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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


un mot de françois delapierre

Publié par prs 57 sur 7 Novembre 2007, 12:34pm

Catégories : #europe

Le débat socialiste sur le nouveau traité s’engage dans une confusion extrême. Le Premier secrétaire du PS commence par piétiner les règles qu’il a lui-même édictées. Après avoir suggéré un consensus sur l’abstention, après avoir demandé à ce que les chefs socialistes prennent le temps d’accorder leurs violons et ne tranchent pas avant le 6 novembre, après avoir prié chacun de ne pas aborder cette question lors du Conseil national de samedi dernier, il convoque une conférence de presse à la sortie de cette réunion et annonce à la fois qu’il est personnellement favorable au « oui » et que le PS ne s’opposera pas au texte...

 

Reconnaissons aussi que la clarté n’est pas toujours au rendez-vous côté « non » socialiste. Difficile de ne pas se perdre entre les appels au vote « non », à l’abstention, voire au refus de vote, sans que l’on sache parfois de quel vote il s’agit, premier scrutin qui doit réviser la Constitution ou second qui doit ratifier le traité. Le débat est obscurci par des considérations tactiques, entre ceux qui souhaiteraient reconstruire la majorité du PS autour du « oui » et assument donc la contradiction avec le « non », et ceux qui souhaitent préserver un terrain d’entente au centre du PS entre tenants du « oui » et partisans du « non » et cherchent à éviter toute confrontation.

Mais dans la vie réelle, les choses sont et seront beaucoup plus simples. Si l’on ne veut pas s’épuiser en tours et détours pour finalement tourner en rond, c’est donc là qu’il faut prendre ses repères.

Il y a d’abord le nouveau traité. Celui-ci émane des gouvernements de l’Union unanimement convertis au dogme néolibéral de la « concurrence libre et non faussée ». Ils n’ont jamais voulu prendre en compte le « non » des Français. Contraints à la pause, ils ont attendu que l’élection présidentielle referme ce qui doit rester pour eux une parenthèse. Maintenant, le « non » français doit être effacé. C’est pourquoi ils soulignent si lourdement que le nouveau texte n’est rien d’autre que la reprise de l’ancien sous une autre forme. Sarkozy leur a fourni le moyen d’une revanche sur le peuple français. Mais beaucoup savent qu’ils n’auraient pas été davantage majoritaires devant leur propre peuple. Ainsi le recours au référendum sur le nouveau traité est-il délibérément et explicitement écarté partout en Europe. On a même vu Brown tenter de faire monter les enchères des négociations intergouvernementales en menaçant de consulter les citoyens britanniques. Le peuple est devenu un épouvantail pour grandes personnes. Jamais la dérive aristocratique de l’Union n’a été aussi forte.

Puis il y a le choix de la France. Celui-ci sera acquis au terme d’étapes précisément régies par notre Constitution, qui prévoit une voie référendaire ou une voie parlementaire. Sarkozy a fait un double choix parlementaire : révision parlementaire de la Constitution et ratification parlementaire du traité. C’est cohérent avec ce qu’il a défendu dans la présidentielle : un nouveau traité voté au Parlement et non plus par référendum. Et c’est contradictoire avec ce qu’a défendu la gauche, candidate socialiste incluse.

Dès lors la palette des votes est simple. Pour un référendum, il faut voter « non » au Congrès. Pour la voie parlementaire, il faut voter « oui ». Il n’existe pas de troisième voie pour réviser la Constitution. Pour le contenu du nouveau texte, il faut voter « oui » à la ratification. Contre, il faut voter « non ». Si l’on tient à être ni pour ni contre, il faut s’abstenir (en 2005, aucun socialiste n’avait défendu cette position, et seuls 2,52% des électeurs avaient voté blanc le 29 mai au terme d’une très forte participation).

Deux questions précises sont donc posées aux socialistes. Il sera impossible de s’y soustraire. Les parlementaires voteront d’abord dans le cadre solennel du Congrès. Le scrutin, public et nominal, sera suivi avec attention. Depuis le débat référendaire la volonté de participation politique de notre peuple s’exprime sans relâche. Elle ne va pas s’interrompre pour offrir aux socialistes la discrétion requise par leurs arrangements. D’autant que Sarkozy veut tirer l’entier bénéfice de ce vote dont il a fixé la date avant les municipales. Et des voix de gauche qui apporteraient de l’eau à son moulin. Ce n’est pas un hasard s’il a nommé Jean-Pierre Jouyet, ancien socialiste très proche de Hollande, secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes.

Dernière remarque, le vote sur le référendum ne sera pas secondaire par rapport à celui sur le traité. D’abord parce qu’il aura lieu en premier. Ensuite parce que devant ce texte illisible, de nombreux citoyens réclament l’assurance d’un référendum avant de tenter de le lire. Ensuite parce que cela n’aurait pas de sens de disserter sur la crise de la démocratie et d’accepter qu’un texte qui doit régir 80% de nos politiques pour les décennies à venir soit adopté comme une loi simple par le Parlement. Enfin parce qu’après que la candidate socialiste a dit qu’elle ne croyait pas à ses promesses de campagne sur le SMIC ou les 35 heures, y ajouter l’engagement en faveur d’un référendum risquerait de ruiner la valeur de la parole socialiste.

 

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