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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Petit billet en forme d’agacement.

Publié le 21 Juin 2010, 21:22pm

Catégories : #billets d'humeur

 

no-football.gifOn a fini par y arriver, au bout de ce week-end surréaliste. Commencé un 18 juin débordant de commémoritude, le Général par ci, le Général par là, et vas-y que je te déplace les radios et les télés vers Londres qui n’en demandait pas autant !, et que je te repasse en boucle le discours du même, que oui, je sais, il est fondateur de ce que vous savez, mais bon, après 18 heures de ce régime, ouf, tu souffles un brin ! Poursuivi le lendemain par les débordements langagiers d’un gars dont le boulot est de taper dans une baballe, et si possible, je dis bien si possible de l’expédier dans les filets en face, et dont on a fait semblant de s’émouvoir qu’il parle comme les autres gars de son quartier. Même le président s’est fendu d’un gros yeux. Ouh la ! Oui, on doit dire aussi que lui (le Président), il s’y connaît un minimum en dérives. Alors, vous, je ne sais pas, mais moi j’en rigole encore de l’avoir entendu rappeler à l’ordre un type qui s’énerve même s’il n’aurait pas dû, vu que la pédagogie de l’exemple, tout ça, même si au-dessus d’un certain chiffre de salaire, on doit bien s’en moquer largement, de la pédagogie, déjà si on connaît le mot… Le Président se fâche comme quoi non mais, on n’emploie pas un tel langage, et pis quoi encore. Faut dire aussi, au beau pays de France, l’exemple vient de haut. Le même qui traite un quidam de pauvre con, ou qui veut suspendre un pote à lui à un croc de boucher, le même, oui ! Ah ! Vous voyez bien que ça vous amuse aussi ! Après ça, comme on pouvait s’en douter, c’est parti en vrille, chacun a un avis sur la question, fallait-il ou pas le virer, Nicolas (oui, Anelka, pas l’autre, eh quand même ! quoique, tout bien considéré, s’envoyer des insultes de harengères au visage, est-ce plus ou moins grave que de saper les retraites de tout un peuple, et impunément, en plus… ), en France, on a cette particularité de demander à plein de gaziers incompétents leur avis sur des problèmes qui les dépassent. Perso, je n’en sais rien et je ne me relève pas la nuit pour y réfléchir. Et ce n’est certainement pas demain que ça va m’arriver ! Le petit Anelka, sa retraite à lui, elle doit être bien au chaud entre deux comptes suisses ou quoi que ce soit du même tonneau. Alors, pensez bien comme on va le plaindre, ce garçon ! Mine de rien, ce monde est devenu complètement zinzin, où depuis des jours et des lunes, on nous casse les oreilles avec des histoires de trompettes mal embouchées, et où un mot de travers met le pays en ébullition. Eh les gars, on va peut-être se calmer un peu, que même un philosophe s’en est mêlé ce matin ! Tiens, lui non plus ne nous a pas parlé de retraite, bizarre, non ?

 Pendant ce temps-là qu’on s’étripait à l’autre bout du monde, sur notre vieille Europe, comme disait l’échevelé poète Villepin himself, un général profitait du 18 juin pour saluer en un dernier garde-à-vous. Un de ces généraux de caricature, avec, ainsi qu’il est précisé dans les gazettes, son « franc-parler ». saramago.jpegC’est bien ce qu’on nous a dit. Bizarre… Nous, Bigeard, puisque c’est de lui qu’on cause, ce n’est pas franchement en comique troupier qu’on le voyait. Il trainait à ses treillis comme un relent pas bien sympathique, rapporté de là-bas, de quelque part entre Alger et les Aurès. On va encore me dire que ça ne se fait pas de médire des morts. Peut-être, mais chercher les poux sous les bérets, fussent-ils verts, ou même rouges, ça soulage ! La mort d’un militaire dans son lit, ça semble étrange, non ? Mais je fais du mauvais esprit, pardonnez-moi, c’est seulement qu’au milieu de tout ce carnaval footballistique, on a juste oublié de saluer comme il aurait convenu le départ de José Saramago. Et ça, pour le coup, ça me fait triste. Un prix Nobel portugais, homme de gauche, homme de révolte et de polémique comme il sied à l’intelligence, laïque, défenseur des laissés pour compte et des oubliés, iconoclaste et rebelle, une perte, assurément. La télé nous donnera-t-elle ses obsèques en direct, comme le fit FR3 Lorraine cet après-midi pour Bigeard ?  Ça serait étonnant, mais dans ce monde un peu branque, on peut toujours croire aux miracles… En attendant, et pour se faire à bon compte un petit plaisir, un joli mot de Saramago, et qui colle on ne peut mieux au télescopage de corbillards de vendredi : « Qu'on le veuille ou non, s'il est vrai que l'habit ne fait pas le moine, l'uniforme, lui, fait toujours le général. » Que d’à propos, monsieur le grand écrivain ! Merci. 

brigitte blang

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charles henry du front de gauche 23/06/2010 13:09



Lu dans l'Est républicain ce jour :


" Aux cotés du président Giscard d' Estaing et du ministre Hervé Morin , ils sont venus de toute la France , dire adieu à Bigeard leur modèle." 


 


C'est pourquoi nous devons demander la suppression de l'Avenue Marcel Bigeard à  Toul et dans les autres villes et les renommer " Henri
HALLEG "



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