honduras-y-la-informacion-en.htmlVersion en espagnol : http://www.lemondediplomatique.cl/Honduras-y-la-informacion-en.html

 

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Jeudi 2 juillet 2009

Chers camarades,

 

Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a été destitué par l'armée dimanche 28 juin. Suite à la réaction de la population et de la communauté internationale, il est prévu qu'il retourne au Honduras demain jeudi 2 juillet. Il sera accompagné du Secrétaire Général de l'OEA et de chefs d'Etats et ministres latino-américains.

 

Le Parti de Gauche se félicite de ce retour fondé sur la légitimité démocratique et internationale. Les militaires doivent se soumettre à la souveraineté populaire!

 

Pour soutenir  le Honduras à l'occasion de ce moment de forte tension que sera la retour (par voie terrestre) du Président Zelaya, le Parti de Gauche participe à un collectif d'organisations (pour la plupart associatives) qui a appelé à un :

 

Rassemblement

le jeudi 2 juillet

de 18h30 à 22h

la Fontaine St-Michel à Paris

Metro ou RER St-Michel

 

L'enjeu de la réussite de ce retour est très important. Le bras de fer qui se joue aura des conséquences dans la région. D'autres pays vivent sous la menace de l'armée, par exemple le Paraguay. Comme après le coup d'état au Chili en 1973 qui accusait la radicalité du Président Allende, une musique insidieuse se diffuse selon laquelle l'intervention putchiste serait rendue nécessaire par une "radicalité à la Chavez". C'est totalement inacceptable et c'est pourquoi nous invitons les militants du Parti de Gauche à se rendre à ce rassemblement hautement symbolique.

 

Le point de contact pour ce rassemblement est la camarade

 

Joëlle ELLERT

téléphone : 06 71 98 88 16

e-mail : joelle.ellert@orange.fr

 

Elle a prévu d'amener 5 drapeaux PG. J'amènerai les autocollants et badges.

 

Merci de vous INSCRIRE PAR AVANCE auprès de Joëlle afin de prévoir si nécessaire, un supplément en matériel.

 

J'ajoute que Jean-Luc Mélenchon, Christophe Ventura (président de la commission internationale) et moi-même serons sur place, mais seulement entre 18h30 et 19h30. La presse a été prévenue par mes soins.

 

Amitiés internationalistes,

 

Raquel GARRIDO

Secrétaire nationale

 

NB : Voici l'appel que nous avons signé dans le cadre du collectif :

 

« Dimanche dernier au Honduras s'est produit un coup d'Etat contre la démocratie. Le Président constitutionnel, Manuel ZELAYA, a été séquestré et expulsé de force par l'armée. Une oligarchie des plus réactionnaires s'est installée depuis au pouvoir, personnifiée par Roberto Micheletti, ancien militaire et puissant homme d'affaires. Le Peuple, qui s'était soulevé pacifiquement depuis l'enlèvement de son président élu, est réprimé de plus en plus violemment par la police et les militaires. Mais la répression se fait aussi sentir par la censure de la presse nationale et internationale et par l'installation de la terreur dans la population à  travers des couvre-feux et des coupures systématiques de l'électricité, de l'eau potable et des communications.

Nous ne pouvons nous résoudre au retour en Amérique Latine de dictatures militaires déguisées en démocratie, qui tentent d'empêcher les réformes nécessaires au progrès de cette région.

Nous devons tous nous mobiliser pour réaffirmer notre solidarité avec le peuple hondurien qui attend ce jeudi le retour sur le territoire de son président légitime. Nous demandons au gouvernement français de faire partie de la délégation internationale qui accompagnera le président ZELAYA afin d'assurer sa restitution effective et inconditionnelle.

