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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


c'est pas aux Marquises !

Publié le 6 Novembre 2010, 00:01am

Catégories : #des nouvelles de la droite

Arros et les 10 000 uséscuincy gérard

par Gérard Filoche, inspecteur du travail

 

Un grand magazine publie un reportage sur l’île d’Arros, possédée dans les Seychelles par Mme Bettencourt, et raconte qu’au cours de ses quatre séjours annuels, en plus de ses proches, de sa coiffeuse et de ses 17 domestiques locaux, elle emmenait son médecin urgentiste personnel et qu’elle avait fait aménager la piste d’atterrissage de nuit en cas de souci de santé. Ça, c’est de la prévention !

Mais, pour que cette milliardaire dispose de tant de moyens, il fallait bien qu’elle les prenne à d’autres. Alors elle s’est payé des hommes politiques dont le job était de baisser ses impôts tout en pressurant le petit peuple, tiens ! par exemple, en supprimant les médecins du travail.

 Mme Parisot, réélue chef du MEDEF voudrait, contre l’avis de huit syndicats sur huit, en finir avec les visites médicales préventives liées à la santé du travail : une fois tous les trois ou quatre ans suffirait et seulement dans les secteurs dits « à risques », il y aurait des « intervenants en santé au travail » en lieu et place de médecins, ces derniers ne seraient même pas protégés.

Déjà que la médecine du travail n’était pas indépendante, que sa fonction avait été réduite en même temps que ses effectifs et ses moyens, le MEDEF se propose donc de l’achever carrément. Ce qui a un goût particulier, lorsque M. Woerth, le ministre visiteur du soir et mari de l’ex-employée de Bettencourt, se propose de soumettre l’examen de la pénibilité au travail « au cas par cas » à des « commissions tripartites patronat, médecine du travail et syndicats » pour sélectionner les quasi-invalides qui pourront, de façon anticipée, aller du boulot au tombeau. M. Woerth a décidé dans son projet de loi pour piller nos retraites qu’il n’y en aurait pas plus de 10 000 par an. Les places seront chères pour ces « usés » au boulot avant le nouvel âge légal, 62 ans, ou l’âge à taux plein, 67 ans : il faudra 20 % d’incapacité. Pauvre ouvrier du bâtiment dont les poumons ne seront remplis qu’à 18 % de poussière : il ne partira qu’en corbillard.

C’est pourquoi 1 100 acteurs de la santé au travail, 550 médecins et 550 inspecteurs et contrôleurs du travail ont lancé un « appel » très unitaire, déjà signé par 20 000 syndicalistes pour défendre la belle médecine du travail de prévention indépendante, créée en 1946. Sur cette base, ils viennent de publier une lettre ouverte au ministre du Travail, dans laquelle ils demandent  à être reçus. « Le comble du cynisme serait de coupler l’annihilation d’une prévention indépendante du patronat, seule garante de l’efficacité, au détournement de l’activité des médecins du travail à des fins de tri et de sélection des salariés, comme cela est prévu dans la réforme des retraites. »

(photo prs57 cuincy 2006)

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