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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


en souvenir...

Publié le 18 Mars 2011, 00:00am

Catégories : #histoires et histoire

tardi_cri_du_peuple.jpgAvoir feuilleté pour la trois cent millième fois  « le Cri du Peuple », et ma passion ancienne pour une chanson populaire ont fait monter l’envie de replonger dans cette période essentielle et fondatrice de notre histoire « commune » justement. Est-ce parce qu’elle est si souvent occultée, bâclée par les manuels scolaires ? Est-ce parce que pour de bon, cette fois-là, ça a bien failli marcher et que le peuple a bâti des espoirs et des projets sur le pavé parisien, et que les idées du peuple, il vaut toujours mieux les enterrer ? En tous cas, on connaît peu ces soixante-dix jours qui ont fait souffler l’Esprit sur Paris et sur la légende révolutionnaire. Pourtant, le Temps des Cerises, le Drapeau Rouge, l’Insurgé, le Mur des Fédérés font bien partie de notre mémoire collective. Et quand certains ont cru insulter en disant « Racaille ! », nous avons pensé, instinctivement : « C’est la Canaille ! Alors, j’en suis ! »  Des noms de rues, de lieux, des souvenirs diffus de Louise Michel, de Courbet, de Pottier s’imposent comme autant d’éléments indissociables de ce passé que nous partageons. Nous commençons aujourd’hui un bref retour sur les événements, une espèce de feuilleton, dans le goût de l’époque. Il n’y a ici aucune prétention historienne –et pour cause !-, seulement un formidable besoin de partager l’admiration qui m’anime envers ces ouvriers, ces lavandières, ces artisans, ces écrivains, aussi, qui écrivirent parmi les pages les plus tragiques de l’aventure prolétarienne. Et puisque décidément, en France, tout finit par des chansons, nous fredonnerons aussi, ensemble, quelques couplets qui nous parlent.

Aux origines

Aux origines était la guerre, comme toujours. Celle de 70, cette fois. Le Second Empire, qu’on se plait à décrire comme un temps d’insouciance et de légèreté, n’a pas été tendre aux « petites gens ». La misère et l’oppression sont le lot commun des travailleurs. Le siège de Paris a affamé les quartiers laborieux. La capitulation enrage les gardes nationaux parisiens, comme les restrictions financières (suspension des soldes) qui la suivent. Les Allemands sont dans Paris. On élit l’Assemblée. Une Assemblée « rurale », où dominent les élus monarchistes, favorables à la paix et à la Restauration. Paris est la « ville rouge », celle qui a envoyé trente-six députés républicains, dont Hugo, Garibaldi, Rochefort, et même un ouvrier, Malon. La fêlure se mue en rupture entre Paris et cette Assemblée détestée. Pour ne rien arranger, Thiers devient le chef de l’exécutif. La paix est ratifiée le 1er mars. Une paix giflante : l’Alsace et une partie de la Lorraine sont laissées aux vainqueurs, des indemnités outrancières leur sont dues. Et pour couronner le tout, l’Assemblée s’installe à Versailles, ville symbole s’il en est. La Garde Nationale (presque 200 000 hommes en armes) a gardé ses canons. Canons qui vont déclencher l’insurrection. La Garde se fédère, avec un seul objectif : défendre la République. « La République est le seul gouvernement possible… La République française d’abord, puis la République universelle… Plus de dictature, d’esclavage d’aucune sorte, mais la Nation souveraine, et des citoyens libres se gouvernant à leur gré… »


Pour les Parisiens, la République se place au-dessus du suffrage universel. (À méditer…) La Première Internationale (Association Internationale des travailleurs) se joint à la fédération. Tout est prêt. Et c’est le 18 mars.

brigitte blang

 

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