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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


hommage

Publié le 3 Août 2011, 23:00pm

Catégories : #histoires et histoire

triangle-rose-livre.jpgIl était le dernier survivant des triangles roses. Cet insigne que les nazis cousaient aux treillis des homosexuels qu’ils déportaient pour cause d’orientation sexuelle non-conforme à la grandeur du Reich. Ein Rosa Winkel, disaient-ils… Rudolf Brazda vivait en Alsace depuis la fin de la guerre. Il y est mort hier, à 98 ans.

Lorsque les nazis prennent le pouvoir, Rudolf Brazda, né tchèque, vit en Allemagne. Les nazis n’aiment pas les homosexuels. Et le font savoir. Dès 1937, Himmler verbalise un projet d’éradication de cette « maladie contagieuse » qui menace l’avenir de la race pure. Éradication qui passe par l’élimination physique de tous ceux qui présentent des signes de ce « déséquilibre sexuel ».  

Rudolf va faire plusieurs fois l’expérience de la prison pour « débauche entre hommes ». La déportation à Buchenwald suivra. Il y restera pendant 32 mois. Comme plus de 100000 autres « déséquilibrés » arrêtés et internés. En mai 45, il suit Fernand, un déporté politique, qui rentre chez lui à Mulhouse. C’est dans cette ville qu’il rencontrera Édouard, avec qui il vivra pendant un demi-siècle.

On parle peu, et depuis peu de temps, de cette partie de l’histoire de la déportation. Peut-être parce que ceux qui en revinrent turent les raisons de leur arrestation ? Peut-être aussi parce que l’histoire « officielle » a parfois des raccourcis dérangeants… À tel point que le nombre exact des victimes des camps au motif de leur homosexualité avérée est encore bien flou.  

 triangle-rose.jpgEn France, grâce à des lois tolérantes, les homosexuels échappèrent aux poursuites. Mais pas en Alsace et en Moselle, territoires annexés à cette époque. Curieusement, c’est ici que Rudolf choisit de vivre à son retour. Pas bien loin de Pierre Seel, dont l’autobiographie (Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel) fera date. L’horreur dénoncée après des années de silence.

Jusqu’en 2008, Rudolf se fera discret sur sa vie d’avant. À partir de cette date, il répondra à toutes les demandes de témoignages. Il devient alors «  Témoin de l’histoire » pour les Oubliés de la Mémoire. Il accepte aussi qu’une biographie lui soit consacrée : Itinéraire d’un Triangle rose, de Jean-Luc Schwab. Cette année, au printemps, en présence de Raymond Aubrac, il avait été décoré de la Légion d’Honneur. Enfin, serait-on tenté de dire.

Le Parti de gauche (et nous en sommes fiers…), a contribué l’an dernier à l’installation d’une plaque commémorative au camp du Struthof à l’initiative des Oubliés de la Mémoire. Nous n’oublierons pas non plus une autre association : le Mémorial de la Déportation homosexuelle, dont le dessein est de perpétuer la mémoire des victimes de la haine des nazis.

brigitte blang

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PG aix 08/08/2011 11:20



 


Le 3 août, nous apprenions le décès de Rudolph Brazda, le dernier triangle rose c’est à dire le dernier survivant des déportés pour motif d’homosexualité. Dans la nuit du 3 au 4 aout, à 4 heures
du matin, dans le centre d’Aix en Provence, un couple homosexuel s’est fait « tabasser » gratuitement, parce qu’ils se sont embrassés à la sortie d’un bar.


Personne ne s’est interposé à cette agression homophobe.


Presque 70 ans après les horreurs de la seconde guerre mondiale, force est de constater que cela n’a pas servi de leçon, qu’il y a encore des individus qui sont capables de violences sur des
personnes sous prétexte qu’elles sont « différentes » et ceci dans l’indifférence générale.


Nous condamnons cet acte de barbarie. En république, chaque citoyen a les mêmes droits que les autres de vivre en toute quiétude dans le cadre de la loi édictée en commun.


hélène



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