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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


l'édito de François Delapierre

Publié le 9 Janvier 2012, 00:00am

Catégories : #parti de gauche

Non ! On n’en veut pas !


delapLes vœux sont un moment paradoxal. Un rite immuablement répétitif marque l'entrée dans une année nouvelle, inédite et imprévisible. Nicolas Sarkozy porte cette contradiction à un sommet de duplicité. En apparence ses vœux pour 2012 marqueraient un tournant. Il se veut soudain obsédé par l'emploi, et on l'entend même se prétendre plus ferme à l'égard de la finance dont il proclame maintenant qu'elle ne lui dictera pas sa politique après avoir justifié en son nom la réforme des retraites. En réalité c'est un troisième plan de rigueur qu'il annonce dans la foulée des deux précédents. Et sous de nouveaux oripeaux de circonstance se déguise la série des vieilles obsessions libérales de l'UMP.
Ainsi sa grande annonce d'une TVA sociale est à la fois un leitmotiv de l'UMP (ainsi que du MEDEF) et une des mesures favorites des plans d'austérité européens. Partout la TVA est augmentée pour mettre à la taxe les catégories populaires. C'est en France seulement que cette mesure est présentée frauduleusement comme une arme contre les importations ! Argumentaire absurde quand l'on sait que les importations ne représentent que 15% des biens et services consommés. Et quand au même moment, le 1er janvier, la TVA augmente sur les transports, la restauration, l'hébergement, les travaux à domicile et les services à la personne… c'est-à-dire des activités non délocalisables dans lesquelles les importations n'ont par nature aucune part !
L'autre mesure « phare » de Sarkozy, sa réforme censée améliorer la formation des chômeurs, est plus préhistorique encore que la TVA sociale. C'était déjà une obsession de Tony Blair. C'était déjà la mesure centrale de l'Agenda 2010, train de mesures libérales de Schröder en Allemagne (une de ces réformes dont Hollande regrettait devant le Congrès du SPD que la France ait tardé à les mettre en œuvre). Tout cela date de dix ans et plus ! Vieille rengaine de la droite, il s'agit pour Sarkozy de rendre les chômeurs responsables de leur sort et de justifier au final la remise en cause de l'indemnisation de ceux qui ne feraient pas les efforts nécessaires.
C'est une hypocrisie particulièrement odieuse à l'heure où le chômage explose, où tant de sites industriels ferment et où l'âge de départ en retraite recule. C'est une manie idéologique contraire aux réalités et notamment à la désorganisation produite par la fusion dans Pole Emploi de l'ASSEDIC et de l'ANPE, aux équipes insuffisantes submergées par la hausse du chômage, aux dégâts de l'autonomie des agences que la direction de Pôle emploi veut renforcer, ou à la gabegie provoquée par le recours systématique à des officines privées pour assurer le suivi et la formation des chômeurs. Sans compter que le coût de la formation des chômeurs doit être pris en charge par des régions financièrement étranglées par le pouvoir. Le problème n'est donc pas du côté des chômeurs qui ne voudraient pas se former mais du côté du marché de l'emploi déprimé et de l'offre de formation dévastée par les politiques libérales.
A lui seul ce spectacle incroyable d'une idéologie qui se conforte dans ses échecs dit l'impasse du système et l'urgence d'en sortir. Puisse 2012 nous permettre d'en finir avec Sarkozy et avec tous les clichés libéraux qui empoisonnent l'Europe entière.
François Delapierre

(photo pg57 François au congrès du Mans novembre 2010)

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