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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Encore un anniversaire enterré

Publié le 26 Juillet 2011, 22:45pm

Catégories : #histoires et histoire

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On a beaucoup parlé ici et là de 1789 pour cause de sortie intempestive (quoique…) de madame Joly le jour de la Fêt’nat. L’affaire se passait place de la Bastille, juste au pied de la Colonne de Juillet, celle qui commémore les journées de 1830. Celles qui restent si oubliées dans la mémoire collective. Dommage !

Notre camarade Jacques Serieys, dans l’Aveyron nous rafraîchit un tantinet la souvenitude. En passant par là, à la Bastille, profitons-en pour admirer le petit génie, là haut, perché sur un seul pied, en équilibre, comme la Liberté qu’il symbolise, risquant à chaque coup de vent de se casser la figure. Et du vent, il en souffle, ces temps-ci, c’est le moins qu’on puisse en dire ! Le plus beau monument de Paris, à coup sûr…

(on vous le fait en plusieurs épisodes. Ça aura un petit parfum de feuilleton, comme à l’époque !)

 

27, 28 et 29 juillet 1830 : les « 3 Glorieuses » d’une révolution réussie puis confisquée  

 

Le contexte : La grande révolution de 1789-1794 a laissé un souvenir positif dans la mémoire d’une grande partie du peuple. Mais les armées des rois et empereurs ont imposé sur le trône de France depuis 1815 Louis XVIII puis Charles X, frères du roi guillotiné en 1793. La Sainte-Alliance européenne des châteaux, des sacristies et des casernes fonctionne à plein pour noyer dans le sang toute évolution démocratique, toute mobilisation populaire, toute aspiration nationale (Espagne, Italie, Pologne…). En France, c’est l’époque où des nobliaux comme Louis de Bonald croient pouvoir reconstruire la France d’avant 1789.

La révolution industrielle transforme la société. Les conditions de vie du milieu ouvrier sont particulièrement difficiles : « Il faut les voir arriver chaque matin en ville et en partir chaque soir. Il y a parmi eux une multitude de femmes pâles, maigres, marchant pieds nus au milieu de la boue… et un nombre plus considérable de jeunes enfants non moins sales, non moins hâves, couverts de haillons tout gras de l’huile des métiers… cachant sous leur veste, ou comme ils le peuvent, le morceau de pain qui doit les nourrir jusqu’à l’heure de leur rentrée à la maison. Ainsi, à la fatigue d’une journée démesurément longue puisqu’elle est au moins de quinze heures, vient se joindre pour ces malheureux… » (Article du Journal du Temps)

C’est alors qu’éclate l’incroyable révolution de juillet 1830 qui va faire souffler sur la France et l’Europe un parfum républicain de liberté et d’égalité, annonciateur de 1848.

Les Ordonnances royales ont mis le feu aux poudres. La droite légitimiste a perdu les élections. Le roi réagit en promulguant des « Ordonnances nécessaires à la sécurité de l’État » :

* toute publication (journal, brochure...) doit passer par la censure et obtenir un accord officiel de droit à paraître

* la Chambre des députés est dissoute

* la loi électorale est modifiée pour avantager les grands propriétaires terriens…

 

26 juillet 1830 :

Des étudiants républicains jouent un rôle majeur dans la mobilisation populaire en formation. Ils lisent et commentent les Ordonnances sur les places publiques. Ils sont assez bien organisés dans le cadre de l’Association de Janvier (dite aussi Association des patriotes) créée depuis 6 mois en relation avec le Comité d’Action Républicain. Des rassemblements commencent à se former au Palais Royal, Place du Carrousel, Place Vendôme.

Au soir, de nombreux étudiants animateurs de l’Association (dont Fabre, Marrast et Morhéry) se réunissent dans un appartement bondé. Ils prennent la décision de déclencher une insurrection. Dans la nuit, des jeunes gens de l’association (environ 10000 membres) cassent les installations assurant le lien entre Paris et province (télégraphe Chappe) et détruisent le plus grand nombre possible de becs de gaz (éclairage des rues). De premiers heurts éclatent ici et là avec des forces de l’ordre.

 

Jacques Serieys (PG 12)

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