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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


à gauche, vraiment ?

Publié le 21 Mai 2011, 23:00pm

Catégories : #front de gauche

La campagne des présidentielles pour le Front de Gauche va être dure, entendons qu’on ne lui fera aucun cadeau et que tous les coups seront permis. Cela a déjà commencé et l’explication en est simple : l’oligarchie va avoir de plus en plus peur. Comment pourrait-il en être autrement si tous les repus d’une société sans pitié pour le plus grand nombre perdent, avec les révolutions arabes, les manifestations en Espagne sans précédent dans leurs revendications, les grèves générales reconduites régulièrement en Grèce… leurs certitudes que leur société, celle qui les gave, peut du jour au lendemain être remise en cause. Quel rapport avec le Front de Gauche ? Examinons ce qui se passe depuis la mise hors jeu de Strauss-Kahn. 

television.gifJeudi 19 mai, Elkabbach transforme sur Europe 1 ce qui devait être une interview de Jean-Luc Mélenchon, même pas en débat, mais en tribune de sa propre personne, mêlant l’arrogance et l’insulte : « vous dites des bêtises ». Il faut le comprendre ses amis, la droite et les sociaux libéraux viennent de perdre leur candidat, celui qui devait, sondages faisant règle de loi, écraser tous ses adversaires. Mais il ose dire c’est vous Mélenchon qui devez être ennuyé. En gros : « DSK était votre bête noire, comment allez vous faire maintenant ? » Argument d’une mauvaise foi insigne repris encore ce vendredi dans le Parisien. Mauvaise foi insigne car jamais le Front de Gauche n’a réduit son combat pour le socialisme à DSK mais bien à tous ceux qui soutiennent la politique du FMI et de l’Unio n européenne au service de la finance internationale. Ce sont les journalistes à leur solde comme Elkabbach qui n’ont cessé de poser en particulier à Jean-Luc Mélenchon la question récitée par cœur pour justifier le vote utile : « mais que ferez vous au deuxième tour, assurés que nous sommes que DSK arrivera en tête ? » La réponse évidente, toujours la même puisque c’était toujours la même question : « même si je le voulais comment les salariés, les gens de gauche iraient voter pour celui qui est à la tête de la machine à broyer les peuples qu’est le FMI ? »

La belle opération DSK, un personnage à la stature internationale, certes archi-millionnaire mais ayant sa carte du parti socialiste en poche, participant — rentrez bien cela dans votre tête — au « sauvetage » de l’Irlande, de la Grèce… et rempart contre le Front national qu’on gonfle à longueur de colonnes et d’images télé, tombe à l’eau. Alors bas les masques. De Sarkozy à Merkel, la même affirmation pour se rassurer : on a plein de remplaçants potentiels, en Europe et en France, pour le premier, et on apprend que Christine Lagarde ancien pivot du plus grand cabinet d’affaires américain, sous la menace d’être plombée par l’affaire Tapie remplacerait à merveille DSK. Mais n’est-ce pas pour reprendre une terminologie à la mode chez ces politiciens, le même job ? Alors le job de DSK c’était bien celui que dénoncent le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon. Oui, l’oligarchie perd son meilleur cheval et en plus elle est obligée d’avouer plus qu’implicitement le rôle véritable du FMI.affiche_socialisme.jpg


Hollande comme plan B ?

Bien sûr elle a un plan B, puisqu’elle ne peut plus faire confiance à Sarkozy. Depuis quelques mois, on a trouvé un profil différent de celui de DSK pour une même politique. On le jugeait incapable quand il dirigeait le parti socialiste, il devient non seulement sympathique, proche des réalités mais présidentiable, sondage, là aussi, à l’appui. Le problème c’est que le parti socialiste avec l’affaire DSK en a pris un coup dans l’aile, surtout avec des primaires aux résultats et aux effets imprévisibles. Mais on ne manque pas de savoir faire. A travers DSK c’est le parti socialiste qui serait visé, DSK serait victime d’un complot qui viendrait de l’Elysée. Nouveau recours au sondage : 57% des français le pensent. Bien entendu, qu’on ne sache rien de ce qui s’est passé dans ce Sofitel de New York, en tout cas moins que le procureur qui met le directeur du FMI en examen pour tentative de viol, ne gêne pas ses amis qui se voyaient déjà ministres, et qui vont être obligés de se choisir un autre ami. Certes, le transfuge vers Hollande ne sera pas un problème, cherchez la feuille de cigarette qui sépare leur politique. Mais les places vont être chères et certains coups ont fait mal.


Et l’Espagne se réveilla…

Décidément depuis quelque temps l’oligarchie a du souci à se faire. En Espagne on ne veut plus d’elle, de ses représentants, de ses institutions. Dans cinquante grandes villes la jeunesse occupe les places, un mot d’ordre revient : on ne veut plus de ces deux partis dominants, l’Alliance populaire à droite et le PSOE à gauche. Et la gauche de la gauche fait son chemin. Le Figaro lui-même est obligé de faire le rapprochement avec l’Argentine ruinée par Le FMI et qui en 2001 a eu un sursaut du même type. L’expression qui spontanément fut reprise par tout un peuple mais que le journaliste de Figaro ignore volontairement était « Que se vayan todos », « qu’ils s’en aillent tous ! ». Le peuple espagnol cherche sa voie à la gauche de la gauche avec le même mot d’ordre.

En France, c’est Mélenchon qui reprend à son compte ce slogan : et vous voudriez que les médias ménagent Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ?

Source : http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/haro-sur-le-front-de-gauche-et-jean-luc-melenchon/3236

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