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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


chacun ses références...

Publié le 17 Décembre 2009, 00:00am

Catégories : #chez jacques en aveyron

Notre camarade Jacques Serieys, du PG en Aveyron, oriente notre regard vers des propos du premier ministre, qui ne peuvent que donner à réfléchir. Les références à Bainville, c’est un peu costaud, et après l’identité nationale, le soutien aux suisses mauvais votants, les auvergnats de Hortefeux et les girondins de Chirac, que va-t-on bientôt voir placarder sur les murs des cités ? Il fallait oser, ils osent, c’est même ça qui fait leur force. Pour me remettre les idées en place, je suis allée faire un petit tour sur le site de l’Action Française. Ça vaut le détour, sérieux. Allez-y, vous n’en reviendrez pas !ac t fçse rép

 

Jacques Bainville était un historien proche de Maurras, ainsi que dirigeant de L’Action Française, responsable de la rubrique des relations internationales dans le quotidien portant ce nom.

Cette organisation et son journal employaient par exemple le terme « la gueuse » pour désigner la République.

Les étudiants de l’Action française à l’université d’Assas se réunissent dans le cadre du « Cercle Jacques Bainville ».

C’est le cortège funèbre de Jacques Bainville (13 février 1936) qui cassa les vitres de la voiture de Léon Blum, commença à le frapper, le blessa, avant l’intervention d’ouvriers d’un chantier voisin.


Pour se faire une idée plus précise de Bainville, voici un extrait d’un de ses admirateurs André ROUSSEAUX :

«  Les œuvres de la fidélité aux êtres et aux choses ont paru à Jacques Bainville ce qui est le plus digne d’être admiré, cultivé, préservé. Elles s’appellent nation, monarchie, capital, bourgeoisie… Il était conservateur, en un sens très élevé que ce mot a trop peu souvent : celui par où l’homme qui conserve les œuvres qu’il a reçues répond à l’amour et à la foi qui ont inspiré ceux qui les ont faites ».


Or, voici la déclaration de François Fillon, premier ministre de la 5ème république :

«  BAINVILLE disait que ce qui était remarquable chez Jeanne d’ARC, ce n’était pas d’avoir délivré Orléans, mais d’avoir reconnu le dauphin et d’être tombée à genoux devant lui.

«  Je crois effectivement que l’identité française se reconnaît à ce dialogue de l’orgueil et de l’abnégation, à cette alternance entre les guerres intestines et les élans d’unité, à ce tiraillement bien français, et finalement fécond, entre la passion du « je » et la nécessité du « nous ».

Source : http://www.gouvernement.fr/premier-...


Remarques :

La première phrase a certainement pour Fillon seulement l’intérêt de pouvoir placer trois références identitaires de la droite traditionnelle : Bainville, Jeanne d’Arc et un miracle permis par Dieu.

La deuxième phrase n’a rien à voir avec la précédente. Elle est fondée sur un essentialisme psychologique des « Français » qui seraient pétris à la fois d’orgueil et d’abnégation, d’individualisme et d’élan collectif. Une sacrée bêtise mais encore une fois bien dans la tradition idéologique de droite !

En tout cas, je trouve particulièrement scandaleux qu’un premier ministre fasse ainsi référence positivement à Bainville

Jacques Serieys

 

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