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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Pascal Cherki, la suite…

Publié le 29 Octobre 2010, 23:00pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes


Un simple article publié sur mon blog (« J’ai un doute ! » paru le 18 octobre ici même) a provoqué des réactions en chaîne assez curieuses de la part d’un certain nombre de mes camarades du PS qui ne sont pas à la motion C. Je voudrais donc saisir l’occasion pour faire quelques mises au point.peur-des-mots.jpg

Tout d’abord la position que j’ai exprimée n’est pas une surprise, c’est celle de notre courant Un Monde d’Avance. J’invite toutes celles et tous ceux qui ont feint d’avoir quelque surprise à se reporter au rapport d’activité que j’ai fait en septembre dernier au nom de la direction nationale de mon courant à l’occasion de l’université de rentrée de celui-ci qui s’est tenue au Vieux Boucau où j’indiquais notre désaccord concernant la question de l’allongement de la durée des cotisations en ces termes : « En revanche, nous devons apporter des précisions concernant la défense de la retraite par répartition. Face à une droite qui veut liquider la retraite par répartition en faisant supporter injustement et sans régler la question à moyen terme plus de 90% du financement de ses mesures par les seuls salariés, le PS développe une toute autre logique mettant à contribution de manière beaucoup plus massive les revenus du capital… Pourtant une question majeure reste en débat, celle de la durée des cotisations. Cette question fait fortement débat avec le reste de la gauche qui ne partage pas l’allongement de la durée de cotisations. Elle fait aussi débat dans le PS car nous ne sommes pas favorables à l’allongement de la durée de cotisations. Elle fait surtout débat chez les salariés. Ce n’est pas parce que la bataille se cristallise actuellement sur la défense du droit au départ à la retraite à 60 ans et contre le passage des 65 aux 67 ans que pour autant les salariés approuvent l’allongement de la durée de cotisation. Les salariés savent bien, et encore plus les futures générations au nom desquelles les dirigeants politiques d’aujourd’hui qui appartiennent pour la plupart à la génération d’hier quand ce n’est pas d’avant-hier prétendent parler. Les salariés savent bien qu’avec 41,5 années de cotisations le droit à la retraite à 60 ans sera un mot, comme le disait Eugène Pottier dans l’Internationale pour le droit du pauvre, un mot creux. Dès lors les salariés devront travailler plus longtemps pour gagner autant à leur retraite ou alors travailler autant pour gagner moins. Car, l’allongement de la durée de cotisations aura un effet indirect mais certain sur le niveau des pensions… C’est pourquoi la position du PS doit évoluer sur cette question et elle évoluera ». Ce rapport ayant été publié le 22 septembre dans un de nos bulletins de courant accessible sur notre site Internet, il ne saurait donc y avoir aucune surprise sur cette question. Après vient la question du moment, ce n’est pas nous qui l’avons décidé. Dans ce débat nous avons réagi à la prestation de notre Première Secrétaire lors de son passage à l’émission À vous de juger, qui a brandi comme un étendard socialiste l’allongement de la durée des cotisations à 41,5 années. Je ne retire donc aucun des propos contenu dans le billet de mon blog intitulé « J’ai un doute ». Après il est tout à fait normal que nous proposions un chemin à tous les socialistes pour sortir de la difficulté et c’est ce qu’a très bien fait Benoît Hamon en indiquant que la force des mobilisations avait changé la donne aussi pour le PS et que nos positions devaient être discutées avec les organisations syndicales et le reste de la gauche. Celles et ceux qui n’acquiesceront pas à cette démarche de bon sens proposée par Benoît Hamon devront alors expliquer en quoi nous agirons différemment de Nicolas Sarkozy qui décide seul dans son coin et impose par le passage en force sa décision aux autres.

