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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Questions à...

Publié le 28 Octobre 2010, 23:01pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes


Gérard FILOCHE, inspecteur du travail, CN du PS

gerard_filoche.jpg 

Quel état des lieux fais-tu des différentes mobilisations contre la réforme des retraites ?

G. F. : Le 12 octobre, avec 3,5 millions de manifestants, la mobilisation a enregistré une augmentation de participation de 20%. Autant de participants dans les manifestations qui ont suivi. Les slogans portés par les manifestants sont particulièrement intéressants dans la mesure où ils mettent en parallèle la baisse des pensions de retraite et l’insuffisance des salaires et de l’emploi. La lutte contre la réforme des retraites est en train de devenir plus globalement un combat contre la politique économique et de l’emploi du gouvernement.

À noter aussi l’entrée remarquée des jeunes dans le mouvement.

De nombreux lycées sont bloqués et les étudiants entrent dans la lutte, à l’appel de 25 organisations de jeunesse. C’est ce que craignait le gouvernement, après l’expérience du CPE.

En outre, la grève a été reconduite dans plusieurs entreprises du public et du privé. La volonté de vaincre et de faire céder Sarkozy a franchi un palier de plus.

 

Que penses-tu de la réaction du gouvernement ?

G. F. : L’Élysée est devenu un camp retranché, isolé et divisé. Le gouvernement et les parlementaires de droite ont conscience d’être désormais minoritaires dans le pays.

Ce qui ne les empêche pas de continuer leur propagande, à grands renforts de medias complaisants. Mais attention au retour de boomerang. Car les Français savent maintenant que le projet de Sarkozy sur les retraites est le plus dur d’Europe. Ils savent qu’il y a dans ce pays de l’argent pour financer les retraites à 60 ans sans décote. Ils savent que le partage du travail est possible. Ils savent que le gouvernement ment pour le compte des banquiers — ou plutôt des banqueroutiers —, de la finance et des agences de notation.

Ils savent que les manifestants ont gagné la bataille de l’opinion. Je rappelle que près de 70% des Français se déclarent solidaires des mobilisations et que 61% soutiennent même un durcissement du mouvement. Et malgré cela, la droite ose prétendre que les jeunes sont « manipulés ». Mais ils ont compris que leurs emplois à venir dépendaient de cette réforme, qu’ils risquaient de se retrouver en concurrence avec leurs parents, voire leurs grands-parents, sur le marché du travail ! Imaginez que cette réforme soit mise en place, et que l’on contraigne les gens à travailler jusqu’à 62 et 65 ans : ce sera un million d’emplois en moins pour les jeunes.

 

Quel est aujourd’hui l’état d’esprit des salariés ?

G. F. : Dans de nombreux secteurs, beaucoup se disent : « On continue jour après jour jusqu’à la victoire totale… on bloque ». Dans les raffineries, les ports, les lycées, les facs, à EDF, dans les transports, chez les cheminots, l’extension est possible. C’est très dur de perdre des journées de salaires, mais ça l’est encore plus de perdre deux années de retraite.

Ceci étant, les efforts énormes des salariés doivent être appuyés par l’ensemble de la gauche. Tous les partis de gauche doivent se mettre autour d’une table et travailler à un programme commun sur les retraites. Une réponse unitaire de toute la gauche serait l’encouragement le plus précieux aux mobilisations.

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