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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Anniversaire…

Publié le 4 Mai 2011, 23:12pm

Catégories : #histoires et histoire

C’était il y a 30 ans. Dans la prison de Maze, après 66 jours de grève de la faim, Bobby Sands le leader de l’IRA meurt à 27 ans.

bobby-sands-mur.jpgQue sait-on de ce jeune homme, sinon que Margaret Thatcher a eu raison de lui ? Raison de sa vie, mais pas de ses idées, ni de la détermination de ses compagnons. 9 ans plus tôt, on l’arrête pour détention d’armes, à Belfast. Aussitôt, on le juge et on le condamne à 5 ans de prison. C’est là, justement, que la cause irlandaise devient SA cause. Il écrit. Des poèmes et aussi des tribunes politiques. Il se met à parler le gaélique. Et, comme bien souvent, à peine libéré, retour à la case prison, pour 14 ans cette fois.

C’est à peu près à ce moment-là que les prisonniers de l’IRA se voient traités en droit commun. Toutes les luttes de Bobby vont alors se concentrer sur cet aspect des  lois. Leurs demandes ? Oh pas grand-chose. D’abord et avant tout, ne pas porter l’uniforme carcéral. Et puis pouvoir recevoir des lettres et en envoyer. Comme tout leur est refusé, débute alors le blanket protest (la revendication des couvertures). Il s’enroule dans ses couvertures, puis vit nu, sans se laver. Déchéance suprême, pour l’autorité politique.

Et lorsqu’en 1979, Thatcher arrive au pouvoir la discipline dans les prisons devient implacable. Les humiliations physiques succèdent aux vexations morales : jet d’eau, fouilles à corps très poussées, rasage imposé, violences multiples. Alors, Bobby et huit de ses camarades vont démarrer une grève de la faim sans limites. Tous vont mourir entre mai et octobre 1981. Tous. Avant d’avoir vu qu’ils ont gagné. Ou presque. Le gouvernement finira par céder, par accorder des droits aux militants de l’IRA incarcérés. Mais jamais ils n’obtiendront le statut de prisonniers politiques.

Le réalisateur Steve Mac Queen, dans son film Hunger, a raconté cette marche au supplice, ce martyr consenti. Rien n’y est occulté. Ni la mort, ni la lutte corporelle, ni l’audace ce combat inhabituel. Si vous le croisez quelque part en passant, ne le ratez pas. C’est un vrai morceau d’histoire contemporaine. Dont on a trop peu parlé par chez nous. Pour cause de campagne électorale qui se terminait comme on le sait. Mais une histoire qu’on n’a pas le droit d’oublier. Peut-être surtout parce que, ces temps-ci, on nous refait le coup de la nostalgie thatcherienne. Et qu’il ne faut pas oublier ce que ça cachait, l’expression «  Dame de Fer ».

brigitte blang

 

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romane 20/08/2011 18:14



Bobby Sands n’était pas un personnage mystique et narcissique. C’était au contraire un militant intelligent et rationnel, un
écrivain, un poète, un musicien. Dans ses écrits de prison qu’il nous a légués, il affirmait : « Je ne suis qu’un gars de la classe ouvrière, du ghetto nationaliste, mais c’est la
répression qui crée l’esprit révolutionnaire de liberté. Je ne cesserai mon combat que lorsque j’aurai achevé la libération de mon pays, que lorsque l’Irlande sera devenue une république
souveraine, indépendante et socialiste ».


Dix membres de l’IRA ont mené la grève de la faim jusqu’au bout :


Bobby Sands, 27 ans, 66 jours de
jeûne (1er mars-5 mai 1981) Francis Hughes, 25 ans, 59 jours (15 mars-12 mai 1981) Raymond McCreesh, 24 ans, 61 jours (22 mars-21 mai 1981) Patsy
O’Hara, 23 ans, 61 jours (22 mars-21 mai 1981) Joe McDonnell, 29 ans, 61 jours (9 mai-8 juillet 1981) Martin Hurson, 24 ans, 46 jours (28 mai-13 juillet
1981) Kevin Lynch, 25 ans, 71 jours, (23 mai-1er aout 1981) Kieran Doherty, 25 ans, 73 jours (22 mai-2 août 1981) Thomas McElwee, 23 ans, 62
jours (8 juin-8 août 1981) Michael Devine, 27 ans, 60 jours (22 juin-20 août 1981).


 



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