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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


dans à gauche

Publié le 15 Novembre 2010, 00:00am

Catégories : #dans à gauche

Au fil du combat

 

L’adoption de la réforme des retraites par le Parlement ouvre une nouvelle phase dans la contestation qu’elle a cristallisée. Personne ne sait ce qu’elle sera. Au moment où nous en sommes, en temps « normal », le pouvoir aurait dû enregistrer le rapport de forces exprimées. Retirer sa loi eût été plus prudent. Tous les gouvernements confrontés à des mouvements de cette ampleur l’ont fait avant lui, sinon la révision du projet aurait été incontournable. Or il n’a pas bougé d’un pouce. Nous n’avons aucun précédent dans l’histoire récente de notre pays pour savoir comment peut se dénouer un bras de fer où le plus faible refuse sa défaite. Il nous semble que la situation justifie une riposte d’une ampleur nouvelle. Nous faisons donc une proposition : une manifestation nationale à Paris. Cette initiative impliquerait une minutieuse préparation sur le terrain, pour collecter de l’argent et organiser les transports. Cela permettrait de continuer le travail de mobilisation et d’organisation. Bien sûr, ce sont les syndicats qui la piloteraient. La manifestation nationale est uniquement une proposition que nous leur soumettons. Elle démentirait de plus le refrain selon lequel le mouvement est fini. Car nous voyons les mobilisations éclair se multiplier sur le terrain. Et nous sentons que la lutte a tourné les esprits de notre côté. La bataille idéologique a été gagnée. Un autre paysage se présente où le partage des richesses et la lutte de la classe ouvrière ont retrouvé une place centrale. Cela nous donne les moyens d’être audacieux.

affiche_socialisme.jpgJusqu’ici, le PS avait une stratégie face à l’émergence du Parti de Gauche : ne jamais prononcer son nom. Cela donnait lieu à des numéros de déni dont il faut dire qu’ils étaient souvent cocasses. Le ridicule a eu raison de cette posture. Depuis quelques jours les dignitaires du PS admettent notre existence. Mais c’est pour tenir à notre sujet des propos graves et incohérents. La palme de l’ignoble revient à Huchon, qui déclare à propos de Jean-Luc Mélenchon : « Son langage est proche de celui de l’extrême-droite, mais c’est plus grave que Le Pen ! Il incarne le populisme d’extrême-gauche. » Outre l’insulte abjecte dont il devra répondre, Huchon délivre au FN une amnistie complète pour son idéologie et prétend que l’extrême-droite vaut mieux que l’extrême-gauche. Il mérite le titre de meilleur ami  de Le Pen. Ces propos dans l’Express n’ont pas été démentis par Huchon ni regrettés par le PS. Nulle part la presse ne s’est indignée de ce « dérapage » doublé d’une injure. Puis Manuel Valls déclare au Parisien, toujours à propos de Jean-Luc, que « son langage et son comportement sont dangereux pour la démocratie », peu de temps après avoir dénoncé la « mélenchonisation des esprits ». Celui qui déplorait que son parti fasse preuve d’« antisarkozysme obsessionnel » fait preuve de moins de retenue à notre égard. Il ne suinte pas la haine bovine d’un Huchon mais la petite musique est la même. Nous exigeons donc une mise au point de la direction du PS. Que signifient sinon les protestations d’unité de Hamon s’ils s’adressent à des personnes dites dangereuses pour la démocratie ?  Que signifient les appels à se rassembler derrière le PS, si celui-ci est en tête au premier tour, alors que Huchon dit clairement son refus de voter pour notre candidat si c’est lui qui l’emporte ? Notre combat pour la révolution citoyenne exprime le refus du peuple à se soumettre plus longtemps aux belles personnes qui le persécutent. Celles-ci tentent de nous disqualifier en retour. Il est temps que le PS clarifie le côté où il se trouve.

 François Delapierre

 

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