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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


place Tahrir, l'autre jour...

Publié le 7 Mars 2011, 00:00am

On est prié d’être poli avec les dictateurs !


casse-toi-egypte.jpgIl y a des « Casse-toi pauvre con » qui valent leur pesant de vols en avion. Le 1er février, Alexandre, un professeur du lycée français du Caire, se prépare à suivre le rassemblement place Tahrir. Dans les précédentes manifestations, il a vu les slogans qui faisaient référence à la révolution tunisienne, les «  dégage Moubarak ! », en français dans le texte. Il écrit sur sa pancarte : « Casse-toi pauvre con !» L’idée ne fait pas rire l’ambassadeur de France. Trois jours plus tard, Mediapart révèle que le quai d’Orsay a demandé aux chercheurs français en Égypte d’ « exercer, en qualité de fonctionnaires, leur devoir de réserve ». L’interdiction faite à des spécialistes de l’Égypte de parler d’Égypte alors qu’il se passe quelque chose en Égypte pourra laisser pantois les esprits peu rompus aux subtilités diplomatiques. Le cas d’Alexandre est plus grave. Le professeur n’est pas chercheur. Il a osé exprimer son soutien aux manifestants. Se prend-il pour Malraux combattant les fascistes en Espagne entre 1936 et 1938 ? A-t-il oublié qu’il était un agent de l’État sept jours sur sept ? Le samedi qui suit son audace, l’ambassade de France rapatrie le professeur à Paris « pour sa sécurité ». Menacé de rétrogradation par l’Éducation nationale, il s’en sort avec un blâme. Morale de l’histoire : mieux vaut être Ministre des Affaires étrangères et proposer son aide à un dictateur qu’être simple prof et en conspuer un autre.

Nicolas Delesalle.

(lu dans Télérama n° 3189 du 21 février 2011) 

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