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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


retour à Florange

Publié le 27 Septembre 2012, 23:00pm

Catégories : #billets d'humeur

Aujourd’hui à Florange.

mon--45-.jpgDepuis juillet dernier, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif s’était  engagé à venir commenter les décisions gouvernementales après lecture du rapport d’expertise Faure (qui a déclaré le site viable). Parole tenue, certes, mais…

La visite du ministre suit directement les négociations entamées par le gouvernement avec les dirigeants d’ArcelorMittal. Au plus haut niveau, en effet, puisque cet après-midi, le président François Hollande recevait Lakshmi Mittal.  

Pour mémoire, rappelons que le groupe Mittal est largement bénéficiaire et que l’arrêt programmé des hauts fourneaux de Florange relève uniquement d’une logique financière implacable. 

Sans illusions, mais avec tout de même une certaine dose d’optimisme mesuré, les salariés ont attendu sous une pluie battante les résultats de l’entrevue d’Arnaud Montebourg avec les représentants syndicaux et les élus de la région. Cela fait déjà 14 mois que les travailleurs se battent pour la pérennité de leurs emplois. Alors, un peu plus, un peu moins… Aujourd’hui, comme depuis 14 mois, nous étions à leurs côtés.

Sans illusions, bien sûr.

L’arrivée du ministre a été saluée par la Marseillaise et le refrain devenu synonyme de leur lutte : « On lâche rien ! ».

Notons aussi un incident passé inaperçu sur les écrans des médias. L’arrivée de la délégation CFE-CGC sévèrement conspuée. Comment les combattants de la première heure pourraient-ils oublier l’attitude des cadres de leur usine, briseurs du mouvement d’occupation des Grands bureaux de la direction, au printemps dernier ? C’est sous les huées que les 4 représentants du syndicat d’encadrement ont quitté la place de la mairie, avant de gagner la salle de réunion, par l’arrière du bâtiment ! Eh ! Courageux, mais pas téméraires !

Après une heure de débats, les acteurs de la discussion sont ressortis de la mairie. Visages sombres, regards fatigués, épaules abattues. Et un ministre bien pâle. Conscient de l’enjeu, nous lui en faisons crédit. Bien pâles aussi la ministre Aurélie Filipetti, et le président de région Masseret. Les régionaux de l’étape, on va dire…

Les annonces n’ont pas été franchement à la hauteur des espérances. Il est venu. Il a parlé. Il n’a rien dit.

mon--21-.jpgIl va falloir attendre le CCE de lundi pour connaître officiellement le projet de Mittal. Lequel n’est pas un philanthrope, nul n’en doute plus dans la vallée de la Fensch. Si, comme les rumeurs et la presse les laissaient entendre dès mercredi soir, les deux derniers hauts fourneaux lorrains devaient s’éteindre définitivement, il faudrait bien envisager des solutions d’avenir pour ces hommes, ces femmes, ces sacrifiés sur l’autel du profit cynique.

Les propositions du ministre ont reçu un accueil plutôt mitigé. Découper le site en plusieurs unités, abandonner les usines à chaud, envisager la cession à un hypothétique repreneur. Tout ceci n’emballe personne, à commencer par les syndicats. Car ils savent bien que cela signifie suppression de postes, et catastrophe sociale à l’échelle de toute la région.

D’un côté Mittal abandonne Florange. De l’autre, l’État ne s’engage à aucune solution sérieuse, si ce n’est de contraindre l’actuel propriétaire à la maintenance de l’outil de travail. Le recul est tangible entre le rapport Faure, qui insistait sur la nécessité de maintenir le site dans son entièreté, sa cohérence et les propositions développées aujourd’hui par Arnaud Montebourg. De même, aucun chiffre n’a été avancé pour une quelconque participation de l’État.

Ici et là dans les rangs du public, entre deux « Réquisition ! », on a aussi entendu demander « le changement, c’est pour quand ? ».

Un bras de fer va s’engager entre Mittal et l’État, aux dires du ministre. Ici, tout le monde l’attend, et l’espère. Et cette empoignade devra, obligatoirement, ouvrir sur le maintien de la filière liquide et du packaging. Hors de cet aboutissement, les travailleurs en lutte considéreront avoir été floués.

Rendez-vous est pris pour lundi. Avant, pendant et après le CCE.

brigitte blang

(photos rémy blang, pour le Parti de Gauche)

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