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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


au théâtre ce soir...

Publié par prs 57 sur 19 Novembre 2007, 00:00am

Catégories : #école

L'expérience des belles choses, par Dominique Dhombres
LE MONDE  12.11.07

Les répliques s'enchaînaient, impeccablement débitées comme à la Comédie-Française. Il y avait d'un côté l'Alceste de l'éducation contemporaine, Alain Finkielkraut, et de l'autre son Philinte, Philippe Meirieu. Ils ont l'un comme l'autre une longue pratique de ces joutes oratoires et ils connaissaient parfaitement leurs rôles. Comme de juste, Alceste était amer, voire mélancolique, et Philinte tentait sans succès de le persuader que tout n'était pas bon à jeter dans l'école de la République. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, comptait les points. C'était, dimanche 11 novembre, "Duel sur la 3", la nouvelle émission de Christine Ockrent. On était en terrain connu. « En France, l'éducation nationale est un chantier permanent », disait l'hôtesse.

C'est bien le problème, se désolait Alceste. « L'école vit sous le régime de la réforme depuis près de trente ou quarante ans. C'est une mobilité permanente. A force d'envisager l'école sous l'angle de sa réforme, on oublie de se demander ce qu'elle est. L'école doit nous donner l'expérience des belles choses. Elle a cessé de le faire. On met tout à plat. On n'apprend plus la belle langue. On n'apprend plus la grammaire. On n'apprend plus les fondamentaux à l'enfant, puisqu'il est censé être au fondement de son propre savoir », disait-il. L'école change tout le temps, certes, mais c'est parce que les Français le demandent, répliquait Philinte. « Que les gouvernements aient cherché à accompagner le mouvement de démocratisation de l'accès au savoir, il me semble qu'on ne peut pas le leur reprocher », affirmait-il. Tout ne va d'ailleurs pas si mal. L'école continue à transmettre les belles choses... Alceste n'était évidemment pas convaincu. Il poussait sa démonstration très loin. « Quand vous dites : il y a un bon usage de la langue, vous êtes un puriste, et de puriste à purificateur ethnique, il n'y a qu'un pas que certains linguistes franchissent allégrement », poursuivait-il. Et soudain Philinte, abandonnant son registre habituel, semblait lui donner raison. « Nous sommes dans une société qui, simultanément, encourage les marchands d'excitants et de crétinisme, et sanctionne les gens qui sont excités », disait-il. On comprenait alors que, selon lui, c'est davantage la société que l'école qui est malade... Xavier Darcos semblait donner raison tantôt à l'un, tantôt à l'autre. Cela pouvait durer toute la nuit ainsi. Un constat revenait régulièrement : la France est tombée au 17e rang sur 22 en Europe pour la compréhension de l'écrit à la sortie de l'école primaire.

La séquence finale de l'émission, consacrée aux univers virtuels sur Internet tels que « Second Life », achevait d'accabler Alceste. « Si le monde va vers ça, j'envisagerai la mort avec un peu de sérénité », concluait-il.

Dominique Dhombres

Et Philinte Meirieu aurait pu ajouter:
  « Je vous dirai tout franc que cette maladie,
Partout où vous allez, donne la comédie,
Et qu’un si grand courroux contre les moeurs du temps
Vous tourne en ridicule auprès de bien des gens... »(Acte 1 scène 1)

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