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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Chefs d’œuvre en péril…

Publié le 6 Février 2011, 00:01am

Catégories : #école

 

À l’origine était le Musée pédagogique, né à Paris sous Jules -cole-ceinture.jpgFerry (et grâce à Ferdinand Buisson, excusez du peu…) en 1879, et installé à Rouen depuis 1980.  En 1976, ce musée-là fait souche et l’INRP voit le jour. En clair, l’Institut national de recherche pédagogique, superbe boite à outils au service de l'éducation et de la formation. Un lien obstiné et efficace d’échanges et de partage  entre la recherche et l’action, la pensée et les savoir-faire, l’abstraction du laboratoire et le terrain concret d’expérimentation : la classe. Cet instrument, on l’avait installé dans les murs de l’École Normale Supérieure à Lyon. Déjà, en ce temps-là, la fronde avait été sévère, mais bon, la machine ne perdait ni son nom, ni ses boulons, on pouvait continuer à chercher, à diffuser les bonnes trouvailles, à tracer des pistes pour améliorer la vie des enseignants, et celle des élèves, pendant qu’on y était, ils sont tout de même un peu concernés… Tout ça marchait plutôt bien. Des directeurs de talent se succédaient (au hasard, Francine Best, Annette Bon). C’était une époque où on ne craignait pas les mots qui fâchent : inventions, innovations, expériences, et même on les aidait, en favorisant leur implantation dans les écoles, les collèges. On rendait la vie plus belle à l’École. En un mot, on faisait ce qu’il faut, sans gabegie, sans gaspillage. Jusqu’au jour où dans la tête d’un comité Théodule est née l’idée que tout ça, ça ne devait pas servir à grand-chose, que ça coûtait bien des sous, et que, oui, selon l’Évangile de Sainte Rentabilité, les dépenses, ça commençait à bien faire, et que la RGPP, ça ne collait pas trop avec ces instituts-là, où mijote le jus de crâne, sans rendement immédiat. C’est ainsi qu’un beau matin de décembre 2010, on a dissous l’INRP. Dissous, comme ça, d’un trait de plume. Dilué dans l’École normale supérieure de Lyon, à compter du 1er janvier 2011. En oubliant bien sûr de demander leur avis aux intéressés, qui apprennent la bonne nouvelle par une dépêche de l’AFP, en gommant au passage du Code de l’Éducation la moindre mention de l’existence d’une Recherche en Pédagogie. Tiens, en même temps, souvenons-nous, on supprimait la formation initiale des jeunes enseignants. Paraitrait qu’il n’y aucun rapport entre les deux phénomènes… On veut bien, mais on a quand même un doute… À peu près dans ces eaux-là, on a vu aussi éclore le projet de déménagement du Musée de l’Éducation. De Rouen à Lyon, aussi. Logique, on pourrait dire. Sauf que la Région (de gauche…) et la mairie (de gauche…) viennent d’investir 6 millions d’euros dans la rénovation des locaux. Vous avez dit gabegie ? Il semblerait, en effet. Mais peut-être pas là où on nous la dénonce.

 Tout le monde s’y est mis : syndicats, FCPE, élus locaux, tout le monde. En vain. Même le Conseil supérieur de l’Éducation, un repère de dangereux gauchistes, comme vous le savez ! a voté contre, à une majorité écrasante (par 49 voix contre 9) Seul a compté le mépris criant d’une décision arbitraire. Où sont la concertation, la réflexion préalable, le respect simple des personnels impliqués dans un projet rationnel ? Quid des actions en cours ? Nous savions déjà que les économies budgétaires étaient plus importantes que la qualité de l’enseignement en France. Nous n’imaginions pas qu’elles avaient pris cette ampleur décisionnelle.

 

« Moins on travaille sur l’éducation, mieux elle se porte »  concluait Antoine Prost dans une tribune du Monde, l’été dernier. La suite lui prouva que oui…

 

brigitte blang

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