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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


ADN: d'autres réactions...

Publié par prs 57 sur 26 Septembre 2007, 23:00pm

Catégories : #pas content et on le dit!

Kwal, chanteur.
« C’est l’arrivée officielle de la génétique en politique. Cela aboutira à un fichage systématique de tous les candidats à l’émigration. Cela va entraîner un contrôle total des individus. C’est liberticide et extrêmement dangereux. La première visée, c’est la population africaine. Ces gens-là, qui ont déjà le sentiment d’être vraiment humiliés par la politique française, vont l’être encore plus. C’est un premier pas inquiétant pour l’avenir. »

Axel Kahn, généticien, directeur de l’Institut Cochin et ancien membre du Comité consultatif national d’éthique (1).
« Cette loi est immorale. Je citerais Kant, en le paraphrasant : "Fais en sorte que la maxime de ton action puisse également valoir comme maxime universelle." En d’autres termes, une loi qui définit ce qu’est la famille française et qui ne s’applique pas aux familles étrangères est immorale. Or, en 1994, les députés de droite comme de gauche ont indiqué, dans la loi sur la bioéthique, que la famille française ne pouvait pas se réduire à sa dimension biologique. C’est la raison pour laquelle les tests génétiques n’ont pas de valeur en France en dehors d’une saisine judiciaire. Va-t-on considérer que la famille française est ce que la loi de 1994 dit, mais que la famille, regroupable, a des contours différents ? D’un point de vue philosophique, c’est immoral. »

(1) Ces propos ont été extraits, avec l’accord d’Axel Kahn, d’un entretien publié dans l’Humanité du 20 septembre 2007.

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste.
« Cette proposition est inacceptable. Sur le principe, la loi bioéthique de 2004 limite le recours aux tests ADN aux domaines médical et judiciaire. Être candidat au regroupement familial n’est ni une maladie ni un crime. La famille n’est pas qu’affaire de biologie. Une définition aussi restrictive constituerait une terrible régression. Notre conception est heureusement plus large : elle mêle aux liens du sang, l’adoption, la reconnaissance d’enfants qui ne sont pas les siens, la recomposition de familles après les séparations. En pratique, une telle mesure se heurterait à d’inévitables obstacles : le paiement des tests par les demandeurs de visas constituerait une avance financière souvent dissuasive. La découverte de filiations naturelles jusqu’alors inconnues menacerait l’équilibre des familles. Au final, en rendant plus difficile et plus onéreuse l’immigration régulière, en multipliant les procédures discriminatoires, le risque serait de voir s’organiser de nouvelles filières d’immigration… clandestine. »

Arlette Laguiller, Lutte ouvrière.
« L’utilisation de tests ADN lors des démarches en vue d’un regroupement familial, et de références ethno-raciales est l’expression du caractère réactionnaire et rétrograde de ce gouvernement. Pour imposer ces dispositifs intégrés dans la loi Hortefeux contre les immigrés, le gouvernement et sa majorité piétinent les quelques lois destinées à protéger la dignité des personnes. C’est l’illustration du fait que, si Le Pen n’est pas au gouvernement, sa politique y prédomine. Imposer ces tests tourne le dos à la simple humanité. De plus, le coût du test ADN, prohibitif pour des pays pauvres et compliqué à obtenir, constitue une barrière pratiquement infranchissable pour ceux qui voudraient simplement vivre avec leur famille dont ils sont séparés. La loi Hortefeux dans son ensemble doit être retirée ! »

Laurent Giovanoni, secrétaire général du CIMADE.
« Ce test, en lui-même, est une intrusion disproportionnée dans l’intimité et la vie privée des familles. Il trahit une conception biologique de la famille qui n’a rien à voir avec la réalité actuelle des compositions familiales quelles qu’elles soient. C’est une discrimination forte entre ce que la loi permet en termes d’atteinte aux libertés individuelles à l’égard des étrangers et des Français. Enfin, ce test est totalement inutile dans le cas de figure présenté par Mariani. S’il y a un problème d’authentification des actes d’état civil des pays d’origine, il faut régler ça en discutant avec les administrations de ces pays, pas en faisant appel à des procédés scientifiques. Car c’est bien connu : quand on verse dans ce type de procédé, on ne sait jamais où on s’arrête. »»

 Annick Coupé, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires.
« Cette disposition fait particulièrement froid dans le dos. Les tests ADN ne peuvent être utilisés en France que dans le cadre de procédures très précises et très encadrées. C’est une mesure discriminatoire qui considère les immigrés demandeurs de visa dans le cadre du regroupement familial comme des fraudeurs et des délinquants ! Pratiquement, ce sera une charge financière prohibitive pour beaucoup et inaccessible dans de nombreux pays. Ce sera un obstacle supplémentaire pour faire respecter un droit fondamental pourtant reconnu par les conventions internationales : celui de vivre en famille ! Le bon immigré, c’est le travailleur sans famille qui n’est là que pour les besoins des entreprises et dont on doit se débarrasser quand on n’en a plus besoin. Cette nouvelle loi, une fois de plus, vise à flatter des réflexes xénophobes, à jeter l’opprobre sur l’immigré et à exacerber les tensions et les divisions dans la société française. »

Axiom, rappeur.
« D’un point de vue bioéthique, si on s’en réfère à la loi de 2004 sur le corps humain et les produits qui en découlent, il y a une atteinte au Code civil. Ce qui me dérange, c’est l’argument : sanguinité-famille. Ce qui m’effraie, c’est le côté ségrégationniste : on impose un principe de loi basé sur une lecture ADN à une population qui est déjà accablée. De plus, la loi sur l’immigration instaure l’acceptation du recensement et des statistiques sur des critères raciaux, ethniques. C’est une première ! Ce qui fait peur, c’est ce glissement petit à petit vers ce qu’on savait de Nicolas Sarkozy : sa volonté d’apaiser certaines voix d’extrême droite. Je me demande si le but poursuivi, derrière tout cela, ce n’est pas uniquement de continuer à stigmatiser une partie de la population désignée comme étant la responsable des principaux maux de toute la société. »

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