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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


les oligarques

Publié le 4 Février 2010, 00:00am

Catégories : #parti de gauche

Par François Delapierre, délégué général du Parti de Gauche

017

Parfois le voile se déchire. L'affaire Proglio jette un coup de projecteur soudain sur l'oligarchie au pouvoir dans notre pays. Officiellement, les néolibéraux démantèlent l'Etat pour rétablir le libre jeu du marché. Officiellement les compétiteurs privés qui s'y affrontent sont des amis du risque. Mais en réalité, les néolibéraux organisent la colonisation de l'Etat bien plus que sa destruction.

Les capitalistes adorent les gains faciles et les rentrées assurées. Ils s'épanouissent parfaitement à l'ombre protectrice de la puissance publique transformée en gardienne vigilante de leurs profits. C'est pourquoi par exemple ils sont si déterminés à casser l'Assistance-Publique Hôpitaux de Paris. Pensez donc, cette « forteresse » concentre 80% de l'offre de santé dans le secteur public à Paris. Or le marché de la santé est un eldorado pour le capital : des clients captifs, un financement garanti par l'assurance maladie… le jackpot assuré !

Le cœur de l'affaire Proglio, c'est cet effacement de l'intérêt général. Un service public historique est placé sous la direction du patron d'une entreprise privée concurrente. La soumission d'EDF aux intérêts privés commence dès l'embauche. Au mépris même de l'efficacité du service public. Rappelons que l'an dernier, les lignes frappées par la tempête ont pu être réparées en quelques jours grâce au travail bénévole d'électriciens retraités. EDF peut-elle susciter ce dévouement au bien public tout en payant son président en référence aux pratiques des grandes entreprises capitalistes ?

Dès lors notre combat ne peut se résumer à la défense de l'Etat. Il est avant tout celui de l'intérêt général. Pour des républicains, cela va de soi. Pour les sociaux-démocrates, ce n'est pas le cas. Car ceux-ci sont assez largement indifférents à la nature politique de l'Etat et donc aux moyens d'assurer la souveraineté populaire : institutions, implication populaire, méthode de gouvernement... Le PS a d'ailleurs une difficulté à caractériser la politique de Sarkozy : ultra-libéralisme ou recentralisation ? Or la cohérence des réformes sarkozystes est la remise en cause à tous les niveaux de l'intérêt général et la soumission de tous les pouvoirs aux intérêts de l'oligarchie. Une exigence en découle, en France comme en Amérique Latine. Une révolution démocratique.

 (photo PG57 : François et Éric Coquerel, au Zénith le 8 mars 2009)

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