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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


a cup of tea ?

Publié le 23 Juin 2011, 23:00pm

Catégories : #syndicats

L’Éléphant est français. En Provence il va rester !

 

jlm-the.jpg« Quel bonheur de se retrouver parmi les siens ! ». Le ton est lancé. Les premiers mots du candidat du Front de Gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, donnent la tonalité de la campagne qui va se dérouler pendant les 10 prochains mois.

Pour cette première journée de campagne, ce seront des retrouvailles avec les salarié-e-s de l’usine « FRALIB », à Gémenos, en lutte pour la sauvegarde de leurs emplois depuis 9 mois. En effet, ce n’était pas une première rencontre avec le Front de Gauche. Depuis le début du conflit, en 2010, les militants de nos organisations n’ont eu de cesse de les soutenir. Nous les avons invités à témoigner lors des réunions publiques ou lors des forums du programme partagé organisés par le Front de Gauche. L’un des moments forts aura été leur témoignage lors du forum sur le travail le 16 février 2011 à Marseille.

Petit rappel des faits : en septembre 2010, le groupe Unilever prononce la fermeture du site de Gémenos. 182 emplois sont menacés, sans compter les emplois locaux dépendant de la production du thé l’Éléphant.

À cette annonce, les salarié-e-s entrent dans une phase de résistance qui ne s’est jamais affaiblie depuis.

Ils assignent le groupe Unilever en justice pour procédure illicite. Le 04 février dernier, le tribunal de grande instance de Marseille leur donne raison. Le juge annule la procédure et condamne le groupe Unilever pour non respect du code du travail et irrégularité manifeste. Il lui ordonne également de reconsidérer le projet initial de fermeture du site et interdit de mettre en œuvre le plan de sauvegarde de l’emploi.

Le 10 mars 2011, la direction remet le couvert : une seconde procédure est déclenchée. Parmi les mesures proposées, seuls 47 emplois sur 182 sont maintenus en France. Rappelons qu’en 1997, le site du Havre avait déjà été fermé et une partie des salariés avaient été « reclassée » à Gémenos.

Va-t-on leur imposer une nouvelle délocalisation ? Les obliger à laisser emplois, ami-e-s, famille, logement, vie sociale et associative afin que les actionnaires continuent à s’en mettre plein les poches ?

Alors qu’en 2010, le groupe Unilever a vu augmenter sa croissance de 4,1%, et accru sa marge de 20%, il est inacceptable que les délocalisations boursières suivent leur cours.

Le 15 juin dernier, après étude des nouvelles propositions, les salarié-e-s assignent une nouvelle fois l’entreprise devant les tribunaux pour procédure irrespectueuse du code du travail. La décision de justice sera rendue le 29 juin prochain.

the-lipton.jpgMalgré le refus de la direction d’Unilever de retourner à la table des négociations, le comité d’entreprise persiste dans son projet de reprise du site de production « Thé l’Eléphant ».

Ce projet, axé sur le développement de l’activité et de l’emploi sur le site de Gémenos, est fondé sur une organisation à statut coopératif. Actuellement à l’étude, il comporte un volet économique qui implique l’intervention des salariés dans la gestion de l’entreprise. L’opération bénéficie du soutien financier du Conseil Régional des Bouches-du-Rhône.

Après la fermeture de l’usine du Havre, Gémenos reste le seul site de conditionnement de thé à encore être localisé sur notre territoire.

Cette lutte exemplaire, à l’instar de toutes celles menées par les salarié-e-s mobilisés pour la sauvegarde de leur emploi, fait partie des luttes emblématiques comme il en existe beaucoup en France. Elle mérite à ce titre le soutien et la mobilisation de tous car elle est à plus d’un titre symptomatique des blessures sociales que peut infliger le capitalisme débridé et des remèdes que les salariés peuvent élaborer collectivement pour maintenir leur entreprise en activité.

Pour Jean-Luc Mélenchon : « Les ouvrier-e-s et les salarié-e-s sont les invisibles de la société. On n’en parle jamais, on ne les montre jamais. Et pourtant, il n’y a pas de classes sociales plus nombreuses dans notre pays. Je suis là pour vous, pour rendre visible les invisibles ! ».

 

Laurence Sauvage (secrétaire nationale du PG en charge des luttes sociales)

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