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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


au cinéma ce soir

Publié le 6 Avril 2014, 23:00pm

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

7 avril 1933 : sortie de Zéro de conduite

C’est un pensionnat. Avec des enfants qui s’ennuient ferme et des adultes qui n’y comprennent rien. Tout commence par une réplique un peu verte lancée par un gamin à un professeur pas bien avenant. Lequel va le condamner à ce si fameux Zéro de Conduite. Alors, les élèves embarquent pour leur première révolte, et on devine assez vite qu’il y en aura d’autres.

On est au début des années 30. Ces gamins-là ne sont pas des délinquants, on n’est ni en prison, ni en maison de redressement. On est au lycée. Mais la discipline et le respect de l’institution sont des valeurs qu’on ne foule pas facilement au pied, et surtout pas à l’école. Alors bien sûr, un film comme celui-ci où on se bat à coup de polochons, où on bombarde les officiels d’objets divers depuis le toit de l’école  et où pour finir on brandit le drapeau noir, fait grincer bien des dents. Il est dangereux de montrer la désobéissance au peuple. Et bien plus encore lorsque les mutins portent des culottes courtes ! De plaintes en protestations les organisations bien pensantes et les ligues de vertu vont le faire interdire. Par une commission de censure qui ne prend même pas la peine de le voir ! Et toutes ces scènes de rébellion joyeuse et fraiche vont devoir attendre 12 ans pour être vues du public. Encore leur auteur n’est-il plus là pour s’en réjouir. Il est mort de septicémie foudroyante, à 29 ans… 11 ans plus tôt. Certains artistes sont comme des étoiles filantes : plus ils sont brillants, plus ils disparaissent vite.

Un film libertaire, voilà ce qu’est Zéro de Conduite. Un film qui donne raison aux enfants face aux adultes, ce n’est pas banal. Sauf peut-être chez Chaplin. Ou chez Truffaut. Les gamins insoumis de ses 400 coups sont les cousins de ceux-là, qui font voler les plumes au dortoir, comme dans un rêve, et décrètent l’insurrection en s’enfuyant à travers champs. Vigo, dans son œuvre trop brève, proclame son refus du conformisme, de l’autorité, rendant ainsi hommage aux idées d’un père anarchiste, « suicidé » en prison, par cet hymne à la subversion, fût-elle enfantine.  Subversion poétique, presque surréaliste, camouflée dans un jeu d’ombres qui préfigure les effervescences des lendemains si proches.

brigitte blang


 

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