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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


au Mur...

Publié le 27 Mai 2014, 23:00pm

Catégories : #histoires et histoire

Ce jour-là a définitivement sonné le glas de la Commune. Allez vous balader au Père Lachaise, du côté du Mur des Fédérés, vous verrez cette plaque au pied de laquelle révolutionnaires et socialistes se retrouvent chaque année à cette date. Pas bien loin, juste en face, la tombe de Jean-Baptiste Clément, toujours ornée de cerises, puis en remontant, les monuments en mémoire des déportés, mais aussi celui de l’Affiche rouge, vers d’Aragon gravés dans le granit, un beau quartier, en vérité. Ce jour-là, au bout du cimetière, les Versaillais ont cru porter le coup de grâce à une belle idée : celle de la Commune de Paris. Seulement cru. Assassine-t-on la Liberté et la Fraternité ? Ce jour-là, le long de ce mur, mourront  147 communards. Ce jour-là, provisoirement, la réaction aura vaincu le peuple. Thiers avait rêvé de saigner la  Commune et la classe ouvrière. Ce fut fait ou presque. Mais on ne pourra pas passer en pertes et profits les cadavres humiliés par les bourgeoises en goguette, les photos de cercueils ouverts, comme à la foire, les déportés et les proscrits, les enfants arrêtés, les femmes fusillées, souvent après d’expéditifs procès, les prisonniers de Brest et de Cherbourg arrimés à des pontons, on ne pourra pas non plus oublier Louise, Louise Michel, qui voulait éduquer les filles -parfois contre des théoriciens qui n’avaient pas compris grand-chose !- et empêcher le travail des enfants, chère Louise !, ni Vallès, ni Courbet, ni Varlin le relieur fusillé rue des Rosiers, ni la guillotine brûlée devant la Mairie du 11ème, ni les francs-maçons plantant leur étendard  sur une barricade pour évacuer les blessés, avant de rallier l’insurrection, ni le décret proclamant l’enseignement laïque, on n’oubliera pas que cette révolution fut celle des travailleurs, des ouvriers, des journalistes, des artistes, des femmes aussi, et des enfants, mais certainement pas celle des politiciens… On n’oubliera pas les chiffres, les chiffres terribles qui parlent tout seuls, implacables constats de la barbarie de droit : 30 à 50 000 fusillés pendant la « Semaine Sanglante » qui s’achève le 28 mai, 40 000 prisonniers, 4000 déportés dont la plupart ne reviendront pas, des chiffres beaucoup plus sanglants que ceux de la Terreur (3000 exécutions), qui pourtant passe toujours dans les manuels d’Histoire comme l’exemple de la vengeance aveugle. C’est la fin de la Commune de Paris, dont  seuls certains se souviennent encore, à la fin du mois de mai, quand revient le Temps des Cerises.

Mais pour nous qui gardons au cœur cette utopie magnifique, cette « plaie ouverte », il est plus que jamais temps de chanter ensemble, plus que jamais, l’époque nous l’impose : « Tout ça n’empêche pas Nicolas, qu’la Commune n’est pas morte » et « qu’ils sentiront sous peu Nom de Dieu, qu’la Commune n’est pas mo-o-orte ! »

brigitte blang

 

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