Ici, en France, nous appelons toutes les associations de solidarité internationale, les partis politiques, les  syndicats et mouvements citoyens à  se mobiliser et faire entendre leur voix :

 

Premiers signataires :

  • Association France Amérique Latine
  • Association Nuestra America en Marcha
  • Association des ex-Prisonniers politiques chiliens en France
  • Association Simon Bolivar (Rennes)
  • Argentin@s en el exterior
  • Carta Abierta Francia
  • Cercle Bolivarien de Paris
  • Collectif des Péruviens en France
  • Collectif National des Gaullistes de gauche
  • Collectif Paraguay
  • Colores Latino Americanos (Lille)
  • Comité de Apoyo International du Parti Nationaliste Péruvien
  • Comité  d'Information sur l'Amérique Latine de Nanterre
  • Comité Pérou
  • Communistes du Pérou en France
  • Conseil Pro Bolivia
  • Coordination des Associations de Cubains résidents en France
  • Coordination Populaire Colombienne à Paris
  • Cuba Si  Lorraine
  • Donde estan
  • France Cuba
  • MJCF 94 - Mouvement des Jeunes Communistes du Val de Marne
  • MRAP - Mouvement contre le Racisme et pour l’amitié entre les peuples
  • Mémoire des Luttes
  • Le Parti de Gauche
  • Racines Cubaines
  • Radio Latinos
  • SICSAL - Service International Chrétien de Solidarité avec l'Amérique Latine
  • Union des Associations Latinoaméricaines en France

UNIPOMA. Université Populaire Mariategui »

 

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Mercredi 1 juillet 2009

Coup d’état militaire au Honduras 28 juin

Les événements
Le jeudi 24 juin 2009, l'alliance des pays progressistes latino-américains, l'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques), s'est réunie à l'occasion de l'entrée officielle de l'Équateur de Rafael Correa, portant à 9 le nombre de membres de l'alliance.
 
 Le même soir, le chef de l'armée de terre du Honduras, pays-membre de l'ALBA, défie le gouvernement de son pays et son président, Manuel Zelaya en le menaçant d'un putsch militaire, soutenu par l'ensemble des forces de droite, les dirigeants de l'église catholique, ceux des églises évangéliques, l'oligarchie locale, les médias privés et le patronat ainsi que les chefs des autres corps d'armée.
 
 Entre temps l'ambassadeur américain a quitté le pays, sous prétexte de guerre civile (non commencée, en fait), tentant de provoquer la panique auprès des autres représentants internationaux à faire de même.
 
 Il était prévu d'organiser une consultation populaire ce dimanche 28 portant sur une modification de la Constitution qui entrainerait le Honduras sur la voie progressiste suivie par de plus en plus de pays d'Amérique latine.
 
 Aujourd'hui, la situation est confuse mais selon des informations concordantes, l'armée est dans la rue, le processus démocratique interrompu et le président Zelaya au Costa Rica…
 
 
Analyse
République bananière soumise pendant des décennies aux diktats de la United Fruit Company, le Honduras a été dans les années 80 utilisé comme base arrière étasunienne pour soutenir la contre-révolution au Nicaragua et entretenir des guerres sales en Amérique centrale qui ont ravagé la région, notamment au Salvador.
 
 Lorsqu'en août 2008, contre toute attente le président Manuel Zelaya, à peine élu, décide d'incorporer le Honduras à l'ALBA, il s'oppose frontalement aux visées hégémoniques étasuniennes sur le sous-continent américain et aux forces rétrogrades dans son propre pays. En effet, l'ALBA est un projet d'intégration continentale de libération qui favorise l'unité des peuples en plaçant la lutte contre la pauvreté et les injustices sociales au centre des préoccupations.
 
 Le Honduras s'apprêtait ainsi à construire un projet politique alternatif tournant le dos au néolibéralisme, et mettant en place des réformes démocratiques structurelles, d'où le projet de changement constitutionnel qui devait être soumis ce dimanche 28 juin à la population.
 
 L'attaque du pays le plus faible et le plus fragilisé de l'ALBA, le jour même de l'intégration de l'Équateur dans l'alliance (ce qui fait basculer le rapport de force en Amérique latine en défaveur des intérêts étasuniens) ne peut être un hasard.
 