cherkiEn second lieu, je veux rassurer toutes celles et tous ceux qui s’inquiètent de notre éventuel soutien à la candidature de Martine Aubry à l’élection présidentielle. Là encore je veux les renvoyer à mon rapport d’activité qui indique très clairement que nous pensons que la Première Secrétaire a vocation à conduire cette bataille. Ce n’est pas un scoop, nous le pensons depuis le début. Pensez-vous sinon un seul instant que nous serions entrés dans la direction du parti constituée autour d’elle à l’issue du congrès de Reims si tel n’avait pas été le cas ? Ce n’est pas parce que beaucoup ont des raisonnements parfois sinueux que pour autant nous y adhérons. Au risque de les décevoir, nous avons un fonctionnement plus basique. Déjà lors du congrès du Mans nous avions accepté de faire la synthèse en sachant que la candidature de François Hollande, Premier Secrétaire de l’époque, s’imposerait le cas échéant à nous. S’il en a été autrement c’est parce qu’il en a décidé autrement, pas nous. À l’issue du congrès de Reims nous étions les seuls à ne pas avoir « d’Imam caché », qu’il s’appelle Dominique, François ou Laurent. C’est pourquoi vous ne nous avez jamais entendu et vous ne nous entendrez jamais évoquer l’idée d’un quelconque pacte à deux, trois, quatre et j’en passe. Tant que Martine Aubry est dans la course nous sommes résolument à ses côtés. Dans le cas contraire, nous aviserons.

Pourtant, et ce sera ma dernière mise au point, soutenir une candidature ne vaudra jamais blanc seing. Il y a deux catégories de partisans de Martine Aubry dont nous nous distinguons. La première est la moins intéressante, mais il faut quand même l’évoquer brièvement, c’est celle des courtisans. La petite cohorte de celles et ceux qui, quoi que dise ou quoi fasse Martine Aubry, lui donnera toujours raison. Pour quémander un poste ou par paresse intellectuelle, peu importe c’est leur problème. Nous ne le ferons jamais car nous n’en avons pas le goût. D’ailleurs c’est le pire service que l’on pourrait lui rendre ainsi qu’à la gauche. La deuxième catégorie recoupe les partisans de Martine, mais à condition que celle-ci rentre dans le rang. Dans le rang du social libéralisme qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Ceux-là exhortent Martine Aubry à être raisonnable, courageuse, moderne et j’en passe. En quoi consistent ce courage, cette raison et cette modernité ? À rompre avec les vents dominants ? À se prononcer pour une augmentation massive des salaires ? À défendre le droit à une retraite décente par répartition ? À s’opposer aux licenciements boursiers ? À combattre la dérive libérale d’une construction européenne réduite à la défense du libre échange et de l’euro fort ? À défendre la nécessaire protection de notre appareil industriel et des millions d’emplois qui y sont attachés ? Vous n’y êtes pas, c’est tout le contraire. Leur courage, leur raison et leur modernité revient au bout du compte à faire peser sur les salariés le poids de la crise sans précédent dans lequel sont plongés nos économies et nos modèles sociaux en raison d’une politique initiée il y a près de 30 ans par la droite américaine et anglaise et que dans le meilleur des cas nous avons accompagné en essayant d’en minimiser les dommages sociaux collatéraux depuis 1983. Et, ne nous y trompons pas, ces mêmes qui aujourd’hui intiment l’ordre à Martine Aubry de tenir bon sur l’allongement de la durée des cotisations seront ceux qui feront tout pour que durant la campagne présidentielle celle-ci face de la réduction des déficits l’axe essentiel de sa campagne au nom de la capacité de la gauche à mieux gérer les finances publiques que la droite. Abjurant leurs convictions socialistes ils se sont faits, à l’insu de leur plein gré, les représentants des institutions financières internationales et des agences de notation au sein de notre parti. Cela nous ne l’accepterons jamais, pas plus que nous accepterons qu’ils transforment notre Première Secrétaire en Mamandréou à la française. Nous ne l’accepterons pas car nous savons que nous ferons courir un risque majeur à la gauche de perdre à nouveau l’élection présidentielle. Nous ne l’accepterons jamais car nous savons que, si par chance nous gagnons sur cette orientation, l’exercice du pouvoir sur cette orientation dans le contexte de radicalité croissante de la situation sociale dans notre pays créerait alors les conditions d’un échec rapide dont la gauche mettrait de très nombreuses années à se remettre et où serait posé pour la première fois depuis son renouveau en 1971 les conditions de l’implosion et de la disparition du Parti Socialiste. Nous sommes d’autant plus déterminés à nous opposer au syndicat patenté des perdants des élections présidentielles successives que nous avons la conviction que ce sont eux les has been du combat socialiste actuel. Et pas seulement qu’en France, mais aussi en Europe où ils ont vocation à rejoindre dans la méditation de leur propre échec les Tony Blair, Gerhard Schröder et autres génies du social libéralisme.

Martine Aubry peut compter sur nous, à elle de montrer que la gauche peut compter sur elle. Nous avons confiance et nous l’accompagnerons avec exigence et clarté dans ce combat.

 Pascal Cherki

 

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