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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


comme au cinéma

Publié le 10 Avril 2015, 23:00pm

Catégories : #histoires et histoire

images-7-844101.JPGC’était le 14 juillet 2011. À la Bastille, et alors que les armées défilaient sur les Champs-Élysées, avait lieu un rassemblement contre la xénophobie et la politique du pilori. Nous y étions, avec notre amie Danielle Simonnet.

On était arrivés bien avant, et assis à la terrasse du bistrot qui fait le coin, on a vu arriver les invités. Et l’un d’entre eux est venu s’asseoir à côté de nous.

Un vieux petit monsieur, doux et gentil. On a discuté un bon moment. Il m’a raconté qu’il était né le jour où on assassinait Jaurès. J’ai vite fait le compte. Waouh ! Ça lui faisait donc 96 ans ! Un jeune homme de 96 ans. Un siècle d’histoire, résumé dans un regard si tendre. On a bien critiqué la gabegie de fric dans ce déploiement de forces d’un autre âge. Les Rafale et les Mirage nous assourdissaient la conversation. Les chars passaient devant nous, regagnant leurs casernes. Ça l’a rendu mélancolique.

On a parlé cinéma, ça s’imposait. L’Armée des ombres et Melville, et aussi Claude Berri. Il trouvait que Daniel Auteuil avait été très bien. Et puis, j’ai essayé de l’embarquer sur des chemins plus politiques. À gauche, bien sûr, même si ce n’était pas tout à fait la même que la mienne. Résister, a-t-il dit, se conjugue toujours au présent. Ça m’a bien allumé la souvenance.

En 2001, déjà, quelqu’un d’autre m’avait dit ça. Elle s’appelait Lucie. Avec mes troisièmes, nous l’avions rencontrée le 8 mai 2001 à la réception du ministre des Anciens Combattants. Jean-Pierre Masseret nous avait invitées. Et c’était elle l’héroïne de la soirée. C’est ce soir-là qu’elle avait passé le message, disant à mes petites qu’il leur faudrait toujours lutter pour n’avoir jamais besoin de combattre comme elle avait dû le faire. Elle avait ajouté qu’elle n’avait aucun mérite, que la lutte contre le nazisme était une évidence pour qui avait un minimum de lucidité. Et là, justement, elle avait ajouté, juste pour moi (je vous le promets !) : « Résister se conjugue toujours au présent ! »

Ce 14 juillet, à la Bastille, comme à son mari inconsolé je disais le prénom de ma petite fille chérie, Lucie, il m’a regardée, l’œil malicieux. « Quel beau prénom ! Je vous souhaite qu’elle soit une aussi magnifique personne que la mienne. »

Juste le temps d’effacer une larme au fond de mes yeux. Et je l’ai aidé à se lever de sa chaise. On l’attendait là-bas, sur la place. Où il ne viendra pas le 31 juillet 2014, comme il me l’avait promis.

Je ne referai pas son parcours ici. D’autres sauront mieux, à l’évidence. Mais je garderai à jamais ces instants-là, quelque part au fond du cœur. Un vent de conscience était passé dans ma toute petite vie. J’avais croisé l’Histoire, pour la deuxième fois.

Merci monsieur Aubrac.  

brigitte blang

(photo rémy blang 14 juillet 2011 à la Bastille)

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le mouvement de la paix 12/04/2012 17:16



Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il fut de celles et de ceux qui, aux côtés de grands intellectuels et Résistants comme Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Yves Farge et de scientifiques
de renom comme Frédéric Joliot-Curie, décidèrent de placer l'action pour la paix et la liberté entre les mains des citoyens.


Le Mouvement de la Paix tient à rendre hommage et à saluer la mémoire de Raymond Aubrac qui a déposé les statuts de l’association « Les Combattants de la Liberté » à la préfecture de
Paris le 22 février 1948. Issue de la diversité des mouvements de résistance, cette association s’appellera par la suite le Mouvement de la Paix.


Depuis, Raymond Aubrac ne s’est jamais éloigné de cette vision dynamique de l'engagement collectif pour les grandes causes. Le Mouvement de la Paix s’incline avec un profond respect devant ce
parcours remarquable. Alliant l’engagement citoyen, la dignité et le courage lors d’événements historiques dramatiques, il a contribué à les transformer en issues porteuses d’espoir et de
paix : la Résistance et la Libération, la guerre d’Indochine débouchant enfin sur des accords de Paix.


 Jusqu’à son dernier souffle, il a été à l’écoute des nouvelles générations, pour leur transmettre ses convictions de paix, de lutte contre le racisme et pour les engager à poursuivre les
idéaux de démocratie et de société solidaire que portait le programme du Conseil National de la Résistance.
Toute la vie de Raymond a été marquée par cet engagement humaniste aux côtés de Lucie, sa compagne de vie et de lutte, qui disait si bien : « Le mot Résister doit toujours se
conjuguer au présent ».


Le Mouvement de la Paix adresse ses plus sincères condoléances à ses enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants, ainsi qu’à ses nombreux amis.



Le Mouvement de la Paix
Paris, le 11 avril 2012


 

clémence 12/04/2012 08:37


Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre, à ta place.
Comme l’a dit Lucie Aubrac : « résister se conjugue au présent ».
Raymond Aubrac nous a quittés, sortons de l’ombre pour tenir le poste de combat.


Jean-Luc Mélenchon

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