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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


à la télé mercredi soir

Publié le 3 Octobre 2010, 23:12pm

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

Peut-être ne savez-vous pas trop quoi faire de votre soirée, mercredi ? Figurez-vous que j’ai une idée, et même viv-et-morts.jpgqu’elle est bonne. Voilà, ça s’appelle Les Vivants et les Morts, au départ, c’est un grand roman de Mordillat et à l’arrivée, ça va certainement faire date dans l’histoire de la télé. De la bonne télé, ça s’entend ! C’est Mordillat soi-même qui s’y est collé. Ça ne peut donc qu’être réussi. On aime à le croire.

 En vitesse, si tant est qu’on peut raconter cette somme « en vitesse », un aperçu de ce qui vous attend. Ici, on va juste évoquer le bouquin, puisque le film, on ne le verra que mercredi. Attention, il nous sera débité en tranches, ce sera un rendez-vous hebdomadaire, comme les sagas d’avant, les feuilletons qui ont fait la gloire de Sue et de tous les autres. Et de la chouette télé de quand on était petits.

Ça se passe dans le Nord, mais ça pourrait tout aussi bien être la Lorraine, tiens, au hasard ! C’est une usine, elle va fermer. Il y a de gros, très gros intérêts financiers là-dessous, on s’en doute. Des types qui jouent avec les vies, des types qu’on ne voit jamais, pour de bon, aux infos de 20 h. On préfère nous montrer les ouvriers qui démontent les machines et menacent de tout faire sauter, c’est plus spectaculaire, certainement… Les vrais coupables se planquent au fond des bureaux capitonnés, sourds aux larmes qu’ils font verser. Autour de ce théâtre humain, on va suivre les personnages, un jeune couple, un chef d’atelier, les copains, les camarades de boulot, tout ce qui vit, respire, aime et meurt, peut-être, dans une cité ouvrière. Les vivants, qui résistent. Qui résistent aux morts, ceux qui ne vont pas plus loin, ceux qui acceptent, ceux qui se résignent. Même si on a mal pour eux, on sait d’instinct où est la grandeur. Mordillat, on peut compter sur lui pour respecter ses héros, qui n’en sont pas. La lecture, il y a quelques années de ça, m’avait déjà impressionnée. La classe ouvrière en héroïne, alors que depuis si longtemps on n’ose même plus l’appeler par son nom. La classe ouvrière désespérée, et qui n’a pas grand-chose à perdre. Et qui a bien raison de le faire savoir. On a envie de les rencontrer, de les connaître, les Dallas, les Rudi, les Armand, les Lorquin. On a envie de faire un bout de route ensemble. Et on n’aura pas besoin d’aller bien loin pour ça. Dans nos vies, on a tous rencontré ces gars-là, on leur a parlé, on a soutenu leurs luttes, ou même ce sont nos parents, nos frangins, nos cousins. On les connaît, on va le suivre ce « feuilleton » du 21ème siècle, et je vous parie ce que vous voulez qu’on aura un mal de chien à les laisser après le 8ème épisode… Ce n’est jamais misérable, car ceux-là ne veulent toujours pas laisser le monde les étouffer et leur lutte est noble et déterminée et pourtant si banale…. Certains n’y verront qu’une plongée somme toute exotique dans un monde qui n’existe plus et ils auront bien tort, car leur histoire est éternelle, c’est une histoire sans fin.

brigitte blang

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françois savin 05/10/2010 15:14



Pourtant, Aurélie Filipetti a écrit les derniers jours de la classe ouvrière. Elle sait quand même de quoi elle parle puisqu'elle est née là-haut.



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