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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


mémoire

Publié le 11 Novembre 2010, 00:00am

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

11 novembre. Un encore, un de plus. Sonneries aux monuments aux morts. Gerbes et discours. Des « plus jamais ça », alors que, si on ne se trompe pas, il y a bien encore quelques Français sur des fronts ici ou ailleurs, non ?

Alors pêle-mêle, et sans condition de classement, deux ou trois idées qui reviennent, comme les châtaignes en cette saison, tous les ans. Et pour changer un peu, de la littérature et du cinéma.

 Celui-ci est sorti au début de cette année. Soazig Aaron, son auteur. La Sentinelle tranquille sous la Lune, son titre. Si vous ne l’avez pas encore eu entre les mains, jetez-vous dans la première librairie qui va vous tomber sous les pas, et  entrez dans ce roman par la grande porte. Vous n’en sortirez pas, je vous le garantis. On ne va pas raconter cette histoire, simplement et si possible, vous donner envie de la lire. Un type rentre de la guerre, celle qu’on appelle la Grande (ça voudrait donc dire qu’il y en aurait de petites ? Ah bon…). C’est Jean, un immense bonhomme qui a donné du fil à retordre à tous les tailleurs du département, avec ses mesures comme on n’en avait jamais vues ! Il a mis des mois à revenir. On saura les raisons de ce retard, plus tard, au fil des pages, on n’est pas pressé, et lui non plus. Il rentre et retrouve sa famille. Aussi son village et la ferme et les maisons. Il rentre… C’est peu de dire qu’il traine la guerre à ses semelles. Comme tous les autres, on imagine. Celui-là, on s’y attache, parce qu’il est le pivot de ce bouquin-là. Comme on s’est attaché aux autres, dans d’autres livres. Les Giono, les Chevallier, tous ceux qui nous ont rivé à jamais l’horreur de ces boucheries au cœur. Jean n’est pas cette sentinelle tranquille sous la lune que nous raconte le titre. Il va nous falloir patienter pour la rencontrer, celle-là. Mais patienter dans un style haletant, comme une respiration, comme un cœur qui bat. Patienter avec la narratrice, qui transcrira cette aventure, comme un dialogue ininterrompu avec son oncle. Le secret refoulé refera surface, après bien des errances, et des fausses routes. Non, ce king-and-country.jpgsecret n’était pas celui qu’on pensait tout d’abord… Sous nos yeux de lecteurs va se dérouler le travail de mémoire, long, ardu, pénible, mais aussi humain. Vous savez bien, quand vous commencez à raconter le passé, à votre petite fille par exemple, vous aussi avez les souvenirs qui se carambolent, et vous sautez de votre enfance à votre retraite, sans prendre la peine de ranger tout ça au carré.  On croisera des hommes, tiens, exemple, un qu’on nomme le Limougeaud, et qui va, au long de 3 pages exceptionnelles, détricoter les arguments d’un copain du front, qui bave sur l’arrière. On sent la tension, on voit les yeux se fixer, on entend le souffle court  des auditeurs. Faut-il l’avouer, à la fin, on se surprend à respirer, comme si un poids sur le thorax venait de s’envoler… et on est tenté d’applaudir ce gars qui a tout compris. Voilà, à part une histoire d’hommes et d’amour et de guerre et de mort et de vie, il y a cette narration originale, comme un match, qui part de l’un à l’autre, pour retourner vers la troisième et revenir au premier. Comme la vie… Comme si la vie avait pour de bon gagné la partie. Comme si…

 Ciné, maintenant ?  Au zénith de mon palmarès personnel, « King and Country », de Joseph Losey, en 64. En français, ça se disait « Pour l’exemple », et c’était plutôt pas mal comme traduction. On est en 17. L’année des mutineries. On suit un petit soldat, qui va se faire piéger dans la nasse de la discipline. Vous savez bien, la fameuse discipline militaire, dont on ne saura jamais combien elle a conduit de pauvres types au sacrifice. Losey va tout montrer, la panique, la vermine, les rats, le peloton, la trouille au ventre, vraiment au ventre… Le petit soldat, il va y rester, bien sûr. Il ne sera même pas un héros. Un seul britannique exécuté pour mutinerie. Ce sera celui-là. Dans la même cour, a joué Kubrick et ses « Sentiers de la Gloire ». Je préfère Losey, plus modeste, certainement, mais au moins aussi efficace. Mais ce n’est qu’un avis bien subjectif, faut le dire !monum-morts-equeur.jpg

 Voilà, un 11 novembre comme les autres. Avec ses clairons et ses médailles. Un 11 novembre que vous pourrez peut-être célébrer différemment, si vous voulez. Ici et là, la Libre Pensée organise des cérémonies à contre-courant. Pacifistes, comme qui dirait. Pour chez nous, dans l’Est, Lorraine et Alsace confondues, on n’a trouvé que deux rassemblements, mais ils ont le mérite d’exister.

 

à 10H00 à Nancy (54) : rassemblement pacifiste à la Porte Héré.

à 11H30 à Metz (57), rue Serpenoise : rassemblement pacifiste devant la Colonne Merten.

 

Et puis allez, cadeau, comme c’est juste à côté de Cherbourg, une ville qui me tient à la souvenance, celui d’Équeurdreville à 14H30 devant le Monument pacifiste : rassemblement pacifiste suivi d’une conférence/débat sur « La guerre de 1870, prémices de la Commune et de l’Internationalisme ».

brigitte blang

 

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