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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Audrey, pour la presse

Publié le 26 Avril 2010, 23:00pm

Catégories : #médias

Les salariés de Presstalis ont raison : ils luttent pour la liberté de la presse !

presse-velo.jpgLe Parti de Gauche soutient les salariés de Presstalis car leur lutte pour sauvegarder leurs emplois défend la liberté d'expression et d’opinion de la presse.

Presstalis, ce sont les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP). C'est-à-dire l'entreprise qui depuis la Libération permet la diffusion nationale de tous les journaux nationaux, quel que soit leur rythme de parution (quotidiens, hebdomadaires, mensuels…), leur tirage et les capacités financières de diffusion de leur éditeur.

Ceci est rendu possible grâce à l'un des acquis du Conseil National de la Résistance, qui à la Libération a mis en place les NMPP (aujourd'hui Presstalis) dans l'objectif parfaitement clair de protéger « la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères. ». Un regroupement de coopératives met en œuvre depuis cette date une péréquation entre les éditeurs de manière à ce que toutes les parutions bénéficient de la possibilité de distribution sur l'intégralité du territoire national.

Les salariés de Presstalis entrent en grève dès ce jour en raison d’un rapport remis (car commandé) par François Fillon : le rapport Mettling. Les salariés de Presstalis demandent un moratoire sur les suppressions de postes suite à la remise du dit rapport qui va de plus entraîner d'autres mesures d'ampleur. En effet, selon ce rapport, en 2010, l'entreprise aurait besoin de 125 millions, dont 90 millions resteraient à financer. Pour ce faire, le rapport propose notamment de fermer la filiale parisienne de Presstalis, soit la suppression de 250 postes, et de mettre à bas le système de péréquation. Autrement dit, la logique financière l'emporterait sur la logique de la liberté de distribution et donc la liberté d'expression de la presse. En effet, les « grands éditeurs » tels que, par exemple, Hachette (actionnaire à 51% de Presstalis et contributeur récalcitrant à la péréquation…) préfèrent ne pas verser leur quote-part au panier commun de la péréquation pour reverser cet argent à leurs actionnaires. Pourtant, c'est bien grâce à cette péréquation que des journaux, tels que l'Humanitéjournaux grève ou Politis par exemple, peuvent aujourd'hui encore être distribués nationalement. En effet, avec la disparition de Presstalis et de la péréquation, autant les journaux édités par Hachette pourront être affrétés par les prestataires de fret choisis par Hachette, autant Politis ou l'Humanité, par exemple, ne pourront pas assumer en propre leur distribution nationale. Notons par ailleurs qu'un plan de modernisation des NMPP en 1994/1997 a déjà permis de réaliser une économie de 120 millions par an… au bénéfice des seuls éditeurs et sur le dos des salariés, puisque près de 70% des effectifs des NMPP ont disparu. Ça suffit comme ça !

La lutte des salariés de Presstalis est une lutte qui nous concerne tous : c'est la défense de centaines d'emplois menacés. Cette lutte c'est celle pour la défense de la liberté de la presse, et la défense de la liberté syndicale.

Audrey Galland

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