Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


un peu de clarté ne nuit pas

Publié le 1 Novembre 2010, 00:01am

Catégories : #parti de gauche

Sous la réforme la finance

Par François Delapierre

retraites-assurances.jpg (dessin cgt)

Les récentes informations sur l’activité de Guillaume Sarkozy, frère de, dans l’assurance retraite privée, sont décidément précieuses. Elles expliquent l’objectif de la réforme : ouvrir le marché des retraites à la finance. Les mesures d’âge (62 à 67 ans) ratatineraient en effet la part des retraites liquidées à taux plein. Ce serait un argument massue pour pousser à mettre son argent dans une complémentaire privée. Elles éclairent aussi l’attitude bloquée du pouvoir. En refusant de revoir sa réforme, Sarkozy n’oppose pas seulement sa légitimité à celle de la « rue » (en réalité, l’opinion majoritaire des Français). C’est oublier qu’entre ses représentants et le peuple, seuls légitimes en démocratie, se sont glissés quelques intrus. Notamment les « marchés financiers ». C’est à eux que Sarkozy rend des comptes ! Tout en faisant mine de vouloir remettre la finance à sa place, le gouvernement n’a pas hésité à justifier sa réforme par la nécessité de mériter le « triple A » des agences de notation. Verra-t-on bientôt Sarkozy, comme Zapatero le mois dernier, rencontrer les financiers de Wall Street pour un compte-rendu de mandat et leur jurer : « J’ai fait tout ce que vous vouliez » en matière de réformes ?

La financiarisation de l’économie, voilà l’enjeu véritable de la réforme des retraites. Et voilà notre ennemi ! C’est un ennemi mortel au plan économique et social. Ouvrir à la finance un gigantesque marché de l’épargne retraite encouragerait tout ce qui a conduit à la crise actuelle. Lisez les conseils du magazine Challenges pour préparer sa retraite : « D’abord être propriétaire et souscrire une assurance-vie ». L’immobilier plus la finance, le cocktail dont les Etats-Unis se sont abreuvés avec le résultat que l’on sait. Aujourd’hui, leurs si modernes retraites par capitalisation sont au bord de la faillite. Le total des engagements non financés des caisses de la fonction publique des États atteint 3 300 milliards de dollars, celui des municipalités et comptés 574 milliards, celui des cent plus grosses entreprises privées 460 milliards ! Quant aux fonds de pension « à cotisation définie » (on sait combien on verse, mais pas combien on touche), le taux de remplacement moyen des pensions versées a baissé de dix points avec la crise. franchise-cabu.jpg

Nous ne manquons pas d’arguments pour montrer que le bon vieux système par répartition, justement parce qu’il se passe des marchés financiers, est plus stable. Il est aussi moins cher : pour 40 ans de cotisation retraite atteignant un total de 120 000£, la banque britannique HSBC empoche une commission de 99 900£, soit 80% !

Cette financiarisation est aussi notre ennemi politique. Car le pouvoir qu’elle donne aux détenteurs du capital financier piétine la souveraineté populaire. Les marchés ont récupéré la souveraineté monétaire. Ils exigent maintenant de contrôler les politiques budgétaires. C’est à ce titre qu’on leur devrait des comptes quant au modèle social que nous voulons pour nos pays ! La finance a parachevé le caractère le caractère antidémocratique de l’Union européenne. C’est elle qui aujourd’hui renforce la nature oligarchique du pouvoir en France. Le pouvoir n’est ni dans les urnes ni dans la « rue », il est aux mains d’une petite poignée d’individus qui doivent au capital financier leur fortune et leur pouvoir. Chaque jour du mouvement sur les retraites renforce la prise de conscience populaire à ce sujet. Ce bras de fer prépare la révolution citoyenne contre les oligarques aussi efficacement que mille cahiers de doléance !

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents