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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Au cinéma ce soir

Publié par prs 57 sur 10 Novembre 2007, 00:00am

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

Reds

 J’ai dévoré la série de Jacques-en-Aveyron sur la Révolution d’octobre. Avant de reprendre l’essentiel de ses articles, superbement tournés, un petit tour du côté de l’écran, le grand. Il y avait bien le plus grand film de tous les temps, « Potemkine », mais c’est 1905, pas en 17… Ça ne nous empêchera pas d’y revenir, à l’occasion. Alors, on a choisi « Reds » de Warren Beatty. Parce que par les temps qui courent, ça fait toujours plaisir de se dire que là-bas, au pays de John Wayne et des grands espaces (comme dirait notre président, en voyage culturel… !), il y a aussi des réalisateurs qui ne trichent pas avec l’histoire de leur pays et de leurs compatriotes.

Ici donc l’histoire véridique de John Reed, militant radicaliste, seul américain ayant sa tombe au Kremlin. En 1915, ce jeune journaliste prône la paix et la non-intervention de son pays dans le conflit mondial. Il milite pour les droits des ouvriers, à travers ses écrits dans son journal « Les masses ». Dans Greenwich Village, avec sa compagne Louise Bryant, il fréquente des intellectuels, des anarchistes, comme Emma Goldmann, et Eugène O’Neill. Louise se mobilise pour les droits des femmes, tout en tentant de s’imposer comme journaliste et écrivain. Pas gagné en 1915 ! Ils partent… Là où des journalistes doivent se trouver à ce moment-là : en Russie, au cœur de la Révolution. Ils sont là, témoins de ces « Dix jours qui ébranlèrent le monde », et ce sera le titre du livre de Reed, celui dont Eisenstein s’inspirera pour son film « Octobre ». Ils côtoient Lénine, Zinoviev, Trotsky.

Retour en Amérique. Reed devient un des leaders du mouvement socialiste. Retour en Russie, il est arrêté en Finlande. Louise le cherche, le retrouve… et il a compris les limites du nouveau pouvoir. Il meurt du typhus, en 1920, tout juste après… À 33 ans...

 C’est un très grand film, parole… De grands acteurs aussi, Warren Beatty, qui s’y est donné LE rôle de sa vie, Diane Keaton, Nicholson, Gene Hackmann, et tout plein d’autres, tous aussi convaincus que convaincants. Ici, ce n’est pas le « Docteur Jivago », même si celui-là aussi était plutôt pas mal ficelé. Très peu de grand spectacle donc, mais une aventure individuelle, sur fond de bouleversements politiques, en même temps, c’est du cinéma américain, et il fallait bien quelques concessions au système hollywoodien… Mais les quelques scènes « épiques » lui valurent l’Oscar, comme quoi, en Amérique, tout n’est pas forcément comme on le dit trop souvent. Et finalement, ce que certains virent (et dénoncèrent d’ailleurs…) comme des compromissions peut tout aussi bien être envisagé comme l’hommage d’un américain romantique à un américain engagé. Voilà trois belles heures de grand cinoche, avec même un chouïa d’amour, si vous ne pouvez pas vous en passer, et surtout, surtout, un œil neuf (en 1981, quand il est sorti) sur les réalités politiques aux États-Unis en ce début de XXème siècle. Et ce n’est pas le moindre des mérites.
À ne rater sous aucun prétexte, demain soir sur ARTE.

( Une dernière chose, Reed s’était engagé aussi auprès des révolutionnaires mexicains, juste avant ce qui se dit ici, cet engagement est raconté dans un film de Leduc « John Reed, Mexico insurgente ». )

brigitte blang prs 57

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