 Le putsch n'aurait pu se passer sans l'aide des services spéciaux des USA. L'armée hondurienne est liée au Commandement Sud de l'armée américaine dont les conseillers militaires jouent un rôle essentiel. Le principal aéroport militaire US de la région se trouve sur le sol hondurien, et ce en toute illégalité puisqu'aucun accord officiel n'a été signé entre les deux pays.
 
 La tradition étasunienne du putsch militaire pour renverser un gouvernement qui s'oppose à leurs intérêts est bien connue des peuples latinos. Est-elle en train d'être réactivée ? En tout cas pour l'instant, le Président Barack Obama est bien timide!
 
  Appel
Les gouvernements de l'ALBA ont fermement condamné le putsch militaire tandis que l’OEA (Organisations des États Américains) discute en ce moment, pour prendre une décision. L'Union Européenne a aussi condamné le putsch. Les États-Unis hésitent encore, seul le chargé pour la région Tom Shannon a pris formellement distance avec le coup d'Etat. Mais une condamnation ferme du Président Obama tarde…

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Jeudi 25 juin 2009

Hortensia Bussi, un nom qui ne vous dit peut-être pas grand-chose, surtout si vous avez entre 20 et 40 ans. Hortensia, qu’on nommait la Tencha dans son pays, était la veuve de Salvador Allende, là tout de suite, vous voyez mieux, non ? Inutile de vous dire qu’elle était de ces femmes infiniment respectables, auprès de son président de mari comme en exil. Elle est morte à Santiago, il y a quelques jours, à 94 ans. Hortensia Bussi de Allende, après le coup d’état du 11 septembre 73, était devenue LA figure emblématique de la résistance au régime de Pinochet. Elle était aussi la présidente de la fondation Salvador Allende, créée en 1990 à son retour d’exil. Alors ce soir, tous ceux qui ont quelque part au fond de la mémoire un autre 11 septembre sinistre, et les chansons de Quilapayun, qu’on faisait tourner en boucle sur nos électrophones, tous ceux-là ont la peine au cœur.

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Jeudi 9 avril 2009

Il est parti. Il était temps ! Au terme de cette semaine américaine il devenait difficile d'aller plus loin dans la complaisance et l'hagiographie. La visite européenne d'Obama pour le G20, le sommet de l'OTAN de Strasbourg puis celui de Prague entre l'Union Européenne et les Etats-Unis a donné lieu à un matraquage quasi publicitaire. Conformément à un récit du monde qui accorde plus de place au pipole qu'aux rapports de forces entre puissances, le simple changement de président aux Etats-Unis est censé rendre désirable un « leadership » si difficile à faire accepter sous Bush. Cette naïveté serait touchante si une partie de ceux qui vantent aujourd'hui la rupture incarnée par Obama ne nous invitaient pas hier à soutenir son prédécesseur. Surtout ces commentaires béats ne tiennent aucun compte des propos réellement tenus par le président états-unien au cours de sa visite, de la vision du monde qu'il y a exprimée et des nombreuses raisons que nous avons de ne pas nous y rallier.

Ainsi, on nous présente un Obama pacifiste résolu à éliminer les armes nucléaires. Un événement prétendument historique. C'est oublier un appel identique de Ronald Reagan dès 1986. C'est cacher les propos peu pacifistes d'Obama lui-même. Dans son discours de Prague il a expliqué que l'arme nucléaire, légitime à l'heure de la guerre froide, était dorénavant accessible à trop de nations et pouvait tomber entre des mains terroristes. C'est pourquoi l'effort d'élimination des armes nucléaires, s'il passe par une réduction conjointe mais partielle des arsenaux russes et américains, implique surtout une mobilisation générale de la communauté internationale contre la Corée du Nord et l'Iran, ou encore une relance de la « guerre contre le terrorisme » inventée sous Bush. « Nous ne nous berçons pas d'illusions. Certains ne respecteront pas les règles, et c'est la raison pour laquelle il nous faut mettre en place une structure [NDLR : donc pas l'ONU !] qui garantisse que si une nation est en infraction, elle en assume les conséquences. (...) Les règles doivent avoir un caractère contraignant. Les violations doivent être punies. Les mots doivent avoir un sens. Le monde doit se rassembler pour empêcher la prolifération de ces armes. » D'ailleurs Obama explique que ce désarmement ne sera sans doute pas atteint « de son vivant ». En revanche, l'épouvantail des terroristes nucléaires est disponible tout de suite pour justifier l'envoi de troupes en Afghanistan. Obama brandit aussi la menace iranienne et nord-coréenne pour légitimer les bases américaines de missiles en République tchèque et en Pologne, bobard grotesque et provocant là encore inventé sous Bush vis-à-vis de la Russie, seule puissance visée par ce dispositif.

On nous vante également un Obama prêt à renoncer au rôle particulier des Etats-Unis au nom du multilatéralisme. Là encore, il a dit explicitement l'inverse. « Tout comme nous nous sommes dressés au XXe siècle pour défendre la liberté, nous devons nous dresser ensemble au XXIe siècle pour vivre libres de toute peur. Et en tant que puissance nucléaire - en tant qu'unique puissance nucléaire ayant eu recours à l'arme nucléaire -, les Etats-Unis ont la responsabilité morale d'agir. Nous ne pouvons réussir seuls dans cette entreprise, mais nous pouvons la conduire. » Placer ses alliés sous conduite états-unienne au nom d'Hiroshima, il fallait l'inventer !

On nous dit enfin qu'avec Obama les Etats-Unis reconnaissent pleinement l'Union Européenne. Il a pourtant tenu à faire précéder le sommet européen de celui de l'OTAN, manière de rappeler que l'UE n'est légitime pour les Etats-Unis que dans un cadre compatible avec l'OTAN. Et son voyage a été l'occasion de défendre publiquement l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, ce qui témoigne d'une ingérence brutale dans ses affaires intérieures.

Alors pourquoi cette obamania médiatique ? Elle témoigne surtout de l'alignement des classes dominantes européennes sur l'Empire. Comme toujours celui-ci s'appuie aussi sur l'adhésion au modèle de société états-unien. Le rêve américain a changé mais pour les puissants il vit encore. C'est le rêve d'un monde sans gauche ni mouvement ouvrier, où l'on fait croire que le vrai moteur de l'histoire est la contradiction opposant la civilisation capitaliste aux barbares. Telle a bien été la mise en scène politico-policière méthodiquement construite à Strasbourg : sérieux et sourire du côté des chefs d'Etat réunis pour envoyer 5000 hommes de plus dans le bourbier afghan, violence et casse du côté des pacifistes. Peut-être sentent-ils ce rêve à leur portée. Le monde dans lequel les gens qui mettent un drapeau « paix » à leur fenêtre sont traités comme les alliés des barbares -et donc au mépris du droit- existe déjà. Celui dans lequel Pierre Lellouche déclare à la télévision à Jean-Luc Mélenchon qui conteste l'alignement sur l'OTAN et la CIA que si l'on était au 19e siècle, il « le flinguerait » et que ce « serait mérité » existe aussi. Cela a aussi été cela une semaine à l'heure américaine. Pendant qu'ils encensaient Obama, ils importaient McCarthy.

François Delapierre

 

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Samedi 4 avril 2009

...c'est juste un peu différent que celui que nous servent les médias!



« C'est bel et bien un nouveau monde qui émerge à Londres sous nos yeux».

Cette analyse proposée par Le Monde s'inscrit dans l'emballement médiatique international dont vient de faire l'objet le Sommet du G 20 à Londres, le 2 avril.

La plupart des observateurs politiques et médiatiques ont ainsi voulu saluer l'avènement de ce que le premier ministre britannique, Gordon Brown, qualifie de « nouvel ordre mondial ».

 Un nouveau monde ? Oui, mais lequel ? Pour disposer de la réponse, il suffit d'observer quelle a été la réaction des marchés financiers dans le monde entier à l'annonce des conclusions du Sommet. C'est avec jubilation que les principales places boursières ont accueilli les propositions et les mesures adoptées par les gouvernements  du G 20, ce club qui représente 4/5ème  de la production mondiale et dont l'Union européenne est membre es qualité.

L'excitation des marchés financiers a été grande : + 4 % à Wall Street, + 4,3 % à la City de Londres, + 4,4 % à Tokyo ,+ 5,3 % à Paris, + 6 % à Francfort.

On l'aura compris, loin d'œuvrer à une quelconque refonte du capitalisme et de briser les logiques et les politiques qui ont précipité le monde au bord du gouffre et dans une crise économique, sociale, écologique et alimentaire sans précédent, le G 20 a décidé de procéder à un replâtrage dont le but est le renforcement du cours actuel du capitalisme mondialisé et l'intégration de ses nouveaux acteurs émergents dans le club des dominants ( Chine, Brésil, etc.).

Alors que la crise globale trouve sa source dans les méfaits de la libéralisation des mouvements de capitaux et le libre-échange généralisé qui ont provoqué une concurrence effrénée du travail, l'effondrement de la demande solvable, l'épuisement accéléré des ressources naturelles et énergétiques et le dérèglement du climat, la déclaration du G20 affirme que plus que jamais, il est « nécessaire de promouvoir le commerce mondial ».

Toutes les mesures annoncées ne sont pas à la hauteur des enjeux et visent à soutenir cette perspective.

Ainsi, le Fonds monétaire international, grand vainqueur de ce Sommet, voit ses moyens fortement renforcés. Avec ses 750 milliards de dollars, il pourra « offrir » ses services aux pays pauvres et étouffés par la crise (comme la Hongrie ou la Roumanie en Europe) contre l'engagement de ces derniers à baisser leurs dépenses budgétaires, à élever leurs taux d'intérêt, à bloquer ou baisser les salaires des fonctionnaires publics, etc.

Comme l'analyse judicieusement le Collectif français « Nous ne paierons pas leurs crises », « le G20 n'offre aucun engagement précis quant à mettre fin à la dictature des marchés financiers, via des instruments de contrôle public et de régulation drastiques. Les banques et établissements financiers devront être sauvés par tous les moyens, au prix du financement public, sans aucune contrepartie garantie aux populations (crédit, services bancaires...) et sans même que leur nationalisation n'ait été suggérée. Aucune mesure d'interdiction de la spéculation sur les matières premières n'est par exemple envisagée.

La mise en liste noire des territoires non-coopératifs sur le plan bancaire et fiscal ne répond pas aux exigences citoyennes, qui souhaitaient voir bannie, au moins de la part des pays du G20 et de leurs grandes entreprises, toute forme de domiciliation ou de transit de leurs actifs via des paradis fiscaux.

Enfin les engagements relatifs à la lutte contre les inégalités sociales, la création d'emplois et la protection durable des écosystèmes ne sont assortis d'aucun moyen spécifique. Ils font l'objet de paragraphes aussi généraux que marginaux : ni nouveaux instruments de redistribution, ni investissements massifs dans une économie verte et créatrice d'emplois décents et justement rémunérés.

Le G 20 n'apporte aucune proposition pour créer de nouveaux instruments au service d'une autre mondialisation écologique et solidaire, tels que les taxes globales écologiques et sur les transactions financières. Le G 20 est muet sur la reconnaissance et la promotion de biens publics mondiaux tels que la santé, l'eau, l'éducation et le savoir, indispensables pour reconstruire la mondialisation sur de nouvelles bases ».

Plus que jamais, il appartient aux forces politiques et sociales de faire connaître leurs propositions pour construire une mondialisation solidaire et respectueuse des peuples et de l'environnement.

C'est ce à quoi vont s'attacher le Parti de gauche et le Front de gauche dans les semaines qui viennent.

 Christophe Ventura

Lire le communiqué du Collectif «  Nous ne paierons pas leurs crises » : http://www.stop-g20.org/Un-G20-pour-presque-rien

 

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