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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Drôle de semaine

Publié le 22 Novembre 2009, 00:00am

Catégories : #billets d'humeur

Quelle drôle d’époque on vit ! Au hasard des quelques jours qui viennent de s’écouler, que de téléscopages bien ou moins bien venus. La semaine passée, la télé nous proposait notre patron, en multiplex sur bien des chaines. Comme on ne peut décidément pas tout voir, j’avais parié sur Ruquier. Persuadée que j’étais de sa bonne volonté à notre endroit, et surtout à l’endroit de Jean-Luc Mélenchon. Misère ! J’aurais mieux fait de me coucher avec une tisane ! C’est quoi, ces émissions soi-disant ouvertes au grand public où on le caresse dans le sens du poil, où on lui sert le brouet habituel, où on confronte à la même table un amuseur public (Amuseur ? Eh ! Pas si sûr !) et un homme politique d’envergure ? C’est quoi ces plateaux censés éclairer le débat d’idées et où très certainement un chauffeur de salle brandit un panneau «  Sifflets ! » comme le même brandit « Applose ! » sur l’enregistrement de Questions pour un champion ? On en reste bouche bée ! Et il vaut mieux, parce que sinon, on balancerait le poste, l’écran et le toutim par la fenêtre. Là, tout de même, ça valait le coup de rester éveillés pour voir ça. L’amuseur en question, Patrick Sébastien himself, LA caution intellectuelle de la tablée je présume, après quelques gauloiseries et gaudrioles dont il fait profession, des histoires de duchesse qui riment avec je ne sais plus bien quoi, a émis l’idée, là, devant la France ahurie, de créer son propre parti politique. Oui madame ! Un parti politique ! Qui se nommerait RH ou quoi que ce soit d’approchant. RH comme Rassemblement humaniste. Mazette ! Humaniste ! Comme il y va le garçon ! Avec juste ce qu’il faut de trémolos dans la voix pour que des salves d’ « applose ! » le saluent. Oui, croyait-on lire sur les visages des spectateurs, ça c’est un mec bien, qui comprend bien le peuple, et aussi qui va bien nous faire rigoler, que pendant ce temps-là, on pensera moins au chômage, au boulot qui fout le camp, au temps de travail qui rallonge et à la fiche de paie qui rétrécit, à la Sécu qui n’a plus de sociale que le nom. Voilà la solution qu’on cherchait depuis bien des années ! Le gars Sébastien, ci-devant (bien qu’il s’en soit défendu avec énergie…) soutien de Chirac, il veut nous la rejouer Coluche en 80, ou quoi ? Le débat public va y gagner, c’est sûr ! À minuit, fatiguée de tant de vacuité, je suis partie. Trop dur…

 Le lendemain éclatait L’Affaire du siècle. LE duel au sommet du PS. Un parti qui comme toute bonne boutique offre chaque jour à ses clients une occasion en or. Ici, il se passe toujours quelque chose ! L’occasion en or, cette fois, elle serait plutôt de cesser de s’afficher comme ça. Ils le font exprès ou quoi ? Tu ne m’as pas invitée à ta fête ? Bon, je viens quand même, juste pour te montrer que c’était pas bien poli de m’oublier. C’est lamentable, tout le monde se marre, et nous, on se pince pour se persuader qu’on a bien lu, bien vu… La cheftaine, elle ne dit rien, façon de montrer qu’elle est vraiment au dessus de la mêlée. Ça fait sérieux, y a pas à dire ! Il était temps qu’on parte ! Au même chapitre, on a aussi la journaliste qui quitte sa radio pour aller faire la secrétaire chez tatie Ségo. Tu parles d’une promo ! Bon, on se doutait bien un peu qu’elles étaient vraiment potes ces deux-là, à entendre les kilos de pommade qu’elle te lui passait chaque fois que Madame Royal se pointait à Inter, mais à ce point, tout de même… Des fois que le bon peuple douterait encore de l’indépendance de la presse. Et pour en remettre une couche, pendant ce temps-là, on oublie la sale farce des petits facteurs à vélo d’Alternative Post. En voilà qui ont cru au Père Noël avant le calendrier. Ils faisaient un chouette boulot, les gars : distribuer du courrier à des entreprises. Des facteurs, quoi. Pas vraiment. Plutôt comme Canada Dry. Ça en avait l’allure et presque la couleur mais ce n’était pas franchement la même chose. Une boite privée, qui contournait allègrement la loi et finalement piquait les usagers à la Poste, la vraie, la nôtre, celle pour laquelle nous nous battons. Les types, eux, ils ne voyaient pas malice, fatalement. Ils avaient trouvé un boulot, déjà. C’était pas l’Amérique, mais on ne va pas être gourmands non plus. Bref, un beau matin, ils se sont pointés, pour pointer, justement, et la clé était sur la porte, plus de vélos, plus d’ordinateurs, plus de patron non plus, comme toujours dans ces cas-là. Paraitrait qu’ils ont peur qu’on les séquestre les pauvres choux ! Les petits cyclistes, ils se retrouvent sans boulot, sans rien, et roulés dans la farine. On leur a même fait croire que c’est de leur faute si c’est arrivé. Un scandale, un vrai de vrai.

 Pour oublier toutes ces sales affaires, il ne manquait plus qu’un bon petit match de foot de derrière les fagots. Bingo ! France-Irlande que c’était cette fois. D’ordinaire, on a OM vs PSG. Là, c’était la classe au-dessus. On ne parlait que de ça pendant des jours et des lunes. On se disait : chic, c’est ce soir, après, on va être peinards. Tiens ! T’as qu’à croire ! Un de ces arpenteurs de pelouses a mis la main au ballon à ce qu’on m’a dit. Ouh la ! Ça c’est moche… Même Jean-Luc y est allé de son commentaire. Un chouïa vitriolé le commentaire, soyons justes ! Y a eu main, y a pas eu main, faut rejouer, faut pas rejouer, une affaire d’État, vous dis-je. De quoi là encore faire oublier tout le reste. Panem et circenses ! Alors, lorsque notre ineffable président a eu l’idée (Vraiment, vous le croyez capable d’avoir des idées ? J’ai comme un doute, pas vous ?) de transporter Camus au Panthéon, on a flairé la magouille. Gagné ! Là encore, ça a fait des remous, des bulles, des vagues. Chacun s’autorisant à dire que oui, ou bien que non. Camus au Panthéon, pourquoi pas, après tout. Si je peux donner mon avis, qu’on ne me demande pas, je sais, mais je le donne quand même, il y serait plus à sa place que Dumas, mais c’est perso, les goûts littéraires, non ?  Et ceux de notre président à tout faire, on les soupçonne un peu de naviguer quelque part entre le Da Vinci Code et Paul Géraldy.

 Et pendant ce temps-là, nos camarades communistes votaient… En Lorraine aussi, ils votaient. On va passer bien vite, vous voulez bien ?

brigitte blang

 

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daniel schneider 28/11/2009 15:27


Bien vu pour les socialistes . Mais on a oublié de parler des propositions de cette réunion sur l'école. Par exemple, comme rallonger l'année scolaire de 3 semaines. C'est peut-être une idée, pour
éviter les seamianes surchargées. À étidier au prochain congrès de votre parti, si vous voulez être ecoutés.


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