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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


attali, vu et lu dans l'huma

Publié par prs 57 sur 26 Janvier 2008, 00:00am

Catégories : #prs57

Propositions Attali : Un rapport sur mesure pour Sarkozy (L’Humanité)

La commission présidée par Jacques Attali a rendu au président Nicolas Sarkozy son rapport sur « la libération de la croissance » française. Ce rapport en partie révélé par les Échos a pour objectif de « changer la France ». Moins de cinq mois après l’installation de la commission, c’est un pavé de plus de 200 pages qui compte en fait 314 propositions, déclinées autour de « huit ambitions » et vingt mesures jugées « fondamentales ». Hasard du calendrier, Ce rapport tombe deux jours après le « Black Monday » (lundi noir), qui a vu s’effondrer les Bourses de la planète à un niveau jamais atteint depuis les attentats du 11 septembre 2001. Ce krach boursier n’est pas « un événement malheureux » visant à corriger les erreurs des spéculateurs mais bel et bien l’illustration de capitalisme financier plébiscité dans le traité européen n’imposant aucune règle sur les marchés financiers et mettant en péril les structures industrielles et bancaires.

Les propositions qui sont exposées balayent un très grand nombre de thèmes, avec une large place faite à l’enseignement : apprentissage de l’économie dès l’école primaire, création de dix pôles d’enseignement et de recherche financés à 80 % par des fonds privés ; aux PME : réduction du délai de paiement, à un mois, de l’État et des grandes entreprises, un aménagement de la fiscalité propre aux entreprises réalisant moins de 50 000 euros de chiffre d’affaires, sous forme d’un prélèvement unique au taux de 10 %. Les mesures pour fluidifier le marché du travail sont vivement critiquées par la CGT. Pour elle, ce rapport préconise indirectement « un renforcement de l’exploitation des salariés », par la dérogation à la durée légale du travail, la volonté de « faire sauter la référence à 65 ans pour toucher une retraite à taux plein » ou encore de « libérer totalement le cumul emploi-retraite », et le « développement des fonds de pension à la française ».

« La récession profonde, longue et globale »

Toutefois, l’ensemble de ces mesures n’a rien de véritablement nouveau, elles s’inscrivent dans la lignée des réformes libérales et de remise en cause des acquis déjà engagées dans les différents ministères. Christine Lagarde a affirmé à cet égard dimanche sur France Inter que « sur toute une série de points, nous avons anticipé », elle a notamment cité « la réforme du marché de l’emploi par la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, pour fluidifier le marché ». Cette commission qui se voulait « non partisane » et qui devait répondre à un véritable besoin de propositions pour booster la croissance s’est cantonnée à appuyer le désir du MEDEF et du président de la République. Il n’y avait donc aucun risque pour Nicolas Sarkozy de déclarer lors du lancement de la commission : « Ce que vous - Jacques Attali - proposerez, nous le ferons. »

Pour le moment, il manque un élément essentiel : la logique financière et les risques qu’elle fait courir à l’activité économique quand les investisseurs se livrent au jeu de la spéculation et des visions de court terme, au lieu d’investir dans la recherche et le développement, et les projets porteurs d’emploi qualifiant et durable. Pire encore, la commission Attali encouragerait la logique financière actuelle en modifiant la fiscalité de l’épargne pour favoriser le risque plus que la rente. Mais la politique de rigueur annoncée par une baisse des dépenses publiques de 1 % du PIB par an, pendant cinq ans et des réductions d’impôts des ménages les plus aisés n’est pas suffisante pour passer au travers de « la récession tant annoncée qui pourrait ne pas être superficielle, éphémère et limitée aux États-Unis... mais profonde, longue et globale », comme a averti mardi le quotidien britannique The Guardian. Force ouvrière a rappelé que « derrière les indices boursiers, ce sont des activités et des emplois qui supporteront indirectement les conséquences de la crise financière ». L’organisation a expliqué que si « les gouvernements européens sont incapables de mettre en œuvre un plan de relance, ce sont les salariés qui peuvent en prendre l’initiative en revendiquant des hausses de salaires et l’augmentation de leur pouvoir d’achat, pour soutenir la consommation, la croissance et l’emploi ».

Clotilde Mathieu

 

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D
Le député européen socialiste Benoît Hamon a jugé, lundi, le rapport Attali sur la libération de la croissance "ni juste socialement, ni efficace économiquement". "Il nous liste 317 mesures dont pas une seule sur les salaires, pas un mot", s'est-il étonné sur Canal+, deux jours avant la remise officielle du rapport à Nicolas Sarkozy. "C'est invraisemblable! On veut relancer l'économie mais on ne touche pas au portefeuille des Français alors qu'ils n'ont rien pour consommer et donc alimenter l'économie. Ils disent que le problème de la compétitivité française c'est qu'on ne joue pas assez sur la baisse des prix. Nous, nous disons que le problème de la compétitivité, c'est son absence ou sa faiblesse de productivité." 
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