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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


se réveiller humain

Publié le 8 Juillet 2010, 00:23am

Catégories : #histoires et histoire

 

jean_moulin.jpgQuand on vous dit Résistance, vous pensez à qui ? Bien sûr, Jean Moulin. Ça va de soi. 67 ans qu’il est tombé sous les coups des nazis, certainement en gare de Metz, mort par la torture, sans avoir parlé… Le héros absolu. On en a parlé ces jours-ci ? Pas vu, et vous ? Oui, on sait bien, il faut attendre des anniversaires à chiffres ronds pour marquer le coup : 50, 60, 100. C’est mieux, il paraît. Ah bon… On veut bien. Jean Moulin, c’était d’abord un homme, seulement un homme. Homme de courage, homme de parole certes, mais homme d’abord. Alors, quand on relit un peu sa vie, ses combats, on ne peut pas s’empêcher de se dire, et moi, je ferais quoi ? Pas sûr que nous restions muets sous les coups. Et vous ? Oui, c’est une question imbécile, puisque n’est-ce pas, plus personne en ce monde ne torture plus personne… Mais pour autant, ce n’est pas anodin de se la poser. Qui sait…

En deux lignes, rapidement, juste pour ne pas l’oublier. Jean Moulin, plus jeune sous-préfet de France, à 27 ans (et plus jeune préfet à 38), il participe à l’action du Front Populaire et aide l’Espagne républicaine. En 40, alors en poste à Chartres il refuse de laisser accuser de crimes des troupes coloniales, crimes sordides, des pires qu’on puisse imaginer. La nuit suivante, il tente de se suicider. Vous savez bien, cet éternel foulard… C’était pour masquer la cicatrice. On a de ces élégances, chez les héros. Les francs-maçons ne sont pas bien en cour non plus en ce temps-là : mis en disponibilité… et révoqué, ou plus courtoisement, mis à la retraite par Vichy en 42, pour avoir refusé d’être réintégré. Cet homme était décidément d’une rare tenue… En 43, c’est lui qui va unifier les réseaux de résistance de la zone Sud. C’est aussi grâce à lui que les communistes se rallient : il aura envoyé Grenier à Londres. Il crée le Conseil National de la Résistance. Dénoncé, arrêté à Caluire le 21 juin, « interrogé » par Klaus Barbie – rien que d’écrire le nom tu en as des frissons… - il va mourir le 8 juillet en gare de Metz, dans le train qui l’emmenait en Allemagne. Plus de deux semaines de questions, de « question ». Insupportable d’y penser. Fin d’une histoire, fin d’une vie, fin d’un Homme. Qui conjuguait lui aussi le verbe résister au présent… Si vous faîtes un tour à Paris cet été, un passage au Panthéon. Il y côtoie Jaurès, et Hugo, et Schoelcher. Non non, y a pas que des militaires dans ce lieu-là… On y met aussi des préfets, de ceux qu’on peut fréquenter…

brigitte blang

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