Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


vocabulaire

Publié le 11 Juillet 2010, 23:00pm

Catégories : #billets d'humeur

 

Humeurs… au fil des jours

De ci de là, cahin-caha, le temps se met à l’été et on pourrait espérer que la chaleur aidant, plus rien ici ou ailleurs ne vienne troubler l’esprit de la militante de base au fond de son transat. Loupé, une fois encore. Ils s’y sont mis à plusieurs cette fois, pour rendre irrespirable l’air de tous les jours.

 heesOn a eu droit à tout. À croire qu’ils avaient gardé le paquet-cadeau pour ces deux dernières semaines. Un petit florilège, comme ça, pour ne pas s’endormir ?

Ça commence par le feuilleton de la fin mai début juin, Guillon et Porte, virés comme des malpropres, après avoir fauté des chroniques un peu salées au goût de leurs patrons. On a eu les raisons de toute cette agitation de la bouche même et de la plume des chefs. Vulgaire, grossier, qu’ils ont dit, et au moins pour l’un d’entre eux, il sait de quoi il parle. Alors, admettons, les gros mots, ça fait désordre, dans le service public, on va dire d’accord. Mais il va bientôt falloir  inventer un qualificatif tout exprès pour les actions choquantes, celles qui blessent notre entendement, comme les gros mots sont censés blesser nos oreilles, par exemple. Comment dire ? Grosses actions ? Non, ça a un petit relent de boursicotage et par les temps qui courent, on ne sait jamais, n’est-ce pas ! Disons actions pas bien propres, ça vous va ? Là, on en a un paquet et du plus bel effet.

 Qui est vulgaire, qui est grossier ? En somme, toute la question est là.

 Grossier, sans aucun doute, le gars qui dit des mots gras, qui tournent en boucle dans les cours d’école, mais gras néanmoins. Quant au vulgaire, nous en avons une brochette tous les soirs sur nos écrans, et même dans nos radios. Parce que sincèrement, Nicolas Demorand qui file sur Europe 1, après avoir juré ses grands dieux que jamais il ne quitterait le service public, que c’était sa famille, et sortez les violons, à nous faire venir les larmes, ou quasi, si ça ce n’est pas de la vulgarité, on ne sait plus où on habite. Et Hees, qui a oublié le sens du mot Liberté, il n’est pas vulgaire, peut-être ? Et les mêmes qui viennent déballer leurs états d’âme sur une télé privée, ce n’est pas vulgaire ? La vulgarité peut revêtir un costume cravate et l’élégance se parer d’oripeaux. Tout est dans l’esprit, n’est-ce pas ? Voyez, par exemple, je croise l’autre jour sur le quai de la Gare de l’Est le député de ma circo. Il m’aborde illico, et je m’en serais bien passée : « Ah ! Ma gauchiste préférée ! » Devant deux ou trois collègues d’Assemblée à lui, tous de la bonne couleur, comme vous pouvez l’imaginer. Tout ce joli monde, goguenard, attendait que je lui claque le bisou, sans doute. Eh bien non, figurez-vous. Je suis parfois grossière, quand je me coince les doigts dans le tiroir du placard, mais vulgaire, j’essaie d’éviter, surtout devant des pointures de cet acabit. Trois insultes donc dans la bouche de ce valet du pouvoir. « Gauchiste », ça veut dire quoi, d’abord ? Plus grand-chose de nos jours. S’il sous-entendait que je milite à gauche, je le rassure, c’est bonne pioche ! Ensuite, « ma » gauchiste. Je veux bien être transformée en cafetière si jamais je deviens quoi que ce soit appartenant à ce monsieur-là. Et cerise sur le gâteau, « préférée ». Au secours ! Rien que l’idée d’être préférée en quoi que ce soit par ce Céleste (oui, il s’appelle Céleste, nobody’s perfect…) ça me file le cafard. Et puis, ce ton condescendant, méprisant, pensez donc, une femme qui se mêle de politique. Il doit s’imaginer, dans le velours de son cabinet, que cette activité-là pour moi, c’est du même ordre que le tricot ou le patchwork, ce genre. Comme qui dirait un passe-temps. Ben non, justement pas. C’est bête, hein ? Voilà où je range la vulgarité. Et sûrement pas dans un petit mot de rien du tout, qui a eu le malheur de chatouiller les oreilles du bon monsieur Hees. Lequel n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, souvenez-vous. Martin Winckler, ça vous dit quelque chose ? Ça se passe en 2003. Martin Winckler, écrivain (la Maladie de Sachs), chroniqueur sur Inter, commet un billet sur les amours illicites des industries pharmaceutiques avec le pouvoir et peut-être bien même avec les médias nationaux. Ça ne traine pas, il est remercié. Comme quoi l’histoire a tendance à bégayer un soupçon, non ?

 Voilà, ce n’est qu’un tout petit début, nous allons vous en dénicher d’autres.

 À tous, ma fraternité, sauf aux vulgaires qui se cachent sous des masques de notables. Puisque, comme le chantait le Grand Jacques, les Bourgeois, c’est comme les cochons, etc. etc. N’est-ce pas ?

brigitte blang

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents