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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


le rififi, ça continue!

Publié par prs 57 sur 2 Juillet 2007, 21:22pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

Un courrier de Stéphane Desmaisons

Bonjour !

A la demande de deux camarades de PRS Marseille, Alain Barlatier et Gérard Perrier, je vous transmets la lettre recommandée qu'ils ont envoyée à Eugène Caselli, premier secrétaire fédéral du PS des Bouches du Rhône à la suite de leur exclusion : celui-ci, le lundi 25/6, a fait voter le conseil fédéral sur la demande d'exclusion de 5 militants du PS,  alors que ce vote n'est pas conforme aux statuts. Malgré l'opposition courageuse d'une camarade qui, en refusant de prendre part au vote, a créé un débat au sein du CF, l'unanimité moins une voix a suivi le premier fédéral.
Gérard et Alain ont donc envoyé par recommandé cette lettre à E Caselli et à la commission fédérale des conflits contestant leur « mise hors du parti ». Pour l'instant, ils n'ont eu aucune réponse et ont décidé de rendre cette lettre publique. Ils revendiquent en effet toujours leur appartenance au Parti Socialiste, une exclusion ne peut être prononcée que par le Bureau National.

Dans le contexte de refondation de la gauche, on peut se poser deux questions : faut-il commencer par exclure pour rassembler ? Ne pas respecter les statuts est-ce le meilleur moyen de changer la politique ?

 

Alain Barlatier          Gérard Perrier

82 Rue Sénac           Collège J.C IZZO Place Espercieux 
13001 Marseille        13002 Marseille
06 10 99 71 41          06 22 39 10 54

adhérents du PS, section 305 MARSEILLE

 

A l’attention d’Eugène Caselli

Secrétaire fédéral du Parti Socialiste des Bouches du Rhône,

 

 Cher camarade,

C’est avec un grand  étonnement que nous avons reçu  un courrier recommandé   de ta part nous annonçant que tu demandais notre exclusion à B.LEROUX, du secrétariat national du parti.
Permets-nous, cher camarade, de t’exprimer ici notre étonnement et notre désaccord sur le  fond.

 Notre parti traverse une crise profonde conséquence d’un troisième échec consécutif à la présidentielle, d’un désaveu de l’électorat de gauche lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, où le « non » comme tu sais l’a emporté.
Il vit une crise profonde dans la mesure où il n’a pas été capable de donner une perspective politique de transformation sociale aux forts mouvements de protestation qui s’expriment en France depuis 1995 (plan Juppé, 2003 et les retraites, 2004 et la sécu, 2005 et la loi Fillon contre l’école, 2006 et le CPE).
Nous avons eu la faiblesse de croire que la France exprimait sa tradition de gauche et sa volonté  de transformation et qu’il fallait globaliser ces aspirations pour battre la droite et Nicolas Sarkozy.
Comme tu dois le savoir, nous avons soutenu Laurent Fabius lors de la désignation de notre candidat, parce qu’il pouvait incarner ce renouveau à gauche.
La candidate de notre parti a choisi une autre voie, celle de l’alliance avec le centre, elle a voulu tourner la page de l’Union de la Gauche, en finir avec le congrès d’Epinay et la tradition mitterrandienne.
Et à ce moment là, il n’est pas étonnant de constater que notre organisation va dans tous les sens parce qu’elle n’assume plus collectivement  de ligne politique.
A cette élection législative, sur un plan national, il y n’a eu pas moins de 20 candidatures socialistes dissidentes, soit 40 candidats et des centaines de militants qui ont mené campagne. Faut-il tous les exclure ?? Quel serait l’effet d’une telle décision ? Personne n’y pense sérieusement.
Cela augurerait mal du nécessaire
débat que nous devons avoir entre nous.
Ces candidats se retrouvent dans toutes les sensibilités de notre parti, dans toutes les régions de France : à Paris, à Marseille, dans les Charentes, dans l’Aisne etc. Certains d’entre eux ont même reçu le soutien personnel de François Hollande, notre premier secrétaire.
Ségolène Royal en personne se permet de contacter F. Bayrou et le Modem, avec le résultat que l’on sait, malgré la décision majoritaire contraire du Bureau National.
D’autres candidats ont passé des accords locaux avec ceux du Modem contre la position de notre parti.
 Patrick Mennucci n’a –t-il pas fait la sourde oreille en se présentant en 2002 aux législatives contre la décision des instances fédérales ?
Alors cher camarade, il faut arrêter la cacophonie, ne pas pratiquer la politique du « deux poids deux mesures ». Demander l’exclusion de trois militants (Gérard Perrier, Alain Barlatier ou encore René Revol dans l’Hérault pour avoir parlé dans un meeting sur l’Europe à Marseille) n’est pas sérieux.

Le 17 juin a marqué un retour de la gauche sur ses fondamentaux, parce qu’il n’était plus question de mettre des petits drapeaux au balcon mais de se battre entre les deux tours contre :

  • la TVA sociale
  • la franchise en matière de santé
  • le bouclier fiscal à 50 %
  • le contrat unique de travail qui remet en cause le CDI.

La gauche a retrouvé ses thèmes mobilisateurs (la lutte sociale) et ses alliances naturelles (le désistement républicain avec les autres partis de gauche), il n’était plus question de négociations secrètes avec une partie de la droite, fût-elle autoproclamée « Mouvement démocratique ».

La gauche devra très bientôt s’opposer au mini traité européen de Nicolas Sarkozy qui veut confisquer au peuple de France sa décision de refus de l’Europe libérale, elle devra imposer un nouveau débat public et un nouveau référendum et cette fois choisir le bon combat. Le nombre de députés socialistes permet cela.

 Il faut raison garder : nous te demandons d’annuler toute démarche d’exclusion, d’organiser ensemble le débat dans notre Parti et de chercher les solutions pour résoudre notre crise, pour que notre parti soit utile à notre peuple. Il devra lui apporter des solutions pour une société juste et égalitaire où le travail saura trouver toute sa place, contre les tenants du capital.

Par la présente nous déposons donc un recours gracieux auprès de la commission fédérale des conflits.
Enfin contre la politique anti sociale, anti démocratique du Président de la République, N.SARKOZY, nous pensons qu’il faut l’unité des socialistes, l’unité des forces de gauche.

 Dans l’attente de te rencontrer, reçois cher camarade, l’assurance de nos convictions socialistes et républicaines.

 Alain BARLATIER                                            Gérard   PERRIER

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