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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


la faute à Nicolas...

Publié le 1 Juillet 2010, 23:00pm

Catégories : #billets d'humeur

27.JPGEntre nous, j’ai honte. Pas vous ? À cause du foot. En vrai, c’est plus compliqué que ça n’en a l’air, parce que, pour être tout à fait honnête, j’ai honte de ne pas avoir honte. Oui, dit comme ça, c’est un poil tordu, comme démarche. J’avoue. Mais je vous explique. Depuis que l’affaire que vous savez a éclaté, on tend des micros secourables à plein de gars et aussi de filles ici et là, pour qu’ils s’expriment. C’est le même panel que pour les grèves, voyez, les ronchons, les jamais contents, les fameux otages des fainéants. En gros, ils ont TOUS honte de ce qui s’est passé dans l’équipe et autour d’icelle. Ils en pleurent, ils en gémissent. C’est  la faute à Machin, à Bidule et même, va savoir, à Tartempion. Pour un peu, ce sera bientôt leur faute à eux, si on les pousse un brin. C’est là que je coince. Je n’arrive pas (et pourtant, je me force !) à me couvrir la tête de cendres pour ce qui s’est passé là, et dont vous allez voir, dans 15 jours, plus personne ne se souviendra. Ils ont parait-il trainé le drapeau dans la boue, et l’hymne, donc, aïe ! aïe ! aïe ! déjà qu’ils ne le chantaient pas… Ils se sont envoyé des noms d’oiseaux, et d’oiseaux pas polis, même, à la face. Ben oui, c’est comme ça que ça fonctionne, les relations humaines à présent. Promenez-vous un jour, comme ça, en douce, dans une cour de récré, et vous m’en direz des nouvelles. Voilà que me remonte à la souvenance la réponse d’un petit sixième à qui je faisais remarquer qu’il venait d’appeler son voisin «  enfoiré ». « C’est pas grave, m’dame, c’est mon copain… » On peut le déplorer, et même envisager des punitions exprès pour ça, mais c’est un fait. Comme tout le monde, j’ai un petit faible pour les belles lettres, au vocabulaire ciselé, mais après tout, à chaque époque ses outrances. Comment croit-on qu’il parlait à ses potes, Villon ? Pour en revenir à ce qui nous amène ici, je vous disais, même pas honte. Ou plutôt si, mais pas exactement des mêmes rigolos. Un Nicolas en vaut bien un autre, n’est-ce-pas ? Alors c’est plutôt l’autre qui me fait monter le rouge au front. Celui qui représente mon pays à l’étranger. Celui qui trouve les chefs d’œuvre de la littérature ineptes, celui pour qui l’humour s’est arrêté à Bigard et à Clavier, celui qui fête sa victoire avec les nouveaux riches, celui qui injurie un quidam dans la rue, celui qui met en scène ses amours au paradis du faux semblant chez Onc’ Disney, celui qui a oublié d’être digne aux Glières, celui qui nous roule dans la farine 8 jours par semaine, celui qui toutes affaires cessantes reçoit un joueur de ballon au lieu de s’occuper des affaires du pays, lequel aurait bien besoin qu’on pense à lui, le pauvre, celui qui fait tout tellement de travers que même les italiens s’en sont aperçus ! Voilà le Nicolas qui me fait honte et pour de bon. L’autre ? Le mal élevé ? On s’en fiche un peu, non ? Il parle comme on parle chez lui, dans sa cité, ni mieux, ni plus mal. Pareil. Pas de quoi convoquer le gouvernement pour ça, et pourtant, c’est bien ce qu’on a fait. Heureux pays où les ministres, se répandent sur les heurs et malheurs d’une bande de types en short, puisque, décidément, il n’y a rien de plus important à débattre ces temps-ci… Ou si peu. Pardon ? Vous disiez ? 2 millions de gaziers dans la rue pour qu’on pense à leurs retraites ? Ah oui ? Quand ça ? Le 24 juin ? Le jour où Thierry Henry était reçu à l’Élysée, fallait le dire tout de suite, on aurait compris !

brigitte blang

(photo PG 57 Manif du 24 juin, à Metz)